A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

Comme je l’ai toujours indiqué, le moment le plus délicat pour les enseignants et celui précédent la période des vacances de Décembre. Pourquoi ? Je n’en connais pas précisément les tenants et les aboutissants, le temps nuageux et pluvieux, la fatigue, l’excitation des vacances, … Toujours est-il que le constat n’est pas brillant. Les moments de frictions entre enseignants et élèves sont nombreux et difficiles à gérer.
Ceci est valable dans mon établissement mais fait parti des règles générales de l’ensemble de la communauté éducative. Pour preuve, lors de ma dernière journée de cours, avant les vacances, je repars avec une collègue dans les transports en commun, nous papotons. Puis, lors de la conversation, elle me dit que son copain (enseignant également) est déjà en vacances forcées depuis trois jours maintenant !!! Car, la préfecture de police a demandé à l’éducation nationale à titre préventif de fermer le collège avant les vacances pour limiter ainsi les dégâts éventuels.
Aussitôt je me dis, qu’il y a forcément eu un cas gravissime dans son établissement. Vu les cas que nous avons eu cette dernière semaine de cours (bagarres entre élèves ; porte de classe prise pour un urinoir ; bataille de bombe à neige à chaque récréation, des élèves en ont eu sur leurs vêtements et dans leurs yeux ; plus quelques cas extrêmes que je dois garder pour moi, anonymat oblige !) et ceci est presque considéré comme banal … Je demande donc des précisions. Mais non rien de tel, juste quelques bagarres devant le collège, qui ont suffi à faire fermer l’établissement tout entier trois jours avant les vacances. Y aurait-il deux poids deux mesures, suivant les villes où se situent les établissements scolaires ?
C’est la première fois que j’entends parler d’une chose pareil et je m’interroge. Combien y a-t-il d’établissements dans ce même cas sur l’ensemble du territoire ? Comment se fait-il que nous n’entendons pas parler de ce genre d’information à la télé, à la radio ou dans la presse ?
Il me semble que c’est une information importante : Impossibilité de maintenir un établissement ouvert pour cause de sécurité ! Il est vrai, qu’il est préférable d’entendre parler aux informations de ces feignants d’enseignants en grève une nouvelle fois pour une cause méconnue, plutôt que des établissements qui ne peuvent pas ouvrir leurs portes sans préserver la sécurité des personnes se trouvant à l’intérieur. Pourtant ces nouvelles sont dignes des zones de non droit, et non pas d’un pays démocratique.
Et bien oui, dans le monde de l’éducation nationale, plus rien ne doit nous étonner, tout ceci doit être considéré comme du classique, du traditionnel !