A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Ça Faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une vraie bagarre en cours ! Non pas que je souhaitais en avoir une. Mais des broutilles, des calottes, des chamailleries, ça oui, j’en ai régulièrement, mais une vraie bagarre avec les poings fermés qui se dirigent en plein visage, envoyés avec toute sa force, c’est plus rare, heureusement d’ailleurs !
Donc vous voyez le tableau, deux élèves qui se cherchent lors de mon cours, et qui arrivent à se trouver. Forcément à force de se provoquer …
Un élève se lève pour aller régler ses comptes, l’autre n’attend que ça, et … c’est parti top départ ! Une droite répondue par un crochet, moi je hurle en leur demandant de stopper immédiatement, vous pensez bien qu’ils continuent …
Je suis séparé de quelques mètres pour arriver au ring. J’accours vers eux, les autres élèves contemplent la scène tout en étant exaltés. J’arrive près d’eux ils continuent à se frapper aussi violemment que possible. Je les prends (sans être trop violent moi-même) par le pull pour les retirer l’un de l’autre, mais ils s’accrochent mutuellement tout en continuant généreusement la distribution de coups. Mais je suis au beau milieu du duel, je m’en prends un, puis deux, … etc. …
Pris d’énervement à force de me prendre des coups sans pouvoir y répondre, je les pousse à mon tour de toutes mes forces pour pouvoir les séparer rapidement. Ça y est j’en ai écarté un qui s’écrase sur la table, mais il revient à la charge, je m’interpose me prends encore quelques coups au passage (c’est mon cadeau de fin d’année). Deux autres élèves me viennent en aide (il était temps) pour maintenir chaque élève de son côté ! Les deux élèves ceinture l’un des boxeurs. Les injures et les menaces fusent dans les deux camps !
J’en prends un avec moi, pour remplir une fiche d’exclusion sans risquer un nouveau combat. J’en exclues donc un (celui qui me semble le plus violent) pour avoir la paix dans ma salle, pas les deux, sinon ça va être le carnage dans le couloir.
A l’IUFM, on ne m’a jamais expliqué comment gérer une vraie grosse bagarre en cours et pourtant ça m’aurait plus servie que n’importe quels autres cours dispensés par l’IUFM. A quand la formation "muscu" ou self défense à l’IUFM ?
Positivons, il y a du potentiel car ils se sont bien démenés et ont su résister aux coups. Pour ma part, je me suis un brin énervé, et j’ai bien failli rentrer dans la compétition !
Photo : Hôtel Sully, Paris.