A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Le sujet : Suite à la proposition d'adapter la carte scolaire aux vrais problèmes de mixité, il va de soi que cela fait le jeu des établissements privés et renforce ainsi leurs poids. Lorsque je parle ici des établissements privés, je ne parle pas de tous les établissements privés, mais de ceux qui sont identiques aux publics, comme les écoles primaires, les collèges ou les lycées. Les établissements qui forment les élèves par apprentissage par exemple ne sont donc pas concernés (car le publique est actuellement quasi inexistant).
Actuellement les établissements privés recrutent leurs clientèles selon leurs propres critères. Les parents d'élèves payent une certaine somme pour faire bénéficier leurs progénitures d'une "bonne" éducation, c'est le souhait de tous parents, même des établissements dits difficiles. Mais ces sommes généralement ne suffisent pas à elles seules pour garder une autonomie financière de ces établissements. C'est donc l'état qui subventionne pour partie le fonctionnement des établissements privés. Par conséquent, ils sont dépendants de l'état qui épaule financièrement le secteur privé.
Autrement dit, les parents qui ont des élèves dans les établissements sensibles versent indirectement de l'argent aux établissements privés via les impôts. Ce qui est plutôt choquant.
Mes propositions : Comme l'état investit dans les établissements privés et par conséquent chics, il est normal d'attendre un retour de leur part. Car c'est une sorte d'investissement, donc il y a un retour qui doit s'effectuer, par exemple sur les élèves qui entrent dans l'établissement.
Nous pourrions proposer à des élèves issus des quartiers difficiles d'entrer dans ces établissements, ou mieux, d'obliger ces établissements chics à prendre d'autres types d'élèves, comme ceux qui sont exclus d'un établissement et qui en cherche un nouveau.
Pour ce qui est de chiffrer le nombre de places déterminées par l'état, il suffit de faire un ratio entre le budget de l'établissement qui vient des parents d'élèves et celui qui vient des fonds publics. Car je ne vois pas pourquoi l'état continue d'entretenir des niches de scolarités privilégiées.
L'idéale serait bien entendu de transformer ces établissements privés en établissements publics. Ceux-ci deviendraient donc gratuits pour tous, et recruteraient uniquement sur la carte scolaire imposée. Mais c'est un projet important qui doit se faire sur du long terme.
Les répercussions : Bien entendu, tout ceci à pour but de faire une vraie mixité sociale et améliorer nettement l'égalité des chances qui actuellement n'est qu'un mot parmi tant d'autres. Comme ceci tout le monde serait logé à la même enseigne. Ce qui n'est bien évidemment pas le cas actuellement.
Les problèmes éventuels : Ils sont nombreux et surtout importants, entre les parents et le personnel des établissements privés, il y aurait fort à faire. Car ils seraient probablement opposés à ce choix. Il est même difficile d'en juger l'ampleur. La mixité sociale, c'est toujours bon, mais chez les autres …