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XIII. L'exemple des profs !

20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 14:15
1) Les carnets de correspondance.
 
        Lorsqu'un élève perturbe le cours, vous lui demandez de se tenir tranquille, ceci n'a qu'un effet limité dans le temps, si toute fois, il y a un effet ! Donc, vous lui demander rapidement son carnet, et là commence le troc. L'élève généralement vous dit qu'il veut bien vous le donner uniquement si vous ne mettez pas de mot dans le carnet.
         Vous acceptez, pour 2 raisons, la 1ère, c'est que si vous ne prévenez pas avant de mettre un mot, vous ne pourrez pas tenir le rythme durant le cours d'écrire autant de mots dans les carnets, la 2nde c'est que si vous n'acceptez pas, vous n'avez pas le carnet !
         L'élève recommence à faire le bazard, pour ne pas dire le bor… . Je précise qu'il y a rarement un seul élément perturbateur, ils sont plusieurs. Certains stoppent dès que le carnet est en votre possession.
         Résultat des courses, durant le cours vous avez une pile d'au moins 5 ou 6 carnets, il faut en remplir quelques uns, et ne pas oublier de les rendre, car le professeur suivant en a cruellement besoin pour son cours.
 
         L'indicateur de tranquillité du cours peut être fixé sur le nombre de carnets que compte votre bureau.
         Au fil du temps, vous demandez systématiquement à vos élèves au début du cours, de poser le carnet sur leurs tables. Comme ceci vous n'avez plus besoin de parlementer avec l'élève pour obtenir le fameux carnet.
         Ce carnet est votre seul allié lors du cours. Le seul problème est que bon nombre d'élèves l'oublie, le perde ou … le brûle peut être. Bien entendu ces élèves sont les mêmes que ceux qui foutent le bor…, désolé je sens mon langage qui baisse de niveau au fur et à mesure que je m'emporte.
         Dans ce cas, ils sont supposés avoir un billet rouge, qui est souvent perdu…
 
         Dans tous les cas, il est important de rester humble. Car lorsque vous demandez le carnet à l'élève et qu'il vous répond avec un sourire jusqu'aux oreilles qu'il l'a perdu et qu'il n'a pas de billet rouge (il sait que vous n'avez plus de pouvoir, car vous ne disposez plus d'outil pédagogique : le carnet). Et votre ultime recours est l'exclusion…
 
 
2) L'exclusion.
 
         Tout d'abord, il faut savoir que des établissements interdissent les exclusions, dans ce cas les enseignants sont contraints de garder les élèves durant le cours, même si ces élèves perturbent de manière importante celui-ci. Ce n'est pas le cas dans mon établissement, ouf !
 
         L'exclusion est comme un aboutissement pour l'élève, il est enfin arrivé au niveau suprême. Je précise que l'élève qui ne travaille pas et qui ne prend pas son cours…n'est pas exclus s'il reste tranquille, car il y a d'autres cas (élèves) à traiter.
         Bref, un élève déroute la classe, vous l'excluez de cours, mais ça ne fait que commencer.
         Tout d'abord vous sortez la fiche d'exclusion (encore de la paperasse), il faut inscrire, le nom, le prénom de l'élève, la classe, la date, l'heure, votre nom, le motif de l'exclusion, le travail donné à l'élève durant l'exclusion (inutile car l'élève ne le fera pas) et le nom de l'élève accompagnateur, sans oublier de signer. Vous comprendrez qu'il faut un certain temps.
         Généralement, lorsque les élèves vous voient sortir cette fiche (c'est un rituel), ils se proposent généreusement pour accompagner l'élève exclu, ils sont même déjà debouts près de la porte pour partir.
 
         Vous pensez que le supplice est enfin terminé, non, le meilleur reste pour la fin.
 
         Lorsque vous avez 2 heures de cours avec la classe, et que vous avez exclu un élève la 1ère heure, alors la vie scolaire (nom du service qui gère ce genre de chose), vous le renvoie. Ne croyez pas qu'il rentre dans la salle de cours en baissant la tête, l'air dépité, bien au contraire. Lorsque l'élève revient en cours, il rentre en vainqueur, en triomphant auprès de ses camarades, et qui a-t-il vaincu, et bien vous, le professeur.
         Donc pour les jeunes enseignants, sans trop d'expériences sur le sujet, il faut absolument éviter d'exclure un élève la 1ère heure de cours, lorsque vous avez 2 heures à tenir.
 
 
3) Le rapport disciplinaire.
 
         Si après avoir fait tout ça, l'élève persiste à "couler" vos cours, ou que l'élève a fait une grosse bêtise (pourquoi grosse, elles sont toutes grosses, disons plutôt une bêtise inhabituelle), alors il ne vous reste plus qu'à faire un rapport. Sur cette nouvelle fiche (toujours et encore de la paperasse), il vous est demandé de détailler les faits, et de proposer une sanction. C'est-à-dire un nombre de jours d'exclusion de l'élève.
         Vous devez remettre un exemplaire au CPE, un au professeur principal de la classe, et mieux vaut en garder un pour vous.
         Le souci, c'est que l'établissement est submergé par la gestion de ces jours d'exclusion, chaque semaine, c'est entre 10 et 20 élèves exclus.
         Résultat, lorsque vous remettez votre rapport à la CPE, elle vous dit "ha et bien de toute façon cet élève est déjà exclu la semaine prochaine, il a eu 2 autres rapports récemment". Vous ne comprenez donc pas l'utilité de votre rapport, car l'élève était déjà exclu avant même que votre rapport arrive. Le point positif, vous n'êtes donc pas le seul à avoir des difficultés en cours…
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 15:09
         Après les vacances d'Octobre, j'ai marqué un élève absent systématiquement, cet élève ne venait plus au collège. Impossible de contacter sa famille, il a probablement déménagé. Le plus étonnant, c'est que pour scolariser un élève dans un nouvel établissement, il faut obtenir une fiche de scolarité auprès de son précédent établissement. Le collège n'a reçu aucune demande à ce sujet.
         Où sont passés l'élève et sa famille ? Mystère.
         Le collège a donc été contraint de faire une signalisation d'absence à la police.
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6 mars 2007 2 06 /03 /mars /2007 15:08
         Récemment je me suis trouvé par hasard à la cantine dans la discussion entre le principal du collège et un inspecteur. L'inspecteur a demandé, "Combien avez-vous d'élèves dans cet établissement ?", la réponse, "entre 500 et 515 élèves.", J'ai trouvé curieux que le principal ne connaisse pas le nombre exacte d'élèves. Car l'année précédente mon ancien principal connaissait le nombre précis d'élèves qui fréquentait l'établissement.
 
         En fait, c'est très simple, étant donné, le nombre d'élèves exclu définitivement de l'établissement, et ceux qui arrivent dans le sens inverse, nous n'avons qu'un chiffre approximatif en tête, car ce chiffre change très régulièrement.
         Pour vous dire, en 4 mois, j'ai des classes qui ont connu 2 départs et 3 arrivées. Je vous laisse imaginer, ces changements non pas au niveau d'une classe mais au niveau d'un établissement !
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 14:07

          Au début de l'année, vous faites comme tous les profs, vous demandez aux élèves une liste de matériel qu'ils doivent posséder pour travailler dans de bonnes conditions toute l'année scolaire (cahier ou classeur, intercalaires, feuilles, pochettes plastique,… et bien évidemment une trousse rempli de stylo, effaceur, crayon à papier, gomme, règle…).

         Vous pensez que dans les 15 jours qui suivront les élèves auront en grande partie le matériel souhaité.
         Détrompez-vous, dans mon collège moins de la moitié des élèves ont une trousse avec eux. Comment écrivent-ils ? Et bien ils ont un seul et unique stylo. Oui mais attention, lorsque l'enseignant le fait remarquer aux élèves, ils lui répondent : "Mais c'est un stylo 4 couleurs". Oui, le prof est chanceux d'avoir ces élèves, car ils auraient pu prendre un simple stylo avec 1 seule couleur. J'ai une pensé pour l'inventeur du stylo 4 couleurs ! Merci.
         Résultat, les élèves qui ont leur matériel sont taxés, pour un crayon à papier, une gomme, une règle, des feuilles… C'est du racket amical, je les surnomme les élèves "Carrefour", ou "Auchan" si vous préférez…
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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 13:06
         Vous savez que c'est une véritable poésie, d'ailleurs je prends des cours (oui, j'écoute depuis avec attention les paroles de nombreux rappeurs, ceci me sert par la suite).
         J'ai commencé mes premiers cours en entendant des "éh cousin", j'ai rapidement compris que ce "cousin" m'était adressé personnellement ! Si, si je vous promets. J'ai donc du préciser que mon nom n'était pas cousin. Et que je ne voulais plus entendre ce genre de chose, même si celles-ci n'étaient pas péjoratives.
 
         Sinon, je regrette de ne pas avoir appris la 2nde langue "verlan" ou "banlieusard" lorsque je me trouvais en 4ème, je pense que celle-ci me serait plus utile que les maigres connaissances que je possède en Espagnol.
         Entre les "com as, c ouf, téma, la demér, ziva (celui-là est de moins en moins utilisé, probablement trop ancien), keuf, keum, meuf, chelou, chna, daron, chér…
         Le pire dans tout ça, c'est que je ne reprends même plus l'élève si son mot ne manque pas de respect.
         Il faut voir le point positif, je suis devenu bilingue, non pas grâce aux études, mais avec l'aide des élèves.
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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 13:05
         Que puis-je appeler ainsi ? Et bien la fosse est le synonyme de la cour, et les lions, ce sont les élèves. Je développe.
 
         Comme je l'ai expliqué dans la partie précédente, l'architecture du collège forme un U, et la cour se trouve au centre du U. Le collège est construit sur 3 niveaux, dont 2 étages plus le rez-de-chaussée. La cour se situe en contrebas du collège et elle remonte au fur et à mesure par des escaliers, jusqu'au 1er étage. L'intégralité de la cour est bitumée.
         Lorsque vous lâchez plus de 500 élèves dans la cour, ça résonne quelque peu...
 
         Un moment inoubliable (mais plutôt péjoratif), fût l'instant où d'un mouvement de précipitation, je vis du rez-de-chaussée du collège, plus de 500 élèves débouler les escaliers de la cour en courant et en hurlant, ça fait un drôle d'effet la première fois. On a l'impression que nous allons nous faire broyer par ce mouvement de masse. J'ai vite demandé à mon collègue ce qui se passait. Il ma répondu de sang froid, que c'était une simple bagarre, il est resté très zen, moi non.
         J'ai regardé par la fenêtre pour vérifier ses dires, je n'ai vu qu'un cercle d'élèves en train d'hurler de joie et de plaisir. Les plus petits étaient sur les escaliers pour mieux apprécier la scène. Très vite les surveillants ont stoppé le duel, et tout est rentré dans l'ordre. Ceci peut être apparenté, à un duel de gladiateur où une foule palpitante n'attendait que la défaite de l'un des combattants.
 
         Depuis ce moment, j'ai baptisé la cour, "la fosse aux lions", je ne pense pas avoir usurpé le nom !
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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 13:01
         Je vais tenter de vous décrire mon collège, ainsi que toutes les choses qui ont pu m'étonner sur le collège. Je parle du collège où je me trouve principalement, c'est-à-dire le collège_.
         Tout d'abord, lorsque vous sortez des transports en commun_, vous arrivez au beau milieu des tours. Pour atteindre le collège, il faut traverser celles-ci.
         Arrivée devant le collège, vous remarquez qu'il n'y a que très peu de verdure, que le collège est grisâtre, ce qui n'arrange rien à notre perception de la chose.
         De plus, il est clôturé d'une grille de 2m50 de haut, des caméras sont réparties à travers tout le collège, il doit y en avoir une bonne dizaine.
 
         Bref, vous l'aurez compris, le collège ressemble à un bunker !
 
         Car une fois devant la grille, vous ne pouvez pas rentrer, il faut que le concierge vous ouvre à condition qu'il vous ait reconnu. Une fois dans l'enceinte du collège, vous n'êtes toujours pas dans les locaux. Vous vous trouvez dans un sas. Maintenant, le concierge doit activer l'ouverture de la porte principale du collège. A ce moment là vous avez enfin pénétré la citadelle. Je précise que l'architecture du collège forme un U, avec la cours qui se trouve au centre.
 
         Pourquoi sécuriser à ce point un établissement scolaire ? Peut-être qu'un trésor se trouve enterré dans la cours ?
         Plus sérieusement, c'est probablement pour se protéger de l'extérieur, c'est-à-dire que toutes personnes qui n'a pas lieu d'être dans l'établissement ne puisse pas rentrer, et pour éviter la fuite des élèves. Quoique, les élèves arrivent à faire le mur, ce sont de véritables athlètes !
          En fait, le collège ressemble à une prison de part, sa "sécurité" (grille, sas, caméra…), son architecture et sa couleur grisâtre.
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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 16:09

         Une fois les élèves en classe et installés, il faut encore attendre avant l'appel, car il y a forcément des retardataires, donc au lieu de les marquer absents puis de rayer leurs noms pour les passer dans la colonne retard, mieux vaut attendre. 
         Donc vous débutez votre cours sans faire l'appel, c'est ainsi. Après la 1ère vague de retardataire attendez encore, car il peut y avoir une 2nd vague. Une dizaine de minutes après la sonnerie, vous pouvez effectuer l'appel. L'appel des 1er cours est complexe de part la prononciation des prénoms. 
         Je dois donc noter les absents sur le cahier d'appel (si les élèves ne l'ont pas perdu…), et sur le billet d'appel. Sur ce bout de feuille, je note les noms des absents et des retardataires. Vous me direz, mais pourquoi faire le travail 2 fois. Tout simplement, pour s'assurer que les élèves ne falsifieront pas l'appel. Car ce billet va directement dans le bureau des surveillants sans passer par les élèves.

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 16:07

         Enfin cette fameuse rentée est là. Je suis anxieux de connaître mes élèves. 
         Je commence celle-ci avec une classe de 3° qui compte 28 élèves. A la sonnerie je récupère mes élèves dans la cours, que j'intitule "la fosse aux lions" (je développerai ce point un peu plus loin). Les élèves arrivent peu à peu, les élèves n'étant pas pressés d'aller en cours, il faut attendre, qu'ils veuillent bien rentrer. 
         Une fois dans le couloir, je leur demande de se mettre en rang et d'avoir le silence. Moi qui pensais que les élèves étaient toujours calmes le jour de rentrée, je mettais royalement "planté". Car en demandant le silence, j'entend distinctement, un "tu peux rêver", ces mots venant d'un groupe, je n'ai pas pu en savoir plus, je me suis retrouvé impuissant. Bien sûr, je les ai fâché comme il se doit, mais ça c'est terminé là. 
         Une fois dans la classe, je demande aux élèves de ne pas s'asseoir, car il se positionneront par ordre alphabétique en même temps que je ferais l'appel. 
         Je prends donc ma liste d'élève et je commence cet exercice périlleux, la prononciation des noms et prénoms des élèves. 
         Le reste du cours se déroulera plus ou moins normalement.

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 15:04

1) Introduction. 

         Le 1er Septembre, je peux enfin rencontrer mon collègue_, qui est aussi déboussolé que moi, car il est également néotitulaire, par contre il est titulaire du poste contrairement à moi. Par conséquent il est déjà venu dans l'établissement au mois de Juin, car il a eu connaissance de sa mutation plus tôt. 
         Très vite, je m'aperçois que l'équipe enseignante est jeune, la moitié des professeurs sont nouveaux cette année dans l'établissement, et une bonne partie est néotitulaire. Nous sommes tous fraîchement rapatriés de la province. 
         L'équipe de direction a également été renouvelée. Le principal nous prévient de la difficulté d'enseigner dans cet établissement. Au passage il nous donne le taux de réussite au brevet de l'établissement pour l'année 2006, qui est de 48 % !


2) Mes élèves. 

         Par la suite, nous obtenons notre emploi du temps et nos listes d'élèves. Je m'aperçois que les classes sont chargées en 3°, entre 27 et 29 élèves. Tandis qu'en 4°, les classes sont moins lourdes entre 20 et 24 élèves. 
         En regardant plus attentivement les listes des classes, je constate, qu'en grande partie les noms et les prénoms des élèves ne sont pas d'origine française. Lorsque je lis les prénoms, je ne sais même pas si il s'agit d'une fille ou d'un garçon, et je ne parle pas de la prononciation…


3) La découverte. 

         Après le discours du principal, nous ne sommes que 2 collègues, par conséquent nous partons visiter nos salles et voir le matériel dont on dispose. L'inventaire sera rapide vu le peu de matériel dont nous avons. 
         Au passage je vois ma salle de cours, qui est un peu désastreuse. C'est une grande salle, avec un côté entièrement vitré, sans rideau, avec les vitres extrêmement sales. Les tables sont empilées d'un côté et les chaises de l'autre. Des cartons traînent un peu partout dans la salle suite à l'installation de matériel informatique. Je me mets donc au travail entrain de positionner les tables et les chaises dans ma classe. Je remarque au passage qu'il me manque des places pour accueillir mes 28 élèves, je pars donc réquisitionner quelques tables et chaises pour avoir le compte. 
         Après cette installation plutôt longue, ma salle de cours est enfin prête pour recevoir mes élèves comme il se doit.

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