A l'origine, j'ai créé ce blog pour montrer la réalité de l'enseignement dans un collège difficile à toutes personnes extérieures de ce cadre. Par la suite, ce blog m'a servit également à extérioriser ce que j'emmagasinais au plus profond de moi même, mais cela ne me suffit plus. Je suis rentré dans l'éducation il y a 2 ans, et voilà où j'en suis rendu :
Je pensais changer les choses, je les subis.
Je pensais connaître l'enseignement, il n'en est rien.
Je pensais travailler, je me bats.
Je voulais transmettre ma motivation aux élèves, mais je l'ai perdu.
Je voulais discipliner les élèves, ils me disciplinent en m'apprenant leurs propres règles.
Je voulais enseigner, je fais de la diplomatie et du flicage à longueur de journée.
Je voulais me faire respecter des élèves, au final ils me tiennent en respect.
Je voulais ajouter ma pierre à l'édifice, mais il menace de s'effondrer.
Je croyais pouvoir contempler la capitale, j'observe sa banlieue grisâtre.
Je croyais que l'école publique était la même pour tous, il en existe 2 qui sont profondément différentes.
Je croyais que le ministère aidait ses enseignants, il les dévalorise.
Je croyais être fort face aux problèmes de l'éducation, mais ils me blessent.
Je croyais que le collège était un lieu de partage, c'est le chacun pour soi qui y règne.
J'attendais de l'aide, je n'obtiens rien.
J'attendais beaucoup de l'IUFM, maintenant je sais qu'il faut le fuir.
Je savais que les formateurs IUFM étaient des enseignants, mais ils ne connaissent plus la réalité.
Je savais que le regard extérieur pouvait être féroce, aujourd'hui je sais qu'il peut être cruel.
Je venais au collège avec enthousiasme, je viens avec incertitude.
Je tendais la main pour avoir de l'aide comme mes collègues, je me fais marcher dessus.
J'étais rempli d'espoir, c'est le désespoir qui me guette.
Il aura suffit de 2 petites années, pour mettre fin à ma grande motivation du début. Ces 2 années auront eu raison de moi-même. La flamme n'est pas réduite encore à néant, mais elle est sur le point de s'éteindre au moindre souffle…