A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Fin Novembre, soit 2 mois ½ après ma 1ère rentrée, j'ai du faire mes vœux. Je commence juste ce métier que je dois déjà savoir ou je veux aller, ou plutôt partir!!!
"Mutation", ce mot suffit à faire peur aux enseignants. Pourquoi ? En passant le concours, je savais que j'irai enseigner dans la région parisienne, mais je ne me doutais pas de la durée. Je vais vous expliquer, soyez attentifs.
Pour la 1ère année nous avons 21 points (c'est le minimum). En ayant ce barème, la plupart des académies sont inaccessibles (aux alentours de 300 points). Chaque discipline à ses propres barèmes (ces dires ne sont donc valables que pour ma matière). Les seules académies que nous pouvons choisir, sont Versailles ou Créteil, au choix !
Vous pensez, que 2 ou 3 ans suffisent pour que ces autres académies soient accessibles. A raison de 7 points par échelon, il existe 11 échelons sur la totalité de la carrière d'un enseignant (7 x 11 = 77 points), de 65 points tous les 4 ans à condition de rester sur le même poste. Il faut donc attendre 16 ans au même endroit, pour pouvoir enfin envisager un départ ultime.
Il existe bien évidemment d'autres solutions, dont certaines sont risquées.
La 1ère, "les Pacsés" la plus répandue entre enseignant. Ce Pacser, mais attention, ce n'est pas aussi simple que ça. Il faut que votre pseudo conjoint, travail dans la région où vous souhaitez être muté. Pour cela, il faut avoir des amis (un seul suffit) très compréhensifs, sûrs et qui travaillent. Vous l'aurez compris par vous même, il n'est pas nécessaire de s'aimer! Certains acceptent de se pacser pour quelques euros ou par simple amitié. Ce système vous assure une mutation en 3 ans grands maximums.
C'est très apprécié car c'est le plus efficace et le moins risqué, aucun contrôle n'est effectué par le ministère.
La 2nde, "les battants", demander un établissement APV (Affectation à caractère Prioritaire justifiant d'une Valorisation), je précise que la valorisation financière est plus que minime.
Les établissements APV, ouvrent droits à des bonifications, 300 points sont données à la fin de 5 années complètes d'enseignement, si vous vous arrêtez en cours de route de manière importante (arrêt maladie, congés parental…), le temps comptabilisé est suspendu. Les établissements sont classifiés APV, s'ils ont l'un des 4 intitulés, PEP IV, ZEP, zone sensible ou zone violence, certains de ces établissements peuvent avoir plusieurs de ces intitulés, voire les 4 à la fois (c'est le gros lot !).
Cette 2nde solutions est risquée moralement voire physiquement. De plus, il faut absolument finir les 5 année pour obtenir ces fameux points.
Les autres solutions sont "atypiques", vous obtiendrez des points supplémentaires, si vous avez la garde d'un enfant, vous étiez fonctionnaire auparavant, vous êtes handicapés et justifié de soins, sportifs de haut niveau, originaire d'un DOM TOM…
Si vous ne pouvez ou ne voulez pas envisager une de ces solutions et hors mis le coup de piston habituel car vous ne connaissez personne, faites vous une raison...
Ce qui est injuste, c'est que vous ne connaissez pas le fonctionnement des mutations avant de rentrer dans l'éducation nationale. Ils se gardent bien de vous le dévoiler. Personnellement je le vis comme une trahison.