A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Le sujet : Auparavant la carte scolaire était bafouée, mais maintenant elle est dénouée de tout sens. Puisque chaque parent peut demander l'établissement qu'il souhaite sans aucune raison valable, la simple convenance personnelle suffit pour sortir de son établissement de rattachement. Résultat, les fossés se creusent entre les établissements dits "chics" et ceux "difficiles". Les établissements "difficiles" se font piller leurs derniers bons élèves pour ne conserver que les élèves en difficultés scolaires ou le plus souvent les perturbateurs. Tandis que les établissements "chics" s'enrichissent un peu plus en accumulant les élèves à bon potentiel.
Le problème est beaucoup plus profond que ça et ne dépend pas uniquement de l'Éducation Nationale. Il provient du phénomène géographique que génèrent les banlieues, il y a plusieurs décennies nous avons "parqué" les gens avec peu de ressources dans des immeubles construits à la périphérie de nos métropoles. Actuellement nous en ramassons les fruits pourris.
Une politique du logement adéquat serait la bienvenue, mais visiblement elle serait trop coûteuse (et surtout l’état reste inactif), c'est pour cela que je propose d'autres solutions.
Mes propositions : Remettre en place une vraie carte scolaire, digne du nom. Qui n'autorise les détournements de carte que de manière très limitée et pour certains cas comme celui des options (langues vivantes, sport, musique, …).
Autre suggestion, lorsque les collèges "chics" et "difficiles" sont trop éloignés pour récupérer une nouvelle population avec cette "vraie" carte scolaire, il suffirait de sectionner la scolarité au collège en 2 parties. Tous les élèves de 6ème et 5ème sur les deux établissements iraient dans l'établissement "chic", tandis que les 4ème et 3ème iraient quant à eux dans celui "difficile".
Ma proposition suivante vise à déplacer les options "sélectives" qui existent dans certains établissements à la réputation distinguée. Je pense naturellement aux classes européennes et surtout aux Classes à Horaires Aménagés Musique, Danse ou autre, pour introduire ces options dans les établissements "difficiles", ceci limitera ainsi de manière importante le détournement de la carte scolaire, et attirera dans les établissements "difficiles" une clientèle différente.
Les répercussions : Ceci accentuera naturellement la mixité sociale. A la suite de ces modifications, certains parents n'hésiteraient pas à mettre leurs enfants dans le privé pour les sortir de la carte scolaire (une autre solution sera présentée) et éviter ainsi d'envoyer leurs enfants dans la banlieue proche et voisine.
Les problèmes éventuels : Tout d'abord, les grosses banlieues qui possèdent uniquement des collèges "difficiles" autours d'eux ne pourront pas bénéficier de l'échange entre les établissements "chics" et "difficiles" proposé précédemment.
Une opposition forte est à attendre de la part des parents d'élèves et des établissements "chics" qui souhaitent garder un niveau de sélectivité !