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A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne.

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XVII.Grosse journée. 3)Grossière erreur.

         Vous avez cours avec une classe de 6ème, vous pensez être tranquille, et bien non !

Bastille.JPG         Dès le début du cours, c'est le "dawa", entre une élève hyperactive, et quelques autres qui ne font que bavarder, je hurle pour que ces bruits nuisibles cessent.
         Cette classe a un esprit particulièrement négatif.
         Le silence arrive enfin, après de longues minutes et après avoir hurlé vraiment très fort (au maximum). Je suis au milieu des tables d'élèves, et je dis : "arrêtez de parler sans autorisation, le 1er qui parle va avoir un problème". Juste à la fin de ma phrase, une élève sous mon nez, recommence à bavarder comme si de rien n'était. Vexé, je saisie une règle, et tape faiblement sur la tête de l'élève. Ce geste donné symboliquement pour bien faire comprendre à l'élève mon exacerbation permet dans un 1er temps d'obtenir le calme.
 
         Mais à la sonnerie, celle-ci se lève et demande à la classe : "Qui vient avec moi chez le CPE pour dire que le prof m'a frappé et m'a battu ?". Evidemment, de nombreux volontaires sont venus renforcer les rangs de l'élève.

         Ils ont débarqué à une dizaine d'élèves dans le bureau du CPE, et ont même utilisé le mot "tabassé". Visiblement mon geste a été mal interprété. Il est vrai que je n'aurai jamais dû faire cela, et je le regrette. J'ai fait un rapport pour retransmettre par écrit mes propres gestes.


Photo : Bastille, Paris.
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R
Bonjour Prof à la dérive,j'ai commencer a lire ton blog ce matin et je le trouve vraiment passionnant! un vrai best seller!! donc ne t'inquiète pas si je laisse des commentaire avec un train de<br /> retard,j'ai repris depuis le début! Ha, o faite tu réussi ton pari(avec moi en tous cas)tu m'ouvre vraiment les yeux sur "les profs",et c'était pas gagner d'avance! j'ai quitter l'école a 16 ans,et<br /> les idée aussi courtes(à l'époque) que mon parcourt scolaire! bonne continuassions.
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P
<br /> <br /> Merci bien pour votre commentaire, et bonne lecture donc :)<br /> <br /> <br /> <br />
B
Je crois que nous ne nous comprenons pas.Ce que je souligne, tout en le déplorant, c'est un travers de notre société, non un travers spécifique aux enseignants.Ce qui me dérange, c'est que l'âge adulte me semble avoir disparu. Ou sinon disparu, du moins s'être grandement déplacé dans le temps.Ce qui offre à nos regards ébahis le spectacle d'une adolescence qui s'étend à peu près de dix ans jusqu'à quarante ans.Et par exemple, si je peux comprendre qu'à quinze ans on porte un jean slim et/ou taille basse et/ou déchiré au cul, le fait de le porter encore dix ans après me trouble un peu.Alors non, en admettant que je porte un survêtement et des baskets, ce n'est pas pour autant que je vais aborder tous les porteurs de survêt/basket en les appelant "cousin". Mais c'est principalement parce que mon éducation me l'interdit.(Anecdotique : lorsque je suis vêtu d'un costume, jamais personne dans la rue ne me demande si je "cherche kèkchose". Cela peut arriver si je suis un peu... "streetwear".)L'adolescence étant intrinsèquement l'âge où l'on n'a rien à apprendre de quiconque, je ne vois rien d'étonnant à ce que des adolescents de quinze ans ne veuillent rien apprendre d'adolescents de vingt-cinq ou trente ans. Pas plus que je ne m'étonne qu'ils les maltraitent comme ils se maltraitent entre eux.Sans vouloir développer la nostalgie d'un temps que je n'ai même pas connu, j'ai l'impression qu'il aurait été plus dur de traiter un professeur en blouse ou en costume cravate de "fils de pute".Évidemment, je n'en ai aucune certitude, et si la plupart des miens était habillés "normalement", jamais je n'aurais imaginé pouvoir les insulter.
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L
Je comprends parfaitement ce que tu dis, simplement je ne suis pas d'accord avec tes propos, car un prof habillait "normalement" comme tu le précises (blouse ou costume cravate), va se faire chahuter de la même manière qu'un prof habillé "normalement" comme je le dis (jean et pull classique, sans blouse et encore moins de cravate).D'ailleurs j'ai même un exemple, dans mon collège de l'année dernière, j'avais un collègue qui était habillait toute l'année en blouse blanche. Sais-tu pourquoi ?Pour ne pas recevoir les jets d'encre de stylo directement sur ses vêtements. Donc vois tu, ce professeur n'avait pas un niveau de discipline supérieur au mien.
B
"pourquoi n'aurait-on pas le droit de regarder un truc "débile" (série, jeu...) pour nous vider la tête ?"Effectivement, vous avez le droit. Mais il ne faut alors pas s'étonner si vos élèves usent de ce même droit, et "se vident la tête" (ou s'abstiennent de la remplir).Quant aux vêtements, ma foi c'est un peu le même problème : si vous vous habillez comme leurs copains, faut pas s'étonner s'ils vous traitent de la manière dont ils traitent leurs copains.Non, je n'imagine pas qu'un enseignant soit tenu de lire Proust ( c'est révélateur, d'ailleurs, que vous le mentionniez en tant que pensum, aux côtés de Platon), mais...
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L
J'ai l'impression que vous confondez un peu les choses. Entre se vider la tête à un moment précis, (pour notre cas, le soir après une journée de travail de temps en temps), et ne pas être attentif en cours, il y a un fossé. Personnellement lorsque je travail, je fais le maximum pour être attentif, contrairement aux moments où je suis simple télespectateur.Lorsque vous croisez une personne que vous ne connaissez pas dans la rue en short par exemple (même si ce n'est pas la saison), vous l'interpellez en lui disant : "Salut Boris, ça fart ?"Drôle de comportement ...Concernant Proust, Platon, ou autre, je ne me permets pas de répondre, sachant que je n'ai aucun souvenir de les avoir lu ...Vous n'allez pas tarder à me dire que c'est une faute professionnelle ...
P
    N'en déplaise à glu , j'adoooore mes dernières bottes , elles sont trop fashions et mes élèves les kiffent  grav'  .....    Moi aussi ,prof à la dérive je suis fan des 'bleus' surtout l'épisode avec le tekel de compét' kidnapé...  :- )
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L
Le chien de compétition, j'avoue, c'était fort !
S
Désolée, Prof à la dérive, je ne suis pas sur mon blog mais je me permets de répondre à Blu :pourquoi n'aurait-on pas le droit de s'habiller comme on veut ? pourquoi n'aurait-on pas le droit de regarder un truc "débile" (série, jeu...) pour nous vider la tête ?Parce que nous sommes enseignants, notre conduite doit être exemplaire, en rentrant nous devons nous remettre à Proust, Platon.Je ne vois pas en quoi regarder la Star'Ac fait de nous des mauvais profs ! Ce n'est pas pour autant que l'on incitera pas les élèves à utiliser leur esprit critique. Je ne vois pas pourquoi porter un jean fait que nous ne sommes pas aptes à enseigner.Je n'ai pas fait voeu de chasteté, de pauvreté et d'obeissance en passant mon concours. Autant je fais attention à l'école, autant hors de l'école, c'est ma vie privée qui commence, et si j'ai envie de bourrer de chips devant la dernière nullité télévisuelle, je ne vois pas en quoi ça regarde les autres...
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L
Mais fais comme chez toi, il n'y a pas de problème.Euh, j'ai rien à rajouter, l'essentiel vient d'être dit.
B
Bonjour,Même si je compatis, et même si je vous souhaite que ce dérisoire incident ait les seules suites qu'il mérite (c-à-d aucune, sinon l'admonestation *de l'élève*), je me permet de glisser un bémol...En effet, j'arrive sur votre blog suite au commentaire que vous avez laissé chez Bénédicte Desforges (blog de FLiC), et lorsque, parlant de la série télévisée "Les bleus" vous dites : "(...) Je sais bien que celle-ci ne refléte pas la réalité. Mais si je regarde cette série, c'est tout simplement pour me divertir après une journée de boulot.(...)",je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a un problème. Je conçois bien qu'on ait besoin de "décompresser" en sortant du boulot.Mais l'avachissement physique du téléspectateur, ajouté à l'avachissement mental qui consiste à regarder une fiction médiocre, ne me paraissent guère être la marque d'un repos adulte faisant suite à une journée de labeur.Et lorsque je croise des professeur, vêtus comme autrefois on ne l'aurait même pas toléré de la part de pions, vêtus en fait tout comme leurs élèves (dont certains les dépassent d'une tête d'ailleurs), je ne m'étonne guère qu'il n y ait plus la moindre barrière entre le monde des adultes et celui des enfants (ou élèves).Si les adultes, les professeurs, les citoyens, ont exactement les mêmes activités que les enfants ou adolescents dans leurs moments de loisir, c-à-d regarder des séries débiles ou jouer à "la console" (ne me dites pas que vous en avez une), on n'est effectivement pas près de leur faire lire Racine ni même Balzac..Bon courage tout de même,
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L
Concernant le série, "Les bleus", tout est vrai, et j'ai même hâte de regarder la 2nde saison. Je trouve cette série marrante, avec ces petites blagues parsemées tout au long des épisodes.Concernant la console, non je n'en possède pas et je n'aime pas ça. Par contre j'ai plusieurs amis de mon âge qui ont en effet une console chez eux. Parlons de mes tenues vestimentaire dont il est question, je m'habille la majorité du temps avec des pulls (sans capuche) et des chemises, bref la panoplie du parfait prof, mais je ne pense pas que le problème se trouve ici !Pour ma part, je pense que notre impuissance nous vient du manque de sanction concrète (puisque aucune de nos sanctions font peurs aux élèves), et du (très) grand manque de soutien physique (manque de surveillant) et moral (de notre hierarchie, le maître mot "on a rien vu, rien entendu").Personnellement, si il y a bien une chose que je déteste c'est de lire des "bouquins", probablement des mauvais souvenirs d'école justement. Lorsque je lis, ceux sont des revues, qui peuvent être intérressantes du genre : capital, que choisir, géo ou autre ... Et concernant les fameux livres, je lis exclusivement des nouvelles.Désolé de ne pas être dans la droite ligne de ce que vous souhaiteriez.
C
Proald, je suis toujours là et toujours consternée.....Le harcellement sexuel - tiens ! je l'avais oublié celui-là ! Si ça existe aux US, ça existera aussi en France avec un temps de retard, il faut s'y attendre et s'y préparer.Comme tu le dis, il y a deux classes et il vaut mieux être dans celle du haut.Bon courage, vraiment, je ne comprends pas comment font les profs pour supporter ça !
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L
J'ai des collègues qui ont pire que moi dans mon collège, je pense que je raconterais leurs histoires sans les prendre pour mon compte bien sûre. De toute manière j'ai suffisament de chose à raconter ;-)Pas besoin d'amplifier une situation déjà ééééééééééééénorme !En plus, je ne sais pas mentir.
M
Je suis arrivée chez toi par hasard et je n'en reviens pas de ce que je lis. Je t'admire. J'ai moi-même enseigné ( pendant trente ans) mais à des adules en cours du soir et ils étaient tous motivés.
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L
Le choc est toujours rude de se confronter à la réalité, euh pardon ... je voulais dire la loi de la jungle ...Moi aussi j'étais étonné au début.D'ailleurs, je suis tombé sur un livre hier, qui m'a fait froid dans le dos, voici le titre de ce livre : Histoires vraies des violences à l'école.Je n'ai lu que quelques passages, mais cela m'a suffit :-(
S
J'espère que l'affaire sera vite réglée, et positivement pour toi.J'ai une classe de CE2, où je fais mine de taper les élèves avec des feuilles, ou un cahier lorsqu'ils me pose une question débile ou qu'ils ne me rendent pas quelque chose dans les temps... Généralement, ça les fait rire.Je leur effleure à peine les cheveux, mais je me dis que je vais arrêter ce genre de choses.
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L
C'est là tout le problème, car dans mon esprit je n'avais pas tapé l'élève, car il s'agissait d'un geste symbolique.
A
Cher Prof à la dérive,<br /> C'est partout la même chose: personne ne veut assumer ses bêtises et chacun essaie de "profiter" des situations qui lui semblent favorables...<br /> Aux USA ou c'est le harcellement sexuel qui est "à la mode", la plupaert des supérieurs hiérarchiques reçoivent leurs subordonnées avec la porte de leur bureau ouverte.<br /> Tant pis pour la confidentialité des propos.<br /> Amitiés<br /> P.S. En Belgique, les internats "huppés" reviennent à la mode à cause de leurs exigences de discipline...
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L
En France nous n'avons plus besoin d'internats ou d'établissements privés, il y a le public niveau 1 et le public niveau 2, un peu comme la 2nde classe.
B
Et oui, eux ont le droit de mettre le bazar, mais toi tu n'as le droit de rien dire !! Si le CPE te connait, ça doit bien se passer (en tout cas, s'il connait ses ouailles !!) Bon courage !
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L
Comme je suis nouveau, le CPE ne me connaît pas très bien, par contre comme tu le dis, il connaît les élèves ...
S
C'est ça "l'élève au centre du système". L'élève a tous les droits, aucun devoir. L'enseignant est méprisé, sa parole dévaluée au profit de celle de l'enfant qui ne saurait mentir ni jouer de la situation. L'enseignant doit se justifier pour tout, la famille et l'institution ne lui font plus confiance. Quand on donne tout pouvoir à l'enfant, qu'on ne s'étonne pas ensuite qu'il en abuse; un enfant se comporte rarement en adulte responsable. Je crois profondément que le jugement et l'opinion de l'enfant se modèlent sur ceux des adultes qui font référence pour lui. Si la famille, l'institution, la société même, méprisent l'enseignant, ne lui accordent pas leur confiance, l'enfant ne peut qu'en faire autant. Je pense que l'autorité du maître se construit pour beaucoup sur l'image que la famille et la société ont de l'école, et renvoient à l'enfant. Si la culture et le savoir ne sont plus des valeurs reconnues, comment s'étonner que nos élèves crachent dessus. Si l'enseignant n'est qu'un feignant payé à rien faire, pourquoi nos élèves le respecteraient-ils ?
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L
Je suis entièrement de ton avis, l'enseignant est un râleur né, il est toujours en grève en plus !!! Pourquoi faudrait-il le respecter ?
P
C'est vrai que ça devient dramatique....mais il faut faire attention à ne jamais les toucher même légèrement...j'essaie toujours de garder mes distances, ne jamais être isolée avec un gamin, n'avoir jamais de gestes imites, car nous sommes dans un société où les parents sont prêts à nous tomber dessus pour la moindre broutille !J'espère que ça n'ira pas trop loin, bon courage pour la suite !
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L
C'est une grossière erreur, ou une erreur de débutant, c'est un constat.