A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.
Le sujet : Après avoir utilisé la réprimande, le mot dans le carnet, le coup de téléphone aux parents, l'heure de retenue, l'exclusion de cours, le rapport disciplinaire, les exclusions temporaires, puis par l'exclusion définitive de l'établissement, nous constatons notre échec (un peu tardif), malgré le poids important et la diversité de toutes ces sanctions.
Mais lorsqu'un élève passe dans quatre établissements différents durant une seule et unique année scolaire, nous sommes en droit de nous poser des questions. L'échec total du système de sanction existe-t-il ? Il est évident que pour une catégorie d'élève, ce système est inadapté. Mais faut-il pour autant durcir ces sanctions, je n'en suis pas sûre. Car "trimbaler" un élève dans plusieurs établissements différents, tout au long de sa scolarité, ne doit pas le structurer davantage, mais l’inverse, c'est-à-dire le déstructurer.
Mes propositions : Quelques personnes ont émis cette proposition que je vais partager avec vous. Celle de créer des centres spécifiques pour ces jeunes, qui manquent de repères, de structures, d'accroches, et de bien d'autres choses encore.
Ces espaces leur permettraient de regagner de la discipline, de la rigueur, et le goût du travail. Car ces élèves sont complètement déscolarisés, et ne savent pas ce que signifie le mot travail. Ils n’ont pas pris un cours sur leur cahier depuis plusieurs années. Ces enfants ont besoin d'un encadrement pour pouvoir avancer dans le bon sens, trouver un travail, fonder une famille et se sentir reconnu par le système. En fait, il s’agit ni plus ni moins que d’éduquer ces jeunes, jouer le rôle des parents en quelque sorte.
Sinon, je pense à un autre style de sanction qui était répandu voilà plusieurs années … le travail d’intérêt général. Par exemple, envoyer les élèves dans les services de la ville pour effectuer une ou plusieurs semaines de travail encadrée par l’équipe municipale (jardin, bibliothèque, administratif, …). Tout en expliquant clairement, que pour effectuer ces travaux, des qualifications (scolaires) sont demandées pour les entreprendre. Ou même mieux, faire travailler les élèves uniquement les mercredi après midi et les samedis, pour continuer à aller à l’école.
Les répercussions : Les minis structures qui existent déjà (je pense aux classes relais par exemple) devraient intégrer, une seule et même entité. Celle-ci serait plus importante de part sa taille pour pouvoir accepter plus d’élèves (par exemple 4 classes de 8 élèves par centre) mais surtout tout au long d’une année scolaire. Car les structures existantes sont temporaires pour l’élève, et il n’a pas le temps suffisant de bénéficier de cet apprentissage (je parle de l’apprentissage du travail : "apprendre à apprendre"). Malgré tout il y aurait peu d’élèves en même temps dans le centre, pour éviter à des élèves de retrouver une quelconque connaissance extérieure au centre.
Les villes devraient donc accueillir, ces jeunes travailleurs pour les aider à découvrir un métier.
Les problèmes éventuels : Le problème principal de cette proposition c'est son coût.
Car qui parle de structure parle forcément d’argent. Pour créer ces structures, employer du personnel, … Etant donné que le nombre d’élèves par classe est faible, les coûts se multiplient.
Pour la 2nde proposition, je ne pense pas qu’il puisse y avoir un quelconque problème, car c’est ce qui est fait de manière assouplie pour le travail des élèves lors des stages.
Photo : L'observatoire, Paris.