A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Cette 4ème année d’enseignement (déjà !) fût riche en mésaventures. Car même si globalement je m’en sors mieux que l’année précédente au sein de l’établissement de part mon ancienneté dans celui-ci. Eh oui, au bout de deux ans, nous parlons déjà d’ancienneté. Car pour les pti’ 6ème et mes nouveaux collègues je suis déjà considéré comme un ancien, car j’étais là avant eux. Et ça, ça change tout ! Du coup, on passe comme le mec qui connait le fonctionnement de l’établissement, les élèves, l’historique …
Je n’ose même pas imaginer pour quoi je passerai après plus de 5 ans passées dans l’établissement : un ancêtre, un fossile …
Donc oui, cette année je m’en suis mieux sorti que l’année dernière. Mais j’ai également eu plusieurs soucis, dont un notamment, suffisamment important pour me faire perdre la foi que j’avais en mon métier (je ne peux pas raconter précisément l’histoire en question, par soucis d’anonymat, mais j’ai fait une erreur même si elle peut paraître anodine, elle m’a value bien des problèmes).
Maintenant lorsque je suis devant les élèves, je ne suis pas serein, car je sais une chose, c’est que je m’énerve facilement lors des conflits à répétition avec les élèves, et qu’au moindre faux pas je me verrais tout simplement "tomber" !
Ce que je n’arrive pas à digérer, c’est que les élèves méprisent, insultent et menacent régulièrement les enseignants, sans même être inquiétés. Que ce genre d’acte est complètement banalisé, de part les sanctions minimes qui en découlent. Mais dans le cas où le prof s’écarte du droit chemin (parce qu’il craque de voir qu’il est seul à se battre et qu’il ne dispose d’aucune arme pour se défendre correctement), lui il est lynché !
Ça me dégoûte de constater qu’en plus d’être laissé tombé par notre hiérarchie en générale, on nous cherche des ennuis.
Pourtant, je suis toujours motivé, et désireux de changer les choses, même si je ne me fais pas d’illusion sur le poids que j’ai. J’ai des convictions qui sont renforcées, et mes propos deviennent de plus en plus extrêmes.
Enfin tant que je ne perdrais pas l’amour que j’ai à faire ce métier, je ne m’avouerai pas vaincu.