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XIII. L'exemple des profs !

15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 11:28

 

Ça Faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une vraie bagarre en cours ! Non pas que je souhaitais en avoir une. Mais des broutilles, des calottes, des chamailleries, ça oui, j’en ai régulièrement, mais une vraie bagarre avec les poings fermés qui se dirigent en plein visage, envoyés avec toute sa force, c’est plus rare, heureusement d’ailleurs !

 

Donc vous voyez le tableau, deux élèves qui se cherchent lors de mon cours, et qui arrivent à se trouver. Forcément à force de se provoquer …

 

Un élève se lève pour aller régler ses comptes, l’autre n’attend que ça, et … c’est parti top départ ! Une droite répondue par un crochet, moi je hurle en leur demandant de stopper immédiatement, vous pensez bien qu’ils continuent …

Je suis séparé de quelques mètres pour arriver au ring. J’accours vers eux, les autres élèves contemplent la scène tout en étant exaltés. J’arrive près d’eux ils continuent à se frapper aussi violemment que possible. Je les prends (sans être trop violent moi-même) par le pull pour les retirer l’un de l’autre, mais ils s’accrochent mutuellement tout en continuant généreusement la distribution de coups. Mais je suis au beau milieu du duel, je m’en prends un, puis deux, … etc. …

Pris d’énervement à force de me prendre des coups sans pouvoir y répondre, je les pousse à mon tour de toutes mes forces pour pouvoir les séparer rapidement. Ça  y est j’en ai écarté un qui s’écrase sur la table, mais il revient à la charge, je m’interpose me prends encore quelques coups au passage (c’est mon cadeau de fin d’année). Deux autres élèves me viennent en aide (il était temps) pour maintenir chaque élève de son côté ! Les deux élèves ceinture l’un des boxeurs. Les injures et les menaces fusent dans les deux camps !

 

J’en prends un avec moi, pour remplir une fiche d’exclusion sans risquer un nouveau combat. J’en exclues donc un (celui qui me semble le plus violent) pour avoir la paix dans ma salle, pas les deux, sinon ça va être le carnage dans le couloir.

 

A l’IUFM, on ne m’a jamais expliqué comment gérer une vraie grosse bagarre en cours et pourtant ça m’aurait plus servie que n’importe quels autres cours dispensés par l’IUFM. A quand la formation "muscu" ou self défense  à l’IUFM ?

 

Positivons, il y a du potentiel car ils se sont bien démenés et ont su résister aux coups. Pour ma part, je me suis un brin énervé, et j’ai bien failli rentrer dans la compétition !


Photo : Hôtel Sully, Paris.

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 19:42



        
Coller un élève. Ah qu’elle bonne idée !

Lorsqu’un élève fait une bêtise qui sort de l’ordinaire (C'est-à-dire une grosse bêtise, du genre insolence, mais répétée, ou petites insultes envers le professeur. Oui il y a des grosses insultes et des petites !), je lui donne une heure de retenue. Mais pour ceci il faut obtenir le carnet.

Et bien sûr dans ce cas, l’élève précise qu’il ne l’a pas (il y a de grandes chances qu’il mente), donc je lui fais ouvrir son cartable, sinon si je le fais moi-même je vais entendre des "Vous n’avez pas le droit de fouiller nos sacs ».

Une fois sur deux je trouve le carnet dans le sac que l'élève refusait de me donner.

Et les autres fois, ils cachent leurs carnets sous leurs tee-shirts ou ils sont assis dessus. Autre technique plus évoluée, donner son carnet à un camarade.

 

Et de temps en temps, l'élève n'a pas son carnet voire il n'a plus de carnet … donc là c'est simple vous vous démer…

 

Bref ! Une fois le carnet en votre possession, il faut trouver une heure de trou dans son emploi du temps qui coïncide avec le votre, et ce n'est pas toujours simple. Car en plus de ce paramètre, il y a d'autres variables à prendre en compte.

L'heure de colle ne peut pas se faire durant une heure de permanence, car ce n'est plus une punition après, donc il faut les coller soit le matin avant leur 1er cours ou l'après midi après leur dernier cours. Mais il arrive qu'il y ait une liste d'attente pour certains élèves. "M'sieurs chui' collé pendant les 2 semaines déjà !"

Ah c'est bon vous venez de trouver un trou le Vendredi en fin de journée. "J'viendrais pas j'ai foot." Et le pire c'est qu'il ne viendra pas si il vous le dit. Donc en fait c'est l'élève qui choisit son heure de retenue. Une sorte de compromis entre le prof et l'élève ! Tu veux me coller, et bien c’est moi qui choisit quand !

 

         Si il ne vient pas à l’heure de colle, vous pouvez toujours doubler celle-ci, puis redoubler encore et encore puisqu’il ne viendra pas et son carnet n’est même pas signé par ses parents, donc ils ne peuvent même pas être au courant des heures de retenues.

 

         Ceci impose de passer à l’étape supérieure : demande de rendez vous aux parents (en espérant qu’ils viennent) et / ou rapport disciplinaire (sans grande conséquence pour ce genre de chose).

 

         Moi qui croyais que les punitions servaient à se faire respecter …

Photo : Eglise St Eustache, Paris.
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 17:13


        
Tout le monde a dû entendre parler du air guitare. Vous savez, c'est lorsqu'une personne fait semblant de jouer de la guitare mais sans l'instrument. Il existe même des concours d'air guitare.

 

         Eh bien moi aujourd'hui, j'ai pu voir du air flûte. Si, si ça existe et c'est franchement marrant. Deux élèves étaient tellement impatients de pouvoir commencer le cours de musique qu'ils se sont entraînés en faisant de la flûte sans flûte donc.

         Et c'est plus que comique de voir un élève avec ses petits doigts faire semblant de jouer de la flûte et de délirer complètement. Au moins ils semblent très motivé par ce morceau de musique sur lequel ils s'entraînent assidûment. Sans avoir la musique j’avais le sourire en imaginant la mélodie qui sortait de cette flûte fictive !

 

         Lorsqu’un élève est calme et motivé par un cours, mieux vaut le laisser faire ... et en plus il m’en a fait profiter !

Photo : Eglise St Eustache, Paris.
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 19:22


        
L'art de la discrétion est une chose que les élèves ne maîtrisent pas. Et comme je leur dis souvent : "Je vais devoir vous donnez des cours de discrétion, parce que le prof  doit faire semblant de ne rien voir tellement c'est énorme !" Je parle de leurs bêtises bien sûr.

 

         Le meilleur exemple est celui de la sucette. Régulièrement les élèves entrent en cours avec une sucette dans la bouche. Enfin je suppose que c'est une sucette puisque le bâton  sort de la bouche !

 

         Dans ce cas, je leur demande bien évidemment de jeter celle-ci. Mais j'entend des "Oh non m'sieurs, j'viens juste d'la prendre !". Comme ci cela était une excuse valable … Généralement, ils choisissent l'une des deux possibilités suivantes.

 

         Soit ils croquent leurs sucettes avant de la mettre dans la poubelle, ce qui ne me plaît pas beaucoup. Car lorsque je demande de jeter LA sucette, celle-ci comprend le bâton et bonbon qui est au bout ! C'est une forme d'insolence à mes yeux, mais bon, passons …

 

         La 2nde solution est encore pire. Lorsque je suis pris à faire autre chose, je ne surveille pas si ils jettent ou non leurs sucettes. Mais quelques instants plus tard je m'aperçois, qu'ils n’ont plus le bâton qui sort de la bouche, mais une grosse boule apparaît sur le côté de leurs joues. Je comprends de suite qu'ils ont voulu "m'avoir", car en fait ils coupent avec leurs ciseaux (qui ne doivent servir qu'à ça) le bâton en plastique de la sucette pour mettre seulement la boule dans leurs bouches. Mais vu la grosseur de la boule d'une sucette, ceci ne passe pas inaperçu !

 

         Forcément dans ce cas, ça m'énerve, car je déteste être pris pour un c…

Photo : Colonne de Juillet, place de la Bastille, Paris.
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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 14:32


        
Et me voici nommé surveillant lors du brevet blanc, de la 2nde heure de l'épreuve de français. J'arrive donc la 2ème heure devant la porte, je rentre dans la salle discrètement sans frapper pour éviter de déranger les élèves. Puis j'avance vers mon collègue qui effectuait la surveillance durant la 1ère heure. Celui-ci me montre la fiche d'appel et me murmure à l'oreille :

 

-         Le collègue : "Ils ont débuté l'épreuve avec 15 minutes de retard, donc ils finiront à l'heure qui est indiqué sur le tableau. Ils ne le savent pas encore mais ils n'auront pas de récréation."

-         Moi : "D'accord."

 

         De suite, j'ai vu le problème gros comme une maison. Les élèves accepteront difficilement de ne pas avoir de récréation. Oui, ce sont les élèves qui font un peu la loi ici !

 

         Bref ! J'ai débuté ma surveillance, je me suis étonné du silence qui y régnait. J'ai effectué le tour de la salle et jeté un rapide coup d'œil sur les copies.

         Lors de mon passage, j'ai constaté qu'un élève (les bras croisés, avachit sur sa chaise, la casquette dans la capuche prêt à être remise sur sa tête, devant sa copie qui ne comportait que son nom), avait son pied sur la chaise libre qui se trouvait en face de lui. Une incivilité (voire plusieurs) à mes yeux, une simple façon de se relaxer pour lui. Mon collègue avait donc "laissé" ce comportement. Que dois-je faire, dire à l'élève d'enlever son pied de ce bord de chaise ? Je ne suis pas sûr de moi, car je risquerai de briser le silence olympien, et de m'attirer des problèmes, car c'est une source d'insolence à haut potentiel.

         Donc je préfère ne pas intervenir, un moment de faiblesse de ma part ..., probablement comme mon collègue.

 

         Je prends une chaise puis m'installe au fond de la salle pour mieux observer les élèves. Plusieurs d'entre eux s'amusent à se balancer sur leurs chaises, mais la plupart sont studieux, ils lisent silencieusement leurs textes et écrivent sur leurs copies. Tout se déroule parfaitement. Mise à part ce même élève qui attend patiemment que le temps passe avec son pied toujours au même endroit !

 

         Ah ! Une élève prend son compas dans sa trousse … mais nous sommes en brevet blanc de français, pas de mathématiques ! Que fait-elle ? … Me voilà rassuré le compas est utilisé à bon escient. Car tout le monde sait que le compas est un objet indispensable pour se faire une parfaite … manucure !

         Cette élève est extrêmement consciencieuse sur son travail, elle prend tout son temps pour retirer parfaitement le reste de vernis à ongles qui lui reste !

 

         Sinon l'heure se passe sans encombre.

 

         Mais à un moment, je constate qu'une élève pleure sur sa chaise devant sa copie, je m'approche pour lui demander ce qui ne va pas. Au passage je m'aperçois que ses jambes tremblent et qu'elle ne les contrôle plus. Elle m'explique qu'elle est entrain de faire une crise d'angoisse, et qu'elle en a fait plusieurs dans la semaine. Elle respire mal et rapidement, et elle a beaucoup de mal à parler, …

         Mais que puis-je faire ? La rassurer ? J'essaye, mais ça ne fonctionne pas.

         Appeler l'infirmière du collège. Oui mais comment ? Les élèves sont en brevet blanc, je ne peux donc pas laisser partir un élève pour appeler celle-ci.

         Je décide donc de prendre une chaise et de l'installer à l'abri des regards dans le couloir, juste à côté de la porte pour que je puisse continuer ma surveillance.

         Je tente donc de la calmer mais rien n'y fait. Il faut absolument que je prévienne l'infirmière. Par chance un élève traîne dans le couloir (comme quoi cela peut avoir du bon). Je lui demande donc d'aller chercher l'infirmière pour qu'elle me vienne en aide !

 

         Puis parallèlement à cette action arrive la sonnerie à laquelle les élèves sortent normalement en récréation …

         Quelques élèves se lèvent et rangent leurs affaires. Aussitôt je leur demande de se rassoir car ce n'est pas l'heure. Je leur explique qu'ils ne peuvent pas sortir avant l'heure indiquée au tableau.

         Aïe ! Ça y est, ils viennent de comprendre qu'ils n'auront pas de récréation. La révolte gronde ! "C'est pas normal !", "J'veux ma récréation.", "J'm'en fiche j'irais pas en cours après.". "…"

         Je dois donc stopper la rébellion, et pour cela j'ai un argument choc : la note du brevet blanc. J'arrive à garder plus ou moins le calme au sein de la classe. Plutôt moins que plus, vous l'aurez compris …

 

         Mais le couloir commence à grouiller d'élèves, et ils s'entassent autour de mon élève en pleure ! J'essaye tant bien que mal d'écarter les charognards, mais rien n'y fait. Je la prend donc avec moi pour rentrer dans la salle, pour se mettre à l'abri (si si !).

         Mais des élèves qui eux sont en récréations entrent dans la salle par curiosité, sans frapper bien sûr ! Je dois donc gérer la surveillance, l'élève en pleure et les envahisseurs, sans oublier les élèves qui veulent sortir de la salle. Ça commence à faire beaucoup ! Je suis sur tous les fronts, euh … je tente de le faire du moins !

 

         C'est bon l'infirmière arrive, je lui "donne" donc généreusement le bébé. Cadeau !

 

         Mon dernier objectif est maintenant simple: Garder tous les élèves jusqu'à l'heure indiquée au tableau.

 

         Plusieurs élèves sont dans les starting-blocks, prêts à me remettre la copie, qui est la seule chose se trouvant sur leurs tables pour pouvoir s'enfuir, la trousse et les feuilles de brouillon étant déjà rangées. C'est qu'ils sont rapides pour une fois.

 

         Arrive enfin cette fameuse heure de départ. Mais pour me donner leurs copies, ils doivent signer la feuille d'émargement. Et comme ils ne peuvent pas signer 25 en même temps. Je passe dans les rangs et récupère les copies les unes après les autres.

         Certains élèves trouvent que je ne vais pas suffisamment vite et me le font savoir. Lorsque j'arrive enfin à eux, ils font l'inverse de ce que je pensais, ils traînent pour signer histoire de m'embêter, car moi aussi j'ai cours et j'aurai dû commencer il y 5 minutes maintenant. Ils jouent donc avec le stylo et retardent leurs signatures.

 

         Ils me narguent, ceci m'énerve … D'un mouvement de colère, je reprends la feuille d'émargement et je dis "C'est bon, ce n'est pas utile que vous signez, vous pouvez partir.".

         Les élèves un peu perdus veulent maintenant signer rapidement, mais … trop tard … je refuse catégoriquement.

 

         C'est bon la surveillance est terminée, mais mon heure de cours aurait dû commencer voilà 10 minutes !

 

         Je me dépêche donc pour remettre ces copies au secrétariat. Puis je pars à la recherche de mes élèves. J'arrive en permanence, et explique aux surveillants qu'étant de brevet blanc j'ai fini en retard, mais que je vais prendre mes élèves maintenant. C'est sans compter sur mes chers élèves "Non, on vous accepte pas, vous êtes en retard !", "Vous avez un mot d'excuse ?", "…".

         J'ai tout de même réussi à les récupérer et à faire un cours … plutôt agité vu leurs états d'énervement … et le mien également.

 

         Ce sujet est un peu long, car il y a eu une activité intense, et pourtant je n'ai pas tout dit ! Mais vous avez le meilleur !


Photo : La Tour Eiffel, Paris.
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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 15:21

         Après la récréation de midi, je n'avais plus cours, et je me suis retrouvé au beau milieu de la cour, tel un champ de bataille. La 2nde sonnerie retentit, vous savez, celle qui annonce le début du cours. Et bien à cette sonnerie, il restait bon nombre d'élèves éparpillés dans la cour en train de s'amuser, de rire, de courir, … Tel un champ de bataille après avoir livré l'attaque ! Pour gérer le tout quelques surveillants (enfin 2 exactement !), un CPE et le principal adjoint. Des élèves arrivent encore dans l'établissement (donc en retard, puisque les cours ont théoriquement commencé).

 

         Un élève un peu perdu s'approche de l'adjoint, et le dialogue débute :

-         L'adjoint : "Quel cours as-tu maintenant ?"

-         L'élève : "J'ai cours avec Bidule." Sans même apposé un Monsieur ou un Madame au préalable.

-         L'adjoint : "M. Bidule est absent, tu vas donc en permanence."

-         L'élève : "Oh, j'peux repartir chez moi. J'vais pas attendre 1 heure." L'élève faisant mine de retourner à la grille.

-         L'adjoint: En haussant le ton. "Non la règle c'est la règle. Tu es rentré, maintenant tu restes ici."

-         L'élève : Plutôt dégoûté d'être venu (en retard) pour rien. Il voit un autre élève de sa classe pénétrer dans le collège (très en retard) et lui crie : "Et Bidule est pas là, repart sinon tu vas en permanence !" L'élève court pour essayer de repasser la grille.

-         L'adjoint : En hurlant. "Non, vous restez là !" Puis il parle à la surveillante devant la grille. "Fermez la grille SVP." La surveillante se précipite sur la grille … ouf, la grille est fermée ! Qui a cru qu'il était facile de s'échapper de la prison, euh pardon du collège !

 

         Ces 2 élèves iront donc en permanence. J'observe rapidement une dernière fois le champ de guerre. Il reste encore une bonne vingtaine d'élèves ici où là, parsemés au grès de leurs volontés dans toute la cour. Et ceux là comme d'habitude n'iront pas en cours pour cause de retard excessif, et finiront donc en permanence. Inutile de préciser qu'il s'agit toujours des mêmes élèves, qui ne fréquentent donc pas les cours mais simplement la permanence !

 

         Enfin la conclusion, ça fait du bien dès fois de s'apercevoir que le simple prof qui est en moi n'est pas le seul à être débordé par des situations de masse que peuvent provoquer les élèves.

         Ah ces phénomènes de groupe !

Photo : La Tour Eiffel, Paris.
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 11:47



        
Quelque chose m'a questionné lors de mon arrivée en établissement dit "sensible". Pourquoi le nombre de grévistes est si important dans ce genre d'établissement ?

 

         Après une longue réflexion sur le sujet, j'ai dégagé plusieurs pistes.

        

         La 1ère est liée à la moyenne d'âge des enseignants, celle-ci est faible, et il faut bien dire, que lorsque nous arrivons dans le métier, nous souhaitons faire évoluer les choses, nous sommes utopiques, non pas que les "anciens" souhaitent l'inactivité, mais ceux-ci sont un peu "blasés" peut être. Donc le désir de faire bouger les choses est accompagné physiquement par les grèves. Le seul moyen de faire remonter un mécontentement. Car la fluidité de la communication entre la base et le haut de la pyramide dans l'éducation nationale n'est pas une référence. Le principal ou le proviseur étant compté comme une charnière entre les deux niveaux.

 

         La 2ème option qui agit probablement pour beaucoup. Est le fait de vivre en permanence dans un milieu défavorisé, de part le publique qui y est présent (les élèves) et surtout l'établissement lui-même. Car on nous répète à longueur de temps (aux informations par exemple) que les établissements difficiles disposent de moyens supplémentaires, mais personnellement je ne vois pas grand-chose …et encore moins de choses qui améliorent notre quotidien au travail. Ce qui fait donc l'objet du mécontentement de bon nombre d'enseignants dans ces établissements.

 

         Et puis la 3ème catégorie que je propose me semble malheureusement la plus en adéquation avec mon établissement. Il s'agit tout simplement d'obtenir une journée de repos !

         Car une semaine de travail n'est pas de tout repos, moralement, il est parfois dur de tenir la semaine entière. Alors avoir l'occasion de faire une pause dans la semaine, ce n'est pas du luxe !

 

         Pour ma part, il m'est déjà arrivé de le prendre ainsi. Ce n'est pas pour autant que je ne souhaitais pas travailler, ou que je négligeais les revendications des syndicats. Non, rien de tout ça.

         Mais tout simplement une fatigue nerveuse qui m'a fait prendre ce choix, que je considère judicieux. C'est une sorte de repos sans solde. Mais ce n'est pas pour cela que je n'ai pas travaillé. Etre en grève et travailler, voilà tout le paradoxe ! Car oui, cette journée là, j'en ai profité pour faire des cours. Car être fatigué nerveusement n'empêche pas de travailler ses cours. C'est tout de même beaucoup plus reposant que d'être au milieu de la cage, euh pardon de la classe !

 

         Comptabiliser les employés de la 3ème catégorie comme grévistes, n'est pas un tort, puisque s’ils en profitent pour se mettre au "repos", c'est bien signe qu'il y a un malaise dans la profession. Car perdre une journée de salaire pour ne pas être au front, est quand même révélateur !

Photo : La Tour Eiffel, Paris.

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 17:15

 


         La saison des conseils de classe arrive et son lot d'incompréhension qui va avec également. Nous faisons donc le bilan de la classe et de chaque élève qui la compose.

         Puis nous arrivons sur un cas particulier, qui, on aurait pu le croire nous prendrait beaucoup de temps mais en fait, c'est tout le contraire, il fût très rapide à traiter.

 

         Quel est ce cas ? Un élève qui comptabilise près de 60 demi journées d'absence lors du trimestre. Je précise qu'une semaine est composée de 9 demi journées. Autrement dit, nous atteignons un cumul de plus de 6,5 semaines d'absence sur la totalité du trimestre. Sachant qu'un trimestre compte 3 mois, et approximativement 12 semaines en retirant les vacances.

 

         Conclusion, cet élève est absent plus de la moitié du temps !!!

 

         Bien sûr, il y a eu un signalement auprès du rectorat, comme un certain nombre d'élèves au collège. Mais là, absent 1 fois sur 2, ça commence à faire pas mal. Ce n'est pas compliqué les nouveaux profs qui arrivent en cours d'année (oui, il y a beaucoup de remplaçants dans ce genre d'établissement), n'arrivent pas à savoir de quel élève nous parlons lors du conseil. Mais c'est compréhensible …

 

         Forcément vu ses absences répétées et prolongées, les résultats s'en ressentent. Il arrive à une moyenne lors de ce trimestre de 2. Sur 20 bien sûr …

         Et encore je parle de moyenne, mais il n'est pas noté dans la moitié des disciplines. 

         Au 1er abord, nous pourrions nous dire que nous allons proposer le redoublement à cet élève. Mais c'est tout le contraire.

         Car cet élève a déjà redoublé, et comme l'éducation nationale le dit si bien : "Il a le bénéfice de l'âge.". C'est la formule choc employée à tour de bras, lors de ces réunions.

 

         Et puis, à quoi bon faire redoubler un élève absentéiste … ça ne serait en aucun cas profitable. Il faudrait lui trouver une structure adaptée, … qui n'existe pas. Eradiquer cet absentéisme, … mais après avoir envoyé des courriers à la famille, les avoirs appelés, rencontrés, puis fait un signalement académique, …

         L'établissement est un peu comme moi sur quelques points, il est pieds et poings liés.

 

         Conclusion, l'élève passera quoi qu'il se passe au trimestre suivant dans la classe supérieure. La solution ne s'arrangera probablement pas, puisque aucune modification n'est apportée.

 

         Dès fois, je me sens inutile, démuni de tout pouvoir, je constate que ma hiérarchie est comme moi, sans arme !

         Si toutefois, un jour on m'entend là haut … pensez à nous donner un quelconque poids. Merci d'avance.

Photo : La Tour Eiffel, Paris.
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 15:10

 


         A la fin du cours, des élèves traînent. Et parlent entre eux des différents profs qu'ils n'apprécient pas. Je stoppe la conversation, et leurs demande de faire cela dans la cour. Car généralement ce genre de chose manque cruellement de sympathie. Ils parlent de machin ou bidule sans même apposer un monsieur ou un madame au préalable. Donc je préfère ne pas entendre ce genre de chose.

         En stoppant leurs discussions, une autre prend forme :

 

-         un élève : "Monsieur vous êtes bien vous comme prof.". Aussitôt je me dis ça y est ils deviennent ironiques.

-         Le prof : "Arrêtes ce n'est pas la peine de raconter n'importe quoi." L'élève s'étonne de ma réponse et reprécise.

-         un élève : "Si si, je vous aime bien moi." J'en perds ma voix et je suis ému par cette révélation, car cet élève est sincère, je ne dirais pas que j'ai les larmes aux yeux, mais … pas loin tout de même.

 

         Je n'arrive pas à y croire, je suis apprécié par au moins un élève. En plus cet élève est ami avec un 2nd qui est plutôt du genre super perturbateur. Donc ceci m'étonne d'autant plus.

         Même si le jugement d'un élève est subjectif, et qu'il ne faut pas lui donner plus d'importance qu'il n'en a. Ça réchauffe le cœur d'entendre quelque chose d'aussi positif. Un rayon de soleil vous illumine durant ces quelques secondes.

 

         Il faut dire que ça change des "Vous êtes nul.", "Vous savez pas écrire.", "Vous expliquez mal.", "Vous êtes méchant.", "…".

         Si vous les écoutiez, vous feriez mieux de changer de métier …

Photo 1 : Parc André CItroën (avec la Tour Eiffel), Paris.
Photo 2 : Parc André Citroën, Paris.
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 10:40

 


         Après la sonnerie signalant la fin de la récréation, je vais chercher mes élèves dans la cour. Je retraverse la fosse aux lions (VI. La fosse aux lions.), mais avec mes élèves. Puis, j'arrive à la porte du bâtiment, celle-ci est fermée à clef, alors qu'elle devrait rester ouverte. Pourtant une ribambelle d'élèves se trouvent au chaud à l'intérieur et attendent calmement. Je précise qu'il est interdit aux élèves de rester dans les bâtiments le temps des récréations. Ces portes peuvent s'ouvrir et se fermer de l'intérieur, il n'y a pas besoin de clef. Donc celle-ci a très probablement été fermée par un des élèves qui traînent dans le hall.

 

         Me trouvant dehors avec quelques collègues et une multitude de bambins agglutinés devant la porte close. Je demande donc aux élèves assis sur le sol à l'intérieur de venir nous ouvrir, tout ceci à travers la vitre. Un des élèves arrivent enfin devant la porte, mais je crois rêver, il traîne pour arriver jusqu'à la porte, puis il fait semblant d'ouvrir celle-ci et repart s'asseoir dans le hall !!! Bref, de la vraie provocation. Essayer d'imaginer la scène, au top du top ridicule. Je suis ridiculisé.

         Je frappe à la porte pour montrer mon mécontentement et demander à un autre élève de venir ouvrir. Une élève vient "généreusement" ouvrir cette fameuse porte. C'est presque de la charité …

 

         Nous rentrons enfin, dans le hall, les élèves bousculent les personnes devant eux (dont mes collègues et moi-même). Je remercie au passage la fille qui a dédaignée nous ouvrir. En passant à côté de l'élève qui s'est moqué de moi en faisant semblant d'ouvrir cette porte, je lui dis "Evites de te moquer de moi". Et là il me répond sans hésiter avec sa capuche sur la tête (histoire de compléter le tableau) "Kes tu veux ?".

 

         Normal il s'est senti agressé !!! Ça ressemble au sketch de Jean DELL …

         Sur ce, il profite de la bousculade qui a lieu pour se dérober et repartir dans la cour. Il est vrai que je n'ai pas couru après lui, car de toute façon ce face à face était perdu d'avance, comme tous ceux qui peuvent avoir lieu d'ailleurs !

 

         Car comme je l'ai déjà dit, la cour et les couloirs font parties du territoire des élèves, et il est dangereux d'y "combattre", d'autant plus que les spectateurs sont unilatéralement du côté élève.

         Dans ce cas là, vous êtes le défouloir de ces jeunes en manque de reconnaissances, de valeurs, de règles, … Donc la seule règle qui s'impose, est de battre en retraite avant de se faire massacrer !

Photos 1 et 2 : Porte St Denis, Paris.
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C'est pour vous

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Le reste est là ...
Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)

Lexique.

Grand corps malade : Education Nationale.


Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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Les articles discutés :
XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.