A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

La sonnerie retentit pour annoncer la fin du cours et le début du suivant. Les élèves de ma classe sortent peu à peu. La classe suivante arrive, se met en rang dans le couloir. Une fois la salle entièrement vide, la nouvelle classe prend place. Les quelques retardataires s’empressent plus ou moins (plutôt moins que plus d’ailleurs), puis après quelques secondes, arrive le dernier élève. Celui-ci a une orange épluchée dans la main, qu’il est entrain de manger grossièrement à pleine dent. Du coup l’orange goutte tout le long de la traversée de la salle de cours. Je lui demande de stopper son avancée et de mettre son orange à la poubelle. Là, il m’explique que l’orange c’est bon pour la santé car c’est plein de vitamines C, donc il continue de manger celle-ci. Il est à côté de moi, je fais attention qu’il ne me tâche pas.
Devant son obstination à finir son orange et surtout à étaler du jus dans toute la classe, je sors un billet d’exclusion. Et là, le comble, il profite de ce moment où je baisse la garde pour essuyer ses mains sur l’un des rideaux de la salle.
Je crois rêver, en plus il est content de lui … Je fâche donc l’élève pour s’être permis de s’essuyer aux rideaux, il me répond par un : "Vous préférez que je m’essuie sur votre blouson.". Le tout en faisant signe d’aller vers mon blouson.
Toujours garder son sang froid … mais à quel prix ?
Enfin, positivons, mon blouson est resté propre …
Photo : Notre Dame de Paris, Paris.