A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Quelques jours avant les vacances de Noël j’ai le sourire, ce sourire me vient d’une reconnaissance, d’une marque de sympathie. Des moments que j’apprécie, car ils sont toujours trop rare. Il y a donc deux jours, une de mes élèves vient à mon bureau en début d’heure et me dit c’est pour vous en me tendant une enveloppe, le tout en me précisant que je dois l’ouvrir pour noël. Je la remercie, je lis tout de même ce qui est écrit sur l’enveloppe : "Machine, l’élève turbulente da la classe !" Avec des dessins un peu partout sur l’enveloppe. Le "turbulente" m’a bien fait rire, car c’est une élève un peu bavarde, qui se retourne facilement pour discuter, mais de là à dire qu’elle est turbulente … mais bon, si ça lui fait plaisir de le penser …
Après quelques minutes de cours, je mourrais d’impatience d’ouvrir cette enveloppe pour lire la lettre qui s’y tenait probablement. L’élève me regarde, puis me dit "Vous pouvez l’ouvrir maintenant si vous voulez monsieur.". Ni une ni deux me voilà entrain d’ouvrir l’enveloppe, je trouve une lettre avec des dessins partout, je m’empresse de la lire le sourire aux lèvres. En quelques mots, elle me souhaite un joyeux Noël et une bonne année. Je la remercie à nouveau, et me dit "Monsieur je vous amènerai des chocolats au prochain cours.".
Arrive le fameux cours, l’élève en question arrive et me tend une (grosse) boîte de chocolat, elle ne s'est pas moquée de moi. Je la remercie à nouveau et me dit "C’est pour m’excuser de l’année dernière.", il faut préciser que l’année dernière elle faisait partie de la pire classe que j’ai jamais eu, ils m’en ont bien fait bien baver. Mais bon, elle ne faisait pas partie des élèves indisciplinés.
Durant tout mon cours je regarde dans le coin de l’œil ma boîte de chocolat, étant particulièrement gourmand de chocolat, j’ai hâte d’entendre la sonnerie pour me précipiter sur cette boîte. La sonnerie retentie. Les élèves sortent rapidement, il en reste trois dans la salle dont l’élève propriétaire de la boîte. Elle me précise qu’elle aimerait bien goûter l’un de mes chocolats, aussitôt j’ouvre la boîte, puis lui tend pour qu’elle choisisse, les deux autres élèves qui traînaient, viennent me voir l’air de rien, je leurs propose donc à leurs tours, puis j’en prends un également je constate à cette occasion qu’ils sont particulièrement bons.
Il y a des jours comme ça où il fait bon de travailler, lorsque le travail rime avec plaisir et joie.