A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Par hasard ce week-end, en prenant l’un des nombreux transports en commun parisien, je croise une collègue de l’an dernier. Je lui dis bonjour et m’installe donc à côté d’elle, pour discuter et savoir ce qu’elle devient depuis l’année dernière.
Elle m’explique que cette année, elle a des problèmes de discipline avec ses élèves, et qu’en plus, l’ambiance entre collègue n’est pas très bonne. Elle est toujours remplaçante, sur deux établissements, ce qui ne facilite en rien le travail et l’intégration dans une équipe.
Je me rappelle que l’année dernière elle avait également de grosses difficultés de discipline dans ses classes.
En un an a-t-elle eu de l’aide par l’Éducation Nationale ? La réponse est évidemment non. Vous me direz, elle n’en a pas demandé. C’est exact ! Mais ses collègues, la direction, tout le monde est au courant des difficultés qu’elle rencontre. Tout le monde le sait, mais personne ne bouge.
Elle, elle n’est pas à la dérive, elle boit la tasse régulièrement et sombre peu à peu ! J’ai été attristé de la voir, et constaté que je m’en sortais fort bien comparé à ses déboires.
Mais l’Éducation Nationale et les personnes qui la compose ne se contente pas de ne rien faire, non, cela serait trop beau, il tente de la noyer !
Ses collègues faisant cours dans les salles voisines, se sont plaints directement à la direction de l’établissement. Car forcément qui dit problème de discipline, dit bruit sonore dans l’environnement de la salle de cours concernée. Et à son tour le principal de l’établissement a remonté ce mécontentement à l’inspecteur de la discipline en question. Jusque là, je ne trouve par forcément ça anormal, car après tout, elle a besoin d’aide, et l’inspecteur peut aller dans ce sens. C’est également le rôle des collègues, des CPE, et de la direction.
L’inspecteur est donc venu l’inspecter comme il se doit.
Les élèves ont été étrangement calmes (comme la plupart des inspections). Résultat, l’inspecteur ne pouvant aborder le sujet de la discipline de manière négative (puisque les élèves se sont bien tenus) ni positive (car il sait que ça se passe mal), a abordé le sujet de fond, c'est-à-dire le cours en lui-même, et forcément il s’est rattrapé là-dessus. Il a creusé pour trouver des erreurs.
Conclusion, cette inspection ne lui a pas apporté d’aide, mais plutôt du stress supplémentaire, et un sentiment amer sur le système d’enseignement.
Photo : Le Sacré Coeur, Paris.