Si certains TZR n'ont pas un emploi du temps complet (LVII.Métier, bouche trou.), certains en ont un vierge, un emploi du temps blanc, sans heure, sans classe et sans élève, d'ailleurs ce ne sont plus des profs. Par conséquent, ils n'ont plus de collègue. Certains principaux ou proviseurs les laissent de côté, tandis que d'autres les obligent à être présents dans l'établissement durant un quota d'heures. Alors les enseignants sans élèves voguent à travers l'établissement pour se trouver une quelconque occupation. Ces TZR qui ont le moral au plus bas gangrènent les autres enseignants. Car l'enseignant qui a des difficultés avec ses élèves et qui voit un TZR sans élève est forcément énervé par cette absurdité.
La plupart des personnes se disent quelle chance, être payé à ne rien à faire. C'est une vaste utopie. Car cela n'a rien à voir avec des vacances, puisque tous ceux que vous connaissez : travaillent. Etre payé sans travailler, c'est intéressant quelques semaines, 1 mois et après. Il faut mieux se trouver une occupation rapidement. Car ne pas travailler, en restant chez soi à ne rien faire est synonyme d'exclusion.
Maintenant, il est vrai que ce n'est pas le chômage, mais tout simplement une sorte de repos forcé. C'est quand même très loin d'être valorisant. C'est une mise à l'écart de la société.
Et cela ne va pas aller en s'arrangeant. Pourquoi ? Tout simplement, parce que l'état souhaite faire des réformes pour engendrer des économies. Jusque là, rien d'anormal.
Mais en réformant les retraites, c'est-à-dire en allongeant la durée de cotisations, les employés travaillent plus longtemps. Résultat, les nouveaux enseignants qui sont pris pour remplacer les enseignants partant, se verront sans poste. Car l'état réforme sans anticiper. Il embauche des enseignants qui doivent remplacer les futurs retraités qui ne partent plus ! Encore une autre absurdité !
Le phénomène est accentué par les diminutions de DHG et cette année, celles-ci atteignent des sommets. La DHG est en fait le budget d'un établissement, si un établissement perd des heures, il perd inévitablement des enseignants, et par conséquent il coûte moins cher… en théorie. Car ce surplus d'enseignant qui est créé à chaque nouvelle réforme n'est pas licencié.
En attendant d'effectuer des économies, dans la pratique nous effectuons un gaspillage monstrueux en n'utilisant pas tous les enseignants à leur juste valeur, simplement parce qu'il y a de l'inertie, entre la diminution des postes et la diminution des effectifs. Il faut attendre les prochains départs en retraite pour éponger ce trop plein d'enseignant. Aujourd'hui, nous manquons de tout et de n'importe quoi dans l'enseignement, et au lieu d'améliorer l'éducation, l'état la détériore en diminuant les effectifs. Si il voulait nous couler, pour privatiser l'éducation, l'état ne pourrait pas faire mieux.
Actuellement, j'ai une peur… l'année prochaine, que va me donner ma mutation (XXVI.Les mutations.) ? Ce que je souhaite c'est évidemment de travailler normalement avec des classes dans ma matière. Mais ce qui se passe à présent ne laisse rien présager de bon. A la rentrée prochaine, je n'aurai peut être plus d'élève. Et que ferais-je de mon temps ?
Autre cas, je serais peut être enseignant dans une matière qui n'est pas la mienne, et peut être même que je passerais du collège à un lycée professionnel dans une zone de remplacement qui n'est pas la mienne (je sortirais du département dans lequel je me trouve) !
Je sais qu'en écrivant cet article, je risque de m'attirer les foudres de quelques lecteurs, mais ça me pèse ces énormités que cumulent l'éducation nationale.
Dans le cas où vous vous énervez, ce qui est tout à fait concevable vu la grossièreté du système, ne le faites pas après les enseignants car ils n'y sont pour rien, ils subissent…