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Mercredi 31 octobre 2007

         Voilà où nous en sommes, 2 adultes dans un cours, et franchement c'est plus qu'utile, je dirais que c'est même primordial. Je ne sais pas qui a inventé ce procédé, mais je le félicite. Bien que cette solution n'en soit pas une, puisque ce n'est pas un remède mais simplement quelque chose pour cacher la misère.

         Qui sont ces 2 adultes ? Il s'agit d'un prof évidemment, et d'un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire). L'AVS suit la classe tout au long de la journée. Cet adulte sert d'appuie aux élèves en difficultés, il reste au dessus de leurs épaules. Généralement celui-ci intervient dans les classes à profil, classes avec des élèves handicapés, des élèves perturbateurs ou d'autres classes spécialisées. Pour notre établissement, il s'agit de classe SEGPA Ces classes sont à effectifs réduits, moins de 15 élèves et malgré tout, nous sommes 2 adultes.
 
         Cet adulte ne doit pas faire la police et encore moins le cours. Mais sa mission n'est pas là.
 
         Je peux vous dire, que l'utilité de l'AVS est importante dans certaines classes. Car au lieu de "lâcher" des élèves durant le cours, parce qu'ils n'arrivent pas à suivre, l'AVS va venir leur expliquer une 2nde fois les propos du professeur, pour qu'ils puissent suivre. Il va les accompagner dans leurs travaux.
         Car ces élèves sont en grande difficulté scolaire pour ne pas dire échec scolaire. C'est la voie de la dernière chance.
         Les élèves qui composent ces classes ont pour la plupart de gros problèmes familiaux, et le peu d'espoir qui leur reste est précieux. Car si l'élève ne peut pas suivre le reste de la classe durant le cours, il s'occupera autrement, et deviendra probablement un élément perturbateur pour rester poli.
         Car dans ces classes, la moindre activité pose problème, écrire, souligner, répondre à une question, lire, …   En plus d'avoir de grande difficulté scolaire, leur capacité de concentration est nulle, et je pèse mes mots. Ce point fera précisément le sujet d'un article à venir.
         C'est pourquoi l'AVS à toute sa place au sein de ces classes, et les élèves le savent bien, ils sont rassurés d'avoir une aide supplémentaire et une personne à leur écoute.

         Le point négatif de l'AVS, car il y en a un, tout ne peut pas être parfait, c'est son contrat. Il est précaire comme le plus souvent dans l'Education Nationale. L'AVS apporte beaucoup, c'est pourquoi il serait normal d'en faire un vrai métier et donc un vrai contrat.
Tour-Eiffel.JPG

Photo : La Tour Eiffel, Paris.
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Mardi 30 octobre 2007

         Ce qui devait arriver, arriva. J'ai dû faire un rapport, même 2, car 2 élèves sont concernés.

         Tout a commencé par un refus catégorique de sortir ses affaires de la part de 2 élèves. Evidemment, j'ai fait mon "bon prof", en tentant une approche diplomatique du sujet. Aucune intervention frontale de ma part. "Allé, il faut sortir tes affaires maintenant !", "Tu dois travailler !", "Qu'attends-tu ?". Forcément au bout d'un moment j'ai perdu patience, d'autant que ces 2 élèves se permettaient de se balancer sur leurs chaises, de se lever sans autorisation pendant mon cours… Mes nombreuses mises en garde n'y ont rien changé. J'ai donc fini par mettre un mot dans le carnet et 1 heure de colle aux 2 élèves récalcitrants, en pensant que le tout allé se "tasser". Au contraire, la situation c'est rapidement envenimé, puisque j'avais osé leurs mettre 1 heure de retenue !
         J'ai donc été obligé de les exclure du cours. En partant, le 1er élève m'a fait un geste de politesse avec un doigt levé bien haut !
 
         Un moment plus tard je revois ces 2 élèves dans le couloir. Le 2nd m'a clairement défié, il m'a tutoyé à plusieurs reprises, injurié et cerise sur le gâteau, menacé. Mais ce n'est pas fini, le meilleur est à venir.
         Il m'a regardé fixement, a tourné la tête vers le mur, et il a craché sur ce mur, puis c'est remis à me fixer (je positive, ça aurait pu être sur moi !). Bref, il était tout simplement menaçant. Forcément durant tout ce temps, j'étais le seul et unique adulte dans le couloir, cet élève à quelques centimètres de mon visage, et une tripotée d'élèves autour de nous qui n'attendaient que "l'action" pour être satisfaits. Je vous laisse imaginer l'action…
Sacr--e-coeur.JPG 
         Par la suite, j'ai su de source sûre, que le 2nd élève, avait retiré son tee-shirt quelques instants avant d'être exclu de mon cours, et avait dit "je vais vous niquer mademoiselle". Le mademoiselle étant le prof, c'est-à-dire moi !
         Pourquoi je n'ai pas entendu ? C'est simple, n'ayant pas que ces 2 élèves à m'occuper et entendant des "M'sieur kes ke j'fé j'ai terminé?", je me suis occupé du reste de la classe. Et dans ces moments où je suis très très énervé et très très stressé, je fais abstraction du reste, par conséquent je n'ai pas écouté ce qui se disait.
 
         Qu'ont-ils eu ? Pas grand chose juste 3 jours d'exclusion, l'année dernière, pour le même genre de situation c'était le conseil de discipline assuré.

         J'ai donc demandé aux autorités compétentes sur le sujet "Mais pourquoi n'ont-ils pas un conseil de discipline ?". Réponse : "Nous n'allons pas faire un conseil de discipline pour ça, sinon, nous en ferions toutes les semaines.", la réponse me laissa sans voix.

Photo : Le Sacré Coeur, Paris.

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Vendredi 26 octobre 2007

         Dans mon collège la moyenne d'âge des enseignants est atypique. Une fois que le prof a dépassé les 35 ans, il est considéré comme "vieux" (désolé pour les lecteurs qui ont plus de 35 ans !). A 35 ans, le prof est un doyen, il fait partie intégrante de l'établissement. Si vous avez un problème c'est auprès de lui que vous chercherez des conseils, c'est "l'ancien". Il y a toujours 3 ou 4 profs nettement plus âgés que la moyenne, c'est-à-dire plus de 45 ans !

         La majorité des enseignants a entre 24 et 30 ans. Sachant que pour devenir enseignant il faut avoir au minimum un BAC + 3 et généralement faire l'année de formation IUFM préparant au concours. Il n'est pas rare de perdre un an à la fac, et de redoubler une classe durant toute sa scolarité. Par conséquent le prof débute rarement avant ses 24 ans.
         Vous l'aurez donc compris, mes collègues et moi-même sommes des débutants. Nous sommes aux prémices de notre carrière professionnelle.
         Comme nous sommes quasiment tous déracinés de notre région d'origine, car il y a peu de profs originaires de la Région Parisienne, l'ambiance dans ces collèges y est généralement bonne. Quelques sorties sont programmées durant l'année scolaire.
         De plus, le taux de mariage ou même le taux de natalité explose parmi les enseignants du collège. Il est nettement supérieur à la moyenne nationale.
         Heureusement pour moi, il y a toujours quelques célibataires !
 
         Tous mes collègues demandent une mutation inter académique, en espérant chaque année sortir de cette académie. Certains enseignants sortent de la Région Parisienne à force de patience ou d'un système D (genre PACS), et d'autres ne partent pas car leurs matières sont sinistrées, les mutations pour ces matières sont "bouchées" (VIII.Les mutations.).
 
         Dès fois, j'ai l'impression d'être encore dans mes études, pose café, fête d'intégration, soirée rugby dans un pub avec les collègues, ou soirée chez un copain de classe … euh pardon un collègue je voulais dire ...
         Enfin, je vous rassure, tout ceci n'empêche pas de travailler comme il le faut, simplement l'atmosphère de travail est bonne.
Notre-dame.JPG

Photo : Notre Dame de Paris, Paris.
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Mercredi 24 octobre 2007

         Ah les 6ème, c'est vraiment quelque chose. J'ai quelques classes, qui font vraiment "6ème", c'est à dire petit ou gamin. Ils sont disciplinés. Toutes les classes de 6ème ne sont pas ainsi et encore moins tous les élèves de 6ème malheureusement.

         Mais malgré tout, j'ai quelques classes avec lesquelles ça se déroule comme sur des roulettes (contrairement à l'année dernière).
         C'est un plaisir de travailler avec ces classes, vous n'avez même pas idée. C'est pourquoi je vais m'attarder uniquement sur ces classes fétiches.
 
         Le début du cours se déroule inlassablement de la même manière. Mes pti' 6ème se mettent en rang 2 par 2 le long du couloir, ils attendent en silence, sans même leurs demander. Je les fais entrer, sans préciser de mettre le chewing-gum à la poubelle, puisqu'ils n'en ont pas. D'ailleurs, c'est même à éviter, car cela pourrait leurs donner de mauvaises idées.
         La majorité de la classe reste debout devant sa chaise respective, tandis que quelques élèves s'assoient, mais c'est un simple oubli de leurs part, car l'année précédente, leurs écoles ne fonctionnaient pas de la même façon. Le silence est toujours présent dans la classe, donc je les invite à s'asseoir, en leurs disant bonjour, et ils me répondent tous avec un grand bonjour. Ça m'étonne, je me demande pourquoi ils me disent bonjour, ah si par politesse, ça existe encore alors ?
         Il faut impérativement leurs préciser de sortir leurs affaires sinon, ils regardent les mouches voler, mais toujours en silence. C'est merveilleux !
         Généralement, il y a toujours 2 ou 3 élèves qui lèvent la main, pour me dire, d'un air peureux "Maître j'ai oublié mon cahier". La 1ère fois qu'un élève m'a appelé maître, ça m'a fait tout drôle, c'était émouvant.
         Et puis quelle sincérité de la part de l'élève, parce que le 3ème, lui, il en a rien à faire d'avoir oublié son cahier si toute fois il en a un, alors pensez vous, prévenir son professeur… c'est bien le dernier de ses soucis.
 
         Et ce que j'adore par-dessus tout, c'est lorsque le pti' 6ème (je précise que quand je prononce "pti' 6ème", il n'y a absolument rien de péjoratif, bien au contraire) me dit maître et me tutoie par la même occasion, du genre "maître tu peux m'expliquer, je n'ai pas compris". Aussitôt il se fait gronder par ses camarades "mais non tu dois dire vous".
 
         Concernant l'appel, c'est formidable, chaque élève répond à l'appel de son nom (contrairement aux autres), par présent et lève la main. Bien entendu l'élève se trouve à la place que je lui ai attribuée au début d'année. Si ce n'est pas formidable tout ça !
 
Louvres-03.JPG         Et le cours commence enfin, avec son lot de problème futile. J'écris au tableau le titre de la leçon et les questions arrivent : "Maître, on doit l'écrire où ?", "Maître on doit faire comme toi, on l'écrit au milieu de la page.", "Maître, il faut l'écrire de qu'elle couleur le titre, on doit le souligner ?". Mais euh laissez moi tranquille.
         Je dis futile, parce que avec mes 3ème, je suis bien content si ils écrivent, alors imaginer souligner et en rouge en plus…
 
         Le cours avance, un élève lève la main, j'arrive à côté de lui, et il me demande "maître j'ai fini ma page". Généralement une fois la page finie, il faut la tourner pour continuer à prendre le cours ça paraît logique, non ?
 
         Vous posez une question à la classe, les mains se lèvent, une réponse peut éventuellement s'échapper de la bouche d'un élève pressé. Mais ça reste tellement dérisoire…
 
         C'est énorme ce décalage entre les 6ème et les 3ème. L'adaptation pour le prof reste difficile mais c'est d'un plaisir.
 

         Je parle rarement des choses positives de mon métier tout simplement parce que les points positifs sont rarement anormaux. Mais celui des pti' 6ème sont inattendus.

Photo : Le Louvre, Paris.
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Lundi 22 octobre 2007
         Avant le 1er cours, je compte le nombre de places que ma salle dispose, car il peut arriver un problème, du genre, un nombre d'élèves à accueillir supérieur au nombre de chaises et de tables que vous disposez dans votre salle. Et dans ce cas, c'est à vous de récupérer des tables et des chaises dans la réserve. C'est ainsi que cela s'est déroulé l'année dernière pour moi (II.La prérentrée.).
         Lors du 1er cours avec mes élèves de chaque classe, j'effectue un plan de classe, c'est-à-dire que j'organise le placement de chaque élève.
         Certains enseignants, laissent les élèves s'installer où ils veulent.
         Personnellement, je fais un mixte entre le placement par ordre alphabétique et une fille à côté d'un garçon. D'entrée ça calme les esprits, enfin pour un certain temps.
         Une fois ceci effectué, je fais passer un plan de classe, où chaque élève inscrit son nom à son emplacement. Ceci me facilite drôlement la vie, pour mémoriser les noms. Il me suffit de regarder le plan, pour connaître le nom de l'élève placé au 3ème rang à la 2ème place à droite, par exemple.
         Encore faut-il qu'ils s'installent à la même place que précédemment. Car ils rusent régulièrement. Par conséquent à chaque appel, je vérifie si ils ont respecté le plan de classe.
 
         Le plan de classe permet d'avoir le calme durant le 1er mois pour les classes de 6ème. Mais pour les autres classes c'est raté, car ils se connaissent tous entre eux !
         Même si ce n'est pas la solution miracle aux bavardages, ça permet malgré tout de faciliter l'appel, puisqu'ils sont classés grosso modo par ordre alphabétique.

 
         Quelques changements interviennent en cours d'année, pour les élèves chi…
Concorde.JPG

Photo : La Concorde, Paris.
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Vendredi 19 octobre 2007

         En plein milieu d'un cours, où le calme était présent (ça peut arriver de temps en temps), un élève prend la parole.

L'élève : "machin a niqué truc" Machin et truc étant des villes, probablement pour le foot.
Moi : "STOP" Je coupe l'élève dans son élan qui allait continuer sa conversation philosophique.
L'élève : "Bin quoi ? J'ai rien dit ?"
Moi : "Mise à part que tu ne parles pas du cours, et que tu as dit un gros mot…"
L'élève : "Bah j'ai pas dit de gros mot moi, j'ai juste dit machin a niqué truc" Un élève précise que c'est le mot niqué qui m'a fait mal aux oreilles.
L'élève : "Hein niqué c'est un gros mot ! Mais on peut rien dire alors."
 
         Après avoir dit 3 fois le mot "niqué" pendant mon cours, j'ai pu reprendre celui-ci.
 

         Je ne sais pas de quel dictionnaire cet élève dispose chez lui, mais visiblement il n'a pas le même que le mien.

Photo : Le Louvre, Paris.

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Mercredi 17 octobre 2007

         Lorsque les élèves rentrent en cours, je précise quasiment à chaque fois, que les chewing-gums sont à mettre dans la poubelle. Puis, ils doivent rester debout derrière leurs chaises, jusqu'à l'invitation du professeur à s'asseoir. Un peu à l'ancienne quoi !

         Et ceci n'est pas nouveau, puisque depuis mon début (3e rentrée tout de même), les collèges où j'ai exercé, l'ont toujours fait. Donc, il ne s'agit pas d'un souhait d'un certain candidat à l'élection présidentielle précédente qui a fait changer les choses.
         Bref, les élèves entrent en cours, mais certains s'assoient. Donc je commence mon cours par un bref rappel à l'ordre.
         Les élèves se mettent tous debout, mais évidemment, je vois quelques élèves vautrés sur la table, appuyés sur leurs chaises, ou même discuter avec leurs camarades. Donc je les fixe, en attendant que leurs regards croisent le mien, pour qu'ils comprennent ce qu'ils doivent faire sans user ma voie (il faut y faire attention, c'est mon 1er outil de travail).
Notre-dame-02.JPG         Si malgré le calme de la classe, un élève continue la causette comme si de rien n'était, je lui rappelle les règles, une fois de plus.
         Mais aujourd'hui que c'est il passé ?
         Voyant un élève avachi sur la table entrain de regarder les mouches voler, alors que les autres étaient debout et me regardaient calmement, j'interviens :
Moi : "Prénom, peux-tu te comporter correctement, c'est-à-dire être debout sans être avachit sur la table et en me regardant ?"
L'élève : "hola mon frère, c'est prison break ici"
Moi : "je ne sais pas lequel est en prison !"
L'élève : "?/!" Il n'a probablement pas compris, à quoi je faisais allusion.
 
         Pour ceux qui ne connaissent pas, Prison break est une série américaine diffusée sur M6 (pour ne pas faire de publicité), Par prison break, l'élève a voulu dire que c'était comme en prison…
         Tous les élèves sont des fans de la série et moi aussi.
        

         Donc, exiger aux élèves d'être debout de manière correcte, est trop demandé visiblement.

Photo : Notre Dame de Paris, Paris.
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Lundi 15 octobre 2007

         Voilà le début des réjouissances ! Après mon 3ème cours seulement avec une classe, j'ai eu quelques soucis. Un élève devait me rendre une punition, qu'il n'avait bien entendu pas faite. L'élève avait obtenu celle-ci, pour cause de bavardages incessants, et le fait qu'il m'ait coupé la parole à plusieurs reprises, m'a également irrité.

         Pas de punition rendue = une heure de colle. Il faut bien faire quelque chose, donc, je monte crescendo. Je précise que lorsque le prof met des heures de colle, c'est à lui de les faire avec l'élève, durant l'un de ses cours la plupart du temps. Au risque suprême de bousiller son cours grâce à l'élève collé ! Il se punit lui-même en réalité.
         Je m'étais pourtant promis l'année dernière, de ne plus jamais mettre de punition à un élève, car nombreux sont les élèves qui ne les font pas. Et comme il ne faut surtout rien lâcher, nous devons être endurant et continuer à mettre des punitions de plus en plus lourdes. Mais c'est mettre le doigt dans un engrenage. C'est très dangereux et en plus l'utilité est plus que réduite (XV.Les punitions.). Et je ne parle même pas de la gestion de celles-ci !
 
         Après lui avoir signalé l'heure de colle, l'élève ne se calme pas, il est toujours aussi indiscipliné.
         Et ce n'est pas fini, d'autres élèves commencent également à déranger le cours. Cela commence sérieusement à m'agacer. Surtout, que j'explique quelque chose d'important au tableau, et qu'ils ne comprennent pas, puisqu'ils n'écoutent pas.
         Je redemande une nouvelle fois le silence (en hurlant comme d'habitude), que j'obtiens après un temps précieux. Quelques instants plus tard c'est reparti de plus belle. Je me retourne brusquement du tableau et fixe méchamment (comme je sais si bien le faire) les élèves qui arrêtent leurs bavardages, sauf un qui continue normalement sa discussion. D'un geste exaspéré, je remet le bouchon de mon feutre, et lance le stylo sur cet élève. Et bingo. Celui-ci arrive sur le crâne de l'élève. Il se lève instantanément, et demande d'un air fâché à ses camarades, quel est le coupable. Un élève me désigne, l'élève qui bavardait se rassied. Et précise, "vous n'avez pas le droit monsieur." Je lui réplique, "As-tu le droit de bavarder ?". La discussion fût close. Humilié publiquement devant ses camarades, il n'a pas osé me rétorquer mon propre geste. Si si, j'aurais très bien pu me retrouver mon feutre au visage. C'est parfaitement réaliste et envisageable !
        
         Alors, bien sûr je ne suis pas fier de mon geste déplacé envers cet élève. Mais j'étais vraiment contrarié de revoir cette situation similaire à l'année dernière, à un détail près, nous sommes au tout début de l'année scolaire !
 
         Cela promet pour le reste de l'année à venir.
Louvres.JPG

Photo : Le Louvre, Paris.
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Jeudi 11 octobre 2007

         Eh oui, aujourd'hui, mes souvenirs de l'année dernière ont ressurgi. Plutôt des souvenirs négatifs d'ailleurs.

Vend--me.JPG         J'avais fini mes cours de la journée, donc je remplissais de la paperasse administrative (une fois de plus), lorsque je perçois à travers la porte qui donne dans la salle de cours voisine, des bruits. En fait ce sont les élèves qui rigolent, qui parlent sans arrêt… Rapidement, j'entend le professeur crier,… euh pardon, hurler serait plus approprié. Je reprends, j'entends le professeur hurler, pour recouvrir les nombreux bruits parasites des élèves. Le calme est en effet revenu rapidement, mais il a également disparu rapidement ! Donc durant 3 ou 4 minutes, j'entendais les élèves perturber de manière importante le cours, puis après le dépassement sonore que le prof c'était fixé, il hurlait, environ toutes les 3 ou 4 minutes donc. Sachant qu'un cours dure très exactement 55 minutes (et dans ce cas là chaque minute à son importance), il a hurlé de nombreuses fois !
         Ceci m'a donc rappelé, certains cours (beaucoup trop nombreux à mon goût) de l'année dernière.
         Durant toute l'heure j'ai plaint mon pauvre collègue qui a vécu l'enfer juste derrière la porte de ma salle.
         J'espère que cette année je serais épargné, mais je ne vois pas pour quelle raison je le serais.
         
         Le côté rassurant, c'est de voir que je ne suis pas seul à vivre un cours "animé".

Photo : Place Vendôme, Paris.
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Lundi 8 octobre 2007
         Mon nouvel établissement est un véritable labyrinthe.
         Tout d'abord, je vais m'attarder sur l'extérieur du collège :
         Celui-ci est composé de 4 bâtiments différents, certains ont 2 étages, 1 étage ou simplement le rez-de-chaussée, mais chaque bâtiment est relié par des couloirs à un autre bâtiment. Donc c'est un enchevêtrement de bâtisses.
         Résultat, nous avons 2 cours dans le collège, c'est très pratique pour les surveillants !
         Maintenant que l'extérieur est fait, je passe à l'intérieur :
         Tous ces bâtiments disposent de nombreuses cages d'escaliers, je ne sais même pas combien il y en a ! De nombreux couloirs, il y en a même qui sont en parallèle l'un à l'autre ! Et comme tous les couloirs se ressemblent… c'est très pratique.
         Donc comme vous l'imaginez déjà, je me suis égaré dans le collège. C'est super sympathique, lorsque vous menez votre classe pour aller en cours, et que se sont vos élèves qui vous guident. Dans ce moment là, j'ai senti ma crédibilité chuter comme jamais. 

         Ce qui est énorme, c'est que les élèves de 6ème bénéficient d'une visite du collège pour en connaître les différents lieux . Mais les jeunes profs fraîchement arrivés, eux, ils doivent se débrouiller tout seul. Moi je pense, qu'il pourrait au moins fournir un plan avec une boussole, aux nouveaux profs !
St-Eustache.JPG

Photo : Eglise St Eustache, Paris.

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