A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

L’année dernière, lorsque je passais dans les couloirs pour aller de la salle de cours à celle des profs, je faisais le flic en permanence à coup d’injonction "Casquette !", "Capuche !", "Bonnet !". Tout ceci pour que les élèves retirent, ces fioritures dans le couloir. Et lorsqu’un élève refusait de l’enlever, j’y allais à coup de confiscation. Ceci m’a d’ailleurs valu quelques problèmes supplémentaires … et même quelques fois "peur". Non pas peur de s’en prendre une, quoi que … mais plutôt peur de perdre le peu de crédibilité que je possédais, car si un élève refuse d’enlever sa casquette et vous tient tête, vous êtes bel et bien fini ! Forcément, si l’élève refuse, le prof doit obéir … ça paraît logique non ?
Bref ! J’avais donc constitué un stock de bonnet, casquette durant l’année (pour les capuches, c’est plus compliqué, puisqu’elles sont liées aux pulls).
Maintenant cette année, dans le couloir, certains élèves (pas tous, il ne faut pas exagérer), enlèvent leurs casquettes dès qu’ils me voient, car ils connaissent l’aboutissant de cette situation si ils ne l’enlèvent pas.
Du coup, j’ai l’impression d’être un personnage important, car les élèves se découvrent à mon passage. Moi je dis, c’est la classe internationale !!!
Il ne faut pas se faire d’illusion dès que j’ai tourné la tête, ils remettent aussi sec leurs casquettes, bonnets et capuches !