A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Dernièrement, j'ai eu un petit problème, enfin rien de grave (je ne vais pas développer ce point personnel, déjà que je vous livre une bonne partie de ma vie professionnelle), mais ceci m'a valu deux jours d'arrêt. Deux jours sans aller au travail. Bien évidemment j'ai prévenu le collège le matin même de mon absence, pour palier à ce manque auprès des élèves. Car je me doute qu'il n'est pas simple à gérer pour l'administration et la vie scolaire l'absence de professeur le matin au pied levé. Car il faut garder les élèves au collège, et par conséquent ouvrir la permanence avec un surveillant occupé. Ce qui fera donc un surveillant de moins pour gérer les autres préoccupations de la vie scolaire, et comme nous sommes un peu en manque de surveillants …
Car ici dans mon collège lorsqu'un enseignant est absent, la 1ère chose qui nous vient à l'esprit, c'est qu'il a "craqué". Craquer est rentré dans le langage commun pour nous et signifie tout simplement être tombé en dépression. Tout n'est pas rose dans mon établissement, il est parfois difficile de tenir bon. Une minorité d'enseignants est régulièrement absente à plusieurs reprises durant l'année scolaire, ne croyez pas qu'il s'agit de fainéantise de la part de ces quelques collègues, car il s'agit d'une vraie dépression. Il suffit de peu de choses pour tomber dans cette galère. Des élèves "durs" et donc des problèmes de discipline avec quelques classes (comme nous avons tous), un manque de soutien de la hiérarchie, d'un ou plusieurs collègues, et pour couronner le tout quelques problèmes personnels qui viennent se rajouter, dans ce cas, vous cumulez les handicaps et risquez de tomber du mauvais côté de la pente …
Photo : Eglise de St Germain des Près, Paris.