En beau milieu d'année, une nouvelle tête apparaît parmi nos élèves, l'enseignant le constatant va voir celui-ci. Cet élève est vautré dans sa chaise, les deux mains dans les poches. Tranquille, tout va bien !
La discussion commence.
- Le prof : "Comment t'appelles-tu ?"
- L'élève : "Bidule."
- Le prof : "D'où viens-tu ?" Sous entendant, de quel établissement viens-tu ?
- L'élève : "Je viens de la prison."
- Le prof : "Ah bon !!!" J'imagine la tête de mon collègue.
- L'élève : "Oui, le juge m'a dit que j'avais le choix. Soit j'allais au collège ou je retournais en prison. J'ai préféré le collège." Tiens c'est bizarre !
Tu m'étonnes, moi aussi j'aurais pris le collège. Mais à mon avis, l'élève a dû (enfin je l'espère) interpréter la parole du juge. Je pense qu'il a probablement eu une partie de sa peine en sursis, ce qui implique qu'il peut retourner en prison si il ne se comporte pas bien. Enfin ceux ne sont que des suppositions. Du coup il doit impérativement aller en cours. Merci pour le cadeau !
Que voulez-vous faire avec un élément pareil dans votre classe ? Je sais bien que tout le monde a le droit à une 2nde chance, mais un peu de préparation entre les deux serait peut être utile …
Personnellement je n'ai jamais eu de formation sur le sujet. Et l'élève qui vient de sortir fraîchement d'un établissement pénitencier ne doit pas être apte à suivre un cours normalement.
Je précise que bien évidemment, l'enseignant en question a demandé confirmation auprès de notre hiérarchie. Celle-ci a confirmé les faits.
Ce qui est important de constater, c'est que l'établissement possède une 2nde vertu (hormis celle d'éduquer nos élèves), celle de centre d'accueil pour anciens détenus. Nous aurons plus d'adeptes que la carte scolaire au moins …
Je savais que nous pouvions compter sur le ministère pour nous envoyer de nouvelles recrues.

Photo : La Tour Eiffel, Paris.