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XIII. L'exemple des profs !

10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 07:45
         Les 3ème effectuent un stage en entreprise d'une semaine. Après leurs retours, ils nous transmettent un rapport de stage et viennent devant un jury pour le présenter.
 
         Pour commencer, je vais vous parler du rapport. J'en ai corrigé quelques uns. L'élève réalise son rapport à partir d'un "squelette", c'est un dossier de quelques pages qu'il suffit de compléter.
         C'est incroyable le nombre de fautes qu'ils peuvent faire. Moi-même je ne suis pas doué en français, lorsque j'étais au collège j'en faisais énormément. Mais là, c'est une catastrophe, la plupart écrivent phonétiquement, un "mais" peu se transformer en "mes, met, mé…", ce qui change la compréhension de la phrase. Les règles de pluriel, féminin ou autres ne sont pas appliquées.
         Alors imaginez, lorsque vous devez lire et corriger plusieurs dossiers. Je plains les enseignants de français.
         Le pire dans tout ça, c'est qu'une de mes élèves se permet de me faire des réflexions, lorsque je ne m'exprime pas dans un français correct en me disant "Vous parlez bien la France monsieur !", son dossier fait partie des pires que j'ai pu lire jusqu'à présent. Je pense lui en toucher 2 mots.
         J'ai presque envie de dire, que si il y a des fautes c'est bien, ça veut dire que le dossier a été complété. Tous les élèves ne prennent pas la peine de remplir intégralement leurs dossiers, il y en a même qui ne donne rien. C'est pratique pour la correction…
         Dans la partie journal de bord, où l’élève détaille son stage pour chaque jour, nous pouvons trouver un mot : "observation" ou "idem" comme l'élève a complété son tableau de bord pour la 1ère journée, il ne le fait pas pour les autres jours.
 
         Je passe à la partie plus comique, la soutenance de stage. Nous avons eu des élèves qui sont venus avec des photos de leurs stages. Mais pas n'importe quelles photos, ils ont fait leurs stages chez un vétérinaire. Et là, j'ai pu en voir quelques unes… d'une castration, avec les détails très sérieux de l'élève. Comme par exemple, le réveil du chat en plein milieu de l'opération avec ses miaulements de douleur. Aïe, aïe, aïe. J'avais mal pour lui !
         D'autres élèves parlent avec le jury qui est composé de 3 personnes (enseignant, personnel administratif, CPE, …) comme si ils étaient avec leurs potes. Quelques exemples, suite à diverses questions : "Comment as-tu trouvé ton stage ? Bah, y a pas d'exploit !" ou encore "Comment as-tu obtenu ce stage ? Ces mes parents qui m'ont rencardé.". Il faut également les voir, vautrés sur leurs chaises, mains dans les poches, chewing-gum…
 
         Ne croyez pas que nous avons rigolé durant tous les oraux. Il y a eu un élève en particulier qui a été un crève cœur. Il est venu sans rapport de stage, il a fait un oral de 1 min alors qu'il fallait tenir 10 min. Il n'avait rien à dire, c'est un élève qui est en échec scolaire, il est peu probable qu'il obtienne une orientation après sa 3ème.
         J'ai eu l'impression qu'il est venu à l'oral pour chercher de l'aide. Mais que pouvons-nous faire pour lui ? Il est difficile pour moi de voir la réalité en face pour des élèves de ce genre, ça vous fait mal. C'est vrai qu'il n'a pas fait beaucoup d'efforts, mais il est venu… Pourquoi ???
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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 07:45
         Nous disposons d'un parking pour nos véhicules. Ce parking est à l'image du collège, il est donc clôturé avec une grille de 2m50 (V.Le collège), la grille pour l'entrée des voitures ainsi que le portillon qui donne dans la cour s'ouvre avec une clef, il y a également une caméra pour surveiller le tout.
         Mais cela ne suffit pas, car il y a de temps à autre (de manière rarissime) des soucis sur les véhicules des enseignants, impacts de cailloux, et même voiture incendiée (ceci est arrivé une fois, la voiture était restée la nuit) ! Car si les personnes extérieures ne peuvent s'introduire dans le parking, ils peuvent envoyer des objets en tout genre.
         Eh oui, vous l'aurez compris l'enseignant part sereinement au travail en laissant sa voiture dans un abri "anti-banlieue" inefficace. Donc toute la journée, l'enseignant se demande "Dans quel état vais-je retrouver mon véhicule ?" en plus de la question "Vais-je ressortir indemne du cours ?".
         Dernière idée trouvée pour solutionner ces problèmes, installer un filet de protection au dessus du parking à partir de la grille de 2m50 je vous le rappelle.
 
         Je transmets maintenant le problème du parking à nos salles de cours, de la voiture à l'enseignant plus exactement.
 
         Dans quelques années, les enseignants feront cours avec une vitre blindée qui séparera l'espace vital de l'enseignant (le bureau et le tableau) de celui des élèves (tables et chaises). Ainsi, nous serons préservés de la jungle urbaine, à l'image des caisses de station essence, des guichets RATP, des guichets de la poste… Cette zone de protection sera notre seul salut, car oui, nous sommes une espèce menacée.
 
         Il est vrai que c'est une vision un peu noire de notre futur mais tellement réaliste… Nous avons déjà gravi une marche dans cet amoncellement de violence. Pour preuve, le principal du collège peut demander si il le souhaite une présence policière dans son établissement. Actuellement, je ne connais pas d'établissement dans ce cas, mais jusqu'à quand, cela restera ainsi…
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 07:30
         Lors d'un cours, j'envoie un élève au tableau pour corriger un exercice. En attendant j'aide un autre élève qui a des difficultés, je suis dos au tableau. Je m'aperçois que l'élève qui devait corriger l'exercice au tableau est juste derrière moi. Par l'entrebâillure de mon bras j'arrive à voir qu'il est derrière moi entrain de "mimer l'acte sexuel sur moi". Bien évidemment ça fait rire toute la classe.
         Je me retourne promptement, et le saisi par le bras. Etant excédé, je le secoue comme un poirier, en lui demandant ce qu'il faisait juste dans mon dos. Mais l'élève nie en bloc, et il commence même à me renvoyer balader, comme quoi je ne dois pas le toucher et patati et patata, la sérénade habituelle.
         Il commence sérieusement à m'énerver, je lui mets une bonne tape sur la tête histoire de me soulager. Enfin pas complètement car j'aurais préféré lui mettre une vraie bonne baffe. Vous savez, une baffe qui laisse la belle trace rouge sur la joue.
 
         L'élève en rajoute et persiste à nier qu'il n'a rien fait. Je lui explique clairement ce que j'ai vu, c'est-à-dire qu'il mimait l'acte sexuel sur moi. Et là il prend son air étonné et enchaîne en expliquant que je suis un menteur que je n'ai rien vu…etc.… Comme ci cela ne suffisait pas, plusieurs élèves de la classe prennent le parti de l'élève bien sûre.
         La sonnerie ne va pas tarder, je ne peux pas l'exclure, je le prends donc par le bras, et le ramène à sa place. Et j'aurai un rapport disciplinaire supplémentaire à mon actif.
 
         Depuis, j'ai réfléchi sur le déroulement de cette histoire, et je sais comment je réagirai la prochaine fois (ou du moins j'essayerai) qu'un élève se tiendra juste derrière moi entrain de faire le pitre.
         Je me retournerai rapidement en prenant soin de mettre mon coude en avant, pour bien jouer la comédie à l'image de ces élèves, ça paraîtra réaliste. Avec un peu de chance le coude arrivera sur le nez de l'élève…bingo.
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 09:24
         La reconnaissance du métier d'enseignant, oui mais laquelle ?
         Lorsqu'une personne me demande ma profession, j'ai presque honte, comme si mon métier était inavouable. Pourtant, je fais un métier connu, mais pas de manière positive, car je suis prof. Un métier connu et méconnu, envié et dédaigné, aimé et jalousé, une chose est sûre, il suscite la controverse.
         Pourquoi, lorsqu'on me demande ma profession, je suis inquiet et sur la défensive. J'ai peur de recevoir de multiples critiques, et de devoir me justifier en public sur les avantages de ma profession. Une image négative colle à la peau des fonctionnaires.
         Oui, il est vrai que les enseignants ont 16 semaines de vacances annuelles, ainsi que 18 heures de cours par semaine, ce qui ne veut pas dire 18h de travail hebdomadaire, il faut ajouter la préparation des cours (documentation, prise de connaissance du programme, travail sur informatique, photocopies,…) (VI.La chasse aux cours.), les corrections des contrôles, les réunions en tous genres (pédagogique, parents professeurs, conseil d'administration, projet d'établissement, conseils de classe, pré-conseil, DHG…). Cela reste un avantage, car les enseignants peuvent planifier au mieux le travail à faire chez eux.
         Voilà, vous venez de le voir, les enseignants jouissent de 2 avantages certes importants, mais uniques.
 
         Pour niveler le tout, il y a de nombreux inconvénients que les gens ne connaissent pas, contrairement aux avantages.
         Et les inconvénients du métier sont multiples : élèves difficiles, élèves soutenus par les parents, mutation en région parisienne durant un temps illimité, remplaçant durant plusieurs années (ce qui implique entre autre de ne pas connaître son lieu de travail pour l'année suivante), peu ou pas de moyen (2 ordinateurs pour les professeurs d'un établissement entier avec une imprimante qui n'a pas d'encre, la photocopieuse qui tombe régulièrement en panne, les rétroprojecteurs avec la lampe grillée…), salaires, frais de transport pour les formations à la charge de l'enseignant, éventuellement faire cours dans une autre matière que la sienne…
 
         En plus, ayant travaillé quelques temps dans le privé, je sais que plusieurs entreprises ont des avantages parfois colossaux.
 
         Je parle en connaissance de cause, mon salaire (sans prendre en compte les primes) a subi une division par 2 en entrant dans l'éducation nationale, pourtant je ne travaille pas 2 fois moins et c'est loin d'être 2 fois plus simple.
         Même chose pour les vacances, dans le privé il y a 5 semaines de congés payés, mais il ne faut pas oublier les RTT et les récupérations des heures supplémentaires à gogo. A l'époque j'arrivais à 12 semaines de vacances annuelles.
         Et les primes, les fameuses primes, les employés attendaient toute l'année pour connaître le montant de celles-ci, comme la parole divine. Il faut dire qu'elles étaient monstrueuses, elles atteignaient des sommets. Pour un employé "standard", c'était du 7000 ou 8000 €. Alors imaginez les primes que peuvent avoir les cadres. Ça n'arrondit pas la fin du mois, mais plutôt l'année…
         Je ne pense pas avoir été un cas rarissime, surtout lorsque j'entends parler certaines de mes connaissances.
         Seulement les gens ne font pas l'effort de calculer, combien ont-ils eu de vacances cette année ou combien ont-ils touché en plus de leurs salaires…
         J'ai fait ce choix pour diverses raisons (non pas uniquement par rapport aux vacances comme le prétende les mauvaises langues), il m'est personnel et propre.
 
         Je demande seulement aux personnes extérieures à l'éducation nationale d'analyser la situation. Les enseignants n'ont pas de comité d'entreprise, pas de 13ème mois, pas de primes, pas de surprimes, pas d'actions en bourse bradées…
         Il est vrai que ces avantages ne concernent pas toutes les entreprises, je pense notamment aux petites entreprises, dont certaines "exploitent" leurs employés, avec les 5 semaines de vacances (pas toujours complètes), sans prime, sans 13ème mois, et le tout payé au SMIC, au centime près bien sûr, sans oublier les heures supplémentaires non payées.
         Ça fait partie également de la réalité.
 
         Pour toutes les personnes qui continuent sans cesse de critiquer les enseignants, je leurs dirai simplement que le métier d'enseignant est ouvert à tous, il suffit de passer le concours. Et ce concours ne s'obtient pas par relation ou par coup de piston, contrairement à certains postes…
 
         En écrivant ceci, je ne me plains pas, je tente simplement d'éclaircir la vision des personnes étrangères au métier en écrivant ce constat. Tout travail a des avantages et des inconvénients, ce qui contribue à la spécificité du métier. Pour critiquer les avantages d'un métier, il est utile de connaître les inconvénients…
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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 14:24
         Le cours débute avec une classe, les élèves sont debout, je leur demande de s'asseoir. Mais un groupe reste formé et il est en position debout, je les invite à nouveau à s'asseoir, mais rien n’y fait. Je m'avance, et constate qu'ils sont entrain de lire une feuille, je la prends pour interrompre cette réunion sauvage et leur réitère ma demande.
         Un élève sort du groupe et se positionne juste devant moi pour m'intimider. Je précise que la feuille lui appartient. Il se montre particulièrement agressif et même menaçant. Il est à quelques centimètres de mon nez pour ne pas dire millimètre et me crie dessus en me disant "redonnez moi cette feuille, elle n'est pas à vous, vous n'avez pas à faire ça…" J'ai bien cru qu'il allait m'en coller une ou même me mettre un coup de boule.
 
         J'ai eu l'impression de me faire gronder (le mot est un peu faible) par un de mes élèves, comme si j'avais fait quelque chose de mal. Les rôles sont inversés, c'est le professeur qui est coupable aux yeux des élèves et jamais l'inverse.
 
         Tout en continuant à me crier dessus, d'un mouvement vif, il m'arrache la feuille des mains que j'avais mis dans mon dos et il part à sa place. Je le poursuis, le retiens fermement par le bras et lui reprend la feuille. Je déchire immédiatement cette feuille et la met dans la poubelle pour couper court au problème.
         J'ai exclu l'élève et j'ai dû réaliser un nouveau rapport disciplinaire, un de plus.
         Cette feuille était en fait une autorisation de sortie pour la journée même que l'élève n'avait pas remplie. Résultat, il n'est pas sorti.
         Nous n'étions vraiment pas loin d'un dérapage incontrôlé…
 

         Mieux vaut avoir un mental à toute épreuve.

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 13:02
         La confiscation est une méthode qui fonctionne bien sur les élèves. Lorsque l'élève fait quelque chose qui ne devrait pas avec un objet, je le confisque. J'ai même un tiroir dédié exclusivement à cette cause. Ce tiroir est une vraie caverne d'Ali baba.
 
         Que trouves-t-on à l'intérieur ?
         Eh bien pleins d'objets en tous genres : bonnet, casquette (sale), écharpe, gant, parfum (qui pue), miroir, bague (bling bling, c'est-à-dire une bague énorme qui brille), téléphone portable (new génération), livre, petit mot (que je lis dès la sortie des élèves, on s'occupe comme on peut), règle, ciseaux… Et le week-end je fais les brocantes !
 
         Mais pourquoi prendre ces objets ?
         Les bonnets, casquettes, écharpes, gants sont confisqués si l'élève refuse de l'enlever en cours.
         Pour le miroir et le parfum, je ne pense pas que la classe soit un lieu d'utilisation pour ce genre de chose. En plus pour le parfum, ce n'était pas vraiment discret, il a empesté toute la classe, nous avons dû ouvrir les fenêtres pour aérer et enfin respirer. Il avait une odeur particulièrement forte et ignoble.
         Concernant la bague, les élèves étaient plus intéressés par la bague que par mon cours, je l'ai donc soustraite à son propriétaire. C'est un peu la même chose pour le portable.
         Une élève lisait un livre à la place de m'écouter, ça fait toujours plaisir.
         Les petits mots ne nécessitent pas d'explications je suppose.
         Un élève faisait volontairement du bruit avec sa règle et refusait de s'arrêter.
         Pour les ciseaux c'est un peu particulier. L'élève c'était amusé à couper les poils de la capuche de sa camarade de devant.
 
         Pour tous ces objets, je les introduis dans mon tiroir fourre tout. Je les rends à la demande du propriétaire à la fin de l'heure, si ce n'est pas grave et qu'il c'est bien comporté. Pour les autres il faut attendre le prochain cours et être sage l'intégralité de l'heure. C'est ainsi que j'ai gardé un bonnet durant 1 mois.

         Le seul problème, c'est qu'il faut se rappeler à qui appartient quoi. Et toujours garder un œil sur le tiroir, il ne faudrait pas qu'un élève vol un objet à l'intérieur, je serais bien ennuyé !

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 09:17
         Dès fois, il m'arrive de croire qu'il y a une caméra cachée dans ma salle de cours, c'est tellement énorme.
         Je m'explique. Donc, tous mes élèves d'une 3ème étaient là, puis j’en vois un qui mâche un chewing-gum comme c’est souvent le cas, jusque là rien d'anormal. Je lui demande de mettre son chewing-gum à la poubelle, il me répond, "attendez, j'vais prendre un morceau d'papier pour l'mettre à la poubelle, pour pas qui colle dedans". C'était une intention plutôt positive, que je salue. Comme ceci, les chewing-gums ne collent pas aux parois de la poubelle lorsque nous la vidons.
         Mais la suite se gâte quelque peu. L'élève ouvre son classeur et déchire une feuille devant mon nez pour en récupérer un bout où il colle son chewing-gum à l'intérieur. Le seul problème c'est que la feuille en question était l'un de mes cours… Je le fais remarquer à l'élève, et lui précise qu'il serait mieux de prendre une feuille de brouillon pour mettre son chewing-gum. Evidemment la classe part en "sucette", les élèves sont morts de rire (mdr en langage jeun's).
         L'élève ne là probablement pas fait exprès, ce n'était pas de la provocation. Mais ce geste traduit l'importance relative des cours face aux élèves…mes cours servent à ne pas salir la poubelle, ils servent à quelque chose au moins !
 
         Vous pensez que ceci c'est arrêté là, non pas du tout.
 
         Un peu plus tard, les élèves avaient besoin d'une règle pour travailler. Evidemment il n'y avait que quelques élèves qui en possédaient une, 7 ou 8, maximum.
         J'ai donc fait les fonds de tiroir de mon bureau, où j'ai sorti 5 règles, tel un trésor vis-à-vis de ma classe de 3ème.
         Car c'est au professeur de fournir le matériel dont les élèves ont besoin à mon collège. J'ai prêté les règles à quelques élèves dont celui du chewing-gum, le fameux "winner".
         A la fin du cours, j'ai ramassé les règles, richesse importante puisque rarissime, car elles me serviront encore longtemps.
         Mon "winner" était retourné et demandait du scotch à tous les élèves autour de lui. Bien évidemment aucun d'entre eux ne possédaient cette denrée. Je lui dis "pourquoi tu as besoin de scotch ? Tu n'en as pas besoin, redonnes moi la règle plutôt".
         L'élève m'a regardé avec son air attristé, comme si il avait fait une bêtise, il cachait quelque chose dans ses mains. Je réitère ma question, il ouvre ses mains et me donne ma règle… mais en 2 morceaux ! Je suis en colère, car cet élève a fait 2 gaffes durant mon cours, mais une sensation de franche rigolade vient se mélanger en moi tellement c'est grotesque, en plus les élèves de la classe sont une fois de plus morts de rire.
         En fait, l'élève voulait du scotch pour réparer ma règle. Le point positif, c'est que j'ai 2 règles au lieu d'une seule maintenant !
         J'ai des élèves, brillants, sérieux (très rare), absentéismes, bavards… mais là, vous venez de découvrir mon champion du monde toute catégorie.

         Ces 2 événements du cours ont ressemblé à une caméra cachée ou à un sketch.

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 14:33
         Il m'arrive de garder les élèves après la sonnerie si je suis pris par le temps, pour leur parler d'une dernière chose concernant le cours ou mettre les chaises sur les tables et faciliter ainsi le travail du personnel d'entretien.
         Mais il y a toujours des élèves qui se sauvent de la classe sans mon autorisation. Et cela m'énerve terriblement. Si si, c'est vrai, ils s'enfuient.
         J'ai donc remédié à ce problème. Dans un 1er temps, je me suis positionné devant la porte, pour bloquer la sortie des élèves qui refusaient de rester dans la classe. Cette solution était inefficace, puisque je me faisais bousculer par les élèves, pour libérer ainsi la sortie. N'oubliez pas que certaines de mes classes sont proches de 30 élèves. Le 1 contre 30 n'est pas vraiment équitable. Il est vrai que ça fait de bons entraînements de rugby. 
 
         Actuellement, j'expérimente une 2nde solution, pour supprimer la bousculade devant la porte. Lorsque la sonnerie retentit et que je dois encore garder les élèves quelques minutes, soit pour finir mon explication ou pour que TOUTES les chaises soient sur les tables, je ferme la porte à clef et je mets la clef dans ma poche. Voilà à quoi j'en suis réduit. Forcément les élèves se rebellent (comme d'habitude) en me disant "vous n'avez pas le droit", "c'est interdit", "on veut sortir", "on a faim", "on va se plaindre au principal" … Mais au moins ils restent dans ma salle (c'est vrai qu'ils n'ont pas vraiment le choix). Quelle idée de vouloir garder ces abru… plus longtemps que prévu, comme s'ils me manquaient… Suis-je un idiot, pour souhaiter souffrir à ce point ? (Évitez de me répondre oui dans les commentaires de cet article)
         Une journée, il va bien y avoir un élève qui m'arrachera la clef des mains ou qui me frappera pour la récupérer. Il va falloir que je me prépare en faisant un peu de muscu…
 
         Enfin, cela aboutira probablement à la 3ème et dernière solution qui consiste à ne rien faire et à ne rien dire après la sonnerie. Les élèves partiront en traînant les chaises avec eux, déplaçant les tables sur leur passage, en courant pour arriver les premiers dans la cour et en hurlant dans le couloir, comme ils faisaient au début de l'année.

         Quand je vous disais que c'étaient de véritables fauves.

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 10:44
         Si il y a bien une chose qui m'exaspère par-dessus tout, ce sont les badauds qui vous donnent de multiples conseils sur votre métier.
         Certains me conseillent pour la préparation de mes cours, la correction de mes contrôles, ce que doit comporter mon cours, comment avoir l'autorité en classe… en clair ils m'expliquent comment je dois travailler. Bien entendu ils ne sont pas professeur dans ma matière, et encore moins enseignant et n'ont jamais eu une quelconque expérience dans ce milieu. Ils ne connaissent pas du tout le contexte dans lequel je travaille, mais bon ils imaginent… très mal par ailleurs.
         Ils ont une opinion bien tranchée sur ma matière et se permettent de me décrire comment je dois travailler. Lorsqu'ils me parlent, je hoche la tête pour confirmer leurs dires, avec un petit sourire en coin qui en dit long, pour éviter tout dérapage verbal que je pourrais éventuellement regretter.
         Mais il y a pire, il n'y a pas QUE des badauds, certaines personnes peuvent faire parties de votre famille ou de vos amis !
         Je précise que je ne suis pas contre les remarques, mais celles-ci se doivent d'être constructives et non destructrices…bonne réflexion à vous.
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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 13:44
         Ah le sujet qui fâche…he bien si, je vais aborder ce sujet, et expliquer ce que j'ai sur le cœur.
         Concernant ma discipline au collège, nous sommes au nombre de 4 enseignants. Le problème est que nous sommes plus souvent 2 que 4…
         Je n'aime pas casser du sucre sur le dos des différentes personnes et encore moins sur mes collègues, mais là ça m'énerve quelque peu.
         Car mes 2 collègues sont régulièrement en arrêt maladie, par simple fainéantise. D'ailleurs ils le disent volontiers, ils "se mettent" en arrêt maladie dès qu'ils le souhaitent. Ils ne sont même pas présents la moitié du temps pour les cours (ils y sont autorisé grâce aux arrêts maladie), ne vont pas aux conseils de classe et encore moins aux réunions annexes (parents profs, DHG, pré-conseil, projet d'établissement, remplacement de la journée de pentecôte…), alors qu'ils ne sont mêmes pas en arrêt maladie, donc aucune excuse valable. Et ils nous répètent sans cesse, "si le principal vient m'emmerder, je me fous en arrêt". Quelle moralité ? Et le pire, c'est que le principal constate qu'ils ne sont pas présents aux multiples réunions, les laisse tranquille.
 
         Lorsqu'il y a eu les jours de grève interne au collège, mes 2 collègues sont subitement tombés malades… probablement pour éviter de perdre une journée de salaire tout en gardant une image positive auprès des collègues (enfin pas pour moi).
 
         A chaque fois que je les vois, je suis énervé, je pense à notre (les professeurs) image vis-à-vis du public. Je me dis que ce genre d'individu nous pénalise à longueur d'année.
         La journée où vous serez vous-même en arrêt maladie, vous vous préoccuperez de la pensée de votre voisinage. Comme vous êtes enseignant, de nombreuses personnes penseront que vous avez un poil dans la main, c'est peut être même déjà le cas.
         C'est une minorité d'enseignants, mais l'opinion générale voit un peu trop ces enseignants parasites, et oublie tous les autres qui rament comme des galériens.

         La réalité est occultée par ce genre d'individus, alors je vous en conjure, ouvrez les yeux pour discerner également les enseignants qui valorisent ce métier.

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Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)

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Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

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XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.