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XIII. L'exemple des profs !

29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 12:07

           Les élèves adorent vanner, surtout lorsqu'il s'agit de leurs professeurs.

          Pour ceux qui ne connaissent pas la définition de vanner, voici quelques explications : Vanner, consiste à rigoler d'une personne en l'attaquant directement, le synonyme de vanner est casser.
 
Eglise-St-Etienne-du-Mont.JPG         Comme je l'expliquais, les élèves aiment vanner, et casser leurs enseignants. D'ailleurs ce sont des champions incontestés de la répartie. Donc lorsque vous vous défendez sur ce terrain, mieux vaut être bien armé.
         Car si un élève vous casse, il vous ridiculise devant toute la classe, par contre si vous réussissez à lui retourner le cassage à la méthode "Brice de Nice", alors là vous gagnerez des points d'autorité permanente sur la classe.
         L'élève que vous aurez à votre tour cassé devant toute la classe, et donc ridiculisé devant ses camarades, se calmera pour la totalité de votre cours, voire même les cours suivants.
 
         Voici quelques exemples de cassage, prof ou élève confondus :
 
         Une élève me voie et me demande "Vous avez la varicelle, Monsieur ?". Il faut croire que j'avais exceptionnellement (j'insiste sur le exceptionnel) la gueule ravagée !
 
         J'écris au tableau lorsque j'entends "Ola, on dirait mon petit frère qui écrit ! Vous ne savez pas écrire messieurs ?". C'est vrai que je n'écris pas très bien au tableau, mais de là à me faire une réflexion comme celle-ci …
 
         Une élève ne prend pas mon cours, je lui demande "Quand comptes-tu prendre le cours ?", elle me répond "Lorsque le cours sera intéressant !". Il y a des moments où il faut savoir se retenir …
 
         Un élève regarde mes pieds et me dit en rigolant "C'est quoi ces chaussures ?". Visiblement il n'aimait pas mes chaussures. Je lui réponds "Nous ferions mieux de parler de ton pantalon !".
 
         Un élève reprend une chanson connu devant moi et chante les paroles suivantes "La vérité c'est que les blancs savent pas danser, …" Je rétorque aussitôt "La vérité c'est qu'il y en a qui ne savent pas chanter."
 

         Maintenant, il faut bien comprendre que c'est normal pour l'élève de casser ses enseignants, car au final il ne risque quasiment rien. Par contre pour vous, il est dangereux de vanner un élève. Car cela peut rapidement remonter (de manière déformée) aux parents qui à leur tour remontent l'information au principal, et comme celui-ci ne soutien pas franchement ses enseignants … vous obtiendrez une ravissante moral infantilisante.

Photo : Eglise St Etienne du Mont, Paris.

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 10:45
         Dernièrement, j'ai eu vent d'informations qui m'ont surpris, de par leurs absurdités extrêmement grossières. C'est même pénible de savoir que ça existe des choses pareilles.
         Ce sujet est en relation direct avec un organisme qui se nomme le GRETA, le GRETA étant un GRoupement d'ETAblissements publics d'enseignement qui fédère leurs ressources humaines, locaux et matérielles pour organiser des actions de formation continue pour adultes.
 
         Où se situe cette aberration ?
         Il se trouve que le GRETA possède une enveloppe pour payer les intervenants qui assurent des formations aux adultes. Les intervenants en questions sont de l'ordre privé ou public. Les formateurs venant du public sont généralement des enseignants. Jusque là rien d'anormal.
         Ces enseignants sont donc payés comme il se doit au même titre que les personnes du privé pour effectuer ces formations auprès du GRETA.
         Un élément important pour la suite de ce sujet, ces heures sont obligatoirement payées par le GRETA directement au formateur sans passer par le rectorat. Donc, si le formateur est un enseignant, il est payé en heures supplémentaires.
         Mais parmi ces enseignants nous trouvons des profs sans emplois, comme j'en ai déjà parlé (LVIII.Profession : Prof sans emploi !), autrement dit, un enseignant payé à ne rien faire, qui effectue des heures supplémentaires PAYÉES en plus de son emploi du temps VIDE.
         C'est outrageant de constater des énormités comme celles-ci. Et après, nous travaillons tous les jours avec des moyens qui nous font défauts par fautes de budget suffisant, personnellement des économies à réaliser j'en vois partout. D'ailleurs ce ne sont même pas des économies proprement dit, mais simplement de la chasse au gaspillage !
 
         Il existe peut être la même chose avec des salariés du privé …
 
         Cet enseignant cumul deux aberrations sur lui-même, celle de ne pas avoir d'élève avec un emploi du temps vierge, et celle de travailler en dehors de son établissement et de percevoir à ce titre des heures supplémentaires !!!
         Maintenant, je ne le mets pas en cause, loin de là. Car à sa place, je serais bien content de pouvoir enfin me sentir utile en travaillant "un peu", car comme je le disais sur un précédent sujet, être payé à ne rien faire durant une année complète, reste difficile moralement. C'est une exclusion sociale !
 
         Qui est fautif à mon avis, puisque l'enseignant ne l'est pas à mes yeux ?
         Et bien c'est l'Éducation Nationale elle-même. Car, c'est comme si elle payait un enseignant à deux reprises pour un seul et unique travail ! Pourquoi le rectorat n'effectuerait pas une décharge sur cet enseignant pour qu'il le "prête gratuitement" au GRETA, sachant qu'il est déjà payé une 1ère fois ? Ça doit être trop compliqué pour eux à gérer … incompétent vous dites … non, je n'oserais pas traiter le rectorat, voire même le ministère de cette manière …
 

         Remarquez, il s'agit peut être du fameux principe travailler plus pour gagner plus !
Concorde-03.JPG

Photo : La Concorde, Paris.

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 09:02

         La cantine c'est toute une histoire. Plus le collège est difficile est plus la cantine à mauvaise réputation et moins il y a d'élèves inscrits à celle-ci. Ce n'est peut être que ma 3ème rentrée, mais j'ai déjà mangé dans 5 établissements différents à plusieurs reprises.

 
         Et franchement dans le collège où je suis cette année, la nourriture servie n'est pas bonne, et comme si ça ne suffisait pas, nous ressortons de table en ayant encore faim. Certains de mes collègues se gavent de pain, car celui-ci est en libre service (dans d'autres établissements, le pain est "rationné").
         La nourriture nous est servie directement dans notre assiette via un plat en plastique qui a été réchauffé sur place. Question présentation, ce n'est pas vraiment au point.
         En ce qui concerne la congélation des aliments, la temporisation n'est pas finement programmée. Car certains de nos desserts sont en partie congelé, au sens littéral du mot lorsqu'ils atterrissent dans notre plateau. Et je précise que ces desserts encore congelés ne sont pas des glaces. Bon appétit bien sûr !
 
         Actuellement, il y a 10% de la totalité des élèves qui est inscrit à la cantine. C'est un pourcentage extrêmement faible par rapport à la norme de l'ensemble des établissements. Et il en va de même pour les enseignants, je n'ai pas les chiffres officiels les concernant, contrairement aux élèves. Mais j'estime, qu'un tiers des enseignants mange à la cantine, un 2ème tiers mange dans le collège avec leurs gamelles, principalement dans la salle des profs, même si un ou deux mangent directement dans leurs salles de cours ! Ils réchauffent éventuellement leurs plats préparés la veille au micro ondes mis à disposition. Et le dernier tiers qui lui ne mange pas au collège, soit les collègues mangent chez eux ou vont manger à l'extérieur.
 
         Je suis persuadé que les élèves (déjà difficile pour ce qui concerne l'alimentation) sortent de table eux aussi en ayant faim. Comment restés attentifs en cours, si on ne se nourrit pas convenablement ?
 
         Le problème c'est que la cantine n'est pas uniquement un lieu de restauration, c'est aussi un lieu d'échange et de dialogue intensif pour les enseignants, les CPE, les infirmières, les agents et les surveillants.
         Comme il n'y a qu'une minorité d'adulte qui mange au même endroit, le dialogue n'est pas favorable. La communication voire l'ambiance entre collègue manque de fluidité. L'année dernière, nous avions tous hâtes d'aller manger pour pouvoir nous parler, nous détresser en racontant nos mésaventures de la matinée. Maintenant, ceci ce fait toujours mais à un degré moindre.
 
         Je pense qu'entre collègues, nous manquons de relationnel, nous nous connaissons moins bien et tout ceci est dû en grosse partie à la restauration. Ceci n'engage que moi, et ce n'est que mon avis.
         Une bonne cantine permet d'attirer plus de monde, et donc de réunir davantage de collègues et ainsi augmenter les échanges, nous rapprocher et nous serrer les coudes entre collègues, bref une meilleure cohabitation.
Concorde-02.JPG

Photo : Le jardin des Tuileries, Paris.
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 09:15

         Lors du déclenchement de l'alarme incendie pour effectuer l'exercice, il y a quelques adultes parsemés entre les nombreux couloirs et cages d'escaliers ainsi que la cour. Mais ces adultes sont évidemment en nombre insuffisants pour un exercice de cette envergure.

         Le principal attend au beau milieu de l'enfer, euh pardon je voulais dire la cour. Car toute anomalie doit lui être remontée, par exemple les élèves disparus au cours de l'évacuation des locaux. Evidemment, vous n'allez pas lui signaler qu'il vous manque 10 élèves sur 15. Donc vous essayez de tous les comptabiliser à travers la zone de guérilla.
         Machin est à 50 mètres là bas : OK
         Bidule est entrain de frapper un autre élève : OK
         Truc balance un caillou sur un élève : OK
         …
 
         Comme ceci jusqu'à obtenir les 10 élèves manquant de votre liste d'appel !
         Lorsque tout le monde a bien abandonné les locaux, l'exercice prend fin.
 
         J'imagine la journée d'un véritable incendie. Les pompiers arrivent et demande en 1er lieu au chef d'établissement "Combien reste-t-il d'individus dans le bâtiment ?". Et le principal fort embarrassé par la question, se demande quoi répondre. Il pourrait répondre "Un certain nombre", ou encore "attendait 15 min, nous devons lancer le comptage". C'est probablement la réponse la plus précise et la plus viable qu'il serait capable de fournir !
 
         Comment réagiraient les pompiers face à ce genre de situation ? Je ne vois que deux solutions envisageables :
                                             - Penser que tous les élèves ont réussi à évacuer les lieux, et se concentrer à éteindre l'incendie sans porter secours aux éventuelles victimes se trouvant à l'intérieur.
                                             - Se dire qu'il reste probablement des élèves dans le bâtiment et intervenir dans les locaux, et risquer ainsi la vie des pompiers.
 
         Je ne sais pas qu'elle est la meilleure solution ! 

         Vous aurez donc tous compris que le fonctionnement est parfaitement viable !
Eglise-de-La-Madeleine.JPG

Photo : Eglise de La Madeleine, Paris.

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 08:27

         Dans la cour règne le chaos le plus complet. Des élèves courent dans tous les sens, les enseignants, les surveillants, les CPE et les principaux n'arrivent pas à garder leurs autorités au sein de la cour, car il s'agit du territoire des élèves. Nous sommes en terrain ennemi et à découvert en plus. Les élèves sont tous réunis au même endroit de la cour.

Concorde-01.JPG         Ça s'agite, cela coure, cela se frappe, cela lance des objets, cela s'insulte, cela se menace, cela rigole, …, c'est l'anarchie la plus complète, une zone sinistrée en quelque sorte. Et nous, nous sommes les casques bleus !
         En traversant la cour, il faut faire attention à soi, car plusieurs élèves courent à toute vitesse, sans regarder devant eux, il faut les éviter, ainsi que les quelques objets qui volent ! Eh oui, la cour est également une zone minée !
         J'aperçois un peu plus loin un élève de ma classe de SEGPA que j'avais perdu, je vais vers lui et je lui demande de venir se mettre en rang derrière moi, mais rien, il continue sa course poursuite en me regardant avec le sourire.
         Maintenant je dois comptabiliser les élèves pour vérifier qu'il ne m'en manque aucun. Actuellement sur mes 15 élèves j'en ai 5 devant moi, mais les autres … où sont-ils ? Donc j'observe les élèves entrain de courir n'importe où et tente de localiser les manquants. J'arrive à cet objectif après de longues minutes.
 
         Une collègue a rangé sa classe devant son emplacement qui se trouve à côté du mien, enfin je dis "sa classe", je ferais mieux de dire sa moitié de classe, car elle aussi a perdu la moitié de ses élèves en chemin …
         Nous passons le temps en discutant quelques minutes, puis le CPE nous prévient de la fin de l'exercice, je remonte dans ma salle, avec mes 5 élèves. Arrivé devant la porte de ma salle, j'attends quelques instants. Les 10 élèves que j'avais perdu réapparaissent au fur et à mesure.
         Forcément, je n'ai pas pu m'empêcher de leur faire la morale. J'ai commencé à leur poser une question tout en pensant les sensibiliser sur le sujet, "A quoi sert l'exercice incendie d'après vous ?", et évidemment, il y en a un qui m'a répondu "à aller en récréation". Je suis devenu rouge de colère, j'ai hurlé pour leur expliquer. J'étais tellement énervé que j'ai eu du mal à me contrôler, car je me disais "si c'était vrai" que se passerait-il ? Les élèves ont d'ailleurs compris mon état d'énervement, car il n'y a pas eu un seul élève qui a bavardé ou qui m'a coupé la parole contrairement à l'habitude.

         Enfin l'essentiel, c'est que je pense avoir réussi, ils ont compris à quoi servait un exercice incendie et l'importance que cela a, nous verrons bien lors du prochain exercice, si celui-ci tombe avec ma classe de SEGPA…

Photo : La Concorde, Paris.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 09:25

         Par descente aux enfers, j'entends descente dans la cour … oui, la cour est un enfer.

         C'est franchement ridicule, je suis persuadé que vous en rigolerez, car moi aussi j'en rigole, mais avec du recul, car lorsque je l'ai vécu, ça me prenait à la gorge.
 
         Les adultes de l'établissement sont prévenus de la date et l'heure de l'exercice incendie. Pour ma part c'est tombé au beau milieu de mon cours avec les SEGPA, quelle chance ! Avant même le retentissement de la sirène, j'appréhendais déjà ce moment précis.
         Je tenais un peu près ma classe lorsque le son de l'alarme incendie nous parvient. Aussitôt les élèves réagissent en se levant et ils me disent avec un grand sourire "M'sieurs faut aller dehors, y'a le feu". Mes élèves ont le sourire en coin, car ils se doutent bien que c'est un exercice, et ils ont hâte d'être dehors avec tous leurs camarades.
         Le temps qu'ils prennent leurs blousons, je m'active, à prendre la liste d'appel, mes clefs et mon blouson, tout en surveillant de près la porte, car les élèves sont prêts à courir dans les couloirs pour aller en récréation, … euh pardon, je voulais dire ils sont prêts à effectuer cet exercice.
 
         Je leurs dis "vous descendez calmement et en rang (on peut toujours rêver) dans la cour", mais dès le début de ma phrase après les mots "vous descendez …", plusieurs élèves ne m'écoutent plus, ils se balancent des injures et s'échangent des gifles entre eux et avec les camarades des autres classes, c'est une véritable course poursuite qu'ils se livrent dans les couloirs et l'escalier pour arriver le plus rapidement dans la cour.
         Je ferme rapidement la porte de ma salle à clef, et je les suis à mon tour en courant dans les couloirs et les escaliers, car je suis toujours responsable d'eux.

         J'arrive en bas de la cage d'escalier "légèrement" essoufflé. Je constate que j'ai déjà perdu une bonne dizaine d'élèves … Avec les 5 élèves qui me reste je me dirige vers l'emplacement qui est alloué à la classe que j'ai actuellement, c'est-à-dire mes SEGPA … Je traverse donc la cour, et je suis ébahi devant le phénomène qui se produit, je me sens oppressé, et mon cœur se met à palpiter plus rapidement que normalement. Le moment que je redoutais tant arrive…
Arc-de-Triomphe.JPG

Photo : L'Arc de Triomphe, Paris.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 12:58

         L'application de cette norme n'est pas simple à faire respecter dans l'enceinte du collège.

         Car à l'intérieur du collège comme dans n'importe quel autre établissement public ou privé, se trouve des extincteurs à des endroits précis ainsi que des déclencheurs manuels. Et comme vous l'avez probablement deviné, ces extincteurs ainsi que ces déclencheurs servent de jeux aux élèves lors des interclasses.
         Une fois un extincteur utilisé, même faiblement, celui-ci devrait être remplacé. Je dis "devrait", car forcément ils ne sont pas remplacés systématiquement, économie oblige ! Et puis de toute façon à quoi bon remplacer une chose qui sera réutilisé pour la simple joie des élèves dans les semaines à venir.
         Concernant les déclencheurs manuels, le problème est encore plus préoccupant à mon goût. Les élèves déclenchent très régulièrement (plusieurs fois par semaine) l'alarme incendie. Au déclenchement de celle-ci les portes se rabattent et l'alarme devrait se déclencher. Résultat, il faut remettre toutes les portes correctement. Concernant l'alarme, je dis "devrait" une fois de plus, car celle-ci n'est pas reliée directement à la sirène. Donc, lorsqu'un élève actionne l'alarme, il n'y a QUE les portes qui se referment.
 
         Mais alors comment faire lorsqu'il y a réellement un incendie ? Il faut simplement courir à l'accueil pour avertir la gardienne, qui déclenche à son tour la véritable alarme, qui cette fois-ci est reliée directement à la sonnerie.
         Imaginez bien, que si vous vous trouvez au dernier étage à l'autre bout du collège, il faudra mieux courir vite, pour traverser les couloirs, ouvrir chaque battant de portes incendies, descendre la cage d'escalier quatre à quatre, traverser toute la cour et entrer à l'accueil. J'espère que cette journée là, la gardienne sera bien à son bureau et non pas au toilette ou au secrétariat ou autre.

         Bref, nous avons tout le temps de cramer à l'intérieur du bâtiment !
Tour-Eiffel.JPG

Photo : La Tour Eiffel, Paris.

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 07:17

         Comme la très large majorité de mes collègues, j'ai souscrit en tant qu'enseignant à une assurance complémentaire. Et honnêtement je n'en suis pas fier.

 
         Le dépliant de l'assurance annonce la couleur dès la 1ère page, je site : "Aujourd'hui, votre journée se termine bien, mais demain ?", cela est écrit en gros en plein milieu de leur 1er volet.
 
         De plus, l'assurance en question est claire, nous pouvons y lire :
 
                                             - L'assurance prend en charge la protection des adhérents dans les domaines assurables (Responsabilité civile – Défense, accidents professionnels …) et non assurables (insultes, menaces, diffamations, accusations …). Il s'agit du quotidien, et je ne crois pas que les enseignants font appel à l'assurance lors de la 1ère insulte ou même menace, cela est plus utile lors d'agression physique, même si ce n'est pas précisé dans leur bulletin d'adhésion.
                                             - Garantie contre les conséquences pécuniaires de la responsabilité que notre adhérent peut encourir par la suite d'une faute personnelle ayant causé un dommage à un tiers. Comprenez, si l'enseignant en a ras le bol et qu'il gifle un élève par exemple.
 
         Tout ceci n'est franchement pas réjouissant, se sentir obligé de prendre une assurance pour être protégé (ou plutôt soutenir) APRES avoir eu le problème.
         Pourquoi ai-je pris cette assurance ? Tout simplement parce que je ne me sens pas toujours à l'abri au sein du collège ou même dans ma salle de cours. Et je ne suis pas le seul enseignant dans ce cas. De ce fait, je pense qu'un jour ou l'autre, j'aurai besoin de cette assurance.

         Se sentir obligé de prendre une assurance pour son travail, n'est ce pas le début de la fin ?
Sacr--e-Coeur-02.JPG

Photo : Le Sacré Coeur, Paris.

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 07:14

Sacr--e-coeur-01.JPG         Un enseignant a accepté de prendre en stage de 6 semaines un enseignant stagiaire (1ère année avant la titularisation) d'une académie voisine de la sienne, tout cela pour arranger l'IUFM et le stagiaire. Ce stage est relativement long et demande un investissement pour l'enseignant, de ce fait il est indemnisé, enfin n'ayez crainte cela ne doit pas être une somme colossale.

         Ce stage a été effectué il y a maintenant 1 an. L'enseignant qui n'a toujours rien obtenu sur sa feuille de paye, et qui n'a pas eu de nouvelle durant toute l'année scolaire en question vient de recevoir une lettre de l'IUFM de l'académie voisine.
         Cette lettre lui précise : "Nous sommes dans l'impossibilité de pouvoir vous rémunérer car votre établissement n'est pas dans notre académie et votre rectorat n'accepte pas la prise en charge financière de ces stages".
         Ceci démontre bien une fois de plus l'aberration de l'administration de l'Education Nationale.
         Personnellement je trouve que l'excuse est vite trouvée pour ne pas payer cet enseignant comme promis lors de l'accueil du stagiaire. Comme si l'IUFM ne savait pas que cela poserait problème avant d'envoyer son stagiaire…

         C'est une excuse comme une autre pour économiser un peu plus sur le dos des enseignants.

Photo : Le Panthéon, Paris.

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 07:10

         Cet après midi, je me trouvais dans le hall, où étaient présents 2 surveillants et quelques élèves exclus que je n'ai pas en cours. Un élève agité, dansait, chantait et s'amusait tout seul, pensant que je devais intervenir, car cet élève était exclu, donc il devrait théoriquement être moins content et encore moins s'amuser,    je lui dis : "Tu peux te calmer un peu.", l'élève répond : "C'est à moi que vous parlez ?" et s'esclaffe devant moi, comme pour me ridiculiser et me prouver que je n'ai aucun poids sur lui (ce qui est vrai).

 
         Un surveillant intervient puisque l'élève continuait à se foutre éperdument de moi et lui dit d'arrêter, ce qu'il fait.
 
         Je n'ai rien fait de plus, car quoi faire ? Lui faire la morale, c'est inutile, j'aggraverais la situation et se moquerait de moi de plus belle. Mettre une heure de retenue, mais c'est un élève que je n'ai pas, il me faudrait récupérer son carnet pour trouver une tranche horaire libre qui corresponde à mon emploi du temps, carnet qu'il n'a probablement pas. Faire un rapport, mais il ne m'a pas insulté ni menacé, même si ceci est scandaleux et ressemble à de la provocation, je ne peux pas faire grand-chose. Le rapport ne donnerait même pas un petit jour d'exclusion à l'élève. Autrement dit, le résultat du rapport ne rembourserait même pas l'encre que j'aurais mise sur le rapport.

         La crédibilité des enseignants est mise à rude épreuve. Car nous n'avons quasiment aucun moyen de pression et les élèves le savent bien.
Paris.JPG

Photos : Paris, Paris.

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Grand corps malade : Education Nationale.


Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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Les articles discutés :
XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.