Mon réveil sonne ce matin, je me lève aussitôt, j'ai mal dormi car je n'ai pas réussie à faire le vide dans ma tête, un problème de la veille avec le principal m'a tracassé durant la nuit. Je me prépare et m'active sans perdre de temps. Je pars de bonne heure de chez moi par rapport à d'habitude, résultat, j'arrive 30 bonnes minutes avant la 1ère sonnerie matinale.
Le collège est comme vide, j'aperçois de la lumière dans le bureau du CPE, je vais le voir pour une histoire qui c'est déroulé la veille également.
Je frappe à sa porte puis rentre en le saluant. Avant même que je commence ma phrase, il me dit en m'observant "Je ne te sens pas bien, toi ?". Ceci m'a surpris car je connais ce collègue de travail que depuis quelques mois et pourtant il a compris que j'avais quelques soucis en ce moment.
Il faut dire que j'ai 2 histoires qui me perturbent.
La 1ère histoire trouve sa source il y a quelques jours. Lors d'un cours agité, je me suis énervé et j'ai exprimé mon mécontentement à la classe avec l'expression suivante "Mais vous avez été élevés chez les cochons, où quoi ?" Ceci a engendré une réaction vive des élèves de la classe, qui ont répété à leurs parents tout en déformant mes propos. Résultat certains parents ont appelé directement le principal. Celui-ci m'a convoqué et m'a demandé ce qui c'était réellement passé, il ne m'a pas franchement soutenu, je dirais même qu'il m'a enfoncé. Je sais que je n'aurais jamais dû dire ça, mais c'était simplement une expression, je n'ai jamais voulu traiter mes élèves de cochons. C'est sorti de ma bouche comme un automatisme durant un moment d'énervement.
Lors de ce tête à tête avec le principal, celui-ci a continué sur sa belle lancée en m'expliquant qu'il était passé devant ma salle il y a quelques jours, et qu'il avait entendu du chahut. Il me dit qu'il n'est pas normal d'avoir des problèmes avec ces élèves, et que je dois réagir. Je n'ai pas franchement répondu à son discours que je considère comme une attaque personnel, car j'étais surpris par sa moralisation à deux centimes…
Au lieu d'aider ses enseignants, il les enfonce.
Et hier, il y a donc eu la 2nde histoire pour laquelle je suis venu rendre compte au CPE. Un élève s'amuse avec sa paire de gants qu'il jette en l'air rapidement à la manière d'un jongleur. Je lui demande d'arrêter puisque nous sommes en cours. Celui-ci continue, donc je vais vers lui et lui confisque sa paire de gants.
L'heure passe sans accrocs notoires, puis arrive la sonnerie. L'élève refuse de sortir de la salle de cours sans ses gants. Je lui explique une nouvelle fois la règle (je rends les objets confisqués à la fin du prochain cours à condition que l'élève se tienne correctement), mais il refuse catégoriquement de sortir. Comme je n'ai pas que lui à m'occuper, je le prends par son sac à dos et je le mets littéralement à la porte.
Forcément il n'a pas apprécié que je le vire ainsi, il est allé raconter à qui voulait entendre que je l'avais étranglé… Il a un grand frère dans le collège qui vient s'en mêler également … et les parents ne vont peut être pas tarder … La suite au prochain épisode, si toute fois il y a une suite (j'espère bien que non).

Photo : Appartement de Gainsbourg, Paris.