A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Mon cours commence, et comme souvent, je constate que je n’ai pas le cahier de texte, je demande donc à un élève d’aller le chercher rapidement. Je débute donc mon cours, sans le cahier de texte et sans l’élève.
Quelques instants après une élève se lève en regardant dans la cour et parle à ses camarades, qui ont l’air très intéressé. A mon tour, je fais de même et jette un coup d’œil depuis le 2ème étage de la salle. Et là je constate que le fameux élève partit chercher le cahier de texte, vient de traverser toute la cour pour arriver devant la grille et taper la discussion avec ses amis qui se trouvent à l’extérieur du collège.
Celui ci finit au même moment sa discussion et amorce la traversée de la cour. Je précise que la cour se situe à l’opposé de l’emplacement du cahier de texte.
Pris d’un mouvement d’énervement, j’ouvre la fenêtre de ma salle.
- Le prof : "Eh machin ! Que fais-tu dans la cour ? Dépêches-toi !" Le tout en criant, car l’élève se trouve à plusieurs mètres de la fenêtre.
- L’élève : "C’est bon j’arrive. " Etant fortement énervé par cette réponse nonchalante, je réplique.
- Le prof : "Machin tu as une heure." Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher !
Et le pire, c’est lorsqu’il est revenu dans la salle de cours avec le cahier de texte, il a tenté de me donner une excuse valable !!! Mais comment expliquer être dans le coin de la cour pour chercher le cahier de texte, cela me paraît délicat !
Ah la mauvaise foi.