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Vendredi 28 septembre 2007

         Et voilà le jour de reprendre le chemin du travail, je pars de bonne heure pour être sûr de ne pas arriver en retard dès la 1ère journée. En transport en commun, je dois effectuer un changement sur une grande station.

Ile-St-Louis.JPG         Dans cette station c'est la folie, c'est l'heure de pointe, tout le monde marche rapidement, parfois court pour obtenir son train. Les gens se font bousculer mutuellement. Cet épisode mérite d'être vécu pour comprendre mon ressenti voire même mon mal-être. Le pauvre provincial que je suis est perdu au milieu de la foule compacte durant les quelques secondes d'adaptation qu'il me faut pour revenir dans le vif. Heureusement, je ne suis pas novice sur le sujet, puisque cela fait 2 ans que je suis en Région Parisienne "grâce" à l'Education Nationale. Par conséquent j'arrive à ressortir de cette foule compacte pour arriver dans mon train.
         Je précise pour les non franciliens, que le mot train est également valable pour les RER, Transiliens, TER, et autre TGV.
 
         Après ce périple de 1h30, j'arrive enfin dans mon nouveau collège pour effectuer cette fameuse pré-rentrée. Le principal réunit tous les employés du collège et lors de son discours, il précise que certains d'entre nous n'ont pas d'heures de cours. Ces enseignants doivent attendre une prochaine mutation, mais où … "Dans le cas où votre mutation ne vient pas, nous vous occuperons." Ce sont les mots du principal. Comprenez par là que ces enseignants feront autre chose que leur métier (LVIII.Profession : Prof sans emploi !).
 
         Le problème de la pré-rentrée, c'est qu'il y a approximativement 25% des choses qui sont intéressantes. Par conséquent il en reste 75% qui sont inutiles, à mes yeux. C'est dans ces moments là qu'il faut penser aux élèves, pour bien comprendre cequ'ils subissent.
         Les nombreux bavardages des enseignants en témoignent. Ils sont bien plus intéressés à raconter leurs vacances plutôt qu'écouter le discours ennuyeux à mourir du principal qui n'en finit pas. Je précise que ces bavardages ont débuté 1 heure après le début de cette journée de pré-rentrée. Ce qui est à retenir, c'est que les enseignants sont indisciplinés, comme souvent. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! 

Photo : Ile St Louis, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (3)   
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Mardi 25 septembre 2007

         Maintenant que je connais mon prochain lieu de travail, je prends rendez vous avec le chef d'établissement (fin Juin) pour voir le collège, ainsi que ma futur salle de cours, mes futurs collègues, … enfin mes futurs collègues qui ne seront plus là, puisqu'une grande partie d'entre eux seront à nouveaux parties pour cause de mutation…

         Pour y aller je mets 1h30 en transport en commun. Arrivé à la gare, je dois marcher une dizaine de minutes pour arriver dans le collège et surtout, je dois traverser la fameuse cité qui entoure le collège. Avant même de pénétrer dans l'enceinte du collège, j'ai déjà ma propre opinion, plutôt ternie, malheureusement.
         A ma grande surprise les locaux sont comme neuf, j'apprends que l'établissement a été rénové récemment et ça se voit.
 

         L'avantage de devenir titulaire, c'est de ne pas découvrir son établissement le jour de la prérentrée ! Comme se fût le cas pour moi cette année.
Hotel-de-ville.JPG


Photo : L'hôtel de ville, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (0)   
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Vendredi 21 septembre 2007

         Ça y est ! J'y suis arrivé. Je suis devenu titulaire de mon poste. N'est ce pas merveilleux ? Maintenant je n'aurais plus besoin de faire de mutation à l'intérieur de l'académie. Et comme vous le savez c'est très prenant moralement (VIII.Les mutations.). Je suis libéré d'un poids, car maintenant je suis "posé" à un endroit en attendant une mutation improbable pour sortir* de la région parisienne. * Je voulais dire pour me sauver de la région parisienne mais je n'ai pas osé !Eglise-St-Etienne-du-Mont.JPG

         Après avoir reçu cette "bonne nouvelle", comme quoi je suis titulaire de mon poste, il m'arrive de nombreuses questions :
Le collège est-il loin en transport en commun ?
Le collège est-il calme ?
Comment est le quartier où se trouve mon établissement ?
Qu'elle tête a ce collège ?
Comment sont mes nouveaux collègues ?
 
         Donc voilà, après avoir obtenu ma mutation au mois de Juin, je me suis renseigné sur le collège et surprise, il paraît que cet établissement est chaud bouillant ! Une nouvelle qui n'en est pas une puisque c'était quasiment la seule condition pour pouvoir devenir titulaire d'un poste.
         Je précise que cet établissement arrive vers la fin des 20 vœux que j'ai effectué pour ma mutation… 

Photo : Eglise St Etienne du Mont, Paris.
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Mercredi 19 septembre 2007

         Mhhh les vacances, ce mot suffit à mettre du baume au cœur. Que font les profs durant leurs 2 mois de vacances l'été. Là est la question que pas mal de personnes se posent, car ils pensent que 2 mois de vacances c'est beaucoup trop et que nous devons nous ennuyer. Je les arrête de suite. Moi aussi au début, je pensais que j'allais m'ennuyer, quoi faire ?

         En fait il y a tellement de choses à faire : aller voir sa famille et ses amis à droite à gauche, faire du sport, visiter un peu la France, partir à l'étranger quelques temps … une semaine par ici, une semaine par là … et nous voilà rendu fin Août comme un rien !
         Du coup tout ce que je n'ai pas eu le temps de faire cette année, je prévois de le faire l'année prochaine. Car oui, je n'ai pas eu suffisamment de temps pour tout faire. Comme quoi être prof demande une qualité absolue, l'organisation. Car il faut gérer au mieux ses vacances !
         Enfin pour finir, comme toutes les vacances, elles ont été trop courtes. Je sens déjà l'agacement que vient de provoquer ces 2 dernières phrases chez certaines personnes.
         J'espère que vous avez passé de bonnes vacances également, même si le temps n'était pas vraiment au rendez vous.
         Bon courage à tous pour la rentrée.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (2)   
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Mardi 18 septembre 2007

         Cette année scolaire fût riche en événements.

         Tout d'abord, sur un plan purement humain, j'ai vraiment apprécié l'ambiance générale avec mes différents collègues. Il faut dire, que lorsque tout le monde est dans la même galère, il est plus simple de se lier, c'est ainsi que je le vois. Nous, nous sommes bien entendus, et je souhaite sincèrement garder contact avec mes collègues, j'espère que c'est réciproque (pour les quelques collègues qui me lisent, c'est le moment de lâcher des commentaires)…
 
         Cette année m'a vraiment enrichit sur le plan personnel, j'ai réellement vu la misère humaine en face de moi, lorsque nous avons en face de nous des enfants démunis, on relativise beaucoup de choses.
 
         Si, nous ne sommes pas de la banlieue parisienne, on tente d'imaginer ce qui se passe. Et comment se déroulent les cours dans un collège situé au centre d'une cité ?
         Entre ce que je pensais l'année dernière et ce que j'ai vécu cette année, il y a un fossé. Car, nous entendons parler, nous voyons des reportages à la télévision sur différents sujets. Tout cela est en partie vrai, mais il y a tellement de sujets qui nous importunent tous les jours que nous avons du mal à nous faire une idée générale de la situation actuelle. La réalité est parfois difficile à imaginer…
 
         J'espère que ceux qui me lisent, comprennent un peu mieux le contexte ambiant, dans lequel nous travaillons chaque jour. Si c'est le cas, ce blog aura atteint son but.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (1)   
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Lundi 17 septembre 2007

         A la base, j'ai commencé à écrire tous ce qui me pesait sur le cœur en Novembre 2006 sur les conseils de ma mère. Puis j'ai voulu partager ce que j'écrivais cette fois ci sur un blog à partir des conseils d'un ami. Le blog fût ouvert en Janvier 2007. Quelques amis qui ont été mes premiers lecteurs m'ont encouragé à continuer. Ceci a donc renforcé mon désir d'écrire les histoires que je vivais.

 
         J'en profite pour remercier ma mère (qui corrige par ailleurs mes nombreuses fautes d'orthographe, elle ne les voit pas toutes, vu le nombre de fautes que je fais, mais elle enlève le plus gros) ainsi que mon pote. Sans ces 2 personnes, il n'y aurait jamais eu ce blog. Peut être qu'ils le regrettent à l'heure actuelle, car ils ne connaissaient pas l'évolution que cela pouvait avoir…
         Et, bien entendu, j'apprécie à sa juste valeur TOUS les internautes de passage sur mon blog, et plus particulièrement ceux qui laissent quelques commentaires. Merci à tous.
         Au début, chaque personne que je connaissais me demandait de relater de nouvelles anecdotes avec mes élèves. Car, ils savaient d'avance qu'ils allaient être étonnés. Maintenant je mets tout ça sur ce blog, et toutes les personnes qui le souhaitent peuvent en profiter.
 
         Donc je vous dis à la rentrée prochaine, qui n'est pas si lointaine d'ailleurs. Mais comme je ne mets pas directement en ligne ce que j'écris, il va falloir attendre que je me fasse un petit stock d'articles pour reprendre. Et puis le début d'année demande pas mal de travail pour l'enseignant que je suis, et comme je ne peux pas être partout à la fois…
         Enfin, je suis sur que vous me comprenez.

         A très bientôt.

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Vendredi 14 septembre 2007

         Tout d'abord je tiens à préciser que je suis rassuré, car les élèves ne bavardent pas et ne répondent pas au professeur uniquement en cours, ils le font également durant le brevet. A l'ouverture des copies, les élèves ricanent bêtement comme ils savent très bien le faire. La pression de l'examen n'atteint qu'une faible partie des élèves ainsi que moi-même. Si je vous promets, j'étais légèrement stressé d'être de surveillance lors du brevet. Me retrouver à un examen, même de l'autre côté de la barrière n'est pas forcément rassurant.

         Sinon, les élèves ont du se passer gomme et blanco entre eux, car forcément ils n'avaient pas les affaires nécessaires pour plancher sur les sujets. Alors que cela est interdit, mais passons.
 
         Ce que j'ai réellement apprécié c'est la posture des élèves, ils mâchouillaient leurs chewing-gum comme des vaches entrain de ruminer, un pied sur l'assise de la chaise voisine, et bien entendu avachi comme il se doit sur leurs chaises.
         Durant ces heures de brevet, les élèves qui attendent tranquillement que le temps passe (d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi ils viennent), s'amusent à dessiner, à regarder autour d'eux, et plus gênant, à retirer le petit morceau de papier collé sur leurs tables qui permet de s'identifier à un endroit dans la salle.
         Durant les 2 heures de l'une des épreuves, un élève a littéralement dormi ! Grâce à cet élève j'ai enfin pu comprendre à quoi servait une trousse. Le savez-vous ? Eh bien tout simplement d'oreiller, car voyez-vous, comment une personne peut dormir assise sur une chaise, il faut donc poser la tête sur la table, mais celle-ci est dure. Pour palier à ce problème, il suffit d'insérer sa chère trousse entre sa tête et la table !
         Au moins celui-ci est calme, car certains bavardent durant le brevet, nous le marquons sur le compte rendu de l'épreuve dédié à cette cause.
 
         Je ne pensais pas que les surveillants d'examen pouvaient s'ennuyer comme ceci. Heureusement, j'avais prévu de la lecture, ceci est interdit, mais il faut bien s'occuper, lorsque les élèves travaillent ou dorment, nous n'avons plus grand-chose à faire si ce n'est attendre. Généralement dans l'après midi, nous avons un coup de barre, pensez-vous après le repas! Lorsque nous nous trouvons assis sur la chaise, je n'avais qu'une seule envie, dormir! Mais je n'ai pas osé faire comme l'élève, vous savez mettre ma tête sur la table en me servant de ma trousse comme coussin.
         Comme les élèves sont autorisés à partir au bout de la 1ère heure, l'épreuve c'est terminée 20 minutes en avance pour nous (les surveillants). Car tous les élèves de notre salle étaient partis. Il faut croire que des élèves consciencieux qui relisent leurs copies une fois le devoir fini et qui restent jusqu'à la fin de l'épreuve, n'existent plus.
 
         Par contre en récupérant certaines copies, j'ai eu mal au cœur une fois de plus. Car lors d'une épreuve, ¼ des élèves ont rendu une feuille blanche. Mais pourquoi viennent-ils, ils feraient mieux de rester chez eux, si c'est pour venir bader ou dormir dans la salle d'examen…
 
         Tout ceci permet une meilleure compréhension du taux de réussite au brevet dans mon collège, celui-ci n'atteint pas les 60%. Alors que le taux de réussite nationale est de 80 %.
 
         Sinon, j'ai joué de maladresse lors de la surveillance. Avant l'épreuve, je fais le tour de la salle et jette un coup d'œil rapide sur les tables des élèves déjà installés. J'aperçois un tas de papier sur le coin de la table de l'un d'entre eux. J'arrive à côté de lui et je dis : "Qu'est ce que c'est que tout ça ?", il me répond avec un regard embarrassé : "C'est mes papiers". Je comprends aussitôt qu'il n'a pas la nationalité française, et qu'il doit donc justifier sa présence au brevet avec un tas de paperasse. Je lui réponds : "Excuse moi je ne savais pas ce que c'était". Car au départ, je pensais que c'était une triche éventuelle, vu que ses papiers étaient dissimulés sous sa convocation.

         Il les avait cachés, non pas pour tricher, mais tout simplement par gêne. Il n'y pas de gêne à avoir là-dessus, mais ce n'est pas le genre de chose que les élèves se ventent.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (0)   
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Jeudi 13 septembre 2007

         Aujourd'hui, lors de mon cours, une élève engage la conversation.

L'élève : "Monsieur vous serez là l'année prochaine ?"
Moi : "Pourquoi me demandes-tu ceci ?"
L'élève : "Bah ça me ferait plaisir de vous avoir l'année prochaine."
Moi : "Merci, mais je ne serai pas la l'année prochaine."
L'élève : "Row, j'en ai marre de changer de prof tous les ans !"
 
         Cet échange est peut être court, mais il témoigne d'un malaise évident. Les élèves voient passer les profs à une vitesse... Entre les profs qui ont leurs mutations et ceux qui sont en arrêt maladie, ce n'est pas le meilleur moyen de stabiliser les élèves. Déjà que familièrement parlant, ce n'est pas le cas pour une majeure partie des élèves et nous retrouvons le même problème à l'école ! Des établissements seraient-ils plus privilégiés que d'autres ?
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Mercredi 12 septembre 2007

         Que c'est-il passé durant cette journée ? Quelques petits trucs banals, enfin pour une journée de fin d'année.

         Tout d'abord un collègue qui écrivait au tableau durant son cours, a vu un œuf s'exploser contre le mur au dessus du tableau et surtout juste au dessus de lui. Il n'a rien reçu sur lui, même pas une éclaboussure, quelle chance ! Les surveillants sont intervenus bien entendu, dans la classe pour connaître le coupable, mais rien.
         Enfin plutôt si, durant leur intervention, un élève était mort de rire, de ce qui c'était passé. Je vous laisse imaginer la tête de mon collègue… Celui-ci n'avait qu'une seule idée en tête, lui mettre une bonne baffe ! Quoi de plus normal.
 
         Deuxième événement marquant de la journée. Je suis dans le hall d'entrée du collège lorsque je vois une agitation soudaine se produire, des surveillants sont dehors. Et là j'aperçois 3 adultes que je ne connais pas qui courent après un de mes élèves de 4ème. La CPE me précise que c'est la BAC. Après quelques secondes de course poursuite, ils le plaquent au sol et le menotte.
         Les élèves en un mouvement de masse commencent à se rassembler rapidement autour de la voiture banalisée de la police. Les surveillants tentent de garder les élèves en retraient par rapport au véhicule de la police. Pendant ce temps, les policiers se dépêchent de mettre l'élève dans la voiture, puis partent rapidement avant que la situation ne dégénère.
         Les policiers lui ont couru après, car l'élève venait de les insulter.
         Je ne comprends pas pourquoi les policiers menottent et emmènent un élève au commissariat pour une insulte. Tandis que moi pour une insulte reçue, je dois faire un rapport pour que l'élève soit exclu du collège et encore ce ne soit pas sûr du tout !!!
 
         Et pour finir la journée comme il se doit. J'avais un conseil de classe, il c'est terminé vers 20h, je sors donc du collège avec plusieurs de mes collègues, nous étions 6 à quelques mètres d'intervalles.
         Devant le collège, je trouve une dizaine de mes élèves de 3ème plus quelques jeunes qui ne sont visiblement pas de l'établissement. Lorsque je passe devant eux, ils me suivent, et m'interpellent. Ils me rattrapent et se mettent en cercle tout autour de moi. Les élèves sont collés les uns à côté des autres et bloquent ainsi le passage, je m'arrête donc et tente de débuter le dialogue.
         Je constate au passage que parmi mes 5 collègues qui m'accompagnaient à la sortie du collège, il n'en reste plus qu'un seul qui attend juste à côté. Etant au centre du cercle, je me fais très vite chahuter, par les élèves, car ceux qui se trouvent dans mon dos me bousculent. Je suis quelques peu malmené par mes propres élèves.
         Je n'ose pas répondre à cette provocation, car ils sont nombreux et je ne suis pas libre de mes gestes. Avec moi j'ai mon gros sac de cours plus un second sac que je porte dans l'autre main. Celui-ci est rempli de paperasse en tout genre que j'ai accumulé depuis le début de l'année dans ma salle de cours, que j'ai du vider, n'étant plus là, l'année prochaine.
         De plus, je ne veux pas me séparer de mes affaires car j'ai peur qu'elles disparaissent... D'ailleurs les élèves regardent à l'intérieur de mes sacs en les touchant et en les ouvrant. Je force le passage du cercle formé par mes élèves, et continue de marcher. Les élèves me suivent et continuent à me bousculer. Puis ils retournent devant le collège au fur et à mesure de mon avancée.
 
         Cet instant n'aura duré que quelques minutes, plutôt longues pour moi. Je remercie le collègue qui m'a gentiment attendu, il n'a pas eu besoin d'intervenir mais c'est le seul qui est resté au cas où. Les autres n'ont rien vu, ou ont plutôt fait semblant de ne rien voir…
 

         Maintenant mon maître mot, c'est le sac à dos, comme ceci j'ai mes mains libres, ce serait beaucoup plus pratique… Et le pire, c'est que des élèves la journée même m'avaient prévenu que certains de leurs camarades seraient devant le collège le soir même pour chercher une quelconque embrouille avec qui se présenterait à la sortie de l'établissement.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (7)   
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Mardi 11 septembre 2007

         Avec les quelques élèves qui me restaient à la fin d'année, j'ai voulu réaliser un questionnaire sur le collège que les élèves devaient construire eux même.

 
         Parmi mes élèves, 2 ont écrit des questions qui regorgent de fautes, je précise que je remets les questions tel qu'ils les ont écrites, sans rien changer.
 
Les surveilants sont-il gentil ?
Que pansé vous du collège ?
Les couloire sont til propre dan le collège ?
La récréations elle et pas longe ?
La récréation est elle suisormal longe ?
Pourquio à parti de 5ème le sorp et 1 heur et de mi ?
Pourquoi la nuréture il vin de juloquri ?
Pourquoi il a des heurs de colle ?
Pourquio ont travaillt pas sur l'ordinateur ?
Pourquio il a des demi courpe ?
 
         Et pour ceux qui me disent que je fais des fautes, je leur dirais simplement que celles-ci ne pénalisent pas la compréhension de mes phrases. Et, que je suis capable de trouver malgré tout des fautes auprès de mes élèves…
         Je ne ferais pas de traduction sur ces questions, car je risquerai de déformer leurs propos.

         Ces 2 élèves vont peut être aller dans une classe adaptée à leurs situation à la rentrée prochaine, il me semble que la réaction est un peu tardive. Car je ne pense pas que leurs cas viennent d'être découverts. Mais il n'y avait pas suffisamment de place dans ce centre spécialisé.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (4)   
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