A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Aujourd’hui, lors de mon cours, j’emmène mes élèves en salle informatique, ils sont excités à l’idée d’aller sur ordinateur, comme toujours.
Les élèves allument donc les ordinateurs et s’installent. Un élève dit à haute voix : "Oh ça va être bien, j’vais aller sur un site porno, c’est comment qui s’appelle déjà … you porn !". L’élève ne se cache même pas pour en parler et le dit carrément à haute voix devant moi. Du coup, je réagis aussitôt, et lui rétorque que dans ce cas, il va attendre un peu avant d’aller sur l’ordinateur et se calmer, mais monsieur n’est pas content du tout, il s’énerve et va s’installer comme si de rien n’était devant l’ordinateur. Trop c’est trop, je décide donc de l’exclure.
Je rédige le billet d’exclusion et le donne à l’élève accompagnateur que je désigne. L’élève exclut n’est pas encore sorti de la salle que je le vois avec un stylo. Il est évident qu’il veut falsifier ce billet, car j’ai écrit noir sur blanc ce qu’il vient de dire.
Et forcément écrire pornographique sur le billet d’exclusion n’est pas très positif pour l’élève.
J’avance donc à la porte à côté de l’élève, en lui disant de ne pas falsifier le billet d’exclusion, car ça ne lui apportera que des problèmes supplémentaires, il me répond d’un "J’m’en fous d’ton billet !", le tout en raturant grossièrement le billet d’exclusion que l’élève accompagnateur a dans ses mains ! Si ce n’est pas de la provocation gratuite ça !
Quand on rajoute la même journée, la porte de ma salle qui a été claquée violemment par un élève que je n’ai pas pu voir, et un bout de gomme qui m’a été lancé depuis le couloir au moment de l’interclasse, ça fait beaucoup. Et j’oublis tous les petits aléas de la journée !
Photo : Rue Tolbiac, Paris.