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La recherche google du moment : anti iufm

Jeudi 30 août 2007

         Les conseils de classe des 3ème étant terminés, les 3ème deviennent particulièrement infâmes.

         Et pourtant, j'avais la classe dédoublée, je n'avais par conséquent que la moitié des élèves, enfin normalement. Car plusieurs élèves du groupe qui n'avaient pas cours avec moi, sont venus jusque devant ma salle pour y entrer. Je ne pouvais pas les accepter, comment travailler efficacement en groupe allégé, lorsqu'ils sont 25 ! Pourquoi voulaient-ils venir en cours alors qu'ils sèchent régulièrement ? Tout simplement pour m'emmer… je ne vois que ça.
         Les élèves ont fait pression en restant derrière la porte, lorsque je la refermais, ils l'ouvraient violemment, et bien entendu ils criaient en me disant "vous avez quoi, nous laisser entrer". Ça ressemblait quelque peu à du chantage. Mes multiples réclamations n'ont pas abouti. Le tout en gérant (enfin en essayant de gérer) le groupe que j'avais en cours à l'intérieur de la salle et les élèves dans le couloir devant la porte, ça faisait beaucoup. Le résultat : j'ai envoyé un élève du groupe qui avait cours pour aller chercher un surveillant.
         Les choses sont revenues dans l'ordre quelques minutes plus tard.

         J'ai commencé mon cours avec 10 bonnes minutes de retard dans un état d'énervement haut en couleur (rouge de préférence) !

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (6)   
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Mercredi 29 août 2007

         Aujourd'hui fût probablement la pire journée que j'ai passée sur toute l'année scolaire. C'est un peu mon Jeudi noir à moi. D'ailleurs j'ai bien failli craquer (mais cela ne serait tarder). Certains enseignants craquent en pleurant durant le cours devant les élèves, moi je suis un peu plus violent (ce qui n'est pas forcément mieux).

         Je ne vais pas pouvoir tout vous racontez dans cet article sachant que je souhaite garder un minimum d'anonymat. Mais ne vous inquiétez pas, il y a quand même matière à travailler. Je vais développer 4 points des 7 actions périlleuses qui me sont arrivées en une demi journée, un exploit olympique !

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (9)   
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Mardi 28 août 2007

         Si certains TZR n'ont pas un emploi du temps complet (LVII.Métier, bouche trou.), certains en ont un vierge, un emploi du temps blanc, sans heure, sans classe et sans élève, d'ailleurs ce ne sont plus des profs. Par conséquent, ils n'ont plus de collègue. Certains principaux ou proviseurs les laissent de côté, tandis que d'autres les obligent à être présents dans l'établissement durant un quota d'heures. Alors les enseignants sans élèves voguent à travers l'établissement pour se trouver une quelconque occupation. Ces TZR qui ont le moral au plus bas gangrènent les autres enseignants. Car l'enseignant qui a des difficultés avec ses élèves et qui voit un TZR sans élève est forcément énervé par cette absurdité.

 
         La plupart des personnes se disent quelle chance, être payé à ne rien à faire. C'est une vaste utopie. Car cela n'a rien à voir avec des vacances, puisque tous ceux que vous connaissez : travaillent. Etre payé sans travailler, c'est intéressant quelques semaines, 1 mois et après. Il faut mieux se trouver une occupation rapidement. Car ne pas travailler, en restant chez soi à ne rien faire est synonyme d'exclusion.
         Maintenant, il est vrai que ce n'est pas le chômage, mais tout simplement une sorte de repos forcé. C'est quand même très loin d'être valorisant. C'est une mise à l'écart de la société.
 
         Et cela ne va pas aller en s'arrangeant. Pourquoi ? Tout simplement, parce que l'état souhaite faire des réformes pour engendrer des économies. Jusque là, rien d'anormal.
 
         Mais en réformant les retraites, c'est-à-dire en allongeant la durée de cotisations, les employés travaillent plus longtemps. Résultat, les nouveaux enseignants qui sont pris pour remplacer les enseignants partant, se verront sans poste. Car l'état réforme sans anticiper. Il embauche des enseignants qui doivent remplacer les futurs retraités qui ne partent plus ! Encore une autre absurdité !
 
         Le phénomène est accentué par les diminutions de DHG et cette année, celles-ci atteignent des sommets. La DHG est en fait le budget d'un établissement, si un établissement perd des heures, il perd inévitablement des enseignants, et par conséquent il coûte moins cher… en théorie. Car ce surplus d'enseignant qui est créé à chaque nouvelle réforme n'est pas licencié.
          En attendant d'effectuer des économies, dans la pratique nous effectuons un gaspillage monstrueux en n'utilisant pas tous les enseignants à leur juste valeur, simplement parce qu'il y a de l'inertie, entre la diminution des postes et la diminution des effectifs. Il faut attendre les prochains départs en retraite pour éponger ce trop plein d'enseignant. Aujourd'hui, nous manquons de tout et de n'importe quoi dans l'enseignement, et au lieu d'améliorer l'éducation, l'état la détériore en diminuant les effectifs. Si il voulait nous couler, pour privatiser l'éducation, l'état ne pourrait pas faire mieux.
 
         Actuellement, j'ai une peur… l'année prochaine, que va me donner ma mutation (XXVI.Les mutations.) ? Ce que je souhaite c'est évidemment de travailler normalement avec des classes dans ma matière. Mais ce qui se passe à présent ne laisse rien présager de bon.
         A la rentrée prochaine, je n'aurai peut être plus d'élève. Et que ferais-je de mon temps ?
         Autre cas, je serais peut être enseignant dans une matière qui n'est pas la mienne, et peut être même que je passerais du collège à un lycée professionnel dans une zone de remplacement qui n'est pas la mienne (je sortirais du département dans lequel je me trouve) !
 
         Je sais qu'en écrivant cet article, je risque de m'attirer les foudres de quelques lecteurs, mais ça me pèse ces énormités que cumulent l'éducation nationale.

         Dans le cas où vous vous énervez, ce qui est tout à fait concevable vu la grossièreté du système, ne le faites pas après les enseignants car ils n'y sont pour rien, ils subissent…

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (6)   
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Vendredi 24 août 2007

         Mon nouveau job, bouche trou, oui je sais, c'est une expression légèrement péjorative. En même temps c'est tellement réaliste.

         Comme je l'ai déjà dit, je suis TZR, désolé pour les différentes abréviations, c'est la mode qui veut ça. C'est un langage interne à l'EN (Education Nationale). Bon promis, j'arrête les abréviations.
         Je reprends, je suis TZR, ce qui signifie remplaçant. Actuellement, j'effectue mon service sur 2 établissements et malgré cela, il me manque des heures pour effectuer mon plein temps pour lequel j'ai été embauché.
         Autrement dit, l'état a embauché des fonctionnaires qu'il n'utilise pas à leurs pleines capacités. Est-ce normal ?
         Mais ne vous inquiétez pas, les recteurs donnent des directives pour que les principaux des établissements s'occupent de nous. Pour compléter notre service nous pouvons ainsi faire des heures de permanence au CDI, prendre en charge une option (IDD, DP…, désolé, je n'ai pas pu tenir concernant les abréviations !), le soutien scolaire, ou la responsabilité du réseau informatique. Bref, les TZR sont multitâches et n'ont pas de métier. Grâce à la nouvelle loi De Robien en vigueur depuis l'année dernière nous pouvons même enseigner une autre matière que la notre. "Prof" ne va pas tarder à rimer avec "Superman". Etre multitâches mais à quel prix ? Nous avons passé un concours spécifique à notre spécialité que nous n'utilisons pas.
         Mais alors pourquoi nous faire passer un concours aussi pointu dans chacune de nos disciplines respectives, pour aboutir à une matière qui n'est pas la notre ?

         Ce n'est pas fini, le meilleur est à venir, car si certains TZR n'ont pas un emploi du temps complet, certains en ont un vierge. Je développerai ce point prochainement…

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (7)   
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Vendredi 17 août 2007

         A la fin d'un cours, je vérifie que les chaises sont bien sur les tables, et j'inspecte rapidement la salle, c'est-à-dire pas de chewing-gum collés par terre, pas de graffiti sur les tables, pas de papier qui jonche le sol, …, bref je fais mon job… flic !

         En attendant les élèves se sont regroupés devant la porte, prêt à partir non pas à mon signal, mais au top de la sonnerie qui ne va pas tarder à retentir.
 
         Lorsque tout à coup, je sens quelque chose qui atterrit dans mes cheveux. Je me frotte les cheveux en faisant attention à ne pas défaire ma "world coupe" (petit jeu de mots, nul certes, mais jeu de mots qu'en même) que j'ai mis 3 ans à faire.
         Un élève me dit : "Monsieur vous avez un truc bleu dans les cheveux". Aussitôt tous les élèves regardent mes cheveux pour admirer le fameux "truc bleu".
         Ma capillarité arrive soudainement au 1er rang de leur attention. Au moins, je capte leur attention, comme quoi, tout peut arriver. Enfin "je", plutôt mes cheveux.
         Je vous rassure, j'ai réussi à retirer le "truc bleu", qui était en réalité un vulgaire fil bleu.
         Mais les élèves se sont bien moqués de moi. Je suis passé pour un clown, peut être un 2nd métier…

         Bien évidemment, ce bout de fil n'est par arrivé par hasard dans mes cheveux, un élève l'a très probablement envoyé sur moi volontairement. Mais comme je n'ai pas vu d'où venait précisément cet OVNI, je ne me suis pas acharné à trouver le coupable, d'ailleurs, je n'ai fait aucune remarque.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (4)   
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Jeudi 9 août 2007

         A la fin d'un cours, j'effectue le récapitulatif de l'heure et nous en tirons une conclusion avec les élèves. Le cours touche à sa fin, lorsqu'une élève lève la main, je lui donne la parole.

Et l'élève demande : "Monsieur, vous serez là la semaine prochaine"
Moi : "Oui, bien sûre, puisque nous avons cours"
L'élève : "Bien, je me ferais belle pour vous alors"
Moi :"?!?" Dans ma tête je me dis, surtout ne rougit pas, sinon tu perds le contrôle de toute ta classe. Des élèves ont répliqués à ma place, ils ont ridiculisé l'élève, ceci m'a évité une intervention à haut risque.
 
         Le souci, c'est de faire attention à ce que vous dites et ce que vous faites sur ce sujet. En plus de ça vous devez essuyer les remarques de cette élève. Je prends ce sujet avec des pincettes, car les gens ont vite fait de vous coller une étiquette sur le dos, surtout à l'heure actuelle.
         Malgré tout, il y a bien un point positif dans cette situation, c'est que vous n'avez pas de problème de discipline avec les élèves pour qui vous avez tapé dans l'œil. Et lorsque l'élève en question est indiscipliné, en règle générale le point qui était négatif au début se transforme en un gros point positif.

         Car si vous vous mettez un des piliers de la classe dans la poche, alors vous serez tranquille au sein de celle-ci. C'est cette élève qui régulera les interventions négatives des autres élèves dans la classe. Mais il ne faut surtout pas oublier de faire extrêmement attention avec ce sujet très délicat.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (6)   
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Jeudi 2 août 2007

         Comme une grande partie des articles publiés sont négatifs, je vais parler d'un sujet beaucoup plus léger, celui de … comment dire … des gaz. Oui mais pas n'importe quels gaz, je parle de ballonnement, et de ceux du professeur. Donc, ce n'est pas le sujet le plus simple à dévoiler.

         Car la question est la suivante. Comment faire lorsqu'il faut "lâcher du lest", dans une salle de cours qui compte une seule et unique pièce bien sûre, où le professeur ne peut pas sortir. Et cette salle, ne l'oubliez pas, est occupée par une ribambelle d'élèves, qui n'hésitera pas à d'énoncer l'éventuel "gazeur", même s'il s'agit de l'enseignant ! Celui-ci n'a aucune immunité qui tienne.
         Pour ne pas vous faire prendre, vous parsemez le gaz un peu partout dans la salle de cours en marchant. Car vous pensez que celui-ci ce diluera dans l'air ambiant, et que personne ne sentira la moindre odeur. Eh bien c'est raté.
         Lorsque l'odeur arrive aux narines des élèves, ils se lèvent sans autorisation et courent pour ouvrir fenêtres et portes en se recouvrant le nez et surtout en hurlant : "mais qui a pété", "c'est horrible", "il a le cul pourri"… Le professeur tente de ramener la calme, et donne des injonctions, mais rien n'y fait. Forcément l'enseignant ne sait plus ou se mettre, et a même envie de sourire, vu qu'il est l'auteur des faits. Son cours est tout simplement anéanti, un peu comme l'air ambiant !
         Donc plusieurs élèves sont regroupés devant les fenêtres et attendent la dissipation de l'odeur.
         Et là, un élève dit "je ne sais pas qui a fait ça, mais c'est horrible, il a vraiment le ventre moisi", et il se tourne pour regarder le professeur. L'enseignant à bout de sérieux, lâche un léger sourire, comme un aveu. L'élève le perçoit comme tel, et dévoile son récent secret à l'oreille de son voisin, qui le transmet à son tour… Voilà comment se faire humilier en public.
         Bien évidemment j'ai parlé d'un professeur, mais personne ne sait de qui il s'agit, son identité doit rester secrète, je compte sur vous.
 

         Lorsque j'étais face à ce style de situation en tant qu'élève, ce genre d'animation restée suffisamment discrète pour ne pas éveiller les soupçons de l'enseignant. Actuellement, nous en sommes bien loin. Cela témoigne peut être d'un manque de respect avéré.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (8)   
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