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XIII. L'exemple des profs !

4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 09:47
         Lorsque vous étiez à l'école, vous vous rappelez sans aucun doute de la règle ultime fixée par l'enseignant qui consistait à lever la main pour obtenir la parole par celui-ci. Vous respectiez cette règle de manière automatique. Vous leviez la main pour demander la parole sans même y penser, par simple politesse à l'égard de vos camarades.
         Cette règle simple mais élémentaire au bon fonctionnement du cours est difficile à faire appliquer aux élèves.
         Comment cela se traduit dans les faits réels.
         Un élève commence à parler, je le reprends et lui demande de lever la main pour obtenir la parole, et là je le vois, qu’il lève la main et parle en même temps. Je le coupe à nouveau dans son élan, et lui réexplique la règle, en appuyant bien, sur le fait qu'il doit lever la main et attendre que le professeur lui donne la parole pour commencer à parler. L'élève me répond un "mais m'sieur…", pour me faire comprendre que je lui demande trop de chose en même temps, je suis un peu dérouté…
 
         Résultat, les élèves polis ne peuvent jamais répondre aux questions, car un de leur camarade lui coupe l'herbe sous le pied.
         Avant même de poser une question, vous êtes obligé de préciser, qu'il faudra lever la main pour répondre à cette question. Et à chaque nouvelle question vous devez redire LA règle, comme ci, le cerveau de l'élève ne possédait qu'une mémoire de quelques minutes…
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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 13:39
         C'est probablement le point le plus sensible, si les élèves d'une classe se lient entre eux pour vous faire front, alors vous avez un gros problème…
         Lorsqu'il s'agit d'un élève ingérable, certes le problème est important, mais il n'y a qu'un seul élément comparé aux élèves d'une classe entière.
         Je vais vous donner quelques exemples, pour bien vous faire comprendre à quel point "l'esprit de groupe" peut anéantir le peu de moral qui vous reste.
        
         Lors d'un cours, j'étais en train de parler, et je vois un élève taper sur la table avec ses mains à intervalles de temps régulier. Je reste impassible, car je ne comprends pas, juste après (2 ou 3 secondes ont suffi), je vois un 2nd élève puis un 3ème … faire la même chose ensemble. A ce moment là, j'ai compris ce que l'élève n°1 manigançait. Je suis donc intervenu en hurlant sur le 1er que j'ai vu, et la tentative de phénomène de groupe a avorté aussitôt. Cette fois-ci je m'en suis bien sorti, mais ce n'est pas le cas à chaque fois. Car le but était de taper sur les tables en même temps avec tous les élèves de la classe, pour que le professeur soit submergé par la situation. Ce qui a bien faillit m'arriver.
 
         Autre exemple, lorsqu'une personne frappe à la porte de votre classe, vous lui ouvrez, vous tournez le dos à la classe (si la porte est agencée ainsi dans la classe). Lorsque vous tournez le dos, plusieurs élèves crient, dès que vous vous retournez pour les prendre sur le fait, ils arrêtent puis recommencent dès que vous vous retournez à nouveau.
         Vous n'arrivez pas à en prendre même un seul sur le fait. Résultat, vous ouvrez la porte en étant sur le côté, et vous ne regardez pas votre interlocuteur dans les yeux.
 
         Un dernier exemple, à la sonnerie mes élèves rentrent, la 2nde sonnerie retentie (il y a 2 sonneries à la reprise des cours), je m'aperçois que de nombreux élèves ne sont pas là, environ une dizaine. Quelques minutes passent, la porte s'ouvre sans frapper, et mes retardataires commencent à rentrer dans la classe, je me positionne devant eux et leurs demandent de faire demi tours pour aller chercher un billet de retard puisqu'ils n'en ont pas.
         Et voilà, que ces élèves refusent et s'infiltrent à ma gauche et à ma droite, ils rentrent en force pour s'installer en cours. Il s'agit d'un bras de fer entre les élèves et l'enseignant, il faut vaincre à tout prix, sinon vous serez déconsidéré par la totalité des élèves de la classe et perdrez à jamais votre autorité,… enfin le peu qui vous reste.
         Un par un, je les ai emmené en dehors de la classe pour aller chercher se "foutu" billet.

         Maintenant, lorsque des retardataires arrivent, je me précipite à la porte pour la maintenir entrebâillée, je coince mon pied derrière la porte pour pouvoir la bloquer. Ainsi je peux filtrer les élèves disposant d'un billet de retard ou non dès leurs entrées en classe.

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 16:06
         Vers le début de l'année, avec une classe de 4ème, nous faisions un exercice où les élèves devaient écrire quelques mots, je passe dans les rangs et là je vois sur une feuille d'élève le mot suivant : "profaisaire". Ce mot m'interpelle et m'oblige à poser la question suivante à l'élève : "Qu'as-tu écris là ?". Il me répond, sûr de lui "professionnelle monsieur".
         Vous prenez un coup monstrueux sur la tête, ça vous fait mal au cœur. Voir qu'un élève de 4ème fait une erreur aussi grossière témoigne qu'il ne sait ni lire ni écrire. Je le vérifie d'ailleurs sur les cours suivants.
         Je comprends maintenant pourquoi il ne prenait quasiment pas les cours. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas, c'est qu'il ne pouvait pas.
 
         Quelques cours plus tard, je ramasse une feuille d'exercice. Je demande donc aux élèves d'inscrire leurs noms. Je me trouve à côté de l'élève en question. Et sa camarade dit : "Si ça se trouve il ne sait même pas écrire son nom !". Je la reprends et lui dit qu'il ne faut pas se moquer de ses camarades. Et j'observe l'élève qui tente d'écrire son nom, il n'est pas sûr de lui, il a la main fébrile. Il fait même une faute comme l'avait prédit sa camarade. Il s'y reprend donc à 2 fois pour écrire son nom sur la feuille.
         Ce genre de chose vous fait froid dans le dos.
 
         Lors du contrôle suivant, je me rappelle même l'avoir "un peu" aidé, et avoir fait mine de ne rien voir lorsqu'il a copié sur sa voisine.
 

         Le pire dans tous ces événements, c'est qu'il passera probablement en 3ème. Car à quoi bon lui faire redoubler sa 4ème, ce n'est pas en 4ème que nous pourrons lui apprendre à lire. Ce pauvre gamin n'a pas sa place ici. Et j'en suis le 1er catastrophé. Il serait urgent de créer des classes spécifiques pour ces élèves laissés sur le bord du chemin…

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 08:14
         Au début de l'année, j'ai été convié à une formation, dont l'intitulé ne voulait pas dire grand-chose, comme d'habitude. Mais j'étais plutôt content lorsque j'ai reçu la nouvelle. Car après tout, nous avons toujours besoin d'être formé pour s'améliorer, nul n'est parfait.
         Je suis donc allé à cette formation en dehors de mes heures de cours et après 1 heure 30 de transport en commun aller, non remboursé bien sûr (l'éducation nationale économise où elle peut, surtout sur le dos de ses enseignants). J'étais bien motivé.
         Arrivé au lieu de formation, je m'aperçois que nous sommes une trentaine d'enseignants à suivre la formation, alors que l'invitation avait été distribuée à près de 200 enseignants. C'est mauvais signe.
 
         La formation débute, et là c'est le drame, il s'agit dune formation à la sauce I.U.F.M. En fait, nous sommes réunis par petits groupes autour d'une table pour parler de nos problèmes au travail, un peu à la manière des alcooliques anonymes. L'ennui c'est que je fais déjà cette pseudo formation tous les midis à la cantine avec mes collègues.
         Vous l'aurez compris cette formation est un peu la formation machine à café.
 

         Je ne suis donc pas revenu à la formation les autres jours. J'ai renvoyé la convocation avec une phrase joliment tournée : "cette formation ne correspond pas à mes attentes", pour ne pas froisser la susceptibilité des formateurs ou même de mes supérieurs. Car en réalité, j'aurais dû écrire : "formation inutile" ou "formateurs incompétents" ou les 2 à la fois. Parce que payer son titre de transport et perdre un après midi pour recevoir une formation de ce niveau, ça plombe le moral.

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 12:53
         Au début de l'année, j'ai distribué aux élèves une feuille de notation du classeur. Sur cette feuille, se trouve le barème de notation. Comme ceci, les élèves savent quoi faire pour obtenir une bonne note, et augmenter ainsi leur moyenne. En plus, ça favorise la prise du cours par les élèves.
         En Septembre, j'étais un peu débordé, j'ai donc repoussé la date où je noterai les classeurs.
         Arrivé début Janvier, j'ai ramassé les classeurs, classe par classe, je les ai regardé un par un. J'ai environ 200 élèves, donc environ 200 classeurs.
         Le souci c'est qu'il y a eu 4 mois de cours, donc le classeur commence à être bien rempli. J'ai mis un temps considérable à corriger chaque classeur. On ne m'y reprendra plus, à ramasser les classeurs aussi tardivement dans l'année scolaire. C'est vraiment une erreur de débutant.

         La prochaine fois, je les ramasserai au début de l'année, comme ceci le classeur sera "plus léger".

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 11:20
Actuellement, je suis en plein dans les mutations intra académique. Et c'est loin d'être simple… Pour tous renseignements sur le sujet, il ne faut pas appeler le rectorat mais le syndicat. Le rectorat est notre employeur direct, par conséquent, c'est à lui de nous expliquer comment fonctionnent les mutations, mais il se décharge sur les syndicats, c'est une honte de voir ça.
Pourquoi je demande à être muté ? Tout simplement parce que je suis remplaçant et pas titulaire d'un poste.
 
La complexité des mutations est effroyable. Nous pouvons faire de multiples vœux avec de nombreuses combinaisons.
Par exemple, nous pouvons demander à devenir titulaire, sur : un établissement, une commune, un groupement de communes, un département ou l'académie. Ensuite il est possible de préciser ses vœux, de demander uniquement les lycées, les collèges, les établissements APV (c'est-à-dire les établissements difficiles), lycées professionnels, BTS, EREA (Etablissement Régional d'Enseignement Adapté), unité pénitentiaire, établissement de soins…
Il faut donc être très rigoureux dans son choix. En plus suivant les demandes que vous effectuez, vous pouvez obtenir des bonifications, c'est-à-dire un nombre de points supplémentaire sur votre vœu. Plus vous avez de points et plus vous avez de chance d'obtenir l'un de vos vœux.
 
Mes vœux sont orientés cette année sur des établissements classés APV, pour me permettre d'accumuler plus de points. Autrement dit, je suis prêt à me tirer une balle dans le pied (c'est imagé bien sûr) pour pouvoir augmenter mes chances de départ de la région parisienne.
 
Il faut mettre en place un "algorithme spirituel" particulièrement élaboré, pour connaître l'ordre de préférence de chaque type d'établissement demandé. Car vous venez de voir quelques variables, mais il y en a d'autre à prendre en considération, comme le lieu où vous souhaitez vivre, par exemple si vous habitez au sud de Paris, vous allez éviter de demander des établissements au nord.
 
Vous faites en partie vos vœux en fonction des transports en commun. Donc vous vous débrouillez (aucune aide du ministère de l'éducation nationale) pour obtenir les adresses des établissements scolaires demandées, et vous visualisez si ces établissements sont desservis correctement par les transports parisiens. Car un établissement se situant à 15km de chez vous peut être plus difficile d'accès, qu'un établissement se trouvant à 30km.
Tout ceci représente une quantité de travail importante, pour ma part, j'ai même débuté la tâche avant l'ouverture des mutations. Et je ne compte pas le nombre d'heures passé, si ça ce trouve je n'obtiendrais rien du tout, et je resterais remplaçant…tous ce labeur pour rien ! Ou pire, j'obtiendrais quelque chose que je n'ai pas demandé…
Inutile de préciser que durant les périodes de mutation les enseignants demandant un poste sont inquiets, soucieux, indignés, révoltés et amers. Les enseignants ne pensent plus à leurs préparations de cours mais plutôt aux mut'.
Et le problème c'est que les mutations inter académique (pour changer d'académie) commencent en Novembre, tandis que les mutations intra académique (vœux à l'intérieur de l'académie) se terminent mi-juin pour les postes titulaires, tandis que les TZR (remplaçants) peuvent attendrent la rentrée scolaire du mois de Septembre.
Vous l'aurez compris, ces satanées mutations vous laissent rarement tranquilles. Tout le long de l'année vous avez toujours cette préoccupation. Lorsque je dis cette préoccupation, je ferais mieux de dire, LA préoccupation.
 
Il ne faut pas oublier, que grâce à la nouvelle loi de notre ministre adoré, nous pouvons maintenant exercer une autre matière que la notre si la hiérarchie nous le demande. Autrement dit, un prof de sport en lycée peut se retrouver prof de math en collège et ainsi de suite. Je sais que nous sommes doués, mais de là à tout savoir faire…
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 23:38
         Aujourd'hui fût une journée éprouvante, comme souvent. Lors de mon arrivé au collège, je constate qu'un de mes élèves de 3ème que j'aurais l'après midi, à été exclu d'un cours. A la récréation du matin, un professeur explique qu'il a passé "une heure pourrie" (ce sont ses mots) avec la même classe de 3ème, cette fameuse classe que j'ai l'après midi.
         Un peu plus tard, à la pause du déjeuner, un 2nd professeur explique sont désarrois face à la classe de 3ème. Vivement cet après midi…
         L'enseignant dit même qu'un élève ne lui a pas donné son carnet à la fin de l'heure comme il lui avait demandé. Par conséquent il me demande d'envoyer l'élève avec son carnet pour le voir au début de mon cours.
 
         Arrive enfin mon cours. Une fois les élèves installés et l'appel réalisé, je demande à l'élève concerné de prendre son carnet et d'aller voir le professeur M._. L'élève bavarde avec ses camarades et n'a pas l'air pressé. Je lui demande explicitement de se dépêcher. Il continu de bavarder et de traîner les pieds (il est toujours au fond de la classe). Je lui demande donc son carnet.
         Et là, il me balance son carnet au visage. Après avoir reçu son carnet en pleine face, je n'ai qu'une envie c'est de lui mettre ma main dans la gu…. Je traverse la classe et me positionne devant lui. Je lui demande des comptes, et il me répond gentiment : "Tu n'as pas à me demander de me dépêcher". Il me dit une 2nde phrase du même type. Je l'exclu donc du cours, avant de faire un geste que je pourrais regretter.
         Inutile de préciser que la classe était en ébullition et épanouit face à ce geste. Il y a qu'en même eu un élève qui a pris ma défense, j'en avais cruellement besoin pour me rassurer.
 

         Conclusion, faites mijoter toute la matinée, durant 3 bonnes heures. Puis laissez macérer le tout 1 heure 30 et vous obtiendrez un résultat détonnant.

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 10:24
         Si il y a bien un sujet qui me tient à cœur c'est la carte scolaire. Les 2 "principaux favoris", prétendants au trône pour Avril (1er tour), Mai (2ème tour) 2007, souhaitent tout simplement la supprimer.
         Avant de continuer mon point de vue sur le sujet, je vais expliquer en quoi consiste la carte scolaire pour ceux qui ne le sauraient pas.
         La carte scolaire, délimite la zone autour de chaque établissement scolaire d'où proviendront les élèves qui y résident. Cette carte est effectuée de telle manière à assurer la mixité sociale dans chaque établissement scolaire.
 
         Actuellement, cette carte scolaire est bafouée par de trop nombreux parents, qui demandent pour leurs enfants des options extrêmement rares comme les langues (russe, grecques, chinois…) ou les options musique, danse, théâtre…, qui se pratiquent bien évidement dans les établissement huppés de notre pays. Ils arrivent ainsi à détourner facilement la carte scolaire. Ils existent encore d'autres méthodes, comme celle de ce domicilier dans la zone de la carte scolaire de l'établissement chic, à l'aide d'un ami complaisant.
         Je ne critique pas le choix des parents, qui veulent avant tout une bonne scolarité pour leurs progénitures, mais n'est ce pas le souhait de chaque parent…
 
         La carte scolaire est délaissée par les autorités au profit des familles avantagées par la vie. Résultat certains établissement ressemblent à de "mini ghetto". Dans mon collège je ne compte pas beaucoup plus de 4 ou 5 "blancs" par classe voire même 1 seul et unique élève dans certaines classes, et leurs noms n'ont pas de connotation francophone, mais plutôt européenne. Je propose donc de changer les initiales REP et ZEP, en Réseau d'Education Précarisé ou Zone d'Education Précarisé à la place du Prioritaire. Le mot précarisé me semble beaucoup plus adapté à la situation, car pour être prioritaire il faudrait des aides…
 
         Le problème est bien plus profond que ça. Car une partie de la population c'est entassée dans des tours de banlieue et vivent dans la précarité. Et les établissements scolaires se trouvent au beau milieu de ces quartiers.
         Nos politiciens osent parler de mixité et d'égalité des chances, mais où sont-elles ? Je ne les vois pas.
         Je suis révolté par ce sujet, car actuellement il y a un problème de taille concernant la carte scolaire et au lieu d'y remédier, les dirigeants veulent accentuer le phénomène en la supprimant.
         C'est probablement pour leurs seuls avantages, car nos responsables politiques font parties de la couche aisée de notre nation.
         J'espère simplement que les 2 candidats aux présidentielles se prendront une bonne "gifle" aux élections…affaire à suivre.
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 18:04
         Le principal adjoint vient me voir le matin et me fait part que j'aurais une inspection Vendredi après midi, dans une semaine, celle avant les vacances, lors de ma 2nde heure de cours. J'en suis RAVI.
         Je suis donc à J-7, avant mon inspection avec une classe de 3ème plutôt agitée à un moment qui n'est pas favorable, un vendredi après midi 1 semaine avant les vacances, ça laisse imaginer le pire…
         Je précise que cette classe compte 28 élèves. Lors du conseil de classe, 8 blâmes comportement et de nombreux avertissements de conduite ont été distribués. Vous voyez le tableau…
         Je préviens à mon tour les élèves de la venue d'une personne, durant le cours de la semaine suivante. Ils comprennent aussitôt qu'il s'agit d'un inspecteur. Un élève n'hésite pas à dire "on va vous ruinez", heureusement, juste après il précise "non j'déconne". Bref je suis parfaitement serein pour l'inspection !
         Arrive le jour J. La 1ère heure de cours se passe… comme d'habitude, j'ai relevé plusieurs carnets d'élèves, mis quelques mots, crié (ou hurlé, tout est une question de point de vue) pour rétablir le calme… Quelques temps après la sonnerie, un élève crie "m'sieurs y a l'inspecteur et l'principal k'arrivent" (il y a une petite vitre qui permet aux élèves de voir le couloir). Le principal et l'inspecteur entrent, les élèves se lèvent pour les saluer (fait rarissime même si il est obligatoire). L'inspecteur me glisse avec un léger sourire "je crois que les élèves nous ont vu venir".
         Le principal repart, et l'inspecteur s'installe dans le fond de la classe. J'apporte à l'inspecteur le cours sur lequel nous travaillons, et lorsque je regagne le tableau, j'entend (toujours le même élève) "stressé pas m'sieur", nul doute que l'inspecteur ait entendu aussi…
         Au milieu du cours, l'inspecteur se lève et se balade dans la classe pour observer les élèves de plus près. Puis il prélève un classeur d'un élève au hasard. L'élève qu'il a choisi a eu un blâme travail lors du conseil de classe. Je connais l'état de son classeur, il est à moitié vide, avec des dessins sur toutes les feuilles, et de nombreuses feuilles volantes.
         Au moment où l'inspecteur prend le classeur dans ses mains, les élèves se retournent et me regardent pour voir la tête que je fais, je suis liquéfié. Les élèves se mordent les lèvres et me fond des grimaces, comme un signe de compassion.
         Le cours se déroule sans autre accroc, contrairement à d'habitude, les élèves sont anormalement calmes, c'est peut être une marque de sympathie…il n'y a que quelques bavardages, mais ceux ci reste raisonnable. Comme quoi les élèves peuvent se tenir correctement.
         La sonnerie retentie, les élèves sortent pour une fois dans le calme.
 
         Nous discutons, l'inspecteur et moi-même. Concernant le classeur de l'élève, il a compris qu'il n'était pas exemplaire, puisque l'élève lui-même lui a dit.
         Il me fait quelques remarques "classiques", sauf une. Elle me reste toujours en travers de la gorge. L'inspecteur dit "concernant la tenue de la classe, il faudrait tenir un peu mieux vos élèves". Je n'ai pas pu répondre, j'étais tellement surpris par cette remarque, que je suis resté figé.
         Même si l'inspecteur trouve que mes élèves ont tendances à bavarder, une chose est sûre c'est qu'ils n'ont jamais été aussi calme avec moi…
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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 09:25
         Un vendredi, lors d'un cours avec des 4ème je m'aperçois, que 2 élèves étaient concentrés…bizarre…mais ils ne regardent pas le tableau, ils regardent leurs chaises… Mais pourquoi ? Je suis attentif à ce qu'ils fabriquent, et je constate, que ces 2 élèves ont une paire de ciseaux dans les mains et essayent de dévisser les chaises!!!
         Les chaises de ma classe ont des visses pour tenir l'assise de la chaise. Je précise que ces 2 élèves ont de grandes difficultés, ils ne savent ni lire ni écrire.
         Donc je les surprend, et là ils sont bien embêtés. La fin de l'heure arrive sur ces entrefaites. J'en touche 2 mots au CPE, qui me dit :"éh bien le mieux c'est de les garder ce soir pour faire la réparation de leurs bêtises. Tu es libre ? Tu les gardes 1h, je m'occupe de prévenir les parents.", je réponds un vague "oui".
 
         Résultat des courses, le vendredi en fin d'après midi, lorsque je n'ai plus cours, arrive comme convenu mes 2 loustics.
         Je leurs donne une clef, pour revisser toutes les chaises. Et je constate, qu'ils sont motivés comme jamais ils ne l'ont été, souriant, heureux d'être au collège le vendredi soir à travailler. Vu leur motivation à effectuer ce travail, ils finissent 15 min avant la fin de la retenue, je leurs dit de s'asseoir devant l'ordinateur, et je leurs fait découvrir Google earth. Je pointe le logiciel sur le collège que nous distinguons nettement. Mes 2 élèves ont les yeux grands ouverts et la bouche béante… Je pose la question "Que voulez-vous voir d'autre ?", et la réponse fût rapide "je veux voir où j'habite". Ils me font voir leurs tours, qui sont proches du collège.
         Je regarde ma montre, et je constate que le temps est largement écoulé, seulement mais 2 élèves ne sont pas pressé de partir. Après plusieurs minutes, ils décident de partir.
 
         Je peux vous dire que j'ai été particulièrement ému, de les voir aussi motivés et heureux.

         Le seul bémol que je peux apporter, c'est qu'ils ont été tellement content de faire ce travail, qu'ils recommenceront peut être à dévisser mes chaises pour revenir me voir le Vendredi soir…

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XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.