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LVI. Impuissant ! un article en retard, mais mieux vaut tard que jamais !
La recherche google du moment : rétablir le calme dans une classe

Mardi 6 mai 2008

 


         A la fin du cours, des élèves traînent. Et parlent entre eux des différents profs qu'ils n'apprécient pas. Je stoppe la conversation, et leurs demande de faire cela dans la cour. Car généralement ce genre de chose manque cruellement de sympathie. Ils parlent de machin ou bidule sans même apposer un monsieur ou un madame au préalable. Donc je préfère ne pas entendre ce genre de chose.

         En stoppant leurs discussions, une autre prend forme :

 

-         un élève : "Monsieur vous êtes bien vous comme prof.". Aussitôt je me dis ça y est ils deviennent ironiques.

-         Le prof : "Arrêtes ce n'est pas la peine de raconter n'importe quoi." L'élève s'étonne de ma réponse et reprécise.

-         un élève : "Si si, je vous aime bien moi." J'en perds ma voix et je suis ému par cette révélation, car cet élève est sincère, je ne dirais pas que j'ai les larmes aux yeux, mais … pas loin tout de même.

 

         Je n'arrive pas à y croire, je suis apprécié par au moins un élève. En plus cet élève est ami avec un 2nd qui est plutôt du genre super perturbateur. Donc ceci m'étonne d'autant plus.

         Même si le jugement d'un élève est subjectif, et qu'il ne faut pas lui donner plus d'importance qu'il n'en a. Ça réchauffe le cœur d'entendre quelque chose d'aussi positif. Un rayon de soleil vous illumine durant ces quelques secondes.

 

         Il faut dire que ça change des "Vous êtes nul.", "Vous savez pas écrire.", "Vous expliquez mal.", "Vous êtes méchant.", "…".

         Si vous les écoutiez, vous feriez mieux de changer de métier …

Photo 1 : Parc André CItroën (avec la Tour Eiffel), Paris.
Photo 2 : Parc André Citroën, Paris.
par Proald publié dans : Cours recommander commentaires (11)   
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Lundi 28 avril 2008

 


         Après la sonnerie signalant la fin de la récréation, je vais chercher mes élèves dans la cour. Je retraverse la fosse aux lions (VI. La fosse aux lions.), mais avec mes élèves. Puis, j'arrive à la porte du bâtiment, celle-ci est fermée à clef, alors qu'elle devrait rester ouverte. Pourtant une ribambelle d'élèves se trouvent au chaud à l'intérieur et attendent calmement. Je précise qu'il est interdit aux élèves de rester dans les bâtiments le temps des récréations. Ces portes peuvent s'ouvrir et se fermer de l'intérieur, il n'y a pas besoin de clef. Donc celle-ci a très probablement été fermée par un des élèves qui traînent dans le hall.

 

         Me trouvant dehors avec quelques collègues et une multitude de bambins agglutinés devant la porte close. Je demande donc aux élèves assis sur le sol à l'intérieur de venir nous ouvrir, tout ceci à travers la vitre. Un des élèves arrivent enfin devant la porte, mais je crois rêver, il traîne pour arriver jusqu'à la porte, puis il fait semblant d'ouvrir celle-ci et repart s'asseoir dans le hall !!! Bref, de la vraie provocation. Essayer d'imaginer la scène, au top du top ridicule. Je suis ridiculisé.

         Je frappe à la porte pour montrer mon mécontentement et demander à un autre élève de venir ouvrir. Une élève vient "généreusement" ouvrir cette fameuse porte. C'est presque de la charité …

 

         Nous rentrons enfin, dans le hall, les élèves bousculent les personnes devant eux (dont mes collègues et moi-même). Je remercie au passage la fille qui a dédaignée nous ouvrir. En passant à côté de l'élève qui s'est moqué de moi en faisant semblant d'ouvrir cette porte, je lui dis "Evites de te moquer de moi". Et là il me répond sans hésiter avec sa capuche sur la tête (histoire de compléter le tableau) "Kes tu veux ?".

 

         Normal il s'est senti agressé !!! Ça ressemble au sketch de Jean DELL …

         Sur ce, il profite de la bousculade qui a lieu pour se dérober et repartir dans la cour. Il est vrai que je n'ai pas couru après lui, car de toute façon ce face à face était perdu d'avance, comme tous ceux qui peuvent avoir lieu d'ailleurs !

 

         Car comme je l'ai déjà dit, la cour et les couloirs font parties du territoire des élèves, et il est dangereux d'y "combattre", d'autant plus que les spectateurs sont unilatéralement du côté élève.

         Dans ce cas là, vous êtes le défouloir de ces jeunes en manque de reconnaissances, de valeurs, de règles, … Donc la seule règle qui s'impose, est de battre en retraite avant de se faire massacrer !

Photos 1 et 2 : Porte St Denis, Paris.
par Proald publié dans : Collège recommander commentaires (19)   
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Mardi 22 avril 2008

 

         Suite à la question : Dans quelles catégories classez vous ce blog (plusieurs réponses possibles) ? Vous avez répondu très majoritairement par banlieue (66,7 %), éducation nationale (49 %) et prof (52,1 %). Ce qui vraisemblablement illustre parfaitement ce blog, sans grande surprise. Sauf que banlieue est quand même en tête du trio !

 

Puis une 2nde catégorie apparaît, comptant école (20,7 %), journal intime (18 %) et société (21,5 %). J'avoue que je suis un peu surpris de ne pas voir un pourcentage plus important pour la case "journal intime". Car ce blog est tout de même un journal intime sur ma vie professionnelle, mais bon ce n'est que mon avis, chacun a fait son propre choix.

 

Et enfin la dernière catégorie qui n’a pas réellement décollée, faits divers (6,1 %), politique (4,6 %) et autre (3,1 %). A l'inverse, 12 personnes ont voté pour "politique", pourtant je ne fais pas de politique, je parle il est vrai de certains points un peu plus "engagés" comme la carte scolaire entre autre, mais en aucun cas je parle de gauche ou de droite.

Par contre, si les 8 personnes qui représentent la catégorie "autre" peuvent me dire à quoi elles pensent, cela pourrait m’aider …

 

         Et surtout, il y a tout de même 9,6 % qui ont voté pour humour, comme quoi ce blog n’est pas si noir que ça !

 

         Pour moi, ces statistiques m'apportent donc trois surprises, celle de journal intime (que j'aurais pensé plus haute), politique et humour (qui eux auraient été plus basses à mon avis).

         Comme quoi l'image que nous donnons n'est pas toujours celle que nous pensons !

 

         Je remercie les 261 votants, vous qui me permettez de mieux vous connaître au fil du temps.

 

         Merci de voter également pour ce 5ème sondage en ligne.

 

         @ bientôt.

 

          Proald
par Proald publié dans : prof-a-la-derive recommander commentaires (5)   
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Vendredi 18 avril 2008

         Comme toute personne, je fais des courses, et j'achète des vêtements. Mon dernier achat est une paire de chaussures. D'ailleurs je suis tout content de cet achat, car celui-ci m'a coûté 20€ pour une belle paire de basket. Pour ceux qui connaissent, je l'ai acheté au magasin du même nom, c'est-à-dire "20€" à Paris (rassurez-vous, c'est de la pub gratuite). Ce magasin se nomme ainsi car il déstocke des chaussures à un prix unique de 20€. Pour trouver une paire de chaussures esthétiquement convenable, il faut fouiller, car il y a des trucs qui ne ressemblent à rien.I

         Bref j'achète donc cette nouvelle paire de basket sans marque (ceci n'a pas d'importance pour moi) qui est impeccable et plutôt à la mode. Où se trouve le rapport avec mon boulot ? Attendez ça arrive …

 

         1er jour avec ces basket dans l'établissement, et forcément mes élèves remarquent aussitôt mon nouvel achat. Ils vous examinent à la loupe durant tous les cours. Je fais sensation auprès de l'une de mes classes "Wouah, monsieur les baskets !", "Vous les avez achetés où ?", "…". Je ne vais pas vous d'écrire ces baskets, qui sont pourtant banales, noires avec une touche de couleur, rien de plus.

         Mon but n'était pourtant pas de les ensorceler avec mes chaussures. Mais au moins, j'avais réussis à captiver l'attention de mes élèves, … à mes pieds !

 

         Arrive maintenant une 2nde classe qui là réagit à l'inverse, sur mes chaussures. Je précise que je ne fais pas de cours sur mes chaussures, et malgré tout c'est LE sujet du jour.

 

         Les réflexions commencent à fuser :

 

-         Elève n°1 : "C'est quoi comme marque ?". Le tout en regardant mes chaussures. Un autre élève répond.

-         Elève n°2 : "Bouah, c'est même pas d'la marque !". L'élève ricane bêtement.

-         Elève n°1 : "Ouai t'as raison.".

-         Elève n°2 : "Regarde le prof, il a même pas les moyens de s'acheter du Tex.". Je précise que Tex est la marque textile de Carrefour.

 

         C'est tout de même dingue de constater que certains élèves (pas tous, la preuve avec la 1ère classe) ne fonctionnent qu'au paraître. Si ils n'ont pas de marque, ils ne sont rien aux yeux des autres.

         Enfin ce fait n'est pas nouveau, car déjà à mon époque, ça existait. Je me rappelle m'être fait moqué de moi au collège (comme probablement beaucoup d'entre nous, alors que ce collège n'était ni"riche", ni "pauvre", il faisait parti de la normale), car j'avais des fausses marques, des vêtements qui essayaient de recopier des marques connues. Et dans ce cas, ceux qui avaient les vraies marques ridiculisaient les pseudos copieurs.

         D'ailleurs, ça m'avait tellement marqué (cette histoire a une quinzaine d'années tout de même), que j'avais demandé pour mon anniversaire un jogging adidas, comme la mode le dictait à l'époque. Ce qui m'avait valu, non pas de changer par rapport aux autres, mais de transformer les réflexions négatives en positives sur mes tenues vestimentaires. Ce qui est déjà beaucoup …

 

         Comme quoi "la bêtise n'est pas nouvelle" …


Photo : Palais de Tokyo, Paris. 
par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (18)   
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Dimanche 13 avril 2008

 


         C'est un peu la même histoire que le marron à quelques choses près (XVII.Grosse journée. 1)Le marron.) maintenant j'ai de l'expérience à revendre sur le sujet !

         Donc je ne me suis pas fait avoir, vous ne pourrez pas rigoler de moi ! Si, si, vous êtes moqueurs !

         Donc cette nuit il a neigé, suffisamment pour que la neige tienne. De la neige était donc présente dans la cour du collège.

        

         A la sonnerie pour récupérer nos élèves, j'ai du redoubler de vigilance. Car vous imaginez à la place des marrons, ils n'avaient besoin que de réaliser des boules de neige pour s'en servir comme projectile.

 

         Arrivé dans la cour, j'ai regardé autour de moi, tel un radar en action, et surtout en l'air, car oui les boules de neige peuvent provenir du ciel !

         L'élève est fourbe, il lance la boule de neige relativement loin de sa cible, pour ne pas éveiller les soupçons sur lui. Comme ceci il nous est impossible de connaître la provenance de la boule de neige.

         Lorsque je levais les yeux au ciel, il y avait toujours 2 ou 3 missiles en l'air qui retombaient en cloche sur la cible.

         Une boule de neige m'est même passée sous le nez, lorsque je suis sorti du bâtiment ! "Ouf, elle est vraiment pas passé loin celle-ci." Voici ce que je me suis dit !

         En attendant devant le rang de la classe que j'avais, je me suis exposé au grand danger de me faire "tuer". Car forcément rester en mode "stationnaire" est beaucoup plus dangereux, car le sniper embusqué à l'autre bout de la cour augmente ainsi ses chances de réussite.

 

         Donc après 2 minutes de danger imminent, j'ai décidé de lever le camp, pour partir me réfugier dans le bâtiment. Au beau milieu de la cour, je jette un rapide coup d'œil autour de moi : rien à signaler.

         Je suis à découvert, je me dépêche, je regarde en l'air, 3 missiles ont été lancés ! J'analyse rapidement la trajectoire empruntée pas ces OVNI. Je constate que leurs chutes restent proche de moi. Ce qui traduit que je suis bien la cible à abattre, normal, il n'y a pas d'autre enseignant autour de moi ! Une des boules amorce sa chute, et … bingo … en plein sur 2 élèves qui traînent dans la cour. Je m'en réjouis. Moi sadique, non … pas plus qu'un prof ordinaire !

         La porte du bâtiment est à portée de main maintenant. Je baisse la garde mais trop tôt … Je sens quelque chose qui vient de frôler la poche de mon jean. Je regarde, un bout de neige est resté sur ma poche, je l'enlève et je me réfugie dans le bâtiment.

         Ouf ! Je n'ai pas été humilié dans la cour devant tous mes élèves ! Juste un petit bout de neige a pu m'atteindre.

         C'est une gloire, car traverser un endroit restreint, avec des dizaines voire des centaines de mercenaires autour de vous sans être touché, c'est un exploit ! Je m'en suis bien tiré, mais certains coéquipiers sont tombés sous les balles ! Et surtout sous la coupe de l'humiliation !

        

         C'est digne d'une partie de laser game, mais sans arme ! La seule défense : l'esquive !

         J'aurais apprécié, me joindre aux réjouissances, en confectionnant ma propre boule de neige. Bien tassé, pour alourdir son poids, armé mon bras tel une arbalète tendue, puis "pool" ! Bien évidemment j'aurais visé un élève que j'apprécie, sérieux dans sa conduite, … j'imagine la tête de l'élève qui aurait reçu ma boule en pleine tête bien sûr c'est plus sympathique, mais là je suis en train de rêver.

 

         L'armée devrait prendre un contingent d'enseignants car ils sont spécialement entraînés en zone urbaine, à effectif restreint, et surtout sans arme, tel la survie en jungle urbaine !

         Bref, de brave soldat dévoué à la cause. Je me demande d'ailleurs si nous ne devrions pas décréter, un droit de retrait, lors de neige présente dans la cour …


Photo : Parc André Citroën, Paris.
par Proald publié dans : Humour recommander commentaires (9)   
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Mardi 8 avril 2008

         Après un incident classique avec l'un de mes élèves en fin de matinée. Pour un incident classique c'est simple : refus de sortir ses affaires, refus de donner le carnet, refus d'enlever son blouson, refus de sortir du cours pour être exclu, insolence, plus un soupçon d'insultes et de menaces, rien d'anormal en somme. En plus, l'élève m'a accusé de l'avoir frapper, alors que je l'ai simplement poussé pour le mettre dehors. Car celui-ci refusait de sortir.

 

         Puis en début d'après midi après la pause du déjeuner, je retourne dans ma salle histoire de travailler un peu puisque je n'ai pas cours à cette heure ci.

         J'entends frapper à ma porte, je me lève, arrive à celle-ci pour l'ouvrir. Derrière j'aperçois un jeune, d'environ 16 ans, les bras croisés à la manière d'un vigile de boîte de nuit, le regard noir, celui-ci est relativement grand. La discussion s'engage :

 

-         Le jeune : "Je viens pour un problème que vous avez eu avec un élève.".

-         Moi : "Tout d'abord, bonjour. Qui es-tu ?". J'ai de suite compris à quelle histoire il faisait allusion.

-         Le jeune : "Je suis le frère de bidule. J'ai entendu dire que tu frappais les élèves.".

-         Moi : "En quelle classe es-tu ?".

-         Le jeune : "Je ne suis plus au collège ! Bon et cette histoire ça te revient ?". Visiblement, il n’était pas content que je puisse le prendre pour un élève de 3ème

-         Moi : "On se calme. Et comment es-tu rentré ici ?". Ça y est, il est parti il n'est plus du tout calme et devient violent en faisant des gestes amples, le tout à quelques centimètres de mon visage bien sûr.

-         Le jeune : "Non je ne me calme pas, vous avez pas à frapper les élèves.".

-         Moi : "Arrêtes, j'ai frappé aucun élève.".

-         Le jeune : "Quoi ! Vous croyez qu'ils mentent. C'est ça ouai. Tu n'as pas le droit de frapper les élèves.". Et patati et patata …

 

         N'ayant pas de moyen pour calmer ce jeune, et n'étant pas calme moi non plus, car je suis toujours énervé de l'histoire en question qui c'est déroulé le matin même. Je décide de voir un CPE histoire d'avoir un intermédiaire dans cette situation houleuse. Car je ne voudrais pas voir dégénérer la situation. Visiblement il a envie de me coller son poing et j'avoue que je suis sérieusement échauffé.

 

         J’ai réussi à trouver une tierce personne qui m’a permis de maintenir un climat plus ou moins serein dans cette altercation.

         Car au final il m’a dit des choses du genre : "Faites attention à vous !", "Je vous préviens ne recommencez pas, sinon vous aurez affaire à moi.", "…".

 

         Je n’ai même pas prévenu la direction de cette histoire car je ne voulais pas que ceci me retombe dessus. J’imaginais déjà le principal "Mais je vous ai déjà dit de ne pas toucher aux élèves, …".

 


Photo : Notre Dame de Paris, Paris.
par Proald publié dans : Collège recommander commentaires (20)   
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Mercredi 2 avril 2008

         J'ai eu la joie de revoir un ancien élève. Celui-ci a été exclu définitivement du collège depuis quelques mois déjà. Et aujourd'hui, qui vois-je arriver dans ma salle sans frapper, le bonnet sur la tête avec la démarche du parfait petit caïd de banlieue … mon ancien élève, quelle joie.

         A cette heure là je n'avais plus de cours, j'en profitais pour travailler dans ma salle. Il traverse donc toute la salle en scandant mon nom tout le long de son avancée. Je commence à me lever énervé, et je lui demande de se calmer. Dès que je m'approche de lui il repart en courant en prenant soin de déplacer toutes les chaises à sa portée pour gêner mon avancée.

         En se sauvant, il continue de scander mon nom. Je sais, je suis très populaire.

         Je n'ai pas pu le rattraper. Sinon, j'aurais apprécié de le fâcher pour la Nème fois, et surtout de lui confisquer son bonnet, car pour qu'il puisse le récupérer ça aurait été compliqué, puisqu'il n'est plus dans l'établissement … J'aurais probablement attendu la venue de ses parents.

 

         Comment se fait-il qu'une personne étrangère à l'établissement (il ne fait plus parti de celui-ci puisqu'il en a été exclu à titre définitif) pénètre si facilement dans l'enceinte du collège ?

         Plusieurs raisons peuvent expliquer ceci : le manque de surveillant, la facilité à sauter la grille pour ces athlètes de haut niveau, le débordement à l'accueil à l'heure de pointe, … Bref, l'établissement est un vrai moulin !

 

         Enfin une chose est sûre, l’élève était heureux de pouvoir m’emmer… dans ma salle de cours.


Photo : Palais Chaillot, Paris.
par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (20)   
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Mercredi 26 mars 2008

         Aujourd'hui cours avec les SEGPA, c'est synonyme d'une activité intense de ma part et une attention particulière durant l'intégralité du cours. Bref c'est épuisant, en 55 minutes, vous êtes vidé voire même anéanti.

 
         Le cours n'a même pas pu débuté, car les élèves étaient beaucoup trop agités, je n'ai pas eu le temps de faire l'appel. Tout a commencé avec une élève insolente avec moi, du genre à dire "Oh c'est bon." lorsque vous demandez de sortir leurs cahiers, normal quoi.
         Et celle-ci a refusé de jeter son chewing-gum, j'ai dû l'amener par le bras devant la poubelle pour qu'elle jette ce foutu chewing-gum. Elle a continué à être insolente, résultat, mot dans le carnet et 1h de retenue. Après j'ai eu le droit au fameux "Mais mon daron y va m'frapper." (daron signifie père). N'y croyez rien c'est juste histoire de vous influencer et tenter ainsi la suppression de l'heure de colle.
         Je lève la tête et j'aperçois un élève avec son téléphone à la main. Je vais vers lui et réussis à lui confisquer, ouf ! Ma température corporelle commence à monter sérieusement, une goutte de sueur apparaît même sur mon front.
 
         Puis quelques minutes plus tard, un élève refusait toujours de mettre son carnet sur la table (c'est une obligation dans l'établissement, tous les élèves doivent mettre leurs carnets sur la table). Après maintes demandes de ma part il réussit à le sortir, résultat, je le prends d'office, et le met sur mon bureau, là je vois l'élève se lever pour tenter la récupération.
         Je lui dis "Non, ne prend pas le carnet, il est sur mon bureau tu n'as pas à venir le reprendre.". Rien ni fait, il prend malgré tout son carnet, je le fâche. Celui-ci dit "Il est fou le prof, il prend mon carnet.". Ni une ni deux, je lui précise que je ferais un rapport et il continue "Mettez le votre rapport de merde.". Donc en plus du rapport je l'ai exclu. Rédaction de la fiche d'exclusion, ça y est j'entend déjà des "M'sieurs, m'sieurs j'peux l'accompagner.", "Non, non moi s'il vous plaît." Puis choix de l'élève pour l'accompagner voir le CPE, je choisis celui que je n'ai pas entendu demander ! Ces 2 élèves sortent donc de la salle. Mon rapport ne lui fera perdre que 2 points au plus !
 
         Durant ces événements, ne croyez pas que les autres élèves attendent patiemment. Je vois un élève debout qui est entrain d'engueuler l'un de ses camarades. En fait l'élève qui se fait engueuler par l'élève debout, lui a mis un stylo dans les fesses (non ne rigolez pas SVP, je vous promets que ce n'est vraiment pas drôle). Ça y est, il pleure, j'imagine qu'il n'a pas dû y aller doucement avec le stylo, l'autre élève un peu fou.
 
         Je me lève et commence à respirer profondément pour me calmer, je suis à bout, je me retiens de ne pas dire des grossièretés et de ne pas avoir de geste malencontreux. J'entends un élève "Respirez m'sieurs, … respirez !".
         Après ce long moment de pause d'environ 20 secondes, je repars batailler.
 
         L'élève exclue et l'élève accompagnateur ouvre la porte de la salle. Il précise que le CPE n'est pas dans son bureau. Forcément étant très très énervé, je dis sèchement "Tu vas voir en permanence, sinon c'est le principal ou le principal adjoint, je ne veux plus le revoir.".
         Au passage, un élève se moque de moi, "Et si il y'a personne m'sieur ?". N'ayant pas de temps à perdre avec ces broutilles, je reviens à ma préoccupation principale, c'est-à-dire, l'élève en pleur.
 
         Je suis donc contraint de lui parler pour savoir ce qui c'est réellement passé, car il est déjà dehors dans le couloir voulant partir du cours. Je cours donc pour le rattraper juste dans le couloir à côté de la porte. Après avoir parlementé, il retourne à sa place, je pense que c'est fini, mais c'est sans compter sur l'élève fou. Voici qu'un 2nd élève se met à pleurer également. Celle-ci c'est prise un stylo juste sous l'œil, envoyé bien évidemment par le même élève.
         J'arrive devant cet élève et je lui crie dessus, voire même hurler, … que fait-il, … il me rigole au nez !!! Retiens toi, ne le gifle pas, tu sais où ceci va te mener … oui des fois, ça m'arrive de me parler tout seul.
         Et là je crie "DEHORS".
 
         Le cours a finalement pu reprendre un peu près normalement quelques 30 minutes après la sonnerie de début de cours. Le cours a donc duré réellement 25 minutes.
         Durant le reste de la période, il y a eu plein d'autres choses qui se sont déroulées, mais je n'ai pas tout retenu, car j'étais très occupé, mais vous l'aurez compris. Un cours est composé d'une multitude d'événements, le tout compilé les uns sur les autres ça donne un mélange détonnant.
         En plus j'avais 2 élèves collés, ils ont dû ce dire qu'ils étaient extrêmement calmes contrairement aux élèves de cette classe.
 
         Maintenant que vous comprenez un peu mieux une heure de cours, tentez d'imaginer une journée complète … plus les inter cours …

         Ça peut bien se passer, comme ça peut être horrible !



Photo : Les bords de Seine, Paris.

par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (28)   
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Jeudi 20 mars 2008

         L'actualité de ces derniers temps nous montre les limites de notre enseignement. Chaque chose doit être réfléchie et pensée, car le poids de nos propos ou de nos actes peuvent gravement nous nuire.

         Malheureusement il arrive que nous agissons de manière naturelle et ceci nous fait tort. J'ai d'ailleurs vécu plusieurs moment sur le fil du rasoir. Je pense à certaines répliques de ma part.
         Comme par exemple le fait de dire lors d'un contrôle "arrêtes de loucher", ceci était adressé à un élève qui copiait sur la feuille de son voisin. C'était sans compter que cette classe avait un élève qui louchait. Résultat il s'est senti visé, et les autres élèves ont fait un "OLALA", histoire de mettre la pression à l'élève insulté, comme ils savent si bien le faire.
         J'ai donc dû me justifier auprès de toute la classe …
 
         Deuxième exemple, une élève mâchait un chewing-gum très énergiquement devant moi, alors que j'expliquais le cours. Je la fixe, et elle continue à mâcher en toute impunité. Je lui dis naturellement "Arrêtes de ruminer comme une vache.", et ce fût la catastrophe. Car pour les élèves, je venais d'insulter l'une de leurs camarades de vache. Lorsque j'ai réalisé, il était trop tard, le mal était fait. Mais qui n'a jamais dit ce genre d'expression ? Bien évidemment, il n'y avait absolument pas d'arrière pensée dans mes propos. Il a fallut que je me justifie et que je m'excuse sur les mots employés.
 
         Un dernier échantillon de ce genre d'affaire, dire à un élève qu'il est mal élevé, est très risqué, car il s'agit d'un jugement aux yeux des parents, alors que pour ma part, je dirais simplement qu'il s'agit d'un constat …
 
         Tout ce style de vocabulaire est à bannir de notre langage, pour avoir des propos plus lisses, plus épurés. Car le risque pour tout enseignant est d'obtenir une jolie plainte de la part des parents, pour insulte (comme l'histoire du chewing-gum) ou autre.
         De plus, si l'un de ces faits revient aux oreilles du principal par un coup de téléphone d'un parent, vous êtes convoqué dans son bureau pour vous justifier, et mieux vaut faire attention à ne pas renouveler l'expérience trop souvent.
 
         Par contre, les élèves eux peuvent insulter ou menacer sans risque. Car entendre "Ah le bâtard" à chaque fois qu'il y a un contrôle surprise est systématique, cela fait parti du langage courant, plus toutes les autres insultes naturellement.
         Et je ne parle pas des menaces, du simple "Tu vas voir." Que nous entendons plusieurs fois dans la semaine au "Je vais t'enculer." voire plus …
         Que récolte l'élève ? Pour le "Sale bâtard", rien, car il y aurait trop de cas à traiter.
         Pour les autres cas supérieurs, du genre "Je vais t'enculer." ou "Suce ma bite.", l'élève perdra quelques points sur son permis à point, du genre 2 points et 1 ou 2 jours d'exclusion, tout ceci à condition qu'il n'y est pas eu des faits plus graves sur son compte durant la semaine, sinon votre insulte tombe à l'eau …
 
         Et puis, il y a également les moments où nous dérapons, je pense notamment au fait de mettre une tape à l'élève (sur son épaule ou son dos par exemple) pour le faire réagir et sortir ces affaires qu'il refuse d'extraire de son sac. Mais il y a aussitôt un autre élève qui vous rétorquera un "Vous avez pas le droit de frapper". Il y a également l'état d'énervement, lorsque nous sommes à bout, et que nous ne savons plus quoi faire pour stopper l'élève impoli, insolent, insultant, menaçant et violent bref la totale. Et là mieux vaut se retenir … mais jusqu'au jour où …
 

         Résultat lorsque je suis en cours, je suis sous la peur constante de faire une erreur ne serait ce que dans mon langage. Je fais donc excessivement attention à mes propos et à mes gestes, car chaque chose peut être interprétée de la mauvaise manière.

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Photo : Notre Dame de Paris, Paris.

par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (28)   
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Samedi 15 mars 2008

         Dans mon établissement, les agents sont extraordinairement réactifs, et ce n'est pas ironique de ma part.

         Car chez nous, les actes de détérioration sont nombreux.
         Je pense notamment aux différents tags que nous pouvons trouver au détour d'un couloir ou dans une cage d'escalier.
         Dernièrement, je sors de ma salle de cours et je constate qu'un tag est apparu depuis peu, environ une ou deux heures maximum. Je cherche un agent pour supprimer celui-ci du mur. Et tombe sur lui par hasard, je lui en fais part, justement, il avait déjà une bombe de peinture à la main, pour pouvoir éradiquer celui-ci.
         Dans ces cas là, mieux vaut être réactif, si nous voulons tenter d'anéantir ce phénomène, ou tout simplement garder un établissement intact des assauts des élèves …