Lorsqu'un élève gène de manière importante le bon déroulement du cours, il est inutile de commencer à mettre des punitions ou des heures de retenues pour calmer l'élève récalcitrant, ceci aggraverait la situation et nous obtiendrons le phénomène inverse, c'est-à-dire un individu déchaîné ! Ce qui est peut être déjà le cas …
Nous sommes donc contraints de nous en "débarrasser", en l'excluant du cours (XI. Les moyens de pressions encadrés. 2) L'exclusion.). Mais il faut encore faire un papier supplémentaire, l’envoyer avec un élève accompagnateur l’exclu et ne pas oublier de donner du travail à faire (qu'il ne fera pas) sous peine de voir les élèves revenir … En plus, si vous excluez régulièrement des élèves, vous attirerez les foudres du principal et peut être même du CPE. Car forcément l'élève n'est peut être plus dans votre classe, mais il vient grossir les rangs des élèves exclus du collège, qui parfois font exploser littéralement la permanence (XXI. Allo police !) ! Il arrive même que les CPE refusent des exclusions, car la permanence ne compte plus de place disponible.
Et bien sûr il s'agit toujours des mêmes élèves que nous retrouvons en exclusion. Ces élèves passent donc la majeure partie de la journée dans les couloirs ou en permanence. C'est du gâchis, mais ils sont heureux, tous au même endroit. Je plains les surveillants qui eux ne peuvent pas « exclure les élèves de l'exclusion » …
Il m'arrive parfois de rêver à un monde avec des sanctions qui feraient si peur, que les élèves auraient un comportement parfait et donc qu'aucune sanction ne serait donnée, mais ce n'est qu'un monde imaginaire, malheureusement !
Maintenant, si l'élève pénalise le cours, mais qu'il est encore "récupérable" durant l'heure, je le mets "simplement" à la porte. Je lui demande donc de rester derrière celle-ci jusqu'au moment où je déciderai de lui rouvrir.
Cette solution palliative permet d'éviter l'exclusion durant la totalité du cours par l'élève et surtout de surcharger inutilement la permanence. Mais théoriquement cette solution est interdite. Car l'élève est sans surveillance dans le couloir.
Ceci fonctionne pour la majorité des élèves, car au bout de 5 minutes l'élève s'ennuie et préfère ainsi revenir en cours et travailler ou au moins arrêter de perturber le cours (le travail est optionnel !).
Il m'est arrivé une fois d'oublier une élève derrière la porte, elle est restée 30 bonnes minutes seule dans le couloir. Visiblement, elle était vexée, mais maintenant lorsque je lui demande d'arrêter sous peine de retourner dans le couloir, elle se calme instantanément.
Mais certains sont des fortes têtes, une fois dans le couloir ils s'amusent à entrebâiller la porte pour parler avec les camarades à proximité ou même à les injurier, ou bien toutes les minutes, l'élève revient dans le cours pour vous demandez quand il rentre, ou ils refusent catégoriquement d'aller dans le couloir.
Et dans tout ces cas là vous obtenez l'inverse de ce que vous escomptiez. Au lieu d'obtenir le calme, vous le détériorez, donc direction l'exclusion de mon cours.

Photo : La bourse du commerce, Paris.