Lorsque je fais l'appel, je suis toujours surpris de constater qu'il n'y a pas d'élève en retard ni d'élève absent. Car ces cas là sont rarissimes ! Il est régulier d'inscrire 2 ou 3 élèves en retard et également 2 ou 3 élèves absents sur une classe qui comptabilise un effectif de 25 élèves.
Je commence par parler du fonctionnement de la sonnerie avant de passer aux retardataires.
Tous les collèges sont dotés d'une sonnerie pour rythmer les élèves et les enseignants au fonctionnement de l'établissement. A la fin des récréations, une première sonnerie marque le moment de se mettre en rang dans leurs emplacements, pour les élèves et signale aux enseignants qu'ils doivent aller chercher leurs élèves. A la 2nde sonnerie les élèves sont théoriquement entrés dans la salle de cours. C'est rarement le cas, car il faut toujours attendre quelques minutes devant l'emplacement de la classe pour avoir au moins cinq élèves !
Le plus souvent, les élèves ne sont pas rangés dans leurs emplacements et traînent dans la cour, histoire de prolonger la récréation. Donc vous commencez votre parcours avec une poignée d'élève (entre 5 et 10 élèves). Lors de votre avancée dans l'établissement pour atteindre votre salle de cours, vos troupes grossissent, et se renforcent, car lorsque les élèves vous aperçoivent dans la cour et dans les couloirs ils viennent rapidement rejoindre leurs camarades. Arrivé devant votre salle vous atteignez une vingtaine d'élèves.
Il y a toujours 2 ou 3 élèves qui se permettent d'arriver quelques minutes après la sonnerie, tandis que les autres élèves sont déjà installés. Et vous font perdre encore quelques minutes sur votre cour, car forcément lorsqu'ils rentrent, ils agitent leurs camarades au passage, ne croyez pas qu'ils rentrent discrètement.
Concernant maintenant les absents. Il est quasiment inimaginable d'avoir une classe sans absent. Entre l'élève qui ne vient jamais en cours de 8h à 9h, parce qu'il a regardé la télé tardivement la veille et qu'il préfère dormir. Celui qui a la flemme de retourner au collège l'après midi une fois passé chez lui entre 12h et 13h30 (car les élèves sont quasiment tous externes). Et le dernier qui choisit de jouer au foot l'après midi plutôt que venir en cours. Pour le peu qu'il y est une série télévisée qui passe en milieu d'après midi, vous augmentez soudainement votre nombre d'absents. Et le pire dans tout cela, c'est que je n'exagère pas et je ne tiens pas compte des vraies malades qui sont relativement faibles comparés aux autres !
Pour finir en beauté, il y a ceux qui préfèrent carrément aller en permanence que venir à votre cours ! Car en permanence, les surveillants ne peuvent pas les obliger à travailler vu le nombre d'élèves qui y séjourne. Déjà que les profs ont des difficultés à mettre tous les élèves au travail …
Depuis le début de l'année, il y a quelques élèves que j'ai vus moins de 5 fois. En fait, ils ne viennent presque jamais au collège …
Que pouvons nous faire ? Pas grand-chose, enfin il existe bien une solution, mais celle-ci n'est jamais appliquée par souci d'éthique. Je veux parler des allocations familiales. Ce moyen de pression n'est peut être pas très déontologique, mais c'est exclusivement le dernier recours que les établissements possèdent face à l'absentéisme.
Amputer le budget d'une famille plus que modeste n'est pas forcément très morale ni très bon. Malgré tout, je pense que dans certains cas (il faut bien entendu traiter ceci individuellement), nous devrions utiliser cette ultime solution. Car vaut-il mieux supprimer une partie des allocations sur 1 mois à une famille, ou laisser à l'abandon un jeune adolescent ?
Actuellement, nous sommes au pied du mur, si nous ne sautons pas par-dessus, il ne tardera pas à s'écrouler sur nous !
Il faut donc agir rapidement, soit en utilisant cet outil qui existe mais qui ne sert pas, ou trouver rapidement une autre arme contre l'absentéisme.
Photo : Les égouts, Paris.