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A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

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XXXII.Les fainéants.

         Les fainéants sont nombreux dans nos classes. Mais il y en a qui sont plus provocateurs que d'autres.

         Il y a le vrai flémard, celui qui ne prend pas son cours, car de toute manière il ne le lira jamais, donc à quoi bon l'écrire … Lorsque vous lui demandez où se trouve son cahier, il vous montre une chemise plastique à l'intérieur de laquelle se trouve quelques feuilles de cours de toutes les matières confondues, le tout non rangé bien sûr. L'avantage c'est qu'il n'a jamais besoin de faire son sac, car toute sa vie se trouve à l'intérieur et se résume à pas grand-chose.
         Si vous lui demandez d'écrire, il va bien entendu se mettre à chercher son stylo, puis une feuille (qu'il ne possède pas) pour se mettre au travail, tout ceci dans le seul but de gagner du temps, et comme vous n'avez pas qu'un seul élève dans votre classe vous laissez tomber.
         Certains enseignants collent ces élèves, d'autres ne le font pas. Personnellement, si l'élève ne pénalise pas le cours et reste discret, je fais comme si je ne le voyais pas. Ce n'est peut être pas un comportement digne d'un enseignant, mais mon 1er objectif dans un cours c'est de garder un semblant de silence et de discipline, donc je ne cherche surtout pas des problèmes supplémentaires où il n'y en a pas !
 
         La 2nde catégorie nettement moins sympathique, est celle des glandeurs provocateurs. Au contraire des vrais fainéants, eux se feront une joie de bien vous faire voir qu'ils ne font strictement rien dans votre cours, éventuellement ils feront de magnifiques dessins ou graffitis sur les tables, ou bien ils badigeonneront leurs trousses, leurs stylos de blanco. Où mieux, lorsque vous demandez aux élèves de lever la main pour obtenir la parole suite à une question que vous venez de poser, vous observerez une élève qui décolle la main de quelques centimètres.
         Et la discussion commence :
-         Moi : "Que fais-tu ?",
-         L'élève : "Bah, je lève la main.",
-         Moi : "Lorsqu'on lève la main pour obtenir la parole on l a lève visiblement en l'air.",
-         L'élève : "Vous n'avez pas dit de lever le bras et puis vous m'avez vu.",
-         Moi : "?/! … Tant pis, tu ne seras pas interrogée.".
 
         Comme d'habitude l'élève a de la répartie.

         Bien évidemment si la 1ère catégorie ne vous cause pas de problème de discipline, la 2nde ne peut pas vous y faire échapper.

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Photo : Georges Pompidou, Paris.

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T
Personnellement, je trouve que la trace écrite ne sert pas vraiment à grand chose ...puisque les élèves ont des bouquins où le cour y est souvent bien expliqué ! En allemagne, il n'y a quasiment pas de traces écrites, l'oralité et les activités pédagogiques y sont privilégiés au lieu d'un cours magistral caché qui est la règle dans l'institution française qui n'est plus du tout adapté aux nouveaux publics scolaires.Quant à la discipline, il n'y a pas de règles intangibles. Nous ne sommes pas tous des flics dans l'âme et j'avoue que j'ai rarement puni, dans ma carrière, même si je sais que la peur de la punition est souvent bénéfique.
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L
Comme dirait une personne que je connais et que j'approuve.La meilleur punition c'est celle que nous ne mettons jamais.Car elle fait si peur, que l'élève se remet au travail.
T
Vous avez des cancres (terme devenu politiquement incorrect) dans votre classe ? Lisez, si ce n'est pas encore fait, le poème de Prévert qui les concerne. Et donnez-le leur à lire. Peut-être les éveillerez-vous à la poésie, ce qui n'est déjà pas si mal.Le poème, il est là :http://mortain.free.fr/Culture/Prevert/prevert6.htm
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L
Le poème du cancre de Prévert, je crois que tout le monde à dût l'apprendre durant sa scolarité.:-)
J
Le prof à la dérive aura du mal à penser la même chose que moi,  mais je vois dans le figure du cancre, quelque chose d'admirable... C'est le nec-plus-ultra de la fénéantise, l'oisiveté avec du style, de la belle et pure et digne flemmardise... Pour dire, je le fus pendant toute ma scolarité...Jovialovitch (qui aime toujours autant vos photos)...
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L
Si c'est le vrai de vrai dont nous parlons, je l'admire aussi, mais dans sa bêtise plutôt. Car je ne suis pas sûre qu'il apprend quelque chose en cours.