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XIII. L'exemple des profs !

10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 08:49
         A l'origine, j'ai créé ce blog pour montrer la réalité de l'enseignement dans un collège difficile à toutes personnes extérieures de ce cadre. Par la suite, ce blog m'a servit également à extérioriser ce que j'emmagasinais au plus profond de moi même, mais cela ne me suffit plus. Je suis rentré dans l'éducation il y a 2 ans, et voilà où j'en suis rendu :
 
         Je pensais changer les choses, je les subis.
         Je pensais connaître l'enseignement, il n'en est rien.
         Je pensais travailler, je me bats.
         Je voulais transmettre ma motivation aux élèves, mais je l'ai perdu.
         Je voulais discipliner les élèves, ils me disciplinent en m'apprenant leurs propres règles.
         Je voulais enseigner, je fais de la diplomatie et du flicage à longueur de journée.
         Je voulais me faire respecter des élèves, au final ils me tiennent en respect.
         Je voulais ajouter ma pierre à l'édifice, mais il menace de s'effondrer.
         Je croyais pouvoir contempler la capitale, j'observe sa banlieue grisâtre.
         Je croyais que l'école publique était la même pour tous, il en existe 2 qui sont profondément différentes.
         Je croyais que le ministère aidait ses enseignants, il les dévalorise.
         Je croyais être fort face aux problèmes de l'éducation, mais ils me blessent.
         Je croyais que le collège était un lieu de partage, c'est le chacun pour soi qui y règne.
         J'attendais de l'aide, je n'obtiens rien.
         J'attendais beaucoup de l'IUFM, maintenant je sais qu'il faut le fuir.
         Je savais que les formateurs IUFM étaient des enseignants, mais ils ne connaissent plus la réalité.
         Je savais que le regard extérieur pouvait être féroce, aujourd'hui je sais qu'il peut être cruel.
         Je venais au collège avec enthousiasme, je viens avec incertitude.
         Je tendais la main pour avoir de l'aide comme mes collègues, je me fais marcher dessus.
         J'étais rempli d'espoir, c'est le désespoir qui me guette.
 

         Il aura suffit de 2 petites années, pour mettre fin à ma grande motivation du début. Ces 2 années auront eu raison de moi-même. La flamme n'est pas réduite encore à néant, mais elle est sur le point de s'éteindre au moindre souffle…

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Published by Le prof à la dérive - dans Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007).
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commentaires

fransoua 29/12/2007 10:37

J'ai parcouru quelques-uns de tes articles. J'ai été prof moi aussi, en banlieue lilloise puis parisienne pendant sept ans, et tes descriptions de la violence ordinaire qui règne dans certains établissements scolaires ressemblent tout à fait à ce que j'ai connu.Je réagis parce qu'il y a une violence que ta propre douleur t'occulte complètement apparemment c'est celle que subissent les élèves. Je ne parle pas des chamailleries qui éclatent constamment entre eux, qui n'est qu'une façon d'évacuer l'agression permanente qu'ils subissent de la part de l'institution scolaire.Essayons de nous mettre un peu à la place de ces élèves de milieu populaire et qui plus est bien souvent d'origine immigrée - puisque c'est d'eux qu'il s'agit -, qui savent qu'ils sont dans un collège "pourri", pourri par qui ? pourri par leur propre présence, qui subissent à longueur de cours et de "contrôles des connaissances" l'humiliation de ne pas avoir reçu à la maison la culture et les dispositions scolaires que les enseignants estiment pouvoir attendre d'eux, qui n'apprennent donc qu'une chose tout au long de leur scolarité, c'est leur indignité, leur illégitimité à prendre leur place dans la société, à moins d'une place complètement dévalorisée d'ouvrier non qualifié au chômage, comme ils se résignent très lucidement à la prendre.Ce qui se passe dans ces établissements scolaires, où les politiques libérales ont rassemblé les enfants des milieux populaires, c'est une entreprise de colonisation de la part de la bourgeoisie dominante des esprits des classes populaires. Idéologie et valeurs dominantes qui sont ainsi inculquées de force à la masse. Il est un peu naïf ensuite de s'étonner que ces élèves ne se laissent pas toujours faire, qu'ils réagissent pour défendre leur dignité, au moins le "territoire" de la cour de récré, à défaut d'une véritable reconnaissance sociale. Ils sont dans une guerrilla larvée permanente, et c'est normal. Ou une forme de grève plus ou moins organisée, aux revendications tellement évidentes qu'elle n'a pas besoin de se dire. En cela l'agressivité de ces élèves rejoint celle des soulèvements populaires qui agitent régulièrement la banlieue : ce sont toutes des formes de la révolte de la classe opprimée, rien de moins.En tant que fonctionnaire d'un Etat bourgeois, tu participes à cette entreprise de contrôle des esprits de la classe populaire, comme la police est chargée de contrôler les corps.Si tu suis mon analyse, tu as donc plus ou moins trois options :- soit tu suis les conseils qu'on te donne généralement ici, de tenir bon, d'assumer toute la violence symbolique de ta fonction en apprenant peu à peu à "mater" les élèves, à les manipuler, à les dresser, et si tu restes sourd à leur détresse mal dissimulée sous leur incessante agitation, tu y arriveras, comme beaucoup y arrivent- soit tu décides de ne pas prêter la main à une telle entreprise de colonisation des esprits et tu changes de métier ; je t'assure que l'entreprise privée, c'est pas passionnant mais c'est beaucoup plus peinard- soit tu agis sur la part non fatale du devenir, c'est-à-dire que tu te sers de l'institution scolaire pour la détourner au profit des élèves que tu as en face de toi, tu leur donnes des armes pour mieux comprendre la condition qui leur est faite, tu les aides à s'approprier la culture bourgeoise comme on apprend la langue de l'ennemi, pour mieux s'en défendre. Je pense que cette dernière option est la seule qui permette de vivre un tel métier sans perdre son humanité en route.

Le prof à la dérive 29/12/2007 14:05

En effet, c'est un sujet que je n'ai quasiment pas abordé. Même si je le constate régulièrement sur mon lieu de travail et ceci me désole comme beaucoup d'autres choses.Je ne sais pas si nous pouvons voir là un lien de cause à effet entre la "colonisation" dont tu parles et la défense de la cour de récréation.Je ne suis pas d'accord sur ton dernier point, je ne participe en aucun cas "au contrôle des esprits de la classe populaire". Maintenant il est fort probable que j'y sois associé par les élèves, même si ce n'est pas le cas.Je suis désolé, mais je ne partage pas ton analyse ni ta vision, même si je la comprends.Je pense simplement qu'on me demande de faire mon métier de la même manière en banlieue ou dans les zones chics. Mais le contexte est tel, qu'il est impossible de pratiquer le même métier dans ces 2 endroits très différents.

wilander 14/09/2007 03:39

Non tu n'as pas l'air con, les cons ce sont qui nient cet état de fait et laisse pourrir cette situation aini que ceux qui  font semblant comme les IP.Bravo pour ton stoïcisme et reçois mon compliment car tu n'en recevras pas beaucoup d'autres, je connais des collègues qui s'en font devant les miroirs pour tenir le coup.

Le prof à la dérive 14/09/2007 13:02

Ah mais je te rassure, moi aussi je "m'en fais" devant mon miroir. La pluspart du temps je parle, histoire de bien refaire la scéne avec tous les détails.Et même parfois, il m'arrive de rêver ... en "fracasser" un.Désolé pour ce dérapage.

wilander 12/09/2007 02:46

Bonjour,N'aurais tu pas été un peu mal informé ou naïf? A la fac tout le monde sait que les PCL sont envoyés au casse pipe à Paris et que les étudiants passe le concours academique d'instit en réaction. Quand j'étais au lycée, on savait bien que prof c'était super difficile comme métier.Mais on peut très bien réussir comme tu le fais car tu es encore vivant et tu vas t'en sortir mais c'est pas le cas de tout le monde.Bonne chance et soit sans pitié pour ceux qui foutent la merde.

Le prof à la dérive 13/09/2007 07:44

Je me doputais fortement de ma futur mutation en banlieue parisienne et dans un collège à "problème". Mais c'est difficile d'imaginer ce qu'il se passe réellement. Entre ce que je croyais au départ (même si je savais que j'allais en voir de toutes les couleurs), et ce que je vis au jour le jour, il y a un fossé.Vivant, je suis vivant....Avoir l'air con, c'est éxactement ça ! Le problème c'est que ce n'est pas dans ma nature.

Tigibus 11/09/2007 20:14

Si tu as tenu le coup deux ans dans ces conditions, tu ne craqueras pas. Le plus dur est fait. Cette année, de temps en temps, tu nous raconteras un épisode optimiste ? Sûr que tu en auras.

Le prof à la dérive 13/09/2007 07:40

Plutôt un an dans ces conditions, car la 1ère année, j'étais dans un collège d'un quartier aisé comme nous disons poliment.Pour l'optimiste, pourquoi pas ...

djé 11/09/2007 10:39

salut,comment s'est passée cette rentrée?bon courageun enseignant, qui biensur se pose des questions et en pose (c'est son métier).

Le prof à la dérive 11/09/2007 14:16

Ha cette fameuse rentrée, j'ai écrit un article, qui paraîtra dans quelques semaines, elle s'est passée correctement.

bibi 11/09/2007 09:46

j'aime beaucoup castofiora elle te donne de l'énergie un peu comme une seconde mère, crois moi l'enseignement est certainement valorisant, c'est un métier que tu as choisi, je respecte ce choix j'y crois.

Le prof à la dérive 11/09/2007 14:15

Je précise que je n'ai nullement besoin d'une seconde mère. Ma gentille maman est toujours à l'écoute et me suffit amplement.Même si bien entendu, j'apprécie Catafiora.L'enseignement est valorisant mais tout dépend pour qui...

Castafiora 10/09/2007 23:28

Bon, j'ai lu tes réflexions ! Je ne vais pas jouer à la pleureuse !Tiens le coup au moins encore une année et dès maintenant, envisage ce que tu peux faire d'autre - même si tu ne le fais jamais, trouve une possibilité de repli.Tu peux m'écrire quand tu veux, chaque fois que tu en as envie, je te répondrai toujours, cher Proald ! On peut discuter, je peux t'écouter et être muette, je peux faire des recherches pour toi si tu n'as pas le temps...... tu peux compter sur moi ! J'ai confiance en toi, ne te laisse pas abattre et tiens le coup encore au moins cette année et si tu ne peux pas, laisse-toi porter par ton humeur - qui peut connaître les limites même ses propres limites. Je t'embrasse énergiquement et affectueusement.

Le prof à la dérive 11/09/2007 14:09

Je précise que j'ai écrit cet article en Juin, après les conseils de classe et avant les vacances. Donc le moment où les élèves peuvent faire ce qu'ils veulent, puisqu'il n'y a quasiment plus d'emprise sur eux !Lors d'un  long passage à vide ...Forcément après les vacances, ça va mieux, ... enfin pour le moment.Pour ce qui est des possibilités de replis, je mentirai si je disais que je n'y ai jamais songé. Mais il faut bien comprendre qu'une fois rentré dans l'éducation nationale, nous ne sommes pas vraiment bien vu par le privée. Par conséquent il est difficile de changer de voie.Pour le moment je ne souhaite pas changer de métier, j'espère surmonter les obtacles qui se dressent devant moi.Merci pour ton soutien Castafiora.

ivan 10/09/2007 23:25

demande une mut ,des que tu ne te sens pas bien dans un college.tu finiras bien par trouver un college potable.sois fort et perseverant,ca finira par payer.

Le prof à la dérive 11/09/2007 14:02

Le principe même des mutations n'est pas compatible avec cette proposition. Car les débutants n'ont pas de points, par conséquent ils ne peuvent obtenir que des établissements de "2nde" catégorie ...Donc un établissement non "potable", je reprends ton expression.

ProfAnonyme 10/09/2007 18:24

Les débuts sont durs, mais tu vas te reconstruire...Je crois que personnellement, j'avais fait le même constat deux ans après ma stagiairisation. Le seul truc que je ne supporte toujours pas, ce sont les leçons des IPR, et pourtant je suis capable de me remettre en cause suite à des remarques d'élèves, de collègues, de CPE, de chefs... mais l'inspecteur: non.

Le prof à la dérive 11/09/2007 13:59

Lorsqu'une remarque est constructive c'est toujours plus intéressant, mais ce n'est pas toujours le cas !De plus une remarque qui nous vient d'une personne qui connaît le terrain est d'emblée plus positive à nos yeux, qu'une personne qui vient de son bureau, sans aucune connaissance du terrain.

Philippe 10/09/2007 11:46

Terrible constat. Toutefois, je ne puis m'empêcher de penser que le dresser ne signifie en rien "abandon". Y réfléchir, le rédiger, c'est affirmer sa volonté de voir les choses changer, de croire encore que bien des choses sont possibles. Il le faut. Il le faut comme sont nécessaires de temps en temps ces giffles qui nous rappellent des réalités mises de côté.Vu de l'extérieur, l'Education Nationale est pour moi une dame respectable à laquelle je dois beaucoup. Je l'aime, mais je ne comprends pas ses réticences à bouger. Peut-être suis-je dans l'erreur, mais j'ai la sensation que les syndicats servent plus à entraver une action politique...Si l'action politique n'est pas La Solution, sans doute comporte-t-elle des éléments à ne pas négliger.

Le prof à la dérive 10/09/2007 13:06

Je n'abandonne  pas, je suis là tenace face à mes élèves.Je pense comme toi, une chose est sûre, la plus mauvaise décision à l'heure actuelle pour l'éducation nationale c'est de ne pas en prendre justement. Donc il faut agir mais rapidement, très rapidement. Ne pas laisser pourrir la situation comme des années durant...

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Pour lire le 1er article, il faut lire le dernier !!! (c'est du plus récent au plus ancien)

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Le prof de Math : Le rap du CPE.

Les Zrofs : La 4°3.

Jean Dell : L'instituteur.

Les Fatals Picard : La sécurité de l'emploi.

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