A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Peut-être en avez-vous déjà entendu parlé ? C’est un sujet qui a été introduit durant la campagne présidentielle par notre président. Il avait nommé certains élèves "les orphelins de 16h", faisant allusion aux élèves qui finissaient l’école, mais qui n’avaient pas leurs parents à la maison, puisqu’ils travaillaient.
Pour remédier à ça, dès la rentrée de l’année dernière, a été mis en place le dispositif "l’école après l’école" uniquement dans les établissements difficiles. Pour cette rentrée, tous les établissements en bénéficient.
Les parents qui le souhaitent peuvent inscrire leurs enfants à ce dispositif jusqu’à 18h, 18h30 suivant les établissements. L’élève peut être inscrit à une aide au devoir (principalement) où éventuellement à toute autre occupation (théâtre, foot, danse, peinture, …) qui peut être proposée par l’établissement.
A mes yeux, deux injustices prennent forme avec ce dispositif.
La 1ère concerne directement les élèves et les parents. Les places disponibles pour ce dispositif, dépendent du nombre d’encadrants. Tous les adultes travaillant dans l’établissement peuvent participer à ce dispositif : assistant pédagogique (surveillant), CPE, documentaliste, enseignant, …
Si dans les établissements classiques, les enseignants peuvent effectuer des heures supplémentaires sans problème apparent, ce n’est pas le cas dans les établissements difficiles, car prendre des heures supplémentaires n’est pas toujours évident dans une semaine lourde et éreintante. Bref, peu d’adultes participent à ce dispositif, les places sont donc comptées pour les élèves.
Ce qui pousse à faire un tri. Les élèves prioritaires sont ceux dont les parents travaillent et ne sont pas chez eux aux horaires de l’école après l’école.
Donc ce ne sont pas forcément les élèves qui ont besoin de soutien qui sont prioritaires.
Notre rôle est donc réduit à aider les élèves qui ont besoin d’une garderie ! Enfin heureusement pour nous, il reste des places disponibles après cette "catégorie" et ce dispositif reste néanmoins intéressant.
Pour la 2nde injustice, cela concerne la rémunération, car voyez-vous, les documentalistes, les CPE ainsi que les assistants pédagogiques sont payés deux fois moins que les enseignants !!! Tout ceci pour faire bien évidemment le même travail. Ce n’est pas vraiment équitable.
Il paraîtrait que c’est en phase de modification à voir …
Ces deux injustices méritent d’y jeter un coup d’œil pour les supprimer. Malgré tout je perçois ce dispositif, de manière positive. Même s’il s’agit de palier au manque des parents (même sans être présents chez eux, ils doivent avoir de l’autorité sur leur progéniture), car le but est d’éviter de voir nos élèves traîner dehors et faire des bêtises. Et bien évidemment les élèves qui viennent à l’école après l’école ne sont pas concernés par ce genre de chose.
Photo : Bords de Seine, Paris.