
Voilà le début des réjouissances ! Après mon 3ème cours seulement avec une classe, j'ai eu quelques soucis. Un élève devait me rendre une punition, qu'il n'avait bien entendu pas faite. L'élève avait obtenu celle-ci, pour cause de bavardages incessants, et le fait qu'il m'ait coupé la parole à plusieurs reprises, m'a également irrité.
Pas de punition rendue = une heure de colle. Il faut bien faire quelque chose, donc, je monte crescendo. Je précise que lorsque le prof met des heures de colle, c'est à lui de les faire avec l'élève, durant l'un de ses cours la plupart du temps. Au risque suprême de bousiller son cours grâce à l'élève collé ! Il se punit lui-même en réalité.
Je m'étais pourtant promis l'année dernière, de ne plus jamais mettre de punition à un élève, car nombreux sont les élèves qui ne les font pas. Et comme il ne faut surtout rien lâcher, nous devons être endurant et continuer à mettre des punitions de plus en plus lourdes. Mais c'est mettre le doigt dans un engrenage. C'est très dangereux et en plus l'utilité est plus que réduite (XV.Les punitions.). Et je ne parle même pas de la gestion de celles-ci !
Après lui avoir signalé l'heure de colle, l'élève ne se calme pas, il est toujours aussi indiscipliné.
Et ce n'est pas fini, d'autres élèves commencent également à déranger le cours. Cela commence sérieusement à m'agacer. Surtout, que j'explique quelque chose d'important au tableau, et qu'ils ne comprennent pas, puisqu'ils n'écoutent pas.
Je redemande une nouvelle fois le silence (en hurlant comme d'habitude), que j'obtiens après un temps précieux. Quelques instants plus tard c'est reparti de plus belle. Je me retourne brusquement du tableau et fixe méchamment (comme je sais si bien le faire) les élèves qui arrêtent leurs bavardages, sauf un qui continue normalement sa discussion. D'un geste exaspéré, je remet le bouchon de mon feutre, et lance le stylo sur cet élève. Et bingo. Celui-ci arrive sur le crâne de l'élève. Il se lève instantanément, et demande d'un air fâché à ses camarades, quel est le coupable. Un élève me désigne, l'élève qui bavardait se rassied. Et précise, "vous n'avez pas le droit monsieur." Je lui réplique, "As-tu le droit de bavarder ?". La discussion fût close. Humilié publiquement devant ses camarades, il n'a pas osé me rétorquer mon propre geste. Si si, j'aurais très bien pu me retrouver mon feutre au visage. C'est parfaitement réaliste et envisageable !
Alors, bien sûr je ne suis pas fier de mon geste déplacé envers cet élève. Mais j'étais vraiment contrarié de revoir cette situation similaire à l'année dernière, à un détail près, nous sommes au tout début de l'année scolaire !
Cela promet pour le reste de l'année à venir.
Photo : Le Louvre, Paris.