L'actualité de ces derniers
temps nous montre les limites de notre enseignement. Chaque chose doit être réfléchie et pensée, car le poids de nos propos ou de nos actes peuvent gravement nous
nuire.
Malheureusement il arrive que
nous agissons de manière naturelle et ceci nous fait tort. J'ai d'ailleurs vécu plusieurs moment sur le fil du rasoir. Je pense à certaines répliques de ma part.
Comme par exemple le fait de
dire lors d'un contrôle "arrêtes de loucher", ceci était adressé à un élève qui copiait sur la feuille de son voisin. C'était sans compter que cette classe avait un élève qui louchait. Résultat
il s'est senti visé, et les autres élèves ont fait un "OLALA", histoire de mettre la pression à l'élève insulté, comme ils savent si bien le faire.
J'ai donc dû me justifier auprès
de toute la classe …
Deuxième exemple, une élève
mâchait un chewing-gum très énergiquement devant moi, alors que j'expliquais le cours. Je la fixe, et elle continue à mâcher en toute impunité. Je lui dis naturellement "Arrêtes de ruminer comme
une vache.", et ce fût la catastrophe. Car pour les élèves, je venais d'insulter l'une de leurs camarades de vache. Lorsque j'ai réalisé, il était trop tard, le mal était fait. Mais qui n'a
jamais dit ce genre d'expression ? Bien évidemment, il n'y avait absolument pas d'arrière pensée dans mes propos. Il a fallut que je me justifie et que je m'excuse sur les mots
employés.
Un dernier échantillon de ce
genre d'affaire, dire à un élève qu'il est mal élevé, est très risqué, car il s'agit d'un jugement aux yeux des parents, alors que pour ma part, je dirais simplement qu'il s'agit d'un constat
…
Tout ce style de vocabulaire est
à bannir de notre langage, pour avoir des propos plus lisses, plus épurés. Car le risque pour tout enseignant est d'obtenir une jolie plainte de la part des parents, pour insulte (comme
l'histoire du chewing-gum) ou autre.
De plus, si l'un de ces faits
revient aux oreilles du principal par un coup de téléphone d'un parent, vous êtes convoqué dans son bureau pour vous justifier, et mieux vaut faire attention à ne pas renouveler l'expérience trop
souvent.
Par contre, les élèves eux
peuvent insulter ou menacer sans risque. Car entendre "Ah le bâtard" à chaque fois qu'il y a un contrôle surprise est systématique, cela fait parti du langage courant, plus toutes les autres
insultes naturellement.
Et je ne parle pas des menaces,
du simple "Tu vas voir." Que nous entendons plusieurs fois dans la semaine au "Je vais t'enculer." voire plus …
Que récolte l'élève ? Pour le
"Sale bâtard", rien, car il y aurait trop de cas à traiter.
Pour les autres cas supérieurs,
du genre "Je vais t'enculer." ou "Suce ma bite.", l'élève perdra quelques points sur son permis à point, du genre 2 points et 1 ou 2 jours d'exclusion, tout ceci à condition qu'il n'y est pas eu
des faits plus graves sur son compte durant la semaine, sinon votre insulte tombe à l'eau …
Et puis, il y a également les
moments où nous dérapons, je pense notamment au fait de mettre une tape à l'élève (sur son épaule ou son dos par exemple) pour le faire réagir et sortir ces affaires qu'il refuse d'extraire de
son sac. Mais il y a aussitôt un autre élève qui vous rétorquera un "Vous avez pas le droit de frapper". Il y a également l'état d'énervement, lorsque nous sommes à bout, et que nous ne savons
plus quoi faire pour stopper l'élève impoli, insolent, insultant, menaçant et violent bref la totale. Et là mieux vaut se retenir … mais jusqu'au jour où …
Résultat lorsque je suis en cours, je suis sous la peur constante de faire une erreur ne serait ce que dans mon langage. Je fais donc excessivement attention à mes propos et à
mes gestes, car chaque chose peut être interprétée de la mauvaise manière.

Photo : Notre Dame de Paris, Paris.
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