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XIII. L'exemple des profs !

9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 12:28

         Voici le moment tant attendu du contrôle. J'effectue celui-ci sous forme d'un QCM (Questions à Choix Multiples). Lors de ma 1ère année d'enseignant stagiaire j'avais déjà utilisé ce QCM, les questions en elles-mêmes n'ont pas véritablement changées. Contrairement à la forme de celui-ci, car bien évidemment, j'ai rajouté quelques modifications utiles pour une meilleure compréhension de l'élève (en détaillant davantage les questions), et pour simplifier la correction (par exemple pour les réponses mettre une croix sur deux à gauche puis à droite), sans oublier de le rendre plus sympathique (encadré, souligné, mis en gras, …). On peut toujours trouver de quoi s'occuper … 

         Donc, comme je vous l'explique le fond de ce contrôle reste identique à ma 1ère année d'enseignant stagiaire.
 
         Théoriquement, je devais m'attendre à un résultat similaire, entre les classes que j'ai actuellement et celles que j'ai eu lors de ma toute 1ère année. Lors de celle-ci mes classes de "l'époque" (pas si lointaine) avaient obtenu une moyenne supérieure à 14/20. Et encore, j'enlevais 2 points si l'élève avait oublié d'y inscrire son NOM, son Prénom ainsi que sa classe. Même chose si les traits n'étaient pas effectués à la règle ou si la copie n'était pas propre, donc un élève pouvait se voir retirer 4 points sur sa copie. Mon but était simplement de maintenir une moyenne correcte, ni trop bonne ni trop mauvaise.
 
         Mais cette année dès la lecture des copies, je comprends qu'il va y avoir des changements dans ma notation si je veux obtenir une moyenne décente. Car il n'est pas concevable de mettre des moyennes trop basses au collège, sous peine d'avoir quelques problèmes avec sa hiérarchie directe. Donc j'inverse la tendance, en laissant un barème identique au contrôle même, mais en jouant sur les à côtés.
         Je mets 2 points de plus si l'élève a écrit son NOM, son Prénom et sa classe (peut importe si il y a des ratures, si si çela arrive même sur leur propre NOM), et même chose si la copie est propre. Autrement dit un élève qui obtient 0/20 au contrôle peut avoir 4/20 au final, ceux sont des points bonus en quelques sortes !
         Mais la moyenne de mes classes n'a pas augmenté pour autant, car mes classes obtiennent entre 8 et 10/20 de moyenne.
 
         A l'issue de ce contrôle je m'interroge, je me remets en question, je me demande si j'ai bien fait mon travail, si mon cours était bien préparé, puisque mes classes viennent de perdre 4 points de moyennes, malgré ma notation "sympathique" . Qu'est ce qui ne va pas ?
         Je prends donc la décision de faire une correction détaillée de ce contrôle et de revoir en même temps les cours correspondants au contrôle. Je demande plusieurs fois à mes élèves si ils ont bien assimilés la correction. Et je précise "Attention, je peux remettre le contrôle la semaine prochaine !".
 
         Histoire de vérifier si mes élèves ont bien assimilé la correction, et de bien faire comprendre qu'il n'y a qu'un seul maître à bord du navire (qui sombre), je remets une 2nde fois exactement le même contrôle à la virgule près.
         Et là, c'est le drame, je m'arrache les cheveux. Lors du contrôle, je vois les élèves se gratter la tête tout en réfléchissant et murmurer : "Lors de la correction, c'était la colonne de gauche ou de droite qu'il fallait cocher". Mes bras m'en sont tombés, les élèves ne lisaient pas la question, mais essayaient de se rappeler "l'image" du QCM une fois corrigée.
         J'ai donc corrigé ces mêmes QCM une 2nde fois, et le résultat était meilleur (de 10 à 13/20 de moyenne, mais derrière celui obtenu lors de ma 1ère année. Je refais à nouveau une correction pointue sur ce devoir et je précise qu'il n'est pas impossible de voir ce contrôle une 3ème fois.
         En plus je suis vexé de constater que les élèves n'ont pas répondu à mon QCM, mais simplement recopié l'endroit des réponses par rapport à leurs mémoires. Et j'ai bien envie de leur montrer qu'il faut savoir réfléchir. Je réorganise donc ce fameux QCM, pour intervertir les réponses. Par exemple les 2 colonnes "Vrai Faux", deviennent "Faux Vrai", ainsi l'ordre des réponses change complètement.
 
         J'attends 2 semaines, puis re-remets pour la 3ème fois tout de même le QCM, avec une légère modification. Et je vois certains élèves foncer pour répondre au QCM sans voir le piège béant qui se trouve devant leurs yeux.
         Forcement la moyenne du devoir est inévitablement en baisse, et cette fois-ci mes classes obtiennent entre 10 et 11/20. Certains élèves ont eu tout faux, car ils avaient appris par cœur non pas le cours mais l'ordre des réponses !!!
 
         Conclusion, même en mettant 3 fois d'affiler le même contrôle, et en instaurant des points bonus, le résultat est dramatique comparé à ceux du "bon" collège. Mais pourquoi ?

         Tout simplement, parce que lors des cours le calme n'est pas au rendez vous et qu'en plus les élèves ne sont pas concentrés puisqu'ils préfèrent nettement faire le bazar lors de celui-ci. Et les élèves qui révisent régulièrement leurs cours ne sont pas légion dans ce genre d'établissement, car voyez-vous pour réviser, encore faut-il avoir écrit le cours …

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Photo : Galerie La Fayette, Paris.

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 07:47

         La question préférée des élèves posée à leurs professeur est la suivante "De quel pays êtes vous originaire messieurs ?". Comme la quasi-totalité des élèves du collège ne sont pas originaire de la France, ils pensent que les Français de France n'existent pas. Donc pour eux tout le monde à des origines étrangères relativement proche, une génération maximum !

Galerie-Colbert.JPG         Et si vous ne répondez pas, ils essayent de deviner, et dans ce cas, toutes les nationalités y passent :
-         Polonais.
-         Egyptien.
-         Chinois.
-         Suédois.
-         Italien.
-        
 
         J'ai peut être un physique atypique …
 
         Il est inconcevable pour eux de penser qu'une personne soit originaire de France depuis 2 générations.
 
         Ceci me fait toujours rire de voir les élèves chercher ma "nouvelle" nationalité d'accueil !
         Mais est-ce réellement drôle ? Car le constat est le suivant, si les élèves pensent que les Français de France n'existent pas, c'est tout simplement parce qu'ils n'en connaissent quasiment aucun… Donc il y a un gros problème de mixité sociale et ethnique. Enfin lorsque je parle de mixité ethnique, je devrais plutôt parler de mixité ethnique française. Car de la mixité ethnique dans mon collège il y en a énormément, je pense à mes élèves : Marocains, Algériens, Congolais, Sénégalais, Egyptiens, Turcs, Bénins, Maliens, Ivoiriens, Polonais, Camerounais, Angolais, Tunisiens, Indiens, Nigériens, … et j'en oublie probablement.
 
         J'ai peut être fait quelques fautes sur l'orthographe des habitants de ces pays et je m'en excuse d'avance.
         Il faut positiver, grâce à mes élèves, j'ai amélioré nettement ma géographie d'Afrique centrale principalement. Je suis même devenu franchement bon dans ce domaine. J'insiste sur l'Afrique centrale, car comme tous français je connaissais la géographie de l'Afrique du nord (d'où provient l'autre partie de nos élèves).
         Car celle-ci me faisait cruellement défaut à la dernière rentrée. Peut être une nouvelle idée d'enseignement à l'IUFM : La géographie d'Afrique centrale.

Photo : Galerie Colbert, Paris.
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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 07:44

Gainsbourg-01.JPG

         Mon réveil sonne ce matin, je me lève aussitôt, j'ai mal dormi car je n'ai pas réussie à faire le vide dans ma tête, un problème de la veille avec le principal m'a tracassé durant la nuit. Je me prépare et m'active sans perdre de temps. Je pars de bonne heure de chez moi par rapport à d'habitude, résultat, j'arrive 30 bonnes minutes avant la 1ère sonnerie matinale.
         Le collège est comme vide, j'aperçois de la lumière dans le bureau du CPE, je vais le voir pour une histoire qui c'est déroulé la veille également.
         Je frappe à sa porte puis rentre en le saluant. Avant même que je commence ma phrase, il me dit en m'observant "Je ne te sens pas bien, toi ?". Ceci m'a surpris car je connais ce collègue de travail que depuis quelques mois et pourtant il a compris que j'avais quelques soucis en ce moment.
         Il faut dire que j'ai 2 histoires qui me perturbent.
        
         La 1ère histoire trouve sa source il y a quelques jours. Lors d'un cours agité, je me suis énervé et j'ai exprimé mon mécontentement à la classe avec l'expression suivante "Mais vous avez été élevés chez les cochons, où quoi ?" Ceci a engendré une réaction vive des élèves de la classe, qui ont répété à leurs parents tout en déformant mes propos. Résultat certains parents ont appelé directement le principal. Celui-ci m'a convoqué et m'a demandé ce qui c'était réellement passé, il ne m'a pas franchement soutenu, je dirais même qu'il m'a enfoncé. Je sais que je n'aurais jamais dû dire ça, mais c'était simplement une expression, je n'ai jamais voulu traiter mes élèves de cochons. C'est sorti de ma bouche comme un automatisme durant un moment d'énervement.
         Lors de ce tête à tête avec le principal, celui-ci a continué sur sa belle lancée en m'expliquant qu'il était passé devant ma salle il y a quelques jours, et qu'il avait entendu du chahut. Il me dit qu'il n'est pas normal d'avoir des problèmes avec ces élèves, et que je dois réagir. Je n'ai pas franchement répondu à son discours que je considère comme une attaque personnel, car j'étais surpris par sa moralisation à deux centimes…
         Au lieu d'aider ses enseignants, il les enfonce.
 
         Et hier, il y a donc eu la 2nde histoire pour laquelle je suis venu rendre compte au CPE. Un élève s'amuse avec sa paire de gants qu'il jette en l'air rapidement à la manière d'un jongleur. Je lui demande d'arrêter puisque nous sommes en cours. Celui-ci continue, donc je vais vers lui et lui confisque sa paire de gants.
         L'heure passe sans accrocs notoires, puis arrive la sonnerie. L'élève refuse de sortir de la salle de cours sans ses gants. Je lui explique une nouvelle fois la règle (je rends les objets confisqués à la fin du prochain cours à condition que l'élève se tienne correctement), mais il refuse catégoriquement de sortir. Comme je n'ai pas que lui à m'occuper, je le prends par son sac à dos et je le mets littéralement à la porte.

         Forcément il n'a pas apprécié que je le vire ainsi, il est allé raconter à qui voulait entendre que je l'avais étranglé… Il a un grand frère dans le collège qui vient s'en mêler également … et les parents ne vont peut être pas tarder … La suite au prochain épisode, si toute fois il y a une suite (j'espère bien que non).
Gainsbourg-02.JPG

Photo : Appartement de Gainsbourg, Paris.

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 12:07

           Les élèves adorent vanner, surtout lorsqu'il s'agit de leurs professeurs.

          Pour ceux qui ne connaissent pas la définition de vanner, voici quelques explications : Vanner, consiste à rigoler d'une personne en l'attaquant directement, le synonyme de vanner est casser.
 
Eglise-St-Etienne-du-Mont.JPG         Comme je l'expliquais, les élèves aiment vanner, et casser leurs enseignants. D'ailleurs ce sont des champions incontestés de la répartie. Donc lorsque vous vous défendez sur ce terrain, mieux vaut être bien armé.
         Car si un élève vous casse, il vous ridiculise devant toute la classe, par contre si vous réussissez à lui retourner le cassage à la méthode "Brice de Nice", alors là vous gagnerez des points d'autorité permanente sur la classe.
         L'élève que vous aurez à votre tour cassé devant toute la classe, et donc ridiculisé devant ses camarades, se calmera pour la totalité de votre cours, voire même les cours suivants.
 
         Voici quelques exemples de cassage, prof ou élève confondus :
 
         Une élève me voie et me demande "Vous avez la varicelle, Monsieur ?". Il faut croire que j'avais exceptionnellement (j'insiste sur le exceptionnel) la gueule ravagée !
 
         J'écris au tableau lorsque j'entends "Ola, on dirait mon petit frère qui écrit ! Vous ne savez pas écrire messieurs ?". C'est vrai que je n'écris pas très bien au tableau, mais de là à me faire une réflexion comme celle-ci …
 
         Une élève ne prend pas mon cours, je lui demande "Quand comptes-tu prendre le cours ?", elle me répond "Lorsque le cours sera intéressant !". Il y a des moments où il faut savoir se retenir …
 
         Un élève regarde mes pieds et me dit en rigolant "C'est quoi ces chaussures ?". Visiblement il n'aimait pas mes chaussures. Je lui réponds "Nous ferions mieux de parler de ton pantalon !".
 
         Un élève reprend une chanson connu devant moi et chante les paroles suivantes "La vérité c'est que les blancs savent pas danser, …" Je rétorque aussitôt "La vérité c'est qu'il y en a qui ne savent pas chanter."
 

         Maintenant, il faut bien comprendre que c'est normal pour l'élève de casser ses enseignants, car au final il ne risque quasiment rien. Par contre pour vous, il est dangereux de vanner un élève. Car cela peut rapidement remonter (de manière déformée) aux parents qui à leur tour remontent l'information au principal, et comme celui-ci ne soutien pas franchement ses enseignants … vous obtiendrez une ravissante moral infantilisante.

Photo : Eglise St Etienne du Mont, Paris.

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 10:45
         Dernièrement, j'ai eu vent d'informations qui m'ont surpris, de par leurs absurdités extrêmement grossières. C'est même pénible de savoir que ça existe des choses pareilles.
         Ce sujet est en relation direct avec un organisme qui se nomme le GRETA, le GRETA étant un GRoupement d'ETAblissements publics d'enseignement qui fédère leurs ressources humaines, locaux et matérielles pour organiser des actions de formation continue pour adultes.
 
         Où se situe cette aberration ?
         Il se trouve que le GRETA possède une enveloppe pour payer les intervenants qui assurent des formations aux adultes. Les intervenants en questions sont de l'ordre privé ou public. Les formateurs venant du public sont généralement des enseignants. Jusque là rien d'anormal.
         Ces enseignants sont donc payés comme il se doit au même titre que les personnes du privé pour effectuer ces formations auprès du GRETA.
         Un élément important pour la suite de ce sujet, ces heures sont obligatoirement payées par le GRETA directement au formateur sans passer par le rectorat. Donc, si le formateur est un enseignant, il est payé en heures supplémentaires.
         Mais parmi ces enseignants nous trouvons des profs sans emplois, comme j'en ai déjà parlé (LVIII.Profession : Prof sans emploi !), autrement dit, un enseignant payé à ne rien faire, qui effectue des heures supplémentaires PAYÉES en plus de son emploi du temps VIDE.
         C'est outrageant de constater des énormités comme celles-ci. Et après, nous travaillons tous les jours avec des moyens qui nous font défauts par fautes de budget suffisant, personnellement des économies à réaliser j'en vois partout. D'ailleurs ce ne sont même pas des économies proprement dit, mais simplement de la chasse au gaspillage !
 
         Il existe peut être la même chose avec des salariés du privé …
 
         Cet enseignant cumul deux aberrations sur lui-même, celle de ne pas avoir d'élève avec un emploi du temps vierge, et celle de travailler en dehors de son établissement et de percevoir à ce titre des heures supplémentaires !!!
         Maintenant, je ne le mets pas en cause, loin de là. Car à sa place, je serais bien content de pouvoir enfin me sentir utile en travaillant "un peu", car comme je le disais sur un précédent sujet, être payé à ne rien faire durant une année complète, reste difficile moralement. C'est une exclusion sociale !
 
         Qui est fautif à mon avis, puisque l'enseignant ne l'est pas à mes yeux ?
         Et bien c'est l'Éducation Nationale elle-même. Car, c'est comme si elle payait un enseignant à deux reprises pour un seul et unique travail ! Pourquoi le rectorat n'effectuerait pas une décharge sur cet enseignant pour qu'il le "prête gratuitement" au GRETA, sachant qu'il est déjà payé une 1ère fois ? Ça doit être trop compliqué pour eux à gérer … incompétent vous dites … non, je n'oserais pas traiter le rectorat, voire même le ministère de cette manière …
 

         Remarquez, il s'agit peut être du fameux principe travailler plus pour gagner plus !
Concorde-03.JPG

Photo : La Concorde, Paris.

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 09:02

         La cantine c'est toute une histoire. Plus le collège est difficile est plus la cantine à mauvaise réputation et moins il y a d'élèves inscrits à celle-ci. Ce n'est peut être que ma 3ème rentrée, mais j'ai déjà mangé dans 5 établissements différents à plusieurs reprises.

 
         Et franchement dans le collège où je suis cette année, la nourriture servie n'est pas bonne, et comme si ça ne suffisait pas, nous ressortons de table en ayant encore faim. Certains de mes collègues se gavent de pain, car celui-ci est en libre service (dans d'autres établissements, le pain est "rationné").
         La nourriture nous est servie directement dans notre assiette via un plat en plastique qui a été réchauffé sur place. Question présentation, ce n'est pas vraiment au point.
         En ce qui concerne la congélation des aliments, la temporisation n'est pas finement programmée. Car certains de nos desserts sont en partie congelé, au sens littéral du mot lorsqu'ils atterrissent dans notre plateau. Et je précise que ces desserts encore congelés ne sont pas des glaces. Bon appétit bien sûr !
 
         Actuellement, il y a 10% de la totalité des élèves qui est inscrit à la cantine. C'est un pourcentage extrêmement faible par rapport à la norme de l'ensemble des établissements. Et il en va de même pour les enseignants, je n'ai pas les chiffres officiels les concernant, contrairement aux élèves. Mais j'estime, qu'un tiers des enseignants mange à la cantine, un 2ème tiers mange dans le collège avec leurs gamelles, principalement dans la salle des profs, même si un ou deux mangent directement dans leurs salles de cours ! Ils réchauffent éventuellement leurs plats préparés la veille au micro ondes mis à disposition. Et le dernier tiers qui lui ne mange pas au collège, soit les collègues mangent chez eux ou vont manger à l'extérieur.
 
         Je suis persuadé que les élèves (déjà difficile pour ce qui concerne l'alimentation) sortent de table eux aussi en ayant faim. Comment restés attentifs en cours, si on ne se nourrit pas convenablement ?
 
         Le problème c'est que la cantine n'est pas uniquement un lieu de restauration, c'est aussi un lieu d'échange et de dialogue intensif pour les enseignants, les CPE, les infirmières, les agents et les surveillants.
         Comme il n'y a qu'une minorité d'adulte qui mange au même endroit, le dialogue n'est pas favorable. La communication voire l'ambiance entre collègue manque de fluidité. L'année dernière, nous avions tous hâtes d'aller manger pour pouvoir nous parler, nous détresser en racontant nos mésaventures de la matinée. Maintenant, ceci ce fait toujours mais à un degré moindre.
 
         Je pense qu'entre collègues, nous manquons de relationnel, nous nous connaissons moins bien et tout ceci est dû en grosse partie à la restauration. Ceci n'engage que moi, et ce n'est que mon avis.
         Une bonne cantine permet d'attirer plus de monde, et donc de réunir davantage de collègues et ainsi augmenter les échanges, nous rapprocher et nous serrer les coudes entre collègues, bref une meilleure cohabitation.
Concorde-02.JPG

Photo : Le jardin des Tuileries, Paris.
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 09:15

         Lors du déclenchement de l'alarme incendie pour effectuer l'exercice, il y a quelques adultes parsemés entre les nombreux couloirs et cages d'escaliers ainsi que la cour. Mais ces adultes sont évidemment en nombre insuffisants pour un exercice de cette envergure.

         Le principal attend au beau milieu de l'enfer, euh pardon je voulais dire la cour. Car toute anomalie doit lui être remontée, par exemple les élèves disparus au cours de l'évacuation des locaux. Evidemment, vous n'allez pas lui signaler qu'il vous manque 10 élèves sur 15. Donc vous essayez de tous les comptabiliser à travers la zone de guérilla.
         Machin est à 50 mètres là bas : OK
         Bidule est entrain de frapper un autre élève : OK
         Truc balance un caillou sur un élève : OK
         …
 
         Comme ceci jusqu'à obtenir les 10 élèves manquant de votre liste d'appel !
         Lorsque tout le monde a bien abandonné les locaux, l'exercice prend fin.
 
         J'imagine la journée d'un véritable incendie. Les pompiers arrivent et demande en 1er lieu au chef d'établissement "Combien reste-t-il d'individus dans le bâtiment ?". Et le principal fort embarrassé par la question, se demande quoi répondre. Il pourrait répondre "Un certain nombre", ou encore "attendait 15 min, nous devons lancer le comptage". C'est probablement la réponse la plus précise et la plus viable qu'il serait capable de fournir !
 
         Comment réagiraient les pompiers face à ce genre de situation ? Je ne vois que deux solutions envisageables :
                                             - Penser que tous les élèves ont réussi à évacuer les lieux, et se concentrer à éteindre l'incendie sans porter secours aux éventuelles victimes se trouvant à l'intérieur.
                                             - Se dire qu'il reste probablement des élèves dans le bâtiment et intervenir dans les locaux, et risquer ainsi la vie des pompiers.
 
         Je ne sais pas qu'elle est la meilleure solution ! 

         Vous aurez donc tous compris que le fonctionnement est parfaitement viable !
Eglise-de-La-Madeleine.JPG

Photo : Eglise de La Madeleine, Paris.

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 08:27

         Dans la cour règne le chaos le plus complet. Des élèves courent dans tous les sens, les enseignants, les surveillants, les CPE et les principaux n'arrivent pas à garder leurs autorités au sein de la cour, car il s'agit du territoire des élèves. Nous sommes en terrain ennemi et à découvert en plus. Les élèves sont tous réunis au même endroit de la cour.

Concorde-01.JPG         Ça s'agite, cela coure, cela se frappe, cela lance des objets, cela s'insulte, cela se menace, cela rigole, …, c'est l'anarchie la plus complète, une zone sinistrée en quelque sorte. Et nous, nous sommes les casques bleus !
         En traversant la cour, il faut faire attention à soi, car plusieurs élèves courent à toute vitesse, sans regarder devant eux, il faut les éviter, ainsi que les quelques objets qui volent ! Eh oui, la cour est également une zone minée !
         J'aperçois un peu plus loin un élève de ma classe de SEGPA que j'avais perdu, je vais vers lui et je lui demande de venir se mettre en rang derrière moi, mais rien, il continue sa course poursuite en me regardant avec le sourire.
         Maintenant je dois comptabiliser les élèves pour vérifier qu'il ne m'en manque aucun. Actuellement sur mes 15 élèves j'en ai 5 devant moi, mais les autres … où sont-ils ? Donc j'observe les élèves entrain de courir n'importe où et tente de localiser les manquants. J'arrive à cet objectif après de longues minutes.
 
         Une collègue a rangé sa classe devant son emplacement qui se trouve à côté du mien, enfin je dis "sa classe", je ferais mieux de dire sa moitié de classe, car elle aussi a perdu la moitié de ses élèves en chemin …
         Nous passons le temps en discutant quelques minutes, puis le CPE nous prévient de la fin de l'exercice, je remonte dans ma salle, avec mes 5 élèves. Arrivé devant la porte de ma salle, j'attends quelques instants. Les 10 élèves que j'avais perdu réapparaissent au fur et à mesure.
         Forcément, je n'ai pas pu m'empêcher de leur faire la morale. J'ai commencé à leur poser une question tout en pensant les sensibiliser sur le sujet, "A quoi sert l'exercice incendie d'après vous ?", et évidemment, il y en a un qui m'a répondu "à aller en récréation". Je suis devenu rouge de colère, j'ai hurlé pour leur expliquer. J'étais tellement énervé que j'ai eu du mal à me contrôler, car je me disais "si c'était vrai" que se passerait-il ? Les élèves ont d'ailleurs compris mon état d'énervement, car il n'y a pas eu un seul élève qui a bavardé ou qui m'a coupé la parole contrairement à l'habitude.

         Enfin l'essentiel, c'est que je pense avoir réussi, ils ont compris à quoi servait un exercice incendie et l'importance que cela a, nous verrons bien lors du prochain exercice, si celui-ci tombe avec ma classe de SEGPA…

Photo : La Concorde, Paris.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 09:25

         Par descente aux enfers, j'entends descente dans la cour … oui, la cour est un enfer.

         C'est franchement ridicule, je suis persuadé que vous en rigolerez, car moi aussi j'en rigole, mais avec du recul, car lorsque je l'ai vécu, ça me prenait à la gorge.
 
         Les adultes de l'établissement sont prévenus de la date et l'heure de l'exercice incendie. Pour ma part c'est tombé au beau milieu de mon cours avec les SEGPA, quelle chance ! Avant même le retentissement de la sirène, j'appréhendais déjà ce moment précis.
         Je tenais un peu près ma classe lorsque le son de l'alarme incendie nous parvient. Aussitôt les élèves réagissent en se levant et ils me disent avec un grand sourire "M'sieurs faut aller dehors, y'a le feu". Mes élèves ont le sourire en coin, car ils se doutent bien que c'est un exercice, et ils ont hâte d'être dehors avec tous leurs camarades.
         Le temps qu'ils prennent leurs blousons, je m'active, à prendre la liste d'appel, mes clefs et mon blouson, tout en surveillant de près la porte, car les élèves sont prêts à courir dans les couloirs pour aller en récréation, … euh pardon, je voulais dire ils sont prêts à effectuer cet exercice.
 
         Je leurs dis "vous descendez calmement et en rang (on peut toujours rêver) dans la cour", mais dès le début de ma phrase après les mots "vous descendez …", plusieurs élèves ne m'écoutent plus, ils se balancent des injures et s'échangent des gifles entre eux et avec les camarades des autres classes, c'est une véritable course poursuite qu'ils se livrent dans les couloirs et l'escalier pour arriver le plus rapidement dans la cour.
         Je ferme rapidement la porte de ma salle à clef, et je les suis à mon tour en courant dans les couloirs et les escaliers, car je suis toujours responsable d'eux.

         J'arrive en bas de la cage d'escalier "légèrement" essoufflé. Je constate que j'ai déjà perdu une bonne dizaine d'élèves … Avec les 5 élèves qui me reste je me dirige vers l'emplacement qui est alloué à la classe que j'ai actuellement, c'est-à-dire mes SEGPA … Je traverse donc la cour, et je suis ébahi devant le phénomène qui se produit, je me sens oppressé, et mon cœur se met à palpiter plus rapidement que normalement. Le moment que je redoutais tant arrive…
Arc-de-Triomphe.JPG

Photo : L'Arc de Triomphe, Paris.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 12:58

         L'application de cette norme n'est pas simple à faire respecter dans l'enceinte du collège.

         Car à l'intérieur du collège comme dans n'importe quel autre établissement public ou privé, se trouve des extincteurs à des endroits précis ainsi que des déclencheurs manuels. Et comme vous l'avez probablement deviné, ces extincteurs ainsi que ces déclencheurs servent de jeux aux élèves lors des interclasses.
         Une fois un extincteur utilisé, même faiblement, celui-ci devrait être remplacé. Je dis "devrait", car forcément ils ne sont pas remplacés systématiquement, économie oblige ! Et puis de toute façon à quoi bon remplacer une chose qui sera réutilisé pour la simple joie des élèves dans les semaines à venir.
         Concernant les déclencheurs manuels, le problème est encore plus préoccupant à mon goût. Les élèves déclenchent très régulièrement (plusieurs fois par semaine) l'alarme incendie. Au déclenchement de celle-ci les portes se rabattent et l'alarme devrait se déclencher. Résultat, il faut remettre toutes les portes correctement. Concernant l'alarme, je dis "devrait" une fois de plus, car celle-ci n'est pas reliée directement à la sirène. Donc, lorsqu'un élève actionne l'alarme, il n'y a QUE les portes qui se referment.
 
         Mais alors comment faire lorsqu'il y a réellement un incendie ? Il faut simplement courir à l'accueil pour avertir la gardienne, qui déclenche à son tour la véritable alarme, qui cette fois-ci est reliée directement à la sonnerie.
         Imaginez bien, que si vous vous trouvez au dernier étage à l'autre bout du collège, il faudra mieux courir vite, pour traverser les couloirs, ouvrir chaque battant de portes incendies, descendre la cage d'escalier quatre à quatre, traverser toute la cour et entrer à l'accueil. J'espère que cette journée là, la gardienne sera bien à son bureau et non pas au toilette ou au secrétariat ou autre.

         Bref, nous avons tout le temps de cramer à l'intérieur du bâtiment !
Tour-Eiffel.JPG

Photo : La Tour Eiffel, Paris.

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Published by Le prof à la dérive - dans Chapitre 3 : Titulaire (07-08)
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Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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XLIX.Odeur suspecte.
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XXXVIII.La reconnaissance.