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XIII. L'exemple des profs !

3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 09:19

         Et voici le summum de la hiérarchisation des "incivilités" dans l'établissement, le permis à point. Tout d'abord pourquoi a-t-il été mis en place ? Tout simplement parce que l'établissement croule sous le nombre de rapport disciplinaire, et il y a un souci d'uniformisation de la sanction pour que celle-ci soit équitable d'un élève à un autre ou d'un prof à un autre. Tout le monde loge à la même enseigne comme ceci, pour un même incident, une même sanction s'impose.

         Mais comment fonctionne ce système ? Il prend image sur le permis de conduire, car chaque élève de l'établissement possède son propre permis, avec un capital de 12 points. A chaque infraction il peut perdre plus ou moins de points selon la gravité de l'incident constaté. L'élève peut même perdre la totalité des points en une seule fois (mais pour arriver à ceci, il faut frapper un adulte de l'établissement et à plusieurs reprises de préférence).
 
         Bien évidemment, vue la charge de travail supplémentaire que cela occasionne, il a fallu mettre en place une commission du permis à point. Cette commission est composée de divers adultes de l'établissement comme les CPE, des agents et des enseignants.
 
         Durant cette commission qui fait plutôt figure de réunion hebdomadaire, ses membres traitent les rapports accumulés sur la semaine, et identifient chaque fait : injures, menaces, insolence, crachats, vols, bagarre, détérioration du matériel, jets d'objet sur un prof (un envoi d'objet dans la classe ne correspond pas à un fait suffisamment grave pour faire un rapport) … Et en fonction de ces différentes infractions, on attribue une perte de points correspondant selon un barème mit en place, ainsi qu'un nombre de jours d'exclusions si nécessaire et un blâme éventuel.
 
         Ceci me rappelle un sketch d'un humoriste connu, où il expliquait : "Si tu fais une conneries, tu peux te retrouver avec un avertissement. Et ça ne rigole pas, après 5 avertissements, tu obtiens un blâme. Si tu arrives à 5 Blâmes, tu peux avoir des problèmes par la suite …". Grosso modo, ceux sont les dires de l'humoriste.
         C'est un peu l'image que j'ai de ce fameux permis à point, en uniformisant les sanctions, nous les banalisons, et nous diminuons leurs poids et même leurs conséquences.
 
         Il faut savoir qu'en moyenne, c'est entre 10 et 20 élèves exclus de l'établissement par semaine pour un ou plusieurs jours. Et généralement ces élèves sont exclus, non pas pour un fait effectué avec un adulte (la majorité du temps ce sont les enseignants qui effectuent les rapports), mais pour plusieurs faits avec plusieurs adultes.
         Je donne un exemple, si un élève est insolent avec trois enseignants la même semaine, il perdra autant de points que si il avait été insolent une seule fois. Sinon, certains élèves tomberaient à zéro en une semaine. Tout est fait pour retarder au maximum le zéro du permis à point.
 
         Pour que l'élève récupère des points, il lui suffit de rester calme (pas de rapport et pas d'exclusion) une semaine pour regagner un point. Généralement pendant une semaine comme celle-ci, l'élève fait de gros efforts, mais le prof aussi !
 
         Le souci c'est qu'en classifiant ainsi chaque incident, la sanction est connue des élèves, et ils savent ce qu'ils sont "autorisés" à faire avant d'arriver au ZERO de conduite.
 
         Lorsque l'élève frôle le minimum de point (inférieur à 5 environ), une commission éducative se met en place avec les parents ou l'éducateur, pour essayer de redresser la barre. Généralement après cette fameuse commission éducative, l'élève se tient correctement 2 ou 3 jours pas plus. Si rien ne change dans la durée, l'élève perd tous ces points, et dans ce cas, un conseil de discipline est organisé (si le quota n'est pas atteint car oui il existe bien des quotas officieux bien entendus).
 
         Le conseil de discipline peut, soit exclure définitivement l'élève ou donner une Nème chance à l'élève qui récupère par la même occasion un permis à 12 points tout neuf.

         Et l'histoire se répète de nouveau, "l'avenir est un long passé" …

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Photo : Hôtel de ville, Paris.
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 07:25

         Dernièrement, j'ai eu un petit problème, enfin rien de grave (je ne vais pas développer ce point personnel, déjà que je vous livre une bonne partie de ma vie professionnelle), mais ceci m'a valu deux jours d'arrêt. Deux jours sans aller au travail. Bien évidemment j'ai prévenu le collège le matin même de mon absence, pour palier à ce manque auprès des élèves. Car je me doute qu'il n'est pas simple à gérer pour l'administration et la vie scolaire l'absence de professeur le matin au pied levé. Car il faut garder les élèves au collège, et par conséquent ouvrir la permanence avec un surveillant occupé. Ce qui fera donc un surveillant de moins pour gérer les autres préoccupations de la vie scolaire, et comme nous sommes un peu en manque de surveillants … 

undefined         Elément important pour la suite de mon explication, l'administration ne communique jamais les arrêts aux collègues, simple courtoisie et discrétion avec la personne en arrêt.
 
         Lorsque je suis revenu dans mon établissement, quelques collègues ont remarqué ma courte absence. A mon retour, j'ai salué chacun d'entre eux comme à l'habitude, ils m'ont pour certains répondu un bref mais intense : "ça va ?". Non pas comme une simple formule de politesse comme nous l'entendons le plus souvent, mais comme une vraie question qui attendait une réponse franche de ma part. J'ai perçu cette question comme un soutien potentiel de mes collègues. Je pense que vous avez tous compris à quoi mes collègues faisaient allusion en posant cette question avec ces deux mots.
 
         Pour mes collègues ces deux jours étaient un arrêt maladie qui cachaient une dépression due au travail. J'ai donc dû me "justifier" auprès d'eux et leurs dévoiler en quelque sorte ce qui m’a valu ces deux jours d'absences. 

         Car ici dans mon collège lorsqu'un enseignant est absent, la 1ère chose qui nous vient à l'esprit, c'est qu'il a "craqué". Craquer est rentré dans le langage commun pour nous et signifie tout simplement être tombé en dépression. Tout n'est pas rose dans mon établissement, il est parfois difficile de tenir bon. Une minorité d'enseignants est régulièrement absente à plusieurs reprises durant l'année scolaire, ne croyez pas qu'il s'agit de fainéantise de la part de ces quelques collègues, car il s'agit d'une vraie dépression. Il suffit de peu de choses pour tomber dans cette galère. Des élèves "durs" et donc des problèmes de discipline avec quelques classes (comme nous avons tous), un manque de soutien de la hiérarchie, d'un ou plusieurs collègues, et pour couronner le tout quelques problèmes personnels qui viennent se rajouter, dans ce cas, vous cumulez les handicaps et risquez de tomber du mauvais côté de la pente …

Photo : Eglise de St Germain des Près, Paris.

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 15:38

         Si il pleut, il faut redoubler de vigilance, lorsque vous allez chercher les élèves dans la cour. Pourquoi plus que d'habitude me direz-vous ? Il est vrai que dès l'instant où vous osez vous aventurez sur leur territoire (la cour), mieux vaut être paré. Mais la pluie engendre un risque supplémentaire. 

         Car ils adorent s'envoyer des gerbes d'eau avec leurs pieds.
         Je vais parler un peu technique sur ce sujet. Pour ceci, il suffit d'avoir le bout de sa chaussure mouillée, en la mettant dans une flaque d'eau par exemple. Plus il y a d'eau sous votre chaussure et mieux ça fonctionnera.
         D'un geste ample, faire un mouvement rapide avec son pied, comme si vous tapiez dans un ballon, puis stopper net ce mouvement. Ainsi l'eau que vous aviez sous votre chaussure continue son avancée en se "détachant" de la chaussure et forme une très jolie gerbe d'eau.
         Bien sûr, pour améliorer le côté jouissif de la chose, il est impératif de viser un camarade et de face c'est encore mieux, histoire de lui envoyer l'eau (pas vraiment propre) en plein visage. La règle du jeu permet bien évidemment de viser le prof, mais de dos (car il ne faudrait pas avoir d'ennuis tout de même).
         C'est pourquoi, je me retourne toutes les 5 secondes grand maximum (tel un agent secret qui a peur d'être suivi ou éliminé).
 
         Il m'arrive régulièrement (par temps de pluie) de déjouer une attaque !
 
         Par exemple, lorsque je tourne rapidement la tête, je m'aperçois qu'un élève est prêt à "balancer" son pied sur moi … et lorsqu'il constate que je l'observe il stoppe net son mouvement. Il me regarde avec un sourire révélateur, car il comprend qu'il c'est fait prendre la main dans le sac ou plutôt le pied dans le sac, d'ailleurs.
 
         Si vous voyez des élèves pas très sérieux en temps normal, qui vous suivent pour aller travailler alors que normalement ils restent dans la cour pour continuer leur récréation, méfiez-vous ! C'est mauvais signe …
 
         A quand la combinaison anti-attaque ! 

         En écrivant ces quelques lignes, j'ai le sourire aux lèvres en me rappelant ces quelques moments fort marrants avec un peu de recul. J'espère que vous aussi vous en rigolez actuellement en lisant ce passage …
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Photo : Georges Pompidou, Paris.

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 13:40

         Ça faisait longtemps que nous n'avions pas eu d'animation au sein de notre établissement. Lors d'un cours, une élève est tombée de sa chaise. Elle était complètement inanimée sur le sol. Impossibilité pour ses camarades et pour son professeur de la réveiller.

         Les pompiers sont donc venus, et ont emmené cette élève qui était tombée dans les pommes.
 
         Forcément il s'agissait de l'attraction de la journée pour les élèves. Je ne vous explique pas comment faire cours après un événement comme celui-ci. Mieux vaut être souple lors du cours suivant et faire preuve d'écoute car certains élèves peuvent être perturbés.
 
         Nous avons su par la suite que l'élève c'était intoxiquée par une surdose médicamenteuse (des somnifères). En clair, elle s'est shootée, et elle a avalé les comprimés en cours …
         Le principal a donc naturellement retourné la faute à l'enseignant qui réalisait le cours lors de la prise des comprimés. Tout simplement parce qu'il n'a pas vu l'élève ingérer ces fameux cachets. Visiblement notre principal est bien loin de la réalité du terrain. Car lorsqu'une classe comporte environ 25 élèves dont un certain nombre agite le cours de manière négative et monopolise notre attention de tous les moments, il est difficile d'observer attentivement les autres élèves, qui eux ne perturbent pas le cours.
         Sympa !
 
         Heureusement l'élève est sortie de l'hôpital sans séquelle. Espérons qu'elle ne recommence pas.
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Photo : Cloître des Billets, Paris.
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 08:25

         En beau milieu d'année, une nouvelle tête apparaît parmi nos élèves, l'enseignant le constatant va voir celui-ci. Cet élève est vautré dans sa chaise, les deux mains dans les poches. Tranquille, tout va bien ! 

         La discussion commence.
-         Le prof : "Comment t'appelles-tu ?"
-         L'élève : "Bidule."
-         Le prof : "D'où viens-tu ?" Sous entendant, de quel établissement viens-tu ?
-         L'élève : "Je viens de la prison."
-         Le prof : "Ah bon !!!" J'imagine la tête de mon collègue.
-         L'élève : "Oui, le juge m'a dit que j'avais le choix. Soit j'allais au collège ou je retournais en prison. J'ai préféré le collège." Tiens c'est bizarre !
 
         Tu m'étonnes, moi aussi j'aurais pris le collège. Mais à mon avis, l'élève a dû (enfin je l'espère) interpréter la parole du juge. Je pense qu'il a probablement eu une partie de sa peine en sursis, ce qui implique qu'il peut retourner en prison si il ne se comporte pas bien. Enfin ceux ne sont que des suppositions. Du coup il doit impérativement aller en cours. Merci pour le cadeau !
         Que voulez-vous faire avec un élément pareil dans votre classe ? Je sais bien que tout le monde a le droit à une 2nde chance, mais un peu de préparation entre les deux serait peut être utile …
         Personnellement je n'ai jamais eu de formation sur le sujet. Et l'élève qui vient de sortir fraîchement d'un établissement pénitencier ne doit pas être apte à suivre un cours normalement.
 
         Je précise que bien évidemment, l'enseignant en question a demandé confirmation auprès de notre hiérarchie. Celle-ci a confirmé les faits.
 
         Ce qui est important de constater, c'est que l'établissement possède une 2nde vertu (hormis celle d'éduquer nos élèves), celle de centre d'accueil pour anciens détenus. Nous aurons plus d'adeptes que la carte scolaire au moins …

         Je savais que nous pouvions compter sur le ministère pour nous envoyer de nouvelles recrues.
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Photo : La Tour Eiffel, Paris.
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 08:55

         Un élève plutôt perturbateur qui a déjà eu de nombreux problèmes au cœur de notre établissement (et même à l'extérieur) est arrivé en retard un matin. Le concierge ne lui a pas ouvert la grille comme c'est la règle. Le concierge a donc attendu l'intervention d'un adulte, le principal adjoint en l'occurrence. A l'arrivée de celui-ci l'élève s'est énervé d'avoir attendu et il a copieusement insulté le concierge ainsi que le principal adjoint, il les a également menacé (quoi de plus naturel). Le principal étant alerté par les hurlements de l'insurgé, est venu voir ce qui se tramait dans son établissement. Lorsque l'élève a obtenu ces trois adultes autour de lui (concierge, directeur et principal), il a forcément continué son spectacle en insultant, menaçant son public, de plus il s'est montré violent en frappant sur les murs, et en "balayant" ce qui se trouvait sur le bureau de l'entrée.

         Les adultes n'ont pas pu maîtriser cet élève ils ont donc appelé la police, forcément l'élève a sauté la grille pour sortir de l'enceinte du collège avant l'arrivée de la police.
         La police s'est donc déplacée pour rien …
 
         Un peu plus tard dans la journée, trois jeunes (dont l'élève en question) ont sauté la grille, cagoule sur la tête, et une barre de fer en possession de notre élève !
         Ces trois jeunes cherchaient le principal adjoint pour pouvoir se venger, ils sont rentrés comme une fleur dans les locaux de l'établissement, le principal adjoint s'est caché dans le collège (il n'avait pas vraiment le choix).
         Les classes où se déroulaient les cours ont été prévenues une à une qu'il fallait garder les élèves à la sonnerie. Mais les élèves ont pu contempler les actions qui se déroulaient dans la cours.
 
         Après plusieurs minutes d'errance des trois individus dans le bâtiment, les surveillants et la CPE ont réussi à les "chasser" de l'établissement, quelques insultes ont bien évidemment été prononcées …
         L'histoire c'est donc terminé sans casse, enfin nous ne sommes pas passés très loin du drame.
 
         Suite aux diverses plaintes déposées par les adultes insultés et menacés, la police a récupéré l'élève pour le mettre en garde à vue histoire de calmer le jeu.

         Un grand MERCI sincère à la police, qui visiblement exerce la même activité professionnelle que nous (les enseignants) : le social. Car, que pouvons nous faire, policier ou enseignant, d'un jeune délinquant ? Je crains que notre champ d'action soit réduit …
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Photo : Le Sacré coeur, Paris.

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 14:23

         Tout d'abord, je commence par la traduction de ce nouveau sigle, P.P.R.E. veut dire : Programmes Personnalisés de Réussite Educative. Un bien joli terme, mais que trouvons nous derrière ces mots ? 

         Et bien c'est justement là que se situe le problème.
         Je commence mon explication en faisant un retour en arrière, précisément à la journée de prérentrée, puisque c'est là que tout commence.
         Lorsque nous débarquons (le "nous" étant les jeunes enseignants) dans ce nouvel établissement, et que nous découvrons notre emploi du temps avec des pavés nommés "P.P.R.E." parmi ceux de notre matière pour laquelle nous sommes enseignants.
         Forcément nous sommes interloqués par ce sigle. Bien sûre nous en avons entendu parlé, mais ceux sont simplement des bruits de couloirs, rien de très officiel.
         Donc nous allons à la pêche aux informations auprès de notre principal adjoint, qui nous répond : "La semaine prochaine vous débuterez les P.P.R.E.. Avec les professeurs principaux de chaque classe vous déterminerez les élèves en difficultés que vous prendrez en cours de P.P.R.E.. Ces groupes évolueront en fonction des besoins.". Mais que faut-il faire durant ces heures … du soutien scolaire ? "Durant ce temps, vous devez faire de la méthodologie, mais surtout pas de disciplinaire, c'est uniquement de la méthode".
 
         Avec ces quelques phrases, nous avons dû broder pour réaliser nos cours. De la méthodologie, mais sur quels points ? Voici quelques exemples :
-         Comment prendre un cours ?
-         Comment tenir son agenda ?
-         Comment faire son cartable ?
-         Comment faire ses devoirs ?
-        
 
         Le problème c'est que vous tournez vite en rond … et vous ne savez pas vraiment si ce que vous faites est bon …
 
         Après avoir mené ma petite enquête sur ce sujet, auprès de contacts de plusieurs établissements, je me suis aperçu d'une chose. Les P.P.R.E. signifient peut être quelque chose, mais leurs contenus diffèrent d'un établissement à l'autre ! Certains établissements font du soutien, voire même, améliorent les bases des élèves par rapport à la matière du professeur des P.P.R.E. et d'autres enfin, … de la méthodologie. 

         C'est ce que nous pouvons appeler de l'organisation (c'est ironique bien sûre). En même temps derrière un intitulé pareil que celui des P.P.R.E. (Programmes Personnalisés de Réussite Educative), il est difficile de savoir ce qu'il faut faire !

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Photo : Place Denfert Rochereau, Paris.

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 12:21
         Au beau milieu d'un cours, un élève parle sans articuler :
 
-         L'élève : "M'sieurs, j'ai ma dent qui saigne".
-         Le prof : "Que dis-tu ?".
-         L'élève : "J'ai ma dent qui est entrain de tomber, regardez …".
-         Le prof : "Non je n'ai pas besoin de regarder. Arrêtes de la faire bouger, tu verras cela durant la récréation."
-         L'élève : "Mais, je ne peux pas avaler ma salive ça a goût de sang.".
-         Le prof : "Allez arrête, tu avales et tu te remets au travail.".
 
         Il faut préciser que je ne le croyais pas vraiment, je pensais qu'il se fichait de moi (comme la majorité du temps dans ces cas là). Inutile de préciser que lors de cet échange, les autres élèves de la classe ont bien évidemment stoppés leurs travaux et en ont profité pour bavarder de plus belle. Certains ceux sont mêmes levés pour venir voir la fameuse dent en question et vérifier si sa dent bougeait ou non !
 
         Je mets quelques minutes avant de réobtenir le calme et reprends le cours où il s'est arrêté.
 
         Quelques instants plus tard … je vois cet élève se lever et venir me voir devant le tableau, il arrive devant moi et me dit :
 
-         L'élève : "Regardez, j'ai perdu ma dent, vous voyez, je ne mentais pas. Je peux aller aux toilettes pour me rincer la bouche.".
-         Le prof un peu gêné : "Oui tu peux y aller …".
 
         Imaginez mes élèves, ils se souciaient de la dent de cet élève plutôt que mon cours. Une fois de plus, mon cours était relégué au 2nd rang (voire plus) de leurs préoccupations. La petite souris passera-t-elle pour la dent perdue ? Là est LA question existentielle de ce cours !
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Photo : Paris.
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 13:01

         Lorsque je fais l'appel, je suis toujours surpris de constater qu'il n'y a pas d'élève en retard ni d'élève absent. Car ces cas là sont rarissimes ! Il est régulier d'inscrire 2 ou 3 élèves en retard et également 2 ou 3 élèves absents sur une classe qui comptabilise un effectif de 25 élèves. 

         Je commence par parler du fonctionnement de la sonnerie avant de passer aux retardataires.
         Tous les collèges sont dotés d'une sonnerie pour rythmer les élèves et les enseignants au fonctionnement de l'établissement. A la fin des récréations, une première sonnerie marque le moment de se mettre en rang dans leurs emplacements, pour les élèves et signale aux enseignants qu'ils doivent aller chercher leurs élèves. A la 2nde sonnerie les élèves sont théoriquement entrés dans la salle de cours. C'est rarement le cas, car il faut toujours attendre quelques minutes devant l'emplacement de la classe pour avoir au moins cinq élèves !
         Le plus souvent, les élèves ne sont pas rangés dans leurs emplacements et traînent dans la cour, histoire de prolonger la récréation. Donc vous commencez votre parcours avec une poignée d'élève (entre 5 et 10 élèves). Lors de votre avancée dans l'établissement pour atteindre votre salle de cours, vos troupes grossissent, et se renforcent, car lorsque les élèves vous aperçoivent dans la cour et dans les couloirs ils viennent rapidement rejoindre leurs camarades. Arrivé devant votre salle vous atteignez une vingtaine d'élèves.
         Il y a toujours 2 ou 3 élèves qui se permettent d'arriver quelques minutes après la sonnerie, tandis que les autres élèves sont déjà installés. Et vous font perdre encore quelques minutes sur votre cour, car forcément lorsqu'ils rentrent, ils agitent leurs camarades au passage, ne croyez pas qu'ils rentrent discrètement.
 
         Concernant maintenant les absents. Il est quasiment inimaginable d'avoir une classe sans absent. Entre l'élève qui ne vient jamais en cours de 8h à 9h, parce qu'il a regardé la télé tardivement la veille et qu'il préfère dormir. Celui qui a la flemme de retourner au collège l'après midi une fois passé chez lui entre 12h et 13h30 (car les élèves sont quasiment tous externes). Et le dernier qui choisit de jouer au foot l'après midi plutôt que venir en cours. Pour le peu qu'il y est une série télévisée qui passe en milieu d'après midi, vous augmentez soudainement votre nombre d'absents. Et le pire dans tout cela, c'est que je n'exagère pas et je ne tiens pas compte des vraies malades qui sont relativement faibles comparés aux autres !
         Pour finir en beauté, il y a ceux qui préfèrent carrément aller en permanence que venir à votre cours ! Car en permanence, les surveillants ne peuvent pas les obliger à travailler vu le nombre d'élèves qui y séjourne. Déjà que les profs ont des difficultés à mettre tous les élèves au travail …
 
         Depuis le début de l'année, il y a quelques élèves que j'ai vus moins de 5 fois. En fait, ils ne viennent presque jamais au collège …
 
         Que pouvons nous faire ? Pas grand-chose, enfin il existe bien une solution, mais celle-ci n'est jamais appliquée par souci d'éthique. Je veux parler des allocations familiales. Ce moyen de pression n'est peut être pas très déontologique, mais c'est exclusivement le dernier recours que les établissements possèdent face à l'absentéisme.
 
         Amputer le budget d'une famille plus que modeste n'est pas forcément très morale ni très bon. Malgré tout, je pense que dans certains cas (il faut bien entendu traiter ceci individuellement), nous devrions utiliser cette ultime solution. Car vaut-il mieux supprimer une partie des allocations sur 1 mois à une famille, ou laisser à l'abandon un jeune adolescent ?
 
         Actuellement, nous sommes au pied du mur, si nous ne sautons pas par-dessus, il ne tardera pas à s'écrouler sur nous !
 
         Il faut donc agir rapidement, soit en utilisant cet outil qui existe mais qui ne sert pas, ou trouver rapidement une autre arme contre l'absentéisme.
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Photo : Les égouts, Paris.
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Published by Le prof à la dérive - dans Chapitre 3 : Titulaire (07-08)
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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 09:22
Non, il ne s'agit pas d'un tag sur ma salle de cours, mais d'un tag sur mon blog ... pour ma part, il s'agit de Jenny la martienne et Caloune  (j'ai donc bénéficié de 2 tags) voici la règle du jeu, qui est un peu "zarbe" comme nous disons :
- Livrez dans votre prochain article, 7 de vos secrets concernant votre vie, votre famille, votre enfance, votre animal… (liste non exhaustive).
- Recopiez la règle du jeu.
- Désignez ensuite 7 heureux gagnants, sans oublier de leur laisser un petit commentaire pour les prévenir que vous les avez tagués, puis invitez-les à venir consulter sur votre blog … la règle du jeu.

Voici donc 7 de mes secrets, qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs (enfin je pense) :
- j'aime mon métier, car je ne m'ennuie jamais, c'est un défi qui mérite d'être relevé.
- j'avoue avoir eu envie de baisser les bras plusieurs fois.
- j'attend les vacances de février avec impatience pour me reposer, voir un peu ma famille, mes amis ...

il en reste encore 4 mais quoi dire de plus ...

- ah si je sais, je suis célibataire ... donc si vous êtes motivéessss envoyer CV + lettre de motivation, sans oublier les photos sur ma boîte mail ;-)
- mes parents me saoulent grave comme je suis célibataire, …
- j'ai la phobie des moustiques, vous savez comme dans la pub avec le "moustiquopat".

encore un dernier truc à raconter …

- j’adore l’aquariophilie, je sais c’est pas terrible, mais je n’avais plus que ça en stock.

A moi de taguer, donc voici la liste :
Le carnet du professeur carbure,
Prof militant, BBK.mel, P'tite maikress, Assistante d'éducation, Tietie007, matelsom.
Bonne visite à tous.
Proald.
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C'est pour vous

Visiteurs

Le reste est là ...
Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)

Lexique.

Grand corps malade : Education Nationale.


Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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Me contacter. 

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Les articles discutés :
XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.