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A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

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XIII.Mes pti' 6ème.

         Ah les 6ème, c'est vraiment quelque chose. J'ai quelques classes, qui font vraiment "6ème", c'est à dire petit ou gamin. Ils sont disciplinés. Toutes les classes de 6ème ne sont pas ainsi et encore moins tous les élèves de 6ème malheureusement.

         Mais malgré tout, j'ai quelques classes avec lesquelles ça se déroule comme sur des roulettes (contrairement à l'année dernière).
         C'est un plaisir de travailler avec ces classes, vous n'avez même pas idée. C'est pourquoi je vais m'attarder uniquement sur ces classes fétiches.
 
         Le début du cours se déroule inlassablement de la même manière. Mes pti' 6ème se mettent en rang 2 par 2 le long du couloir, ils attendent en silence, sans même leurs demander. Je les fais entrer, sans préciser de mettre le chewing-gum à la poubelle, puisqu'ils n'en ont pas. D'ailleurs, c'est même à éviter, car cela pourrait leurs donner de mauvaises idées.
         La majorité de la classe reste debout devant sa chaise respective, tandis que quelques élèves s'assoient, mais c'est un simple oubli de leurs part, car l'année précédente, leurs écoles ne fonctionnaient pas de la même façon. Le silence est toujours présent dans la classe, donc je les invite à s'asseoir, en leurs disant bonjour, et ils me répondent tous avec un grand bonjour. Ça m'étonne, je me demande pourquoi ils me disent bonjour, ah si par politesse, ça existe encore alors ?
         Il faut impérativement leurs préciser de sortir leurs affaires sinon, ils regardent les mouches voler, mais toujours en silence. C'est merveilleux !
         Généralement, il y a toujours 2 ou 3 élèves qui lèvent la main, pour me dire, d'un air peureux "Maître j'ai oublié mon cahier". La 1ère fois qu'un élève m'a appelé maître, ça m'a fait tout drôle, c'était émouvant.
         Et puis quelle sincérité de la part de l'élève, parce que le 3ème, lui, il en a rien à faire d'avoir oublié son cahier si toute fois il en a un, alors pensez vous, prévenir son professeur… c'est bien le dernier de ses soucis.
 
         Et ce que j'adore par-dessus tout, c'est lorsque le pti' 6ème (je précise que quand je prononce "pti' 6ème", il n'y a absolument rien de péjoratif, bien au contraire) me dit maître et me tutoie par la même occasion, du genre "maître tu peux m'expliquer, je n'ai pas compris". Aussitôt il se fait gronder par ses camarades "mais non tu dois dire vous".
 
         Concernant l'appel, c'est formidable, chaque élève répond à l'appel de son nom (contrairement aux autres), par présent et lève la main. Bien entendu l'élève se trouve à la place que je lui ai attribuée au début d'année. Si ce n'est pas formidable tout ça !
 
Louvres-03.JPG         Et le cours commence enfin, avec son lot de problème futile. J'écris au tableau le titre de la leçon et les questions arrivent : "Maître, on doit l'écrire où ?", "Maître on doit faire comme toi, on l'écrit au milieu de la page.", "Maître, il faut l'écrire de qu'elle couleur le titre, on doit le souligner ?". Mais euh laissez moi tranquille.
         Je dis futile, parce que avec mes 3ème, je suis bien content si ils écrivent, alors imaginer souligner et en rouge en plus…
 
         Le cours avance, un élève lève la main, j'arrive à côté de lui, et il me demande "maître j'ai fini ma page". Généralement une fois la page finie, il faut la tourner pour continuer à prendre le cours ça paraît logique, non ?
 
         Vous posez une question à la classe, les mains se lèvent, une réponse peut éventuellement s'échapper de la bouche d'un élève pressé. Mais ça reste tellement dérisoire…
 
         C'est énorme ce décalage entre les 6ème et les 3ème. L'adaptation pour le prof reste difficile mais c'est d'un plaisir.
 

         Je parle rarement des choses positives de mon métier tout simplement parce que les points positifs sont rarement anormaux. Mais celui des pti' 6ème sont inattendus.

Photo : Le Louvre, Paris.
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M
Aah cet article fait plaisir à lire et me rassure pour toi, enfin des p"tis agréables !
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P
<br /> Je ne met que rarement des articles positifs, car les sujets agrèables ne m'étonnent pas, donc je ne fais pas d'article là dessus.<br /> <br /> <br />
C
Moi j'ai plus de mal avec les 6èmes. Ils sont fous fous et immatures, et me fatiguent plus rapidement. Mais j'les aiment qd même !
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P
C'est tout de même beau cette forme d'insouciance. Du coup, on devient également insouciant, enfin juste durant l'heure en question ...
J
Ah, j'adore les sixième en début d'année ! Je leur pardonne tout, même les sanglots quand ils soulignent en vert au lieu de souligner en rouge (le drame), même les "On écrit comme vous", les "on va à la ligne comme vous ?" (bah non c'ets juste que moi je suis arrivée au bout du tableau, je ne vais quand même pas écrire sur le mur, non ?). Ils sont à croquer. Mais j'ai plusieurs problèomes:- en cours d'année, ils subissent une mutation qui fait d'eux des cinquième en puissance.- ça fait bien longtemps que mes sixième fraichement débarqués se sont déjà transformés en monstres et arrivent au collège forts de leur nouvel état. Je veux des p'tit sixième comme il n'y en a plus chez moi !!!!!!
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L
C'est super émouvant d'avoir ces fameuses questions "ridicules" !
T
Profites-en, ça va pas durer longtemps >=D
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L
La fin d'année va aller en s'agitant comme toujours ...
B
Aaaaaaahhh! Bonheur ! Profite, profite de ces moments là. Parce que ça va changer. Mais il faut savourer ces moments de répit, de tranquilité dans la semaine, comme des oasis dans un désert bruyant.Ils me rendent lyrique, ces petits 6ème !
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L
Un oasis dans un désert bruyant, c'est exactement ça !