Partager l'article ! XIX. Engueulande parent - prof !: Lors d'un cours sur informatique (eh oui des fois, je tente des ch ...
A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande
maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne, dans un
établissement difficile.
J'espère que ce blog, ouvrira l'esprit de quelques personnes médisantes auprès des enseignants. Et qu'ils comprendront le quotidien d'un prof.
Surtout n'hésitez pas à lâcher des com (commentaires), pour me
poser des questions, je me ferai une joie de vous répondre, ou tout simplement pour m'encourager à alimenter ce blog, ça fait toujours pléz (plaisir).
Bonne lecture.
Un prof à la dérive.
Lors d'un cours sur informatique (eh oui des fois, je tente des choses risquées !), un ordinateur ne fonctionne pas, et une élève dit "ça marche pas, ces ordi c'est trop de la merde.". Je passe donc derrière elle pour voir ce qui se passe, et constate que l'élève vient d'ouvrir 15 fois la même page. Car lorsqu'un élève ne voit pas la page arriver dans la seconde suivante, il redouble clic sur l'icône jusqu'au moment où la page arrive en 15 exemplaires. Du coup l'ordinateur est bloqué !
Histoire de la remettre à sa place, je dis devant ses camarades "Alors tu ne sais pas te servir d'un ordinateur, tu as cliqué 30 fois sur le même icône." L'élève vexée, part s'asseoir un peu plus loin. Je "dépanne" donc le PC, et lui dis qu'elle peut revenir à sa place. Mais Mademoiselle refuse ; j'explique alors que cet exercice est noté, donc qu’il vaudrait mieux qu'elle aille soit sur un ordinateur ou qu'elle rejoigne un autre élève.
L'heure se passe et l'élève ne fait rien, sa note est donc toute trouvée, je mets un mot dans son carnet pour expliquer la chose aux parents.
C'était sans compter qu'à midi, un coup de fil arrive en salle des profs. Qui me demande ? ... la mère de l'élève.
Celle-ci m'explique que je n'avais pas à "traiter" sa fille, je tombe des nues. Car je n'insulte pas les élèves !!! Je comprends rapidement, qu'il est probable qu'un gros mot me soit échappé avec l'ordinateur, mais l'élève l'a pris pour elle. A moins que cela soit tout simplement inventé par l’élève dans le but de se défendre ...
Une fois cela expliqué, la mère passe à un autre sujet, en me demandant pourquoi sa fille avait eu une punition il y a 2 semaines. Car dans la case motif du carnet, il y a marqué "bavardages". La mère me demande : "Mais que faisait-elle précisément, elle parlait avec un autre élève ou elle demandait des explications à un autre élève ?".
Je réponds donc, que dans les deux cas, elle parlait, et qu'elle n'avait pas à le faire. La mère n'est pas d'accord, et me demande de "mieux faire mon travail" !!!
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, que je lui dis que si elle n'a que ça à me dire, ce n'est pas la peine, je ne vais pas passer mon temps au téléphone pour ce genre de chose, mais nous pouvons tout à fait nous rencontrer si elle le souhaite.
Nous avons donc terminé notre discussion houleuse ainsi !
En raccrochant forcément, mes collègues autour de moi, m'ont demandé qui j'avais eu au bout du fil ... ha les curieux.
Toujours est-il qu'en plus des élèves, il va maintenant falloir éduquer les parents ...
Photo : Mairie du XXème, Paris.
Visiteurs
Le reste
est là ...
Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)
Lexique.
Grand corps malade : Education
Nationale.

Que je sache, le nom de ton ministère ne comporte pas "éducation infantile" donc effectivement, ta mission, jusqu'à textes contraires, consiste à éduquer en masse ;)
en masse !!! Aïe !!! :)
Comme tu le lui proposes gentiment, rencontrez-vous dans un snack (ou ailleurs, si affinités) et décidez ensemble des modalités du remplacement de l'ordinateur par un boulier compteur en bois.
C'est très écologique et moins dangereux car indépendant du réseau 220V.
Evidemment, la fille devra faire un effort pour remplacer Internet par des pigeons-voyageurs (et en assurer l'entretien).
Amitiés
ça plairait beaucoup à mes élèves :)
Non, vous n'êtes pas enseignant :
"Ces ordi ces trop " : on n'écrirait pas plutôt : "c'est trop ?"
faute d'accord : "je dit" : vous petes sûr qu'il faut un T ?
Et le mot icône... plutôt féminin, non ?
J'ai du mal à vous croire... ou bien vous êtes vraiment, vraiment à la dérive...
Oui je suis enseignant, je fais des fautes en effet. Mais je constate que votre correction n'est pas parfaite non plus ...
:)
"Diarrhée verbale" j'adore !!!
Courage !
L'enseignant doit toujours tout prendre sur lui...
... et ne rien dire ...
Lettre du père qui a expliqué que son fils ne viendrait pas en colle dans la mesure où il n'était pas responsable de cette situation puisque ce sont les parents qui le conduisent en voiture au lycée. Les dits parents, médecins libéraux, ouvrent leurs cabinets à 9h.
Enseignante à la retraite, j'ai connu un autre monde. Vous avez toute ma sympathie.
Ceux sont les parents qu'il faudrait coller !!!
Merci pour votre commentaire.
Lors d'un cour en salle informatique les eleves aiment bien cliquer sur la touche " Maj " une dizaine de fois , du coup l'orinateur fait Bipbipbipbip , les proffesseur ne comprennent pas et c'est encore plus amusant.
Du coup pas beaucoup de monde travaille ^^
C'est énervant en effet !!!
Ils n'ont pas compris du coup !!! :)
Très humain, mais véritablement professionnel?
Le "faîtes mieux votre travail" n'est peut-être pas volé...
Une piste pour progresser : relire vos récits en recherchant vos éventuelles erreurs à ne pas renouveler.
Je n'ai pas vexer volontairement l'élève. Simplement une remise à plat, car dire que l'ordi a un problème, alors qu'on lance 15 fois le même logiciel, ceci a pour effet de ralentir considérablement l'ordinateur, n'est pas tout à fait la même chose ...
Lorsqu'un élève ne fait pas un devoir noté, le zéro est donc adapté.
Le gros mot, oui, j'ai fait cette faute là.
Le point suivant, je crois que vous n'avez pas compris, dès que 2 élèves bavardent entre eux, ils disent toujours qu'ils parlent du cours. Forcément, ils ne vont pas dire qu'ils parlent d'autres choses ...
Désolé de vous décevoir, mais la seule "faute" que je vois là, c'est le fait d'avoir laissé échapper un gros mot !
Cet acte confirme mon impression: vous n'êtes pas irrécupérable.
Pour moi il y a 3 erreurs majeures: le gros mot, l'intervention-recadrante-vexante, la justification téléphonique erronée qui assimile toutes les formes de bavardages...
Proposition d'intervention pour l'élève (et les autres par la même occasion): "Je vous rappelle que, si une page est lente à s'ouvrir, il ne faut pas "recliquer" mais patienter, sinon l'ordinateur plante": le message passe sans agressivité ni vexation.
Proposition d'intervention pour la mère "Peut-être que son bavardage était une demande d'explication et si c'est le cas je lui dois des excuses, mais votre fille et ses camarades se justifient à chaque fois de cette manière alors même que je les entends discuter de toute autre chose": posture "basse de communication qui fait chuter la tension.
Mon analyse: vous êtes victime comme 90% des enseignants d'un syndrôme d'autoritarisme... En bref: "On me doit le respect, or je ne l'ai pas, j'ai donc le devoir d'imposer ce respect"
Je souffre des mêmes symptômes mais j'en suis conscient, je suis donc lucide sur mes erreurs et je cherche des solutions pour progresser.
Piste: Lire "l'autorité éducative" de Bruno Robbes.
Cordialement.
Je mets systèmatiquement tous les commentaires, les positifs ainsi que les négatifs, sauf s'il y a un caractère raciste, ce qui arrive parfois ...
3 erreurs majeures, vous n'y aller pas de main morte !!! J'ai laissé échapper un gros mot, c'est une erreur, cela ne vous arrive jamais d'en dire ?
Je n'assimile pas toutes les formes de bavardages au même niveau, mais il est IMPOSSIBLE de faire une différenciation entre un "bon" bavardage d'un "mauvais" !
Ce message passe en effet, déjà il faut le dire à chaque élève, parce que je doute que tous les élèves vous écoutes. De plus, ils le savent parfaitement, mais comme ils sont toujours préssés, ils n'écoutent pas les recommandations données.
Au téléphone, c'est clair, j'ai très probablement perdu mon sang froid ! La mère m'avait irritée sur le 1er sujet, alors le 2ème sujet était de trop. D'autant qu'elle ne se pose pas de question de savoir pourquoi sa fille bavarde dans plusieurs matières, ... mais bon, c'est probablement qu'elle a des ifficultés en cours, et qu'elle demande donc des explications à ses camarades (fille), plutôt que de le demander au prof !
Bien sûr que je dois me remettre en question, je n'ai jamais un comportement 100 % exemplaire. D'ailleurs qui peut l'avoir ?
Malgré tout j'essaye de m'améliorer et de faire au mieux.
Une erreur mineure par exemple: en cas de coup de fil d'un parent pour une "demande d'explication", il faut se contenter de demander quelles sont les questions précises et convenir d'un rendez-vous. Si le parent ne veut pas d'un rendez-vous, c'est que ses questions ne lui apparaissent pas suffisamment importantes pour se déplacer. Si le parent convient d'un rendez-vous alors vous avez tout le temps de préparer vos arguments et de laisser "redescendre la tension" (et de laisser le parent redescendre lui aussi).
Pour votre constat résumé par: "il faudra répéter à chaque élève et en plus ils le savent déjà parfaitement". Je suis complètement d'accord mais il faudra quand même continuer à répéter avec calme, voire le mettre par écrit (affiche, leçon dans le classeur)... pour pouvoir ensuite "sanctionner" ceux qui n'appliquent toujours pas la consigne (-1pts sur une note trimestrielle de travail en informatique par exemple...). C'est lourd mais c'est notre métier.
Pour synthétiser ma pensée:
-1: les élèves ne viennent ni avec le respect du prof , ni avec l'envie de travailler -2: les parents ont davantage envie de défendre leur progéniture que de nous aider -3: les profs font des erreurs de communication avec leurs élèves (et les parents de ces derniers)
Nous ne pouvons agir que sur un seul critère et vous savez bien lequel...
Votre dernière réponse (dans laquelle vous voulez encore vous justifier) confirme une autre impression: vous êtes au premier niveau d'analyse (vous avez envie de raconter des situations qui vous posent des problèmes). Mais pour l'instant vous attribuez majoritairement vos difficultés à des causes "externes" (les élèves, les parents, l'établissement, un collègue chiant...). Vous avez certainement raison mais vous ne pouvez pas (ou peu) agir sur ces paramètres.
Il faut donc passer au deuxième niveau: "quelles sont les choses que j'ai pu faire ou dire qui ont certainement contribué à la détérioration de la situation"... (car il n'y a que la dessus que je puisse agir)
Et enfin niveau 3: quelles sont les solutions pour éviter les répétitions de mes erreurs...
(PS: oui j'ai déjà dit des gros mots en classe... je n'en dis plus depuis que ça me coûte 9 pts sur le système d'auto-évaluation que je m'applique en coopération avec mes élèves de SEGPA).
Autre piste après la lecture: trouver un (bon) groupe d'analyse de pratique...
Cordialement.
J'aime beaucoup votre histoire des 3 niveaux d'analyse.
En fait je connais certains de mes points négatifs comme : dire des gros mots (ça m'arrive de temps en temps), m'énerver (ça m'arrive plus souvent, et généralement ça ne sert à rien, au contraire ça ne fait qu'empirer la situation), laisser faire lorsque je ne me donne plus la force necessaire pour intervenir ... il y en a d'autres, mais il s'agit des principaux points négatifs.
J'essaye d'amèliorer ces 3 points, mais ce n'est pas si simple, sans compter que le fait de s'énerver, est nouveau pour moi, cela est apparu lorsque je suis devenu prof ...