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XIII. L'exemple des profs !

6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 08:49

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         La question du sondage était la suivante : Souhaitez-vous avoir des articles durant les vacances scolaires ?

         Le constat que nous pouvons tirer de ce sondage va être rapide, puisqu'à 94 %, vous avez répondu OUI. D'ailleurs durant l'activité du questionnaire, des vacances scolaires ont eu lieux, j'ai même continué à mettre quelques articles en ligne.
         Heureusement que la réponse à ce questionnaire est positive, car si le blog ne publie par d'article durant deux semaines et deux mois une fois par an (c'est-à-dire le temps des périodes de vacances scolaires), c'est une diminution importante d'audience qui est constatée à la reprise des cours. L Et oui, il est toujours difficile d'avoir une bonne assiduité …
 
         Par contre mon questionnaire aurait probablement mérité d'être détaillé. Car le fait de mettre des articles durant les vacances scolaires imposent d'avoir des articles qui datent un peu (de quelques semaines). Car forcément, pas d'élèves = pas d'histoires à raconter.
 
         Et je sais que plusieurs personnes n'apprécient pas forcément ce décalage entre le moment où ce produit l'évènement qui est raconté et l'instant où l'article est publié. Je me suis efforcé ces derniers mois à réduire cette marge au maximum. Mais malgré tout, il me faut bien un minimum de stock d'articles pour faire vivre le blog durant les vacances. C'est pour cela que j'en viens au nouveau questionnaire (Sondage 03) …
 
         Merci aux 102 personnes ayant répondu et merci également de répondre à ce nouveau questionnaire.
@tte.
Proald.
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 13:03

         Comme régulièrement, les enseignants bénéficient de quelques jours de formation par an, et cette semaine c'était mon tour avec d'autres collègues.

         Donc après avoir prévenu les élèves de la "triste" nouvelle que je ne pourrais pas assurer les cours en question (ils ont même crié de bonheur), j'en ai parlé à quelques collègues. Quelques un d'entre eux avaient déjà effectué cette formation, ils ont même fait preuve de compassion à mon égard avant que la formation débute !
         Je me suis donc présenté à celle-ci avec une opinion plutôt négative.
 
         La formation débute, tout le monde s'assoit à une table, sachant que ces tables sont en disposition rectangulaire pour faciliter ainsi les échanges. Nos deux formateurs sont du personnel d'encadrement, l'un est principal et le 2nd est proviseur. Pour ceux qui ne connaissent pas la différence, le principal est le boss d'un collège, tandis que le proviseur est le grand chef d'un lycée, général, technique ou professionnel.
         A la suite, nous effectuons le traditionnel tour de table, en nous présentant, Prénom, NOM, matière enseignée, établissement d'enseignement, …
         Lorsque je me présente, au nom de mon établissement, j'obtiens quelques remarques "ça doit être dur", "ah oui", "ouille", … Je constate donc que mon établissement est réputé … du mauvais côté vous l'aurez compris !
 
         Inutile de parler du sujet de cette formation qui n'a finalement que peu d'importance, voire même aucune. Par contre, ce qui est intéressant c'est de voir de quoi parlent les enseignants en formation. Et bien évidemment ils échangent sur leurs difficultés au travail, et il y en a beaucoup.
 
         Mais lors de cette formation, j'ai appris plein des choses très intéressantes, qui ne sont pas en lien avec l'intitulé de la formation.
         Nos formateurs ont délié leurs langues, car en temps normal, les personnels d'encadrement sont les derniers à expliquer ce qui ne va pas dans le système de part leurs positions hiérarchique et le fameux devoir de réserve qui est à un niveau supérieur que celui des enseignants (LI. La censure.).
         Qu'est ce que j'ai pu apprendre de si intéressant ?
        
         Et bien j'ai appris plein de statistique, par exemple, dans le lycée du formateur, il y a 50 % de perte d'effectif entre la rentrée pour la 1ère année du BEP et la présentation des élèves à l'examen soit 2 ans après !!! Où sont-ils passés ? Et bien ils sont tout simplement dans la nature, car ils ont plus de 16 ans, donc l'école n'est plus obligatoire. Un élève sur deux est par conséquent en échec scolaire avant même de passer le diplôme. Car ne croyais pas que les 50 % restant obtiendraient tous leurs BEP …
         Ce formateur a continué sur son discours fort instructif en nous posant une question : "D'après vous, sur une classe de 15 élèves en CAP, combien sont présents en moyenne sur l'année ? ".Nous ne savions pas vraiment quoi répondre, il reprend la parole pour nous donner la réponse : "En moyenne, c'est 5 élèves présents !". Ce qui correspond donc à un taux de 66 % d'absentéisme ! Le proviseur continue sur sa lancée, comme si il avait besoin d'en parler pour se libérer face à cette aberration : "L'absentéisme est un ravage de notre époque dans mon établissement, et nous subissons car nous ne pouvons rien y faire.".
 
         Si les proviseurs subissent, que faisons nous en tant que simple enseignant ?
 
         Il existe bien une solution, mais celle-ci n'est jamais appliquée par souci d'éthique. Je veux parler des allocations familiales (sujet développé ultérieurement).
 
         A la fin de notre journée, nous avons obtenu un petit livret, avec plein de statistiques très parlantes, dont je vais vous faire part, pour une partie. Je vous les donne à la volée.
          Il est écrit que 4 % des enseignants de mon établissement ont plus de 10 ans d'ancienneté au sein du collège, c'est faible, très faible comme taux de stabilité de nos effectifs.
         A l'entrée en 6ème, un élève sur trois à au minimum un an de retard.
         Plus de 60 % de nos élèves sont issus de familles défavorisées.
 
         C'es statistiques sont sensiblement équivalentes pour les autres établissements de la commune et des communes voisines.
 

         A la fin de la lecture de ces différents taux, nous comprenons que LA solution n'existe pas, parce qu'il n'y a pas UN problème, mais une multitude d'obstacles, qui rendent leurs résolutions complexes, et la vie dans l'enceinte des établissements y est difficile.

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Photo : Les Champs Elysée, Paris.

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Published by Le prof à la dérive - dans Chapitre 3 : Titulaire (07-08)
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 13:57

         Aujourd'hui il m'est arrivée quelque chose de particulier, comme je le vis 2 ou 3 fois dans l'année.

         Lors d'un cours, les élèves recopient sur leurs cahiers ce que j'ai écrit au tableau. Cette classe compte un nouvel élève juste arrivé dans l'établissement. En attendant qu'ils finissent de recopier, je passe dans les rangs et vérifie qu'ils prennent le cours sérieusement. L'ambiance de travail est studieuse, et je vois mes élèves relever régulièrement la tête pour lire le texte au tableau puis replonger le nez dans leurs cahiers.
         Constater que les élèves travaillent sérieusement, sont toujours des moments de plaisirs intenses.
         Je continue donc mon avancée à travers les sacs qui jonchent le sol, lorsque mon regard s'arrête sur un cahier de l'un de mes élèves. Il recopie consciencieusement mon cours, mais je n'arrive pas à retrouver la physionomie de celui-ci, avec son grand titre, ses paragraphes, ses retours à la ligne, … Je m'approche donc de lui pour regarder plus attentivement ce qu'il a écrit. Mais je suis stupéfait devant le constat que je viens d’apercevoir !
         Car l'élève a véritablement recopié mon cours comme je l'ai demandé, pour que l'exemple soit plus parlant, je vais recopier à sa manière le début de cette phrase : Carlélèveavérivéritablemeblementrecopiémoncoursmoncomme …
         Il recopie sans rien dire quelque chose qu’il ne comprend pas puisqu'il ne sait ni lire ni écrire visiblement. Il reproduit lettre après lettre ce qu'il voit au tableau, il n'a pas la notion de "mot", car il ne laisse pas d'espace entre les mots, pour lui il s'agit ni plus ni moins que d'un dessin ou d'un hiéroglyphe. Donc il recopie lettre par lettre sans vraiment savoir à quel mot il en est, puisqu'il ne sépare pas les mots entre eux ! Donc il réécrit plusieurs fois les mêmes lettres sans s'en rendre compte.
 
         Je parle de manière brève avec l'élève pour en savoir un peu plus, et tente de garder mon état d'ébahissement à l'intérieur de moi sans rien montrer de l'extérieur. Je reprends le cours, tous les élèves ont fini de recopier, donc nous débutons l'exercice.
         A ce moment précis, je me dis que je devrais essayer de faciliter l'intégration de l'élève au sein de la classe. Donc je commence l'exercice en posant une question très simple directement à cet élève, car je suppose qu'il connaît la réponse. A la fin de ma question, je le vois paniquer, les yeux grands ouverts, il se retourne et chuchote auprès de son camarade. Je comprends aussitôt qu'il lui demande de l'aide pour traduire ce que je viens de dire. Il n'a pas compris ce que je disais.
         Je pensais l'aider pour qu'il soit assimilé plus facilement par la classe. A la place j'ai montré à tous ses camarades qu'il ne comprenait pas notre langue. Certes, ses camarades devaient bien le savoir avant moi, mais j'ai eu honte. Honte par mon manque de tact, honte de ne pas pouvoir l'aider, honte de notre système éducatif, et surtout honte de moi !
 
         Suite à cet événement, je me questionne. Comment un élève peut-il échouer comme ceci dans un établissement ? Je sais bien qu'il n'existe que peu de structure d'accueil en région parisienne pour ce style d'élève et qu'elles sont surchargées.

         Cet élève a donc du patienter plusieurs semaines avant d'être accueilli dans un lieu adapté à sa situation. Il a du subir les cours en attendant des jours meilleurs … Je dis subir, car imaginez vous au beau milieu d'un cours dans une langue qui n'est pas la votre !!!

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Photo : Georges Pompidou, Paris.

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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 09:08

         Lorsqu'un élève gène de manière importante le bon déroulement du cours, il est inutile de commencer à mettre des punitions ou des heures de retenues pour calmer l'élève récalcitrant, ceci aggraverait la situation et nous obtiendrons le phénomène inverse, c'est-à-dire un individu déchaîné ! Ce qui est peut être déjà le cas …

         Nous sommes donc contraints de nous en "débarrasser", en l'excluant du cours (XI. Les moyens de pressions encadrés. 2) L'exclusion.). Mais il faut encore faire un papier supplémentaire, l’envoyer avec un élève accompagnateur l’exclu et ne pas oublier de donner du travail à faire (qu'il ne fera pas) sous peine de voir les élèves revenir … En plus, si vous excluez régulièrement des élèves, vous attirerez les foudres du principal et peut être même du CPE. Car forcément l'élève n'est peut être plus dans votre classe, mais il vient grossir les rangs des élèves exclus du collège, qui parfois font exploser littéralement la permanence (XXI. Allo police !) ! Il arrive même que les CPE refusent des exclusions, car la permanence ne compte plus de place disponible.
 
         Et bien sûr il s'agit toujours des mêmes élèves que nous retrouvons en exclusion. Ces élèves passent donc la majeure partie de la journée dans les couloirs ou en permanence. C'est du gâchis, mais ils sont heureux, tous au même endroit. Je plains les surveillants qui eux ne peuvent pas « exclure les élèves de l'exclusion » …
         Il m'arrive parfois de rêver à un monde avec des sanctions qui feraient si peur, que les élèves auraient un comportement parfait et donc qu'aucune sanction ne serait donnée, mais ce n'est qu'un monde imaginaire, malheureusement !
 
         Maintenant, si l'élève pénalise le cours, mais qu'il est encore "récupérable" durant l'heure, je le mets "simplement" à la porte. Je lui demande donc de rester derrière celle-ci jusqu'au moment où je déciderai de lui rouvrir.
         Cette solution palliative permet d'éviter l'exclusion durant la totalité du cours par l'élève et surtout de surcharger inutilement la permanence. Mais théoriquement cette solution est interdite. Car l'élève est sans surveillance dans le couloir.
         Ceci fonctionne pour la majorité des élèves, car au bout de 5 minutes l'élève s'ennuie et préfère ainsi revenir en cours et travailler ou au moins arrêter de perturber le cours (le travail est optionnel !).
 
         Il m'est arrivé une fois d'oublier une élève derrière la porte, elle est restée 30 bonnes minutes seule dans le couloir. Visiblement, elle était vexée, mais maintenant lorsque je lui demande d'arrêter sous peine de retourner dans le couloir, elle se calme instantanément.
 
         Mais certains sont des fortes têtes, une fois dans le couloir ils s'amusent à entrebâiller la porte pour parler avec les camarades à proximité ou même à les injurier, ou bien toutes les minutes, l'élève revient dans le cours pour vous demandez quand il rentre, ou ils refusent catégoriquement d'aller dans le couloir.

         Et dans tout ces cas là vous obtenez l'inverse de ce que vous escomptiez. Au lieu d'obtenir le calme, vous le détériorez, donc direction l'exclusion de mon cours.

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Photo : La bourse du commerce, Paris.

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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 16:23

         Qu'elle merveille technologique que ces TNI, c'est tout simplement un tableau avec un vidéo projecteur mais le gros plus, c'est qu'il est tactile. Ceci permet réellement de dynamiser un cours classique. Et ce n'est pas tout, celui-ci possède des stylets pour utiliser sur le TNI ou sur la tablette qui va avec. Cette tablette permet d'interagir sur le TNI du fond de la salle ou directement par l'élève sans même aller au tableau ! 

undefined         J'aborde le sujet des TNI, tout simplement parce qu'ils fleurissent un peu partout dans les établissements de l'Education Nationale.
 
         Personnellement je ne vois que deux points négatifs à cette nouveauté.
         La 1ère c'est la formation, celle-ci dure 1 heure, et bien entendu durant cette heure de formation, la seule personne qui utilise le tableau c'est le formateur. Comme le temps de formation est trop court, nous regardons sans jamais toucher. Ce qui est dingue, c'est que ce nouveau matériel tout compris coûte aux alentours de 5 000 € voire plus (TNI + vidéo projecteur + potence + l'installation + ordinateur + logiciel + …), et que l'établissement économise sur une formation qui a un coût dérisoire par rapport au TNI lui-même. Une fois de plus, je constate que dans le privé des économies sont également réalisé, mais pas sur une formation utile par la suite, c'est ce que nous appelons un investissement à moyen terme.
         Résultat la formation survole toutes les utilisations possibles en restant excessivement vague, sans aucune manipulation de notre part.
         Conclusion c'est à nous de nous former, et seul … Je n'arrive pas à comprendre ce genre d'action qui vise à économiser sur des points aussi importants que sur la formation de nouveaux matériels (comme le TNI), alors que les formations "machine à café" (XXVIII Formation machine à café.) sont toujours aussi nombreuses, mais dans ce cas, il s'agit de formation maison (fait par l'Education Nationale et non pas par une entreprise privée comme pour le TNI, donc probablement plus valorisante …).
 
         Le 2nd point négatif, c'est le logiciel, qui très bien conçu par ailleurs, mais celui-ci a été créé par le fabriquant de ce TNI, chaque fabriquant à son propre logiciel. Et bien sûr ils ne sont pas compatibles entre eux. Donc si l'enseignants est sur plusieurs établissements qui possèdent chacun un TNI d'une marque différente, il lui faudra préparer ses cours en double … Même chose lorsque l'enseignant change d'établissement scolaire, il pourra refaire tous ses cours sur le TNI …
 
         Globalement, je pense que ce TNI est une véritable avancée technologique et qu'il est très bien d'en faire profiter l'Education Nationale.
         Mais (je sais, il y a encore un "mais") plusieurs choses restent à déplorer.
-         Comment faisons-nous pour faire cours sur le TNI avec une classe de 30 lorsque la salle où est installé le TNI compte 26 places ?
-         Comment faire avec une classe super agitée, devons-nous restituer tout le matériel et intact en plus ?
-         Si le matériel se casse ou se fait voler, qui est responsable ?
-        
 
         Même si ce matériel est très bien, il me semble que nous pourrions dépenser l'argent du contribuable autrement, car avant de pouvoir faire des cours modernes, il serait utile d'avoir un climat de travail "normal" et de pouvoir faire tout simplement cours !
         Comment ? Et bien tout simplement en dédoublant plus régulièrement les classes ou bien en les allégeant. Si il y a de l'argent pour se doter de TNI, pourquoi ne pouvons nous pas diminuer les effectifs de nos classes ? Je vais même plus loin dans mes propositions, je ne pense pas que l'Education Nationale est besoin d'argent dans un 1er temps, il y a tout un tas de choses qui me semble beaucoup plus primordiale, mais je développerai ce point plus tard …
         La source du problème provient du financement des TNI, car comme tous les collèges, le matériel est à la charge des conseils généraux, tandis que les salaires des enseignants sont à la charge de l'état (LII. La décentralisation.). Les budgets ne proviennent pas du même endroit, alors avant que nos politiciens accordent leurs violons en matière de financement des établissements scolaires, nous pouvons attendre longtemps …
         Pouvons nous envisager d'avoir pour une fois un plan d'action cohérant de la part des diverses administrations de notre pays qui nous apporteraient des retombées significatives j'en suis sûre, au lieu d'avoir des dizaines de minis projets qui nous prennent un temps fou, et qui ne nous apportent pas de réels résultats sur le terrain.
         Car comme tous mes collègues, j'ai bien envie de faire mumuse avec ce nouveau jouet. Mais cette nouvelle babiole (de 5 000€ tout de même) apportera-t-elle la crédibilité, le poids ou la discipline qui nous manque cruellement auprès de nos élèves ? J'en doute … mais merci pour le cadeau qui me paraît dérisoire et fait office de gadget contrairement à son prix ! 

         Ce joujou, c'est un peu l'arbre que cache la forêt …


Photo : Galerie La Fayette, Paris.

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 17:40

         Les fainéants sont nombreux dans nos classes. Mais il y en a qui sont plus provocateurs que d'autres.

         Il y a le vrai flémard, celui qui ne prend pas son cours, car de toute manière il ne le lira jamais, donc à quoi bon l'écrire … Lorsque vous lui demandez où se trouve son cahier, il vous montre une chemise plastique à l'intérieur de laquelle se trouve quelques feuilles de cours de toutes les matières confondues, le tout non rangé bien sûr. L'avantage c'est qu'il n'a jamais besoin de faire son sac, car toute sa vie se trouve à l'intérieur et se résume à pas grand-chose.
         Si vous lui demandez d'écrire, il va bien entendu se mettre à chercher son stylo, puis une feuille (qu'il ne possède pas) pour se mettre au travail, tout ceci dans le seul but de gagner du temps, et comme vous n'avez pas qu'un seul élève dans votre classe vous laissez tomber.
         Certains enseignants collent ces élèves, d'autres ne le font pas. Personnellement, si l'élève ne pénalise pas le cours et reste discret, je fais comme si je ne le voyais pas. Ce n'est peut être pas un comportement digne d'un enseignant, mais mon 1er objectif dans un cours c'est de garder un semblant de silence et de discipline, donc je ne cherche surtout pas des problèmes supplémentaires où il n'y en a pas !
 
         La 2nde catégorie nettement moins sympathique, est celle des glandeurs provocateurs. Au contraire des vrais fainéants, eux se feront une joie de bien vous faire voir qu'ils ne font strictement rien dans votre cours, éventuellement ils feront de magnifiques dessins ou graffitis sur les tables, ou bien ils badigeonneront leurs trousses, leurs stylos de blanco. Où mieux, lorsque vous demandez aux élèves de lever la main pour obtenir la parole suite à une question que vous venez de poser, vous observerez une élève qui décolle la main de quelques centimètres.
         Et la discussion commence :
-         Moi : "Que fais-tu ?",
-         L'élève : "Bah, je lève la main.",
-         Moi : "Lorsqu'on lève la main pour obtenir la parole on l a lève visiblement en l'air.",
-         L'élève : "Vous n'avez pas dit de lever le bras et puis vous m'avez vu.",
-         Moi : "?/! … Tant pis, tu ne seras pas interrogée.".
 
         Comme d'habitude l'élève a de la répartie.

         Bien évidemment si la 1ère catégorie ne vous cause pas de problème de discipline, la 2nde ne peut pas vous y faire échapper.

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Photo : Georges Pompidou, Paris.

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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 12:28

         Voici le moment tant attendu du contrôle. J'effectue celui-ci sous forme d'un QCM (Questions à Choix Multiples). Lors de ma 1ère année d'enseignant stagiaire j'avais déjà utilisé ce QCM, les questions en elles-mêmes n'ont pas véritablement changées. Contrairement à la forme de celui-ci, car bien évidemment, j'ai rajouté quelques modifications utiles pour une meilleure compréhension de l'élève (en détaillant davantage les questions), et pour simplifier la correction (par exemple pour les réponses mettre une croix sur deux à gauche puis à droite), sans oublier de le rendre plus sympathique (encadré, souligné, mis en gras, …). On peut toujours trouver de quoi s'occuper … 

         Donc, comme je vous l'explique le fond de ce contrôle reste identique à ma 1ère année d'enseignant stagiaire.
 
         Théoriquement, je devais m'attendre à un résultat similaire, entre les classes que j'ai actuellement et celles que j'ai eu lors de ma toute 1ère année. Lors de celle-ci mes classes de "l'époque" (pas si lointaine) avaient obtenu une moyenne supérieure à 14/20. Et encore, j'enlevais 2 points si l'élève avait oublié d'y inscrire son NOM, son Prénom ainsi que sa classe. Même chose si les traits n'étaient pas effectués à la règle ou si la copie n'était pas propre, donc un élève pouvait se voir retirer 4 points sur sa copie. Mon but était simplement de maintenir une moyenne correcte, ni trop bonne ni trop mauvaise.
 
         Mais cette année dès la lecture des copies, je comprends qu'il va y avoir des changements dans ma notation si je veux obtenir une moyenne décente. Car il n'est pas concevable de mettre des moyennes trop basses au collège, sous peine d'avoir quelques problèmes avec sa hiérarchie directe. Donc j'inverse la tendance, en laissant un barème identique au contrôle même, mais en jouant sur les à côtés.
         Je mets 2 points de plus si l'élève a écrit son NOM, son Prénom et sa classe (peut importe si il y a des ratures, si si çela arrive même sur leur propre NOM), et même chose si la copie est propre. Autrement dit un élève qui obtient 0/20 au contrôle peut avoir 4/20 au final, ceux sont des points bonus en quelques sortes !
         Mais la moyenne de mes classes n'a pas augmenté pour autant, car mes classes obtiennent entre 8 et 10/20 de moyenne.
 
         A l'issue de ce contrôle je m'interroge, je me remets en question, je me demande si j'ai bien fait mon travail, si mon cours était bien préparé, puisque mes classes viennent de perdre 4 points de moyennes, malgré ma notation "sympathique" . Qu'est ce qui ne va pas ?
         Je prends donc la décision de faire une correction détaillée de ce contrôle et de revoir en même temps les cours correspondants au contrôle. Je demande plusieurs fois à mes élèves si ils ont bien assimilés la correction. Et je précise "Attention, je peux remettre le contrôle la semaine prochaine !".
 
         Histoire de vérifier si mes élèves ont bien assimilé la correction, et de bien faire comprendre qu'il n'y a qu'un seul maître à bord du navire (qui sombre), je remets une 2nde fois exactement le même contrôle à la virgule près.
         Et là, c'est le drame, je m'arrache les cheveux. Lors du contrôle, je vois les élèves se gratter la tête tout en réfléchissant et murmurer : "Lors de la correction, c'était la colonne de gauche ou de droite qu'il fallait cocher". Mes bras m'en sont tombés, les élèves ne lisaient pas la question, mais essayaient de se rappeler "l'image" du QCM une fois corrigée.
         J'ai donc corrigé ces mêmes QCM une 2nde fois, et le résultat était meilleur (de 10 à 13/20 de moyenne, mais derrière celui obtenu lors de ma 1ère année. Je refais à nouveau une correction pointue sur ce devoir et je précise qu'il n'est pas impossible de voir ce contrôle une 3ème fois.
         En plus je suis vexé de constater que les élèves n'ont pas répondu à mon QCM, mais simplement recopié l'endroit des réponses par rapport à leurs mémoires. Et j'ai bien envie de leur montrer qu'il faut savoir réfléchir. Je réorganise donc ce fameux QCM, pour intervertir les réponses. Par exemple les 2 colonnes "Vrai Faux", deviennent "Faux Vrai", ainsi l'ordre des réponses change complètement.
 
         J'attends 2 semaines, puis re-remets pour la 3ème fois tout de même le QCM, avec une légère modification. Et je vois certains élèves foncer pour répondre au QCM sans voir le piège béant qui se trouve devant leurs yeux.
         Forcement la moyenne du devoir est inévitablement en baisse, et cette fois-ci mes classes obtiennent entre 10 et 11/20. Certains élèves ont eu tout faux, car ils avaient appris par cœur non pas le cours mais l'ordre des réponses !!!
 
         Conclusion, même en mettant 3 fois d'affiler le même contrôle, et en instaurant des points bonus, le résultat est dramatique comparé à ceux du "bon" collège. Mais pourquoi ?

         Tout simplement, parce que lors des cours le calme n'est pas au rendez vous et qu'en plus les élèves ne sont pas concentrés puisqu'ils préfèrent nettement faire le bazar lors de celui-ci. Et les élèves qui révisent régulièrement leurs cours ne sont pas légion dans ce genre d'établissement, car voyez-vous pour réviser, encore faut-il avoir écrit le cours …

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Photo : Galerie La Fayette, Paris.

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 07:47

         La question préférée des élèves posée à leurs professeur est la suivante "De quel pays êtes vous originaire messieurs ?". Comme la quasi-totalité des élèves du collège ne sont pas originaire de la France, ils pensent que les Français de France n'existent pas. Donc pour eux tout le monde à des origines étrangères relativement proche, une génération maximum !

Galerie-Colbert.JPG         Et si vous ne répondez pas, ils essayent de deviner, et dans ce cas, toutes les nationalités y passent :
-         Polonais.
-         Egyptien.
-         Chinois.
-         Suédois.
-         Italien.
-        
 
         J'ai peut être un physique atypique …
 
         Il est inconcevable pour eux de penser qu'une personne soit originaire de France depuis 2 générations.
 
         Ceci me fait toujours rire de voir les élèves chercher ma "nouvelle" nationalité d'accueil !
         Mais est-ce réellement drôle ? Car le constat est le suivant, si les élèves pensent que les Français de France n'existent pas, c'est tout simplement parce qu'ils n'en connaissent quasiment aucun… Donc il y a un gros problème de mixité sociale et ethnique. Enfin lorsque je parle de mixité ethnique, je devrais plutôt parler de mixité ethnique française. Car de la mixité ethnique dans mon collège il y en a énormément, je pense à mes élèves : Marocains, Algériens, Congolais, Sénégalais, Egyptiens, Turcs, Bénins, Maliens, Ivoiriens, Polonais, Camerounais, Angolais, Tunisiens, Indiens, Nigériens, … et j'en oublie probablement.
 
         J'ai peut être fait quelques fautes sur l'orthographe des habitants de ces pays et je m'en excuse d'avance.
         Il faut positiver, grâce à mes élèves, j'ai amélioré nettement ma géographie d'Afrique centrale principalement. Je suis même devenu franchement bon dans ce domaine. J'insiste sur l'Afrique centrale, car comme tous français je connaissais la géographie de l'Afrique du nord (d'où provient l'autre partie de nos élèves).
         Car celle-ci me faisait cruellement défaut à la dernière rentrée. Peut être une nouvelle idée d'enseignement à l'IUFM : La géographie d'Afrique centrale.

Photo : Galerie Colbert, Paris.
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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 07:11

         Voici maintenant 1 an (jour pour jour) que ce blog est ouvert, il comptabilise plus de 21 000 visiteurs, 700 commentaires sur 127 articles. En terme d'audience ce n'est pas vraiment une réussite grandiose, mais ce n'est pas le but recherché, car comme je le dis dans la présentation du blog : "J'espère que ce blog, ouvrira l'esprit de quelques personnes médisantes auprès des enseignants. Et qu'ils comprendront le quotidien d'un prof.". 

         Maintenant, si je souhaite faire connaître à un maximum de personne, la réalité d'un jeune enseignant en région parisienne, il faut bien passer par un peu de publicité et puis cela fait toujours plaisir d'être lu par le plus grand nombre de personnes.
         J'encourage donc à ce titre « le bouche à oreille » que vous pouvez effectuer vous-même auprès de votre entourage. Je compte donc sur vous, la seule règle d'or à respecter est l'anonymat …
 
         Les débuts de ce blog ont été laborieux, tant sur le fond que sur la forme. Les articles étaient courts, manquaient de précisions et de pertinences. Tandis que l'esthétique du blog était très moyen.
         Actuellement le design de celui-ci reste très sobre pour ne pas dire simple. Mais bon, j'espère que cela vous convient. Les articles sont plus étayés qu'au début et j'aborde des sujets à peu moins classique que ce que je vis au quotidien en abordant des thèmes plus profonds, comme la décentralisation, les budgets, …, je me permets même de donner quelques pistes, même si je ne suis pas un dirigeant !
 
         Mes connaissances concernant la création de blog étaient nulles au début, même s’il est simple de créer un blog et de faire des articles, en revanche il n'est pas forcément si facile que nous l'imaginons de créer tous les "à côtés", c'est-à-dire, les phrases défilantes, les entêtes, les compteurs, les sondages, la musique en ligne, … Mais je m'améliore au fur et à mesure.
         Ce blog est devenu en quelques mois mon passe temps favori, je suis devenu un assoiffé de mon propre blog, je vais sur celui-ci tous les jours voire même plusieurs fois par jour. C'est presque devenu un rituel, la 1ère chose que je regarde, c'est le nombre de commentaires laissés (qui peuvent me décevoir d'ailleurs) ainsi que le nombre de visiteurs venus la veille.
         Certains pensent que je devrais y passer moins de temps. Car oui ce blog m'occupe plusieurs heures pas semaines, mais c'est un loisir et non un travail. Malgré tout, je dois faire attention à ne pas me prendre trop au jeu …
 
         Pour ceux qui pensent que je n'aurai plus d'idées à mettre en ligne et que je ne pourrai pas me renouveler éternellement (ce que je pensais au début), je dirais simplement que je suis toujours régulièrement surpris par des événements qui ont lieu.
         Il y a même une quinzaine d'idées d'articles sous le coude, que je n'ai pas transformé en article par faute de temps.
 
         Un grand merci à vous tous, qui me soutenez en me laissant des commentaires durant les moments parfois difficiles que je vis.
         J'espère que vous continuerez à me lire encore longtemps avec autant d'attention.
 
         Bonne lecture.
         @+
         Proald.
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Published by Le prof à la dérive - dans prof-a-la-derive
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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 07:44

Gainsbourg-01.JPG

         Mon réveil sonne ce matin, je me lève aussitôt, j'ai mal dormi car je n'ai pas réussie à faire le vide dans ma tête, un problème de la veille avec le principal m'a tracassé durant la nuit. Je me prépare et m'active sans perdre de temps. Je pars de bonne heure de chez moi par rapport à d'habitude, résultat, j'arrive 30 bonnes minutes avant la 1ère sonnerie matinale.
         Le collège est comme vide, j'aperçois de la lumière dans le bureau du CPE, je vais le voir pour une histoire qui c'est déroulé la veille également.
         Je frappe à sa porte puis rentre en le saluant. Avant même que je commence ma phrase, il me dit en m'observant "Je ne te sens pas bien, toi ?". Ceci m'a surpris car je connais ce collègue de travail que depuis quelques mois et pourtant il a compris que j'avais quelques soucis en ce moment.
         Il faut dire que j'ai 2 histoires qui me perturbent.
        
         La 1ère histoire trouve sa source il y a quelques jours. Lors d'un cours agité, je me suis énervé et j'ai exprimé mon mécontentement à la classe avec l'expression suivante "Mais vous avez été élevés chez les cochons, où quoi ?" Ceci a engendré une réaction vive des élèves de la classe, qui ont répété à leurs parents tout en déformant mes propos. Résultat certains parents ont appelé directement le principal. Celui-ci m'a convoqué et m'a demandé ce qui c'était réellement passé, il ne m'a pas franchement soutenu, je dirais même qu'il m'a enfoncé. Je sais que je n'aurais jamais dû dire ça, mais c'était simplement une expression, je n'ai jamais voulu traiter mes élèves de cochons. C'est sorti de ma bouche comme un automatisme durant un moment d'énervement.
         Lors de ce tête à tête avec le principal, celui-ci a continué sur sa belle lancée en m'expliquant qu'il était passé devant ma salle il y a quelques jours, et qu'il avait entendu du chahut. Il me dit qu'il n'est pas normal d'avoir des problèmes avec ces élèves, et que je dois réagir. Je n'ai pas franchement répondu à son discours que je considère comme une attaque personnel, car j'étais surpris par sa moralisation à deux centimes…
         Au lieu d'aider ses enseignants, il les enfonce.
 
         Et hier, il y a donc eu la 2nde histoire pour laquelle je suis venu rendre compte au CPE. Un élève s'amuse avec sa paire de gants qu'il jette en l'air rapidement à la manière d'un jongleur. Je lui demande d'arrêter puisque nous sommes en cours. Celui-ci continue, donc je vais vers lui et lui confisque sa paire de gants.
         L'heure passe sans accrocs notoires, puis arrive la sonnerie. L'élève refuse de sortir de la salle de cours sans ses gants. Je lui explique une nouvelle fois la règle (je rends les objets confisqués à la fin du prochain cours à condition que l'élève se tienne correctement), mais il refuse catégoriquement de sortir. Comme je n'ai pas que lui à m'occuper, je le prends par son sac à dos et je le mets littéralement à la porte.

         Forcément il n'a pas apprécié que je le vire ainsi, il est allé raconter à qui voulait entendre que je l'avais étranglé… Il a un grand frère dans le collège qui vient s'en mêler également … et les parents ne vont peut être pas tarder … La suite au prochain épisode, si toute fois il y a une suite (j'espère bien que non).
Gainsbourg-02.JPG

Photo : Appartement de Gainsbourg, Paris.

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Published by Le prof à la dérive - dans Chapitre 3 : Titulaire (07-08)
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XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.