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A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

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XXXV.Lettre à lettre.

         Aujourd'hui il m'est arrivée quelque chose de particulier, comme je le vis 2 ou 3 fois dans l'année.

         Lors d'un cours, les élèves recopient sur leurs cahiers ce que j'ai écrit au tableau. Cette classe compte un nouvel élève juste arrivé dans l'établissement. En attendant qu'ils finissent de recopier, je passe dans les rangs et vérifie qu'ils prennent le cours sérieusement. L'ambiance de travail est studieuse, et je vois mes élèves relever régulièrement la tête pour lire le texte au tableau puis replonger le nez dans leurs cahiers.
         Constater que les élèves travaillent sérieusement, sont toujours des moments de plaisirs intenses.
         Je continue donc mon avancée à travers les sacs qui jonchent le sol, lorsque mon regard s'arrête sur un cahier de l'un de mes élèves. Il recopie consciencieusement mon cours, mais je n'arrive pas à retrouver la physionomie de celui-ci, avec son grand titre, ses paragraphes, ses retours à la ligne, … Je m'approche donc de lui pour regarder plus attentivement ce qu'il a écrit. Mais je suis stupéfait devant le constat que je viens d’apercevoir !
         Car l'élève a véritablement recopié mon cours comme je l'ai demandé, pour que l'exemple soit plus parlant, je vais recopier à sa manière le début de cette phrase : Carlélèveavérivéritablemeblementrecopiémoncoursmoncomme …
         Il recopie sans rien dire quelque chose qu’il ne comprend pas puisqu'il ne sait ni lire ni écrire visiblement. Il reproduit lettre après lettre ce qu'il voit au tableau, il n'a pas la notion de "mot", car il ne laisse pas d'espace entre les mots, pour lui il s'agit ni plus ni moins que d'un dessin ou d'un hiéroglyphe. Donc il recopie lettre par lettre sans vraiment savoir à quel mot il en est, puisqu'il ne sépare pas les mots entre eux ! Donc il réécrit plusieurs fois les mêmes lettres sans s'en rendre compte.
 
         Je parle de manière brève avec l'élève pour en savoir un peu plus, et tente de garder mon état d'ébahissement à l'intérieur de moi sans rien montrer de l'extérieur. Je reprends le cours, tous les élèves ont fini de recopier, donc nous débutons l'exercice.
         A ce moment précis, je me dis que je devrais essayer de faciliter l'intégration de l'élève au sein de la classe. Donc je commence l'exercice en posant une question très simple directement à cet élève, car je suppose qu'il connaît la réponse. A la fin de ma question, je le vois paniquer, les yeux grands ouverts, il se retourne et chuchote auprès de son camarade. Je comprends aussitôt qu'il lui demande de l'aide pour traduire ce que je viens de dire. Il n'a pas compris ce que je disais.
         Je pensais l'aider pour qu'il soit assimilé plus facilement par la classe. A la place j'ai montré à tous ses camarades qu'il ne comprenait pas notre langue. Certes, ses camarades devaient bien le savoir avant moi, mais j'ai eu honte. Honte par mon manque de tact, honte de ne pas pouvoir l'aider, honte de notre système éducatif, et surtout honte de moi !
 
         Suite à cet événement, je me questionne. Comment un élève peut-il échouer comme ceci dans un établissement ? Je sais bien qu'il n'existe que peu de structure d'accueil en région parisienne pour ce style d'élève et qu'elles sont surchargées.

         Cet élève a donc du patienter plusieurs semaines avant d'être accueilli dans un lieu adapté à sa situation. Il a du subir les cours en attendant des jours meilleurs … Je dis subir, car imaginez vous au beau milieu d'un cours dans une langue qui n'est pas la votre !!!

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Photo : Georges Pompidou, Paris.

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B
J'ai eu un cas similaire lorsque j'était en primaire en CM2, en début d'année l'enseignante fait l'appel pour la toute première fois. arrive un nom qu'on ne connais pas, et personne ne lève la main, par contre une petit nouvelle se met a pleurer. Elle ne parlait pas un mot de Français, portugaise venant d'arriver en France. <br /> L'enseignante a passé l'année a lui apprendre le Français elle a rapidement appris a parler et s'est très bien intégré dans la classe sans prendre trop de retard.
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B
C'est ahurissant !j'aime bien lire tes textes, j'ai l'impression d'être en classe ! j'ai toujours aimé l'école, je précise...béa
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P
Le but est là, c'est de revivre une 2nde fois les faits.
P
Si l'immigration était contrôlée, il n'y aurait pas d'afro-maghrébins parachutés dans les classes et ne comprenant rien au cours.Quant aux allocations, elles constituent l'unique moyen de pression contre les parents qui laissent leurs enfants faire n'importe quoi. Surtout quand les enfants en question constituent une chair à alloc et que leurs parents les laissent dans la rue dès qu'ils peuvent marcher.A ce sujet, voici un témoignage édifiant : http://www.racismeantiblanc.bizland.com/monquartiersympa/pages/mqs022.htm
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L
"Une chair à alloc", franchement c'est monstrueux ce que tu écris.Il est peut être possible que cela existe mais ceci fait partie d'une infime partie de gens, et je suis même persuadé que "des bons français" ont des comportements bien pires que ce que tu décris. Des racistes il y en a des 2 côtés de la barrière.Rien que le nom du site, je ne suis pas vraiment enthousiaste et le mot est faible.
P
Vous n'avez pas à avoir honte. Un élève qui ne parle pas français n'a rien à faire dans une classe française. On voit là les effets de l'immigration non contrôlée. Et puis, les enfants, ça rapporte un max en allocations !Si quelqu'un devait être tenu responsable de ce genre de situations, ce n'est sûrement pas l'enseignant...
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L
Que l'immigration soit contrôlée ou non ne change absolument rien au problème de l'accueil fait aux élèves.Et le fait que les parents touchent ou non des allocations n'y change rien non plus, car ce n'est pas ceci qui intégrera mieux l'élève (non francophone) dans une classe traditionnelle de banlieue !
I
Heu... Je ne compends pas. Quand cet élève vous a été présenté, car on a bien du vous dire à un moment ou un autre, qu'un nouvel élève arrivait, on ne vous a rien communiqué sur son âge, sa provenance et une information aussi importante que "il cause pas la France " ? Dans ce cas, si les élèves arrivent dans vos classes comme des pochettes surprises, il y a un sérieux manque de communication entre la direction (qui est censée inscrire les élèves) et vous les profs .
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L
De temps en temps un mot est inscrit sur le tableau de la salle des profs du style : Nouvel élève "truc" en classe "machin". Rien de plus. Et la majorité du temps vous CONSTATEZ qu'un nouvel élève et dans votre classe. Donc vous débutez le cours en lui demandant son NOM et son Prénom ...Il y a probablement un manque de communication, mais il y a sûrement un surnombre d'élèves acceuillis au beau milieu de l'année scolaire ...
P
  Pour ces ENA (eleves nouvellement arrivés ) on ne nous demende pas de faire des miracles mais seulement de mettre ces petits dans un bain linguistique. Qu'ils s'imprègnent de la langue et aussi des codes sociaux du pays....En attendant une place sur une plate forme ou un dispositif d'intégration avec des cours de FLE ... Pas d'état d'âme Proald , pas de  fausse condescendance mais un respect de leur personne est déja leur rendre le quotidien moins lourd.     
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L
C'est un début, qui me paraît inadapté pour ces élèves, et ça me fait mal de les voir avec les autres. Prendre de mauvais exemple sur des élèves qui eux parlent correctement le français, mais question éducation ... il faudra repasser.
K
Bonjour, Proald, je ne t'oublie pas ! J'ai simplement été entre deux ordinateurs et j'apprends à vivre avec le nouveau.Ton article me fait penser à une remarque qui m'a glacer d'horreur hier. Une de mes anciennes voisines est médecin dans un centre chic mais pas cher du touto. Elle m'a raconté qu'une patiente chinoise lui a demandé si elle parlait l'anglais (ce médecin ne parle aucune langue étrangère, elle a tout oublié de ses études).Ce qu'elle a répondu à cette patiente : "vous êtes en France, vous avez la sécurité sociale, le RMI et vous ne parlez pas français ????Débrouillez-vous !" La patiente a trouvé quelqu'un de plus cultivé et de plus "humain". Moi, j'appelle cela une "faute professionnelle", "un refus de soigner", je suis consterner. Je ne te dis de quelle tendance elle est, tu l'auras deviné !!!! Affectueusement, Kay (ex Castafiora)
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L
Ouai, c'est pas forcément très jolie, jolie tout ça.
N
c'est affreux...et c'est normal ou ils avaient oublié les cours de langue?
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L
Il avait simplement de l'anglais comme cours de langue, je ne suis pas sûre que ça lui a été d'une grande aide ...
C
'Peut pas parler de manque de tact quand on ne savait pas. Faut pas vous en vouloir, bien au contraire. Une réaction répréhensible aurait été de l'accabler, d'insister. Mais ce ne fut pas le cas. Puis, se poser la question sur sa place ds votre etablissement témoigne que vous ne manquez pas de tact. L'important est ensuite de lui proposer son aide, pour qu'il puisse un minimum s'en sortir.Pour ce qui est de sa place ici. Certes, elles n'est pas la mieux adaptée. Mais y avait-il, dans l'immédiat, d'autres solutions ?Cette mini période lui a t-elle été efficace en termes d'intégration avec les autres élèves, dans la langue ?... Je pense que oui.Alors, je me demande si on peut réelement dire qu'il à "subit" cette période. Il fut aussi acteur. Et peut-etre un des plus grand rôle de sa vie.
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L
Il y a probablement eu des points positifs dans cette expèrience, mais aller dans un centre adpaté à ce genre de difficultés aurait été moins éprouvant pour lui. C'est simplement ma pensée.
B
Ton histoire me fait penser à une autre : il y a quelques années de cela, j'enseignais en IUT techniques de commercialisation.J'avais un groupe composé d'élèves étrangers ayant déjà un diplome dans leur pays (ou bien des français ayant déjà un bac + 2), et qui voulaient avoir un diplôme en commerce en France. Je me suis retrouvée avec en face de moi une élève ayant 6 années d'étude en médecine chinoise traditionnelle...et ne parlant pas un mot de français ! Dur dur de lui expliquer quelque chose ! Et frustrant poiur elle ! Ce n'était qu'une anedocte, je retourne à mes copies ...
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L
L'adaptation est parfois rude ...
E
Je suis confrontée à la même situation : plusieurs gamins qui sont incapables d'écrire le français, qui le comprennent à peine et le parlent avec difficulté... Ca m'écoeure qu'on les mette dans des collèges "classiques"...
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L
C'est sûre que ce n'est pas forcément la meilleure solution de les "lacher" au beau milieu d'un collège de banlieue.
T
J'avais entendu dire qu'à la fin de sa vie Pompidou n'était pas beau à voir. Mais à ce point-là... J'aurais pas cru !
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L
:-)Pas mal, pas mal ...
K
La même aventure s'est souvent présentée au fil des années, surtout lorsque l'administration ne transmet pas ou que des protocoles d'accueil ne sont pas toujours menés au sein des établissements. Heureusement, on peut dialoguer avec ces éléves et vite leur proposer au sein de nos cours une aide, aussi ténue soit-elle. De quelle origine est ton éléve ? Quelle est sa langue de pratique ? Comment connait-il le français ? etc. Toutes ces questions sont à poser d'urgence à l'administration et au PP aussi et il faut qu'un plan soit mis en place pour ces primo-arrivants (sis si, on les appelle comme ça)je n'ai pas la place ni le temps d'expliquer davantage,mais courage et tiens bon...Oui,tu as eu honte,oui ce ne sera pas l'unique fois et oui c'est scandaleux...
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L
"primo-arrivants", c'est un peu barbare comme terme.Je pense également que je serais confronté à d'autres cas comme celui-ci.
B
Tu n'as pas manqué de tact, tu ne savais pas. Comment peut-on imaginer que l'élève que l'on a en face ne comprend pas un traitre mot de ce que l'on raconte. A moins d'avoir été prévenu avant par la direction et le prof principal, je ne vois pas comment tu peux faire sans faire de gaffe ! Donc, pas d'état d'âme !
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L
Ce n'est pas faux, mais bon ...