A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Chaque élève à son blaze. Je vois déjà certaines personnes se dire, mais de quoi s’agit-il ? En fait il s’agit d’un graffiti reconnaissable qui peut être identifié à une seule et même personne, une sorte de signature en fait, un pseudo. Et chaque élève souhaite faire connaître son blaze au plus grand nombre de personnes. Pour y arriver, tous les moyens sont bons.
Ecrire au stylo feutre sur les murs ou les portes du collège, sur sa trousse et même la trousse de son camarade de classe dès qu’il a le dos tourné, sur le tableau de la classe lorsque l’élève corrige un exercice et que le prof ne le regarde pas, …
Les agents de notre établissement ont trouvé la parade, ils ont des bombes de peinture qui servent uniquement à effacer ces fameux blazes sur les murs et portes du collège. Mais c’est sans compter sur l’esprit artistique de nos hôtes. Du coup certains n’hésitent pas à rayer les peintures des portes pour y inscrire leurs pseudos.
Le collège reste relativement en bon état, mais c’est au prix d’une réactivité et d’un travail intense des agents.
Il existe également la même chose hors du collège, sur les murs ou les façades d’immeubles, les murs longeant le RER, et le plus souvent, sur les vitres du RER, d’ailleurs il existe plusieurs chansons qui abordent ce sujet. En particulier le groupe Sniper, une fois dans la chanson "Gravé dans la roche" "Comme un tag à l'acide ou comme mon blaze gravé à la bougie sur les vitres du R.E.R" et "Retour aux sources" "Allez roule petit train faut que mon blaze tourne.".
Ces textes nous montrent bien le souci de laisser sa trace et de la faire connaître. Mais cette trace fait office de détérioration.