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XIII. L'exemple des profs !

1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 15:56

 

Peut-être en avez-vous déjà entendu parlé ? C’est un sujet qui a été introduit durant la campagne présidentielle par notre président. Il avait nommé certains élèves "les orphelins de 16h", faisant allusion aux élèves qui finissaient l’école, mais qui n’avaient pas leurs parents à la maison, puisqu’ils travaillaient.

Pour remédier à ça, dès la rentrée de l’année dernière, a été mis en place le dispositif "l’école après l’école" uniquement dans les établissements difficiles. Pour cette rentrée, tous les établissements en bénéficient.

Les parents qui le souhaitent peuvent inscrire leurs enfants à ce dispositif jusqu’à 18h, 18h30 suivant les établissements. L’élève peut être inscrit à une aide au devoir (principalement) où éventuellement à toute autre occupation (théâtre, foot, danse, peinture, …) qui peut être proposée par l’établissement.

 

A mes yeux, deux injustices prennent forme avec ce dispositif.

 

La 1ère concerne directement les élèves et les parents. Les places disponibles pour ce dispositif, dépendent du nombre d’encadrants. Tous les adultes travaillant dans l’établissement peuvent participer à ce dispositif : assistant pédagogique (surveillant), CPE, documentaliste, enseignant, …

Si dans les établissements classiques, les enseignants peuvent effectuer des heures supplémentaires sans problème apparent, ce n’est pas le cas dans les établissements difficiles, car prendre des heures supplémentaires n’est pas toujours évident dans une semaine lourde et éreintante. Bref, peu d’adultes participent à ce dispositif, les places sont donc comptées pour les élèves.

Ce qui pousse à faire un tri. Les élèves prioritaires sont ceux dont les parents travaillent et ne sont pas chez eux aux horaires de l’école après l’école.

Donc ce ne sont pas forcément les élèves qui ont besoin de soutien qui sont prioritaires.

Notre rôle est donc réduit à aider les élèves qui ont besoin d’une garderie ! Enfin heureusement pour nous, il reste des places disponibles après cette "catégorie" et ce dispositif reste néanmoins intéressant.

 

Pour la 2nde injustice, cela concerne la rémunération, car voyez-vous, les documentalistes, les CPE ainsi que les assistants pédagogiques sont payés deux fois moins que les enseignants !!! Tout ceci pour faire bien évidemment le même travail. Ce n’est pas vraiment équitable.

Il paraîtrait que c’est en phase de modification à voir …

 

Ces deux injustices méritent d’y jeter un coup d’œil pour les supprimer. Malgré tout je perçois ce dispositif, de manière positive. Même s’il s’agit de palier au manque des parents (même sans être présents chez eux, ils doivent avoir de l’autorité sur leur progéniture), car le but est d’éviter de voir nos élèves traîner dehors et faire des bêtises. Et bien évidemment les élèves qui viennent à l’école après l’école ne sont pas concernés par ce genre de chose.


Photo : Bords de Seine, Paris.

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commentaires

lorpol 17/10/2008 10:26

Puisque lire vous fatigue, je fais court :

1) Je n'ai pompé mes propos chez personne... C'est une caricature certes, mais j'ai vécu la majorité de ce que je décris. Encore je n'ai pas parlé de mes efforts désespérés pour inciter mes collègues de lettres à se bouger un peu le c... pour donner un peu d'oxygène à la matière. Tout était prêt, le financement du projet, les intervenants,... Il ne manquait que leur collaboration et c'était soit trop leur demander soit vexant pour elles qu'un petit jeune prétende faire mieux qu'elles. Je passe sous silence le trouduc' pourtant pas quarantenaire qui est allé se plaindre au proviseur du bruit que faisaient les élèves au début et à la fin de mes cours en mettant les tables en U et pas en rang, ajoutant même, le perfide, qu'il entendait des rires. Tout ça et d'autres encore, malheureusement, c'est du vécu, pas de la caricature.

2) Le syndiqué : Moi j'ai fait deux bahuts comme prof et 4 comme pion, et l'espèce était toujours représentée (c'était il y a une petite quinzaine d'années, c'est vrai, et pas dans des collèges de banlieue où les jeunes profs sont majoritaires). De plus, les syndicats continuent il me semble à jouer un rôle prépondérant (et selon moi coupable) dans le (bloquage du) système. Sur un plan pratique, savez-vous que des délégués syndicaux siègent aux commissions de mutation et qu'ils appuyent les demandes de leurs affiliés et pas celles des autres ? Ca explique le taux de syndicalisation...

3) J'ai encore fait trop long. Ayant dit tout ce que j'avais à dire, je vous engage à faire ceci : Essayez de vous projeter dans l'avenir et imaginez-vous à 55 ans toujours plongé dans ce milieu. Vous y êtes ? Maintenant prenez les jambes à votre cou et fuyez pendant qu'il est temps, c'est tout le mal que je vous souhaite.

Bon courage...

Proald 17/10/2008 23:30


J'espère bien que vous ne copiez pas vos propos. C'était simplement pour vous faire voir que vos propos étaient un poil caricaturés.
Toujours la question sensible de la disposition des tables : en U, en long 3 par 3, chaque table individuelle avec 2 longues rangées. Et le tout dépend également de la disposition de la salle elle
même.

Je sais en effet que des syndiqués siègent aux commissions de mutation, mais il faut arrêter de croire qu'ils peuvent pistonner ou non quelqu'un. Il y a des barême, et il est impossible de booster
une personne.
La seule et unique solution et de faire passer un prof sur le mouvement spécifique pour n'éveiller aucun soupçon. Et là ceux sont plutôt les connaissances des inspecteurs ou autre qui en
profitent.

Je vais vous dire une chose. Je me suis syndiqué la 1ère année d'enseignement, dans le seul et unique but d'être INFORMé. C'est tout. Et je ne pense pas être le seul dans ce cas là. Car le rectorat
de délivre aucun conseil pour les mutations. Et le système est extrêmement complexe, il mériterait même une formation à lui tout seul ! Dès fois, je me demande même si l'état ne fait pas exprès
d'entretenir les syndicats. Car essayez de téléphoner au rectorat pour une information, une fois sur 2 on me balade de service en service, et on fini par me raccrocher au nez, si si !

J'espère surtout qu'à 55 ans, je ne serais plus en banlieue parisienne, car je n'aurais plus la force physique et morale pour y travailler. Et si il y a bien une chose à laquelle je n'ose même pas
penser, c'est les mutations, ça me ruine le moral.


Lorpol 16/10/2008 13:12

Je me rends compte en lisant mes propos que j'ai été bien dur avec vous qui ne le méritez certainement pas (le simple fait de tenir un blog marque déjà une capacité à se remettre en question et à prendre de la distance, ce qui est donc bien). Mes propos ne vous visent pas personnellement mais fustigent le corps professoral dans son ensemble, très loin de moi la volonté de vous offenser. Les profs sont en fait comme vos élèves, pris individuellement, ils sont généralement biens, mis ensemble, ils deviennent imbuvables.
Pour reprendre mes métaphores animalières, on donne à un troupeau de ruminants une meute de jeunes fauves à garder , que voulez-vous qu'il se passe ?
Je reste persuadé que les élèves et le système ne sont pas les principaux responsables de la situation actuelle. Evidemment, les uns comme l'autre sont loin d'être parfaits mais globalement les profs et les proviseurs / principaux disposent d'outils efficaces pour mener à bien leur mission. Le problème c'est qu'ils ne savent pas les utiliser ou le plus souvent ils ne le veulent pas : toute nouvelle réforme est mal accueillie et dans les faits non réalisée, les circulaires, tout le monde s'asseoit dessus et continue pépère, à l'ancienne (d'accord les circulaires sont mal pensées, contraignantes, absurdes,... mais personne en fait ne se donne la peine d'en saisir l'esprit et de l'adapter à la situation précise de son établissement).
Béatrice parlait de plan à propos des projets dans l'EN, je dirais plutôt "cadre". Les circulaires ministérielles sont des cadres, elles définissent l'orientation à suivre, ce ne sont pas de bêtes consignes à appliquer, à chaque établissement ensuite de tracer son propre chemin dans ledit cadre, et c'est là que le bât blesse : Prendre de l'initiative, le corps enseignant ne sait ou plutôt ne veut pas faire.
En gros, comment se passe une réunion péda au collège ? le principal sait qu'il va affronter les réticences des profs devant les nouvelles propositions, donc il y va prudent, du genre "le ministère nous demande de..., je sais c'est contraignant, mais c'est pas moi, ça vient d'en haut..." donc le gars ouvre le parapluie et surtout, surtout à aucun moment n'agit en vrai manager (et comment le serait-il, la formation du personnel de direction de l'EN est encore plus commique que celle de l'IUFM), il n'est qu'une (mauvaise) courroie de transmission.
Suite de la réunion : les profs râlent, le syndicaliste de service jubile, prend furieusement des notes pour préparer son mot d'ordre de grève et le principal essaye de répartir les rôles : "Voyons voir, alors, où j'ai mis ce papier ? Ah voilà ! Ecoutez s'il vous plait (car le prof en réunion est terriblement dissipé, enclin à causer avec le voisin, n'ecoute que vaguement ce que tente péniblement d'expliquer le chef, il ressemble furieusement à ses élèves en fait)... Ils nous disent qu'il faut un référent pour chaque niveau, il y a des volontaires ? Bien entendu il y a une décharge horaire et une petite prime".
Décryptage : on sait toujours pas où on va mais il faut des noms à envoyer au rectorat, on sort donc la bonne vieille méthode de la carotte (jamais celle du bâton, d'ailleurs le proviseur n'en a pas, c'est pas compris dans l'uniforme, c'est d'ailleurs à ça qu'on reconnait un proviseur d'un commissaire, le premier n'a pas de bâton). Dans le tas, il y en a toujours qui ont besoin de 2 heures par semaine pour aller au yoga avant d'aller récupérer les enfants à l'école ou pour qui petite prime ajoutée à petite prime permet d'aider à payer les traites du pavillon, donc on trouve assez facilement des responsables.
Troisième étape : "On a bien bossé chers collègues, je vous invite à la cantine pour boire un pot" ponctué d'un large sourire et d'un "Aaahhh" de soulagement (et/ou d'intérêt pour la sangria) des profs. Pendant le pot, si on est en début d'année, les anciens se racontent leurs vacances, plaisantent bruyamment, une queue se forme autour de l'adjoint pour essayer de faire changer son emploi du temps (toujours pour de bonnes raisons pédagogiques) et les nouveaux se tiennent timidement près des murs, flûte de mousseux à la main en attendant que quelqu'un les remarque, ce qui finit par arriver. En général, c'est le délégué syndical qui fait le premier pas. Après avoir dressé un bilan forcément noir de la situation, il t'invite à te syndiquer ("c'est pour ton bien, on te défend, et puis c'est important le syndicat, surtout dans les demandes de mutation")et te présente à quelques anciens. Là, nouvelle couche de bienvenue : "Ah, c'est toi qui tu remplaces Mlle Laporte ? Salut. La pauvre, ils lui en ont fait tellement voir qu'à la fin elle l'a prise d'elle-même (la porte, vous suivez ou quoi ?). Mais bon, passons, je veux pas te casser le moral avant de commencer... Tu viens d'où ?". Bienvenue à Profland, pays des motivés.
Si le pot est en cours d'année (plus rare), la discussion tournera invariablement autour de ces plaies de bons à rien d'élèves, ceux là même qui devraient être votre raison d'être mais qui font rien que vous énerver, les petits cons, à croire qu'ils le font exprès. Je vous rassure, chers profs, ils le font réellement exprès.
C'est tout ? Oui c'est tout. Le proviseur a distribué les cartes d'un jeu dont il a oublié de définir les règles, il a acheté la paix sociale et obéi à sa hiérarchie, il est content. Les profs finalement mettent en place les nouvelles structures dans lesquelles ils continuent d'utiliser les vieilles méthodes. De loin, ils ressemblent à une équipe pédagogique, de près il n'en est rien(à un point tel beaucoup de profs passent une année scolaire sans s'échanger un mot autre que bonjour à certains de leurs collègues). Ils ne sont pas contents mais comme dit l'autre : "Après moi le déluge". Restent les victimes, les élèves. Mais eux on ne leur demande jamais ce qu'ils veulent et c'est pas prêt de changer.
Personnellement, je ne supportais pas ce milieu et plutôt que de passer ma vie professionnelle au mieux médiocrement, j'ai démissionné. Mais si demain on annonce que l'EN recherche des enseignants volontaires pour former une vraie équipe autour d'un projet pilote cohérent et innovant en milieu défavorisé, je me porterai volontaire avec joie. On peut se demander d'ailleurs ce que l'EN attend pour lancer ce type de projet : je suis sûr qu'il y aurait des volontaires compétents et sur le plan méthodologique et pédagogique, d'excellentes solutions existent, n'attendant qu'à être mises en oeuvre. Mais vous savez quoi ? Monter un tel projet c'est prendre le risque de le voir réussir et donc de devoir avouer publiquement que la voie sur laquelle l'EN s'est engagée depuis 30 ans n'est pas la bonne. C'est pas demain la veille, aussi désolé jeunes gens mais vous n'entendrez plus Lorpol (pseudo débile Béatrice on est d'accord) expliquer à un auditoire captivé que la bande des Montaigu a voulu tricard celles des Capulet. Motif de l'embrouille : un certain Roméo a niqué Juliette. Z'y-va qu'ils étaient vénères les Capulet qu'un bâtard de Montaigu touche une de leurs meufs ! Parole, la baston assurée, ses couilles qu'ils voulaient lui faire bouffer à l'autre bouffon de Roméo. Sauf que ça a tellement dégénéré que Roméo et Juliette sont morts tous les deux et que les deux bandes se sont retrouvées toutes cons. Pouvaient bien se pardonner, c'était trop tard... Ca vous rappelle pas la téci tout ça ?
Et ça MARCHE, ils avalent Shakespeare, s'intéressent ensuite à la langue, ("c'est zarbi M'sieur comme y causent dans Le Cid" Réponse "Toi aussi Momo quand tu parles je comprend pas tout...Et les alexandrins, pour le rap c'est trop bon". Et de fil en aiguille... Mais la vie de ma mère, si un enculé d'IPR me voit faire ça il me tue. Au CAPES, à l'épreuve sur dossier, on m'a demandé de préparer un cours sur la lecture de l'image pour les Terminales L en prenant comme support... Boule et Bill et on attendait de moi une interprétation psychanalysante de la planche, le ridicule ne tue pas !

Proald 16/10/2008 22:10


Merci, pour cette petite marque. Moi aussi je trouve, un peu trop dur en effet.

"Mauvaise courroie de transmission", c'est sûr. C'est un poste charnière, qui me semble particulièrement bancal et malsaint. Entre les profs à gérer et le rectorat, ça doit être l'horreur !

Le prof est extrêmement dissiper, mais le cours, heu pardon la réunion est d'un ennui, comme je l'ai dit précédemment, les réunions ne sont pas un lieu d'échange mais un pur monologue ... J'espère
juste être plus vivant en cours ...

Des pots !!! Dans l'établissement ? Perso, il y en a un seul et unique par an, c'est celui de la rentrée. Car pour la fin de l'année, c'est l'amicale (association du personnel de l'établissement)
qui organise.
Ah et pour info, dans mon établissement, il y a bien évidemment des syndiqués, mais simplement pour obtenir des info, comme sur "Comment faire ses mut' ?", car le rectorat ne délivre aucune info
sur le sujet.
Et des syndiqués comme tu décris, je n'en ai jamais vu. Il y a qu'au cinéma où nous pouvons voir des trrucs pareil, ou alors c'était dans les années 60 !

A mon avis, ta piqué ton registre à la BD des profs. Tu sais la BD qui caricature les professeurs ...

Sinon une dernière chose, j'aime bien écrire, mais pas trop lire ...
;-)


Béatrice 15/10/2008 19:22

Ahhhhh ! Plein de choses !
D'abord Lorpol (c'est quoi ce nom ?):
Je suis globalement d'accord avec vous, globalement, en plus je me suis plantée sur le public, mais pas complètement...
J'ai dit "obligation de moyen" dans le sens juridique du terme, en donnant comme exemple celui de la médecine, le médecin n'est pas obligé de guérir le patient, c'est un non sens, il est obligé de mettre en oeuvre tous les moyens en sa disposition pour le guérir, et si malgré cela le patient décède il ne peut en être tenu responsable, car il aura fait TOUT ce qui est en son pouvoir. Je pense que cette obligation de moyens doit être appliquée à l'Educ Nat, car cette vénérable maison travaille sur de l'humain comme le médecin. Donc la question est: l'EN fait elle tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir le résultat visé?
Je persiste, l'administration ne doit pas singer l'entreprise. Les exemples navrants: les réunions, le projet. Il m'est arrivé de recevoir des gens de l'EN désireux de faire un stage en entreprise, pas n'importe lesquels, des personnels de direction, principal ou proviseur... Abasourdie je suis !!!
J'ai assisté à une de leurs réunions, c'est épouvantable, avant de m'endormir je me suis dit: ces gens ne savent pas faire de réunion, ils ignorent ce qu'est la conduite d'une réunion, ce n'est pas leur métier, ça ne leur sert à rien, pourquoi le font ils ?
Le projet:
J'ai cru mourir de rire. Le stagiaire me demande qu'elle est ma conception du projet, je lui répond, il ouvre de grands yeux hébétés et me tend le "projet" de son bahut. C'est pas un projet, comment pourrait il en être un ? Pris dans un carcan d'obligations, de directives, de pauvreté administrative et bureaucratique. Leur projet est en fait un plan, une planification. Qu'ils appelent ça un PLAN, pas un projet.
ça ne leur sert à rien, pourquoi le font ils ?
Et tout ce verbiage managerial des années 90 ! Ce jargon abscon et prétentieux, je cite:
- Le chantier
- Le pilotage
- Les outils (pertinents)
- Les acteurs
etc etc

L' EN est UN SERVICE PUBLIC, pas une entreprise, que cesse cette confusion lamentable ! Non mais !

La suite plus tard...

Proald 16/10/2008 21:51


Les réunions ressemblent la pluspart du temps à un monologue, et c'est d'un ennui ... j'espère simplement être plus attractif devant mes élèves ...
Sinon, j'ai honte de moi.


lorpol 14/10/2008 15:43

Hihi, je savais bien qu'en parlant d'obligation de résultat je ferais hurler et serais exposé au pilori, j'assume !

Il est pour moi plus que paradoxal que des profs qui passent leur vie à évaluer à tour de bras refusent qu'on en fasse autant avec eux, c'est tout. Ca me met hors de moi que dès qu'on essaye de réformer l'éducation nationale, les enseignants s'opposent en bloc systématiquement parce que la sitation finalement leur convient et qu'une mise à plat du système mettrait au grand jour les carences du système (réelles et indéniables, tout ce qu'écrit Proald dans son blog est vrai) mais AUSSI les carences individuelles.

Je lisais l'article de Proald sur les petits 6ème, si mignons... Comment se fait-il qu'en un an ces petits anges avides de savoir se transforment en diables, la faute à qui, à la génétique, aux hormones, aux parents, au système ? D'après moi, d'abord la faute aux profs qui sont incapables de continuer à les intéresser, les élèves se font chier en cours, voilà ce qui les rend dissipés au final. Ce n'est pas une question de moyens, Béatrice, vous vous trompez, les moyens y sont (en matériel, en heures supp', en classes aménagées, en formation etc.), c'est une question d'état d'esprit, de volonté et de motivation du corps professoral et dirigeant, et cette volonté leur manque.

Exemple : Proald brocarde la réunionite dans un article, mais là encore il se trompe de combat, le problème n'est pas le trop grand nombre de réunions, le problème est que ces réunions sont mal organisées, leurs objectifs mal définis et que leurs participants ne s'y sentent pas concernés. Officiellement pourtant, chaque établissement devrait avoir un projet pédagogique et transdisciplinaire et, au vu des nombreux problèmes que rencontrent les établissements, les réunions devraient être un lieu d'échanges fructueux et constructifs, ne croyez-vous pas ? Mais non, il est bien plus facile de stigmatiser les parents défaillants, le système radin que de former une véritable équipe pédagogique prenant les problèmes à bras le corps. Les réunions échouent parce que les profs ne veulent pas s'impliquer, point barre.

Alors on peut taper sur le privé, mais chez moi les réunions sont fréquentes et constructives, tout le monde y arrive préparé (eh non, pas vraiment moyen d'attendre que l'heure tourne en griffonant des p'tits Mickeys sur sa feuille, le chef veille...), les problèmes y sont cernés, les objectifs et les moyens clairement définis, et les décisions prises en équipe sont réellement mises en oeuvre. Globalement, personne ne se plaint d'y perdre son temps.

Béatrice, je ne travaille pas en France qu'avec des adultes ou des enfants de riches, mais surtout avec des enfants et des ados primo-arrivants de différentes cultures qui nous sont envoyés par les collectivités locales et les services sociaux qui payent les cours que le public n'est pas capable d'assurer (il y aurait beaucoup à dire sur l'échec pitoyable de l'intégration des étrangers dans le système éducatif public, mais c'est un autre débat...). On ne peut donc pas parler de public privilégié, pourtant les résultats sont là, en deux-trois ans les apprenants deviennent bilingues et les enfants (enquêtes à l'appui) ont de bien meilleurs résultats aux tests nationaux d'évaluation que la moyenne. Je ne vois donc pas pourquoi le public ne serait pas capable d'obtenir les mêmes résultats.
Contrairement à mes collègues du public je n'ai pas de décharge horaire pour la formation continue, personne ne me rétribue les heures passées à chercher la meilleure pédagogie différenciée (on n'enseigne pas le français de la même façon à un Espagnol et à un Japonais pourtant dans la même classe)mais je ne plains absolument pas, je suis comme je l'ai dit dans un autre post un enseignant heureux et mes collègues le sont aussi.

J'ai aussi beaucoup voyagé et enseigné à l'étranger (j'y suis actuellement) et c'est vrai que notre système n'est pas le pire, je crois cependant que c'est un de ceux dont le ratio moyens / efficacité est le plus faible. La France est un exemple théorique peut-être, mais la pratique...

Quant à l'aspect privé, mon entreprise recherche le profit bien sûr, mais en l'occurence mon profit passe directement par celui du client : client pas satisfait = clé sous la porte.
Le fait de travailler dans le privé n'aliène pas au profit contrairement à ce que vous croyez, je ne vis pas dans l'obsession d'un chiffre X à amener à tout prix et par tous les moyens à un résultat Y et tant pis pour les déchets, vous n'y êtes pas du tout. Je suis dans l'obligation de mettre en oeuvre tout mon possible pour amener TOUS les apprenants à progresser vers un niveau seuil minimal prédéfini. Tout n'est pas toujours tout rose, il y a des difficultés mais on y arrive.
En gros, ce qu'on nous demande, c'est d'y croire, d'en vouloir et de fournir la meilleure prestation possible, si ladite prestation n'est pas bonne, alors je suis viré... Je ne vois pas en quoi ces valeurs "du privé" peuvent nuire à l'éducation nationale, expliquez-moi.

Pour finir, je vais te livrer, Proald, la clé de la réussite pédagogique, la base de la base :
Si tu ne veux pas que l'on te fasse chier, ne sois pas chiant.

Le vrai drame, la rupture dans l'envie d'apprendre est le passage de la pédagogie active de l'école primaire à la pédagogie passive au collège (silence et écoutez...)Rends tes cours vivants (vivant ne veut pas dire bordélique), surprenants, dérangeants (je sais pas ce que tu enseignes, à vue de nez je dirais les maths, mais même les maths ça peut être marrant en se creusant un peu), demande régulièrement à tes élèves (de manière anonyme) de dire ce qu'ils aiment ou pas dans tes cours et remets-toi en question. Explique-leur aussi tes attentes et tes objectifs, mets en valeur les qualités et les capacités de tes élèves au lieu de stigmatiser leurs défauts, ne t'arrête pas aux détails genre chewing-gum ou casquette (je me souviens d'une élève allemande qui tricotait pendant mes cours, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir de bons résultats et n'importunait pas le reste de la classe, dès lors pourquoi interdire ?) bref rends-les actifs et concernés et je te jure que ça ira mieux.

Proald 15/10/2008 16:13



Je t'arrête tout de suite, lorsque tu dis que les enseignants sont contre toute réforme et veulent rester figer dans leurs décadences, je te donne le lien de mes derniers articles, concernant "Ma
réforme idéale".

LXXI.
Ma réforme idéale. 1) Introduction.

Concernant "les p'ti 6ème", tous les 6ème ne sont pas ainsi, et l'année dernière ma pire classe était une 6ème, c'est pour dire !!!

C'est énorme, comme tuer les enseignants, moralement j'entend.

Ah le projet d'établissement ... Ah je te rassure il y en a un dans chaque établissement et dans le mien également. Ce "truc" c'est du vent. Je n'ai jamais compris son utilité. Car normalement il
devrait nous servir de référence, mais je le vois comme une contrainte. Sans cesse entrain de le modifier de charger ce projet, tout ceci pour faire croire que le collège est armé pour son
devoir.

En effet des réunions sont des lieux d'échanges, mais lorsqu'il y en a trop, et que nous en sommes même à faire des réunions pour planifier les futur réunions, ça devient catastrophique !

Tu sais nous avons aussi des primo arrivants chez nous, et avec ces élèves, nous n'avons absolument aucun problème de discipline, après quelques mois, voire un an, ils commencent à entrer dans le
mauvais moule, toi tu dis que c'est la faute des enseignants, je dirais plutôt qu'ils sont noyés dès leurs arrivées au milieu de la cité. Et c'est la même chose pour le collège. Ce n'est pas le
collège qui tire vers le haut le quartier, mais plutôt l'inverse, le collège s'imprégne également du contexte environnent.

Pourquoi crois-tu que je ne me remets jamais en question ?
Lorsqu'une journée ce passe mal, je m'intérroge et me remet en cause.
"Vivant", bien sûr qu'il faut intéresser ses élèves, mais avant ça, ne faut-il pas qu'ils sortent leurs affaires, qu'ils aient leurs affaires, qui n'insultes pas leurs camarades, qui ne se
frappent pas, ...

Pourquoi interdire ??? Eh bien c'est simple : tricotes-tu durant tes cours ? ou autre chose si tu préféres, non ! Mais pourquoi ? Je croyais qu'il était formellement interdit de griffoner
sur des feuilles lors de vos super réunions c'est toi même qui l'a écrit. Ce n'est pas contradictoire ?

Je vais lancer une autre piste. Cette année se passe mieux pour le moment (même si ce n'est que le début). Tout simplement parce que j'ai un an d'ancienneté dans l'établissement et je fais donc
parti des murs. Les élèves me considère faisant parti du collège. Car l'année dernière j'étais le nouveau qui était chez eux, dans leur territoire !



Béatrice 13/10/2008 21:36

Eh! Dés qu'il s'énerve notre M. Proald a l'orthographe qui dérape...Mais j'avoue qu'il a bien raison... de s'énerver.
Il a bien raison M. Proald sur l'obligation de résultat, rien à redire, quelle connerie quand même ! L'obligation de résultat! Non mais...
Ce n'est pas l'obligation de résultat que l'on doit appliquer mais l'obligation de moyens ! Comme en médecine...
Quant aux profs... J'ai fréquenté l'école publique et je dis bravo à tous mes profs (quelle patience!), je dis tous, car dans chaque établissement, collège puis lycée, à part un ou deux hurluberlus, 1 ou 2, pas 10, pas 5, pas 3, sur 60 ou 70 adultes, il n'y avait que des professionnels, pas des tâcherons du privé, non non, des hussards de la République, des Hallucinés du Savoir, avares ni de leur temps ni de leur énergie: chapeau bas.
L'arbre (verreux) cache trop souvent la belle forêt.
Le concours n'a jamais été un certificat de compétence, c'est un mode démocratique et égalitaire d'accés à la Fonction Publique, le moins mauvais qu'on ait trouvé. C'est la Formation qui permet au recruté d'être efficace et compétent. Ce qu'a fort bien compris l'entreprise privée qui met les moyens où il faut. Une bête à concours n'est donc pas forcément un bon prof, ou agent, car dans l'expression bête à concours il y a le mot "bête", comme bête à manger du foin.
Je parie que les élèves étrangers sont des adultes, donc qu'ils ont une autre motivation, et même s'ils sont des enfants, je les imagine plutôt de bonne famille et trés motivés d'autant plus motivés qu'ils payent.
Je travaille beaucoup sur l'étranger et je constate à chaque fois l'intérêt de ces étrangers (étranges!) pour notre système éducatif, sa performance, sa qualité, sa richesse et son efficacité.
Nul n'est prophète en son pays...
Mais sincèrement je suis persuadée que l'école publique plus que n'importe quelle autre administration ne doit singer les méthodes du secteur privé qui poursuit de tous autres objectifs, dont le principal est le PROFIT, le profit de l'entreprise, pas celui du client.

Proald 15/10/2008 15:25


Je n'arrive pas à faire deux choses à la fois, me concentrer pour retenir tout ce que j'ai à dire (le clavier ne vas suffisament vite) et l'orthographe !

Rien à ajouter ...


lorpol 13/10/2008 11:12

Deux petites précisions s'imposent :
1) Je ne suis pas le chantre de la privatisation à tout va, je dis simplement que l'application de certaines méthodes du privé, et surtout l'obligation de résultat, gagneraient à être appliquées dans le public. Je suis persuadé que l'impunité des profs nuit à leur motivation. Nous avons tous connu pendant notre scolarité ou parmi nos collègues de véritables catastrophes pédagogiques ou des glandeurs finis dont la seule présence dans un établissement sabote aux yeux des élèves, des parents et des collègues le travail de ceux qui eux essaient de bosser consciencieusement. Ces personnes ne sont pas la majorité, j'en conviens, mais au final ce sont elles les vrais bénéficiaires du système : ils ne dépriment pas, n'ont pas de cas de conscience professionnelle, ne s'investissent qu'au minimum et attendent tranquillement la retraite en gravissant les échelons à l'ancienneté. Vous les connaissez, ce sont souvent les mêmes qui, condescendants, recommandent à leurs jeunes collègues pleins de foi et d'envie de bouger les choses de freiner leurs ardeurs s'ils veulent rester en bonne santé et qui sont malheureusement écoutés au lieu d'être dénoncés. Eh bien ces personnes, dans le privé, seraient immédiatement virées, et je ne verrais rien de choquant, au contraire de vos syndicats, à ce que le public en fasse de même. Car il est là le problème, le système entretient l'inertie, favorise de facto la médiocrité et le train-train là où il faudrait dynamis(t!)er et invite les "rebelles" (élèves ou profs) à vite rentrer dans le rang, à se couler dans le moule.
2) Je ne remets absolument pas en cause les compétences théoriques des professeurs, ils ont le niveau, le CAPES est (du moins était il y a encore 10 ans, je ne sais pas maintenant...)un concours sélectif, je suis au contraire surpris de voir comment ces bêtes de concours survitaminées sont lessivées en quelques années. Comment se fait-il qu'un jeune prof capable de disserter brillamment ne soit pas capable d'apprendre à ses élèves à écrire sans fautes ? Comment se fait-il qu'un élève de 4ème ne sache pas ses tables de multiplication ? La faute en est clairement aux enseigants, pas aux élèves, ni à la télé, ni aux SMS, portables, calculatrices ou pseudo-méthodes pédagogiques. Mes élèves étrangers écrivent un français infiniment plus correct que les jeunes Français et se demandent pourquoi ces derniers font tant de fautes, c'est tout de même un monde !
Oh, l'heure tourne, faut y aller...

Proald 13/10/2008 11:53


L'obligation de résultat, est forcément chiffrée et je trouve ceci détestable. Car chiffrer autre chose que de la production ou de la vente me semble mal venue.
En tant qu'enseignant, je passe forcément plus de temps avec un élève en difficulté qu'un autre. Donc si nos résultats sont chiffrés, ceci veut dire qu'il faudra avoir la culture du chiffre, avoir
le maximum d'élève ayant compris et oublier les autres, les laisser tomber. Nous pouvons toujours chiffrer les choses, mais attention il faut utiliser le bon algorithme, à manier avec
précaution.

C'est sûr que le système de notation des enseignants est probablement à revoir. Le plus important est sûrement de modifier le mode de recrutement qui ne me semble pas du tout adapté. Car il est
nullement basé sur la motivation du métier (entre autre).

Ayant travaillé quelques temps dans le privé, des planqués il y en a autant dans le privé que dans le public. Mais les personnes extérieures ne le voyent pas, contrairement aux
enseignants.

Pour le petit 2), ça me paraît très clair. Préparer des personnes à un concours, n'est pas synonyme de préparation au futur métier, et il ne faut pas compter sur l'I.U.F.M..
Ce manque flagrant de formation nuit aux futurs profs, mais pénalise également l'enseignant dans ces premières années voire sa carrière compléte. Car pour se former il ne peut compter que sur lui
même. L'autoformation est économique au moins.

En plus, comme je le dis souvent, même si les deux sont liés, mon objectif principal n'est pas d'apprendre quelque chose, mais d'obtenir le calme. Un aveu ou désaveu peut être ...
Le temps passé à faire le gendarme, est évidemment perdu pour l'apprentissage.


Béatrice 12/10/2008 22:31

Privatisés. C'est déja fait en quelque sorte, puisque l'école privée existe depuis bien plus de temps que l'école publique. Il n'existe donc pas de monopole comme pour la Poste ou EDF.
A mon avis le risque est autre. L'école publique va devenir une garderie à cas sociaux et pauvres diables, tandis que les nantis auront leurs propres établissements privés, chasse gardée et excellence.

Proald 13/10/2008 10:22


Je ne préfére pas y penser.


Béatrice 11/10/2008 20:57

Je me suis laissé dire que l'Educ Nat est un vrai panier de crabes. Mais ça c'est pour le jeu de mots.
En fait je suis trés inquiète pour les profs, mais surtout pour le service public en général, que nos gouvernants sont en train de mettre en pièce et de vendre à l'encan.

Proald 12/10/2008 16:48



Un jour, nous serons peut être privatisé à notre tour.



beatrice 09/10/2008 19:16

Ca envoie !

avec Xavier D. finit le Mamouth et l'Autruche, bonjour à la gazelle (famélique).

Proald 11/10/2008 15:02


Nous allons faire tous les animaux ainsi ???


lorpol 09/10/2008 13:42

Je découvre ce blog et un mot me vient à la bouche : frustré, voilà l'impression que vous donnez, pas (ou peu)un commentaire positif sur votre métier, vos contacts avec les élèves, vos seules petites joies sont celles de la vengeance mesquine genre faire asseoir l'élève qui pue des pieds à côté d'un perturbateur, tout cela est triste, triste... Le plus triste étant que vous êtes, malheureusement, représentatif de l'espèce enseignante. Je me sens d'autant plus à l'aise pour le dire que j'ai moi-même appartenu à la confrérie pendant deux ans (5 si on compte les années de pionnicat et l'IUFM). Ce qui me déprimait beaucoup plus que les cours, c'était l'ambiance en salle des profs, la "gueule" et l'inertie quasi perpétuelles de la majorité de mes collègues qui,le 1er septembre n'avaient qu'une hâte : être à la Toussaint et de retour de la Toussaint à Noël, l'hypocrisie méchante, aveugle et autosatisfaite des proviseurs et je passe sur les ubuesques inspecteurs.
Le lycée où j'excerçais était pourtant un lycée rural sans réel problème de discipline, je dirais même que toutes les conditions étaient réunies pour y faire de l'excellent travail, il ne manquait pour cela qu'une chose : des profs et une direction motivés, à l'écoute des élèves et j'irai même jusqu'à dire le mot tabou, AU SERVICE de ces derniers. Or, sauf rare exception, je ne connais pas de prof vraiment persuadé qu'il est là POUR les élèves et qui agit donc en classe pour leur bien et pas pour sa propre paix.
Donc, à voir les têtes de vos semblables, j'ai été pris de panique à l'idée de rapidement leur ressembler et j'ai adopté la seule solution de survie possible, que je vous conseille d'adopter à votre tour avant qu'il ne soit trop tard (car vu la teneur de vos billets, vous donnez déjà l'impression, malgré votre jeune âge, d'être un aigri) : la démission d'un milieu gangréné et irréformable tant l'inertie qui y règne est lourde (au passage, les profs et les syndicats, en s'opposant systématiquement à toutes les tentatives de réforme, sont largement responsables de la situation dramatique dans laquelle ils sont et qu'ils déplorent tant).
Aujourd'hui, j'enseigne encore (le français pour des apprenants étrangers) mais dans le privé, et avec un grand bonheur. Mes élèves sont mes clients et à ce titre, j'ai le devoir de leur offrir le meilleur service possible et de répondre à leurs attentes (demande-t-on parfois dans le public aux élèves quelles sont leurs attentes ? Non, c'est "assieds-toi, tais-toi et écoute", une classe réussie est une classe silencieuse, l'intérêt ne vient qu'après ). Et cela fonctionne très bien, je suis content de mes élèves, de mes cours et la réciproque est vraie, les élèves sont contents de moi (Si, si... je le sais, ils m'évaluent à la fin de chaque trimestre et ces évaluations me sont bien plus précieuses dans mon regard sur mon travail qu'un rapport d'inspection).
Le revers de la médaille, c'est que je n'ai pas la sécurité de l'emploi (si mes élèves n'étaient pas contents de moi, ils en informeraient la direction, demanderaient à changer de prof et je me retrouverais au chômage) mais à la limite, cette précarité me pousse à être performant, contrairement à vous (je dis "vous", pas vous perso mais les profs du public) qui pouvez passer des années dans la médiocrité pour ne pas dire pire sans risquer autre chose qu'une mauvaise note administrative. Et puis bon, j'ai beaucoup moins de vacances, mais je suis un prof gai, heureux, épanoui, jamais je ne pense aux vacances dès la rentrée.
J'ai donc en fait renoncé à deux privilèges que les profs ne veulent surtout pas perdre, même si évidemment ils n'osent pas le dire ouvertement : le manque de responsabilité dans l'échec des élèves et les vacances.
Je me souviens qu'à l'époque où j'étais encore des vôtres, Allègre avait annoncé son intention de "dégraisser le mammouth", proposé un plan de réforme du système tout à fait intelligent et réalisable qui remettait l'élève au centre du système et responsabilisait l'enseignant. Que de critiques alors ! Que de hauts cris ! "Comment ? On ose insinuer que nous ne sommmes pas compétents ? Que nous faisons mal notre travail ? Quel scandale, mais c'est pas de notre faute si ça va mal, c'est parce qu'on manque de moyens". Ca fait sourire, ce manque de moyens, quand on pense à tout le matériel pédagogique inexploité entreposé chez tous les intendants des établissements de France et de Navarre, à tous les projets éducatifs transversaux avortés parce que les profs refusent de coopérer ("Ah ben non, hein, je vais pas accompagner les 4ème C au musée mardi moi, j'ai pas cours le mardi et je suis prof de SVT, pas d'histoire-géo,..."), aux proviseurs qui se voilent les yeux et refusent de coopérer avec les services sociaux, les collectivités locales et la police pour ne pas être mal vus au rectorat ("Chez nous il n'y a pas de drogue, ni de racket, ni de violence, chez les autres, je dis pas, mais ici, globalement, c'est calme"). Allègre fut démisssionné, l'autruche remit sa tête dans le sable et le mammouth reprit fièrement sa pesante marche vers son autodestruction.
Maintenant, dis-moi honnêtement, cher Prof à la dérive, n'ai-je pas raison ? Merci de me répondre...

Proald 11/10/2008 15:01


Le milieu dans lequel j'enseigne déteind sur moi même, et m'influence, non pas de manière positive ... Parfois je m'en rend compte, mais c'est ainsi. Il existe certaines joies que j'ai en
travaillant, je n'en fais que rarement part sur ce blog (un tord probablement), car je mets ce qui me choque, et les points positif me choque rarement.
Sauf ces derniers temps, où j'ai plusieurs choses à dire, ces articles ne vont par tarder à être publiés.

Sinon, je vais rebondir sur vos propos, oui mon 1er objectif est d'obtenir le calme (je ferais mieux de dire l'autorité), et non pas d'enseigner !!! Un paradoxe, je vous l'avoue.

Concernant le niveau des enseignants, il me paraît dur de le juger, car voyez vous, les enseignants ne sont que rarement inspectés, une fois tous les 5 à 10 ans, tout dépend de la matière enseigné.
Le fait d'être jugé en 55 minutes maximum par une personne qui n'a plus eu d'élèves devant lui depuis une ou plusieurs décénnies, et qui impactera votre vie professionnelle, c'est sûr, ce
n'est vraiment pas positif.

Par contre, j'ai comme l'impression que vous êtes beucoup plus négatif que moi !!! Même si vous avez quitté "la maison", attention, prenez garde à ne pas trop critiquer le système éducatif ...

Cet été, j'ai publié plusieurs articles sur mon blog, concernant "Ma réforme" idéale, pour mieux faire comprendre aux personnes extérieurs ou non, ma vision de l'éducation nationale. Si j'ai fais
ceci, c'est aussi pour montrer ma volonté de faire changer les choses, bien sûr, je ne suis qu'un simple prof, mais je peux toujours m'imaginer, espérer le changement tant attendu.

Et croyez moi, nombreux sont les enseignants à vouloir un changement important dans leur métier.

J'espère avoir répondu à toutes vose attentes.


july 05/10/2008 12:46

vos élèves étant de futur parents...il faut commencer l'éducation et leur apprendre le respect dès la maternelle...comme ça plus tard quand ils seront parents, ils auront le sens des responsabilité, les parents actuel n'ont aucun sens des responsabilités qui leur incombe et se reporte sur l'enseignement et l'éducation le ministère ne s'appelle donc pas innocemment Ministère de l'éducation...ce n'est pas après les cours que ça rentrera mieux après une journée de classe ils sont déjà fatigués en arrivant le matin because les jeux vidéos et la TV...à moins de tout supprimer, sinon aucune chance...bon courage aux enseignants...

Proald 11/10/2008 11:16


Un peu négatif tout ceci ... mais réaliste ...


Marie 03/10/2008 15:27

Ce que nous a dit un inspecteur de vie scolaire venu de l'inspection académique de Melun l'an dernier c'est que le rôle d'un enseignant aujourd'hui est de "faire de la garderie" et de "maintenir la paix sociale". On y est !
Je me refuse à ce genre de dispositif qui déresponsabilise les parents encore plus, et qui, bien souvent, est pris comme une punition, et non pour une chance pour les élèves qui en ont le plus besoin. C'est triste, mais c'est ainsi.

Proald 11/10/2008 11:13


Ce dispositif a malgré tout des avantages non négligeable. Maintenant, il a également des points négatif important ... il faut choisir, mais où se trouve la solution ...


Bôôh 02/10/2008 09:15

Un point de détail : il me semble me rappeler de mes lointaines années dans le secondaire que les documentalistes étaient des profs (même parcours de formation et plus ou moins même statut), comment se fait-ils qu'ils n'aient pas la même rémunération des heures sup ?

Proald 02/10/2008 22:21


Je suis désolé, mais je ne sais pas pourquoi. Je connais "simplement" la situation actuelle qui est intolérable !


réa 01/10/2008 21:44

en gros, ce que tu nous dis, c'est que le public ciblé par ce dispositif n'est pas celui qui en bénéficie...

c'est toujours le même problème : on fait des actions de prévention ou éducative et finalement, les gens qui viennent sont ceux qui ne pose pas de problème...

je rencontre ça aussi dans mon boulot.

Proald 02/10/2008 22:19


C'est affligeant comme situation ...


cpe 01/10/2008 19:12

Je pense qu'il y a de grandes différences entre les établissements sur cette question.
Par exemple je suis en ZEP et chez nous il y a beaucoup d'adultes volontaires pour encadrer (donc on ne prend que les enseignants), et peu de gamins;
En effet en ZEP il y a tellement d'heures de soutien en plus, l'école ouverte que les élèves ont déja énormément de soutien et des emplois du temps de ministre.

Pour moi ce dispositif pose 2 problèmes
1: il faut que les parents comprennent que les devoirs sont quand meme à surveiller le soir.

2: si c'est pour enseigner de la meme façon qu'en cours avec juste 8 élèves au lieu d'un peu plus (les élèves sont chez nous 22 par classes et les classes sont dédoublées très souvent)cela ne sert à rien.
Il faut que d'autres méthodes s'appliquent (freinet etc...).

Proald 02/10/2008 22:18


C'est la même chose chez nous, il existe une multitude de soutien en tout genre, d'ailleurs je suis incapable de les énumérer tous !


C'est pour vous

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Le reste est là ...
Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)

Lexique.

Grand corps malade : Education Nationale.


Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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Les articles discutés :
XXXVII.Un élève qui crie sur...le prof.
XLIX.Odeur suspecte.
XLVII.Le surveillant.
L.La note de vie scolaire.
LI.La censure.
XXXVIII.La reconnaissance.