A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Mes cours du matin étaient terminés, mais je me trouvais malgré tout dans ma salle. Trois de mes élèves entrent dans celle-ci et me disent :
- L’élève 1 : "Monsieur, on a pensé à vous."
- L’élève 2 : "Oui, on a fait un goûter avec Mme Truc, et on vous ramène des pâtisseries ! " A ce moment là, mes yeux ont dû pétiller de joie, ou plutôt mon ventre !
- Moi : "Oh c’est vrai !"
- L’élève 3 : "Oui, monsieur, comme nous savons que vous aimez bien ça." Tu m’étonnes, ça fait un an que je les tarabuste sur le sujet …
- Moi : "Eh bien, c’est vraiment gentil." Une des élèves pose plusieurs pâtisseries emballées dans du papier d’alu sur mon bureau.
- Moi : "Attendez, je vais vous donner quelques chose." N’étant pas dupe, je me doute bien que mes élèves espéraient avoir ce qu’il suit. J’ouvre mon fameux placard à confiscations que tous mes élèves connaissent, et en retire 3 sucettes, que je leurs donne.
- L’élève 2 : "Oh bin, merci monsieur, c’est gentil" C’est ce que nous appelons un échange de bons procédés !
- L’élève 1 : "Par contre, vous ne le dites pas qu’on vous en a donné." Elles n’ont pas envie que tous les profs les harcellent pour en obtenir. Un peu comme moi en fait !
Le problème avec tout ça, c’est que ma balance n’apprécie pas à sa juste valeur ces délicieuses pâtisseries.
Photo : Passage Molière, Paris.