A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Lors d’une récréation, un attroupement est formé, un grand cercle qui est composé de la quasi-totalité des élèves de l’établissement, ça fait donc beaucoup ! Avec un collègue nous nous dirigeons vers celui-ci pour voir ce qui ce passe. Je pense immédiatement à une bagarre entre élèves.
Je pénètre le cercle en bousculant quelques élèves pour pouvoir observer ce qui s’y déroule.
Que vois-je ? Un élève au sol, inanimé, recouvert d’une couverture, avec une surveillante à ses côtés. Je constate que l’affaire est déjà "prise en main". Donc je m’arrange à récupérer mes élèves, pour supprimer cet attroupement sauvage au milieu de la cour. Le principal vient nous donner main forte. Les surveillants (les 1er à être sur le terrain) sont déjà à l’œuvre.
J’arrive tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs) à récupérer 5 élèves, alors que je devrais en compter 26. Je décide de partir en cours (comme mes collègues et comme nous demande le principal) pour tenter d’amorcer la diminution de ce rassemblement. Je vais faire mon cours, les élèves sont arrivés par la suite au compte goûte, bien plus intéressé par cet événement que par mon cours. Et bien sûr ils étaient particulièrement agités.
A la fin du cours, j’ai demandé quelques renseignements sur cette animation. Il s’averre que 2 élèves se sont bagarrés à coup de poing, et il y a eu un vainqueur par K.O. L’autre élève étant resté au sol, dans les pommes. Les pompiers sont donc intervenus et ont emmené l’élève qui était toujours inanimé. C’était plus impressionnant que ça en avait l’air, car l’élève n’a rien eu !
Mais bon, je ne m’habituerais jamais à cette violence.
Photo : Le Louvre, Paris.