A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Cette année, nous avons reçu deux charmants courriers du principal dans nos casiers. Ce genre de chose me fait réfléchir, et me pose cruellement problème …
La 1ère feuille concernait les exclusions (XI. Les moyens de pression encadrés 2) L’exclusion.).
Sur ce feuillet, le principal détaille la procédure d’exclusion et rajoute quelques points. C’est un sujet délicat, car lorsqu’un enseignant exclut un ou plusieurs élèves (2 maximum, plus de deux c’est interdit), ça déplace simplement le problème.
Dans des établissements un peu plus classiques, le fait d’exclure un élève, le calme direct. Mais chez nous, c’est l’effet inverse. L’élève est content, il va rejoindre ses camarades exclus également dans la permanence. Les personnes que je plains le plus, ce sont les surveillants. Car eux ne peuvent exclure les élèves de l’exclusion, et en plus ils ont du concentré d’élèves extrêmement pénible (le mot est probablement trop faible). Il y en a certains qui y passent toutes leurs journées, car ils vont d’exclusion en exclusion au fil des heures …
Donc pour tenter de limiter ce phénomène, le principal a fait une jolie lettre. Pour nous faire part du problème important que cela génère par la suite. Conclusion, il faut absolument limiter les exclusions en les rendant exceptionnelles. Je comprends bien le problème qui est considérable, car au lieu de garder nos petits soucis en classe, nous nous en "débarrassons", et tout ceci va à un seul et même endroit, la salle de permanence. Parfois elle est remplie à ras bord, du coup ça peut exploser … ce qui arrive parfois …
Ceci monopolise plusieurs surveillants. Sans compter le va et vient dans les couloirs. Car lorsque vous excluez un élève, ne croyez pas qu’il se dirige rapidement vers le bureau du CPE référant, il va se balader tranquillement dans les couloirs.
Bien sûr, on nous dit qu’il faut donner du travail à l’élève exclut. Ce que je ne manque pas de faire systématiquement. Par contre je récupère le travail une fois sur dix. L’élève exclut ne va pas travailler pour vous, il ne faut pas rêver. Donc généralement je mets 0/20 ! Ce qui diminue encore un peu plus ma moyenne, et j’ai l’impression de noter plus le comportement de l’élève que son savoir !!!
Donc l’attention du principal est totalement louable à mes yeux, à condition qu’il comprenne bien le point de vue de ses enseignants. Car si l’élève perturbe un cours, ou si une classe est survoltée, nous avons recourt à l’exclusion. C’est la solution la plus efficace que je connaisse pour désamorcer une classe qui menace d’exploser.
Que le principal souhaite limiter les exclusions est normal, car après tout, le fait d’exclure un élève ne résout en rien le problème et suscite même des problèmes encore plus gros de part la concentration d’élève problématique en salle de permanence. Il faut simplement trouver le juste milieu.