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Lundi 23 juillet 2007

         Lors d'un cours, un élève discute et dit : "hier, j'ai vu le prof de _, il était avec sa femme, une blonde".

         Ayant déjà vu la femme du prof en question, je sais qu'elle n'est pas blonde. J'interviens donc dans la discussion, comme un idiot, je mets les 2 pieds dedans et je réplique : "mais sa femme n'est pas blonde".
L'élève : "non, mais elle a le corps d'une blonde"
Moi : "?!/"
L'élève : "vous voyez ce que je veux dire monsieur" Le tout accompagné d'une gestuelle qui laisse peu de doute.
Moi : "…" Je ne sais pas quoi dire, je suis hébété par la situation.
L'élève : "monsieur, vous n'avez pas son numéros d'ailleurs, 06…" Et il me regarde pour lui donner les numéros suivants.
Moi : "ça ne va pas, tu n'as pas à parler comme ceci"
 
         Ce genre d'intervention gratuite n'est vraiment pas bienveillant pour le cours. Le pire dans tout cela, c'est de savoir qui a crédité cette conversation, il me semble que c'est moi-même, non ? Mais quel idiot je suis.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (12)   
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Mercredi 18 juillet 2007
         Les bienfaits de la décentralisation de notre pays vont être au cœur de cet article. Quel est le lien avec mon blog et l'éducation nationale avec la décentralisation ? Tout simplement le financement. Le salaire du principal, de son adjoint, de l'intendant, du personnel administratif et celui des enseignants est à la charge du rectorat par conséquent il est à la charge de l'état. Donc tout ceci est à un niveau égal sur l'ensemble du territoire Français.
         Par contre le salaire des agents, le matériel scolaire (tables, chaises, tableaux, ordinateurs, matériels spécifiques pour chaque matière…) et les locaux sont à la charge du département pour les collèges, des régions pour les lycées et de la commune pour les écoles.
         Comme les budgets entre les villes, les départements ou les régions sont variables, les budgets des écoles, collèges et lycées le sont également. Autrement dit la scolarité d'un élève se trouvant dans un établissement dit "pauvre", de par sa situation géographique n'aura pas le même coût qu'un élève se situant à un endroit dit "riche". Et les écarts peuvent être démesurés, car les revenus de chaque zone géographique dépendent en grande partie des entreprises qui y sont implantées. Et nous savons tous que le territoire national a des disparités énormes d'une ville à l'autre, d'un département à l'autre et d'une région à l'autre.
 
         Et pour augmenter cette injustice rien de mieux que la taxe d'apprentissage que récoltent certains lycées et collèges. Je m'écarte juste quelques instants du sujet initial qui est la décentralisation, je le rappelle.
         Chaque entreprise est libre de donner la taxe d'apprentissage à l'établissement de son souhait. Par contre tous les établissements ne peuvent pas recevoir celle-ci. Pour se faire l'établissement doit posséder une filière technique. Pour les collèges, il devient subitement important (comprenez très intéressant financièrement) d'ouvrir des SEGPA. SEGPA = manne financière. Résultat, un collège qui ne possède pas de SEGPA dans son enceinte, est plus pauvre que la normale et le restera.
 
         Vous l'avez compris, sans même aborder le contexte social de l'établissement et de ses élèves, nous pouvons voir des problèmes de fond sur le financement des établissements. Comment voulez-vous construire quelque chose d'équitable lorsque les bases ne sont pas saines ? Il y aurait de quoi faire une bonne réforme sur le sujet. Mais je ne pense pas qu'un quelconque gouvernement revienne en arrière sur la décentralisation.
         Par conséquent, habiter dans un département riche signifie que vos enfants bénéficieront d'une éducation au collège supérieure à la moyenne nationale… Tant pis pour les autres !
D--centralisation.jpg
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (3)   
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Vendredi 13 juillet 2007

         Oui, c'est bien le mot censure qui nomme le titre de ce passage. Car oui, l'équipe éducative constate des dérives sur la liberté d'expression. Je connais jusqu'à présent 2 tristes exemples. Le 1er se nomme Garfieldd et le 2nd Le prof ou Blogprof si vous préférez. Je vais développer ces 2 exemples.

En fait, Garfieldd est pour moi une personne de l'ombre de la blogosphère. Car je n'ai pas eu le temps de connaître son blog avant qu'il ne ferme. Je suis arrivé trop tardivement au sein de ce petit monde. Et je ne l'avais jamais croisé sur la toile. J'ai donc était honoré de constater sa présence sur mon blog.Censure.jpg
Garfieldd avait donc ouvert un blog où il parlait de sa vie de tous les jours, bref un journal intime en somme. Mais comme il occupe ou occupait, je ne sais pas trop, (si il pourrait éclairer ma lanterne d'ailleurs?) la fonction de proviseur, ceci n'a pas vraiment plu au ministère de l'éducation nationale. Ils ont réussi, je ne sais pas par quel moyen, à le démasquer. Et il s'est vu CENSURER son blog, mais ce n'est pas tout, il a été révoqué de sa fonction. Je disais "occupe ou occupait" la fonction de proviseur, car je ne sais pas si il a réintégré l'éducation nationale... Car l'affaire a eu quelques rebondissements d'après les retours que j'en ai eu, enfin rien n'est sûr.
Malgré tout, il existe certaines traces de son blog sur le net, voir les liens suivants (comme ceci vous pourrez juger par vous même si son blog et lui méritaient un tel dénouement) :
 
J'estime Garfieldd car c'est un voire même LE précurseur des blogs "éducatifs". Et comme une très grande partie des internautes, je trouve anormal la manière dont il a été sanctionné, il n'a rien fait d'illégal à mes yeux.
 
         Il en va de même pour Blogprof, qui a obtenu un blâme et bien évidemment la fermeture de son blog. Concernant Blogprof, j'ai eu la chance de connaître son blog durant son ouverture. Je suivais de manière très attentive ses aventures au fil des jours, réellement passionnantes.
        
         Ces 2 personnes se sont vus réprimander car ils ont tous les 2 enfreins le devoir de réserve. Qu'est ce que le devoir de réserve ? Et bien à vrai dire je ne sais pas trop, car le devoir de réserve c'est un peu comme le contrat d'embauche … je n'en ai jamais signé.
En gros ce devoir de réserve est très vague de sorte qu'il peut s'appliquer à n'importe qui sur n'importe quel sujet.
         Mais le ministère devrait comprendre une chose, le fait d'écrire, de se dévoiler, d'échanger avec d'autre personnes, me et nous permet d'extérioriser certains faits, c'est un peu comme une soupape de sécurité, un trop plein. Car je me libère beaucoup plus avec ce blog, qu'en effectuant n'importe qu'elle formation à la c… de l'I.U.F.M..espritcritique.jpg

         Devant la multiplication des blogs de profs de manière significative, le ministère ne pourra pas tous nous censurer. Et il ferait mieux de trouver des solutions à nos problèmes quotidiens, voire même de nous utiliser pour trouver les solutions adéquates. Cette vision est un peu utopique, mais bon, on ne sait jamais…

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (18)   
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Mardi 10 juillet 2007
         Depuis cette rentrée scolaire de Septembre, une chose est apparue : la note de vie scolaire. Cette note mise en place par le ministère avait initialement comme but de sensibiliser les élèves à leurs comportements au collège. Mais cette note de vie scolaire est gérée très arbitrairement par chacun des établissements.
         Puisque le calcul de cette note trimestrielle qui compte dans la moyenne de l'élève et par conséquent pour l'obtention du brevet, varie suivant les établissements.
         Cette note peut prendre tout un tas d'éléments en compte pour augmenter au diminuer celle-ci, il existe même des bonus. C'est un bordel sans nom (désolé pour mon vocabulaire) !
 
         Mon collège note les élèves en 2 parties, chacune étant notée sur 10 points.
 
         Une partie "CPE" qui compose sa note sur : le nombre de retards en cours, les absences non justifiées, les rapports disciplinaires, les exclusions de cours, son insertion dans un club du collège, délégué des élèves du collège (à ne pas confondre avec les délégués de classe)…
         Je décortique un peu, tous les retards ne sont pas comptabilisés par la vie scolaire à la vue de l'ampleur de ceux-ci.
         Une absence est considérée justifiée dès l'instant qu'une excuse est invoquée, si les élèves ont des parents complaisants, toutes les absences seront justifiées. De toute manière une excuse bidon du style "j'ai du refaire ma carte d'identité à la mairie" est considérée valable, alors que les élèves peuvent très bien effectuer ce genre de chose le mercredi après midi ou un autre après midi où ils finissent tôt. Autre excuse recevable par la vie scolaire, "j'ai oublié le cours", merci pour le cours ultra important du prof ! Résultat, des élèves avec un absentéisme important mais justifié, finissent avec une bonne note. Tandis que l'élève qui n'a pas le courage de donner une quelconque excuse voit sa note amputée de quelques points.
         Les rapports disciplinaire (si toutefois il est utile de les comptabiliser, car certains élèves ont déjà 0/10 à leurs notes de vie scolaire), sont nombreux, et restent aléatoires suivant le niveau d'exigence de chaque professeur où l'utilité qu'apporte l'enseignant à celui-ci. Il s'agit de la même chose pour les exclusions de cours.
         Et maintenant mon point préféré, l'insertion de l'élève dans les clubs du collège et sa délégation sont valorisés par un bonus. Autrement dit nous favorisons le développement du fayotage ! Puisque si un élève souhaite gagner quelques points, il a tout intérêt à s'inscrire dans un club, même si il n'est pas volontaire au départ.
 
         Concernant la 2nde partie de la note, c'est-à-dire la partie "enseignante", c'est encore pire. C'est le professeur principal de la classe qui gère sa notation. Soit il la fait tout seul dans son coin, ou alors chaque enseignant propose une note (arbitraire une fois de plus), et le professeur principal en fait la moyenne.
 
         Plusieurs établissements introduisent d'autres moyens de notation. Puisqu'ils n'existent pas des rapports disciplinaires, des retards et des absences injustifiés dans tous les établissements, ces mots ne font pas partis de leur vocabulaire quotidien. C'est ce que nous appelons les collèges chics ou "bourges". Enfin, il paraît que ça existe des établissements comme ceci, j'ai du mal à m'imaginer.
         Quelles sont leurs grilles de notation ? Ces collèges notent la tenue vestimentaire des élèves, par exemple sur la longueur des jupes, si on voit le nombril ou non, les jeans avec des trous, si nous voyons le caleçon, le maquillage… Si ça, ce n'est pas de l'approximatif… Je me demande si le principal attend une règle à la main devant la grille le matin pour mesurer la longueur des jupes ou du caleçon qui dépasse et la quantité de maquillage.
 
         D'autres établissements la boycotte carrément et donne 20 à tous les élèves de 3ème. C'est un bel avantage pour l'obtention du brevet.
 
Et cette note bien sûr compte pour l'obtention du brevet. Quel sérieux ?
 

         Cette note est vraiment rigoureuse avec son barème adapté à la situation ! Il faut préciser que la quasi-totalité des enseignants s'opposaient et s'opposent toujours à cette note, car le barème est aléatoire d'un établissement à un autre. Résultat la mise en place du barème par le collège a été fait avec un effectif restreint, c'est-à-dire l'équipe de direction (principal, principal adjoint) et quelques enseignants (1 ou 2).

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (17)   
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Vendredi 6 juillet 2007
         Assis sur ma chaise, devant mon bureau, je remplis le cahier d'appel, lorsque je note une odeur suspecte, … je renifle, … je n'arrive pas à trouver l'origine de cette odeur pourtant persistante, elle a disparu.
         Je continue mon cours au tableau normalement. Puis durant un temps mort (les élèves ont un exercice à faire), je remplis le cahier de texte à mon bureau. Et cette odeur réapparaît brutalement, ça sent comme une odeur de chaussette moisie particulièrement fort et intenable. Je regarde sous mon bureau et je vois les 2 jambes de l'élève qui se trouvent juste devant moi. Ses 2 jambes sont étendues et parviennent jusque sous mon bureau. A chaque changement de position des pieds de l'élève, l'odeur apparaît ou disparaît en suivant ses mouvements. Je finis donc de remplir rapidement (très rapidement) le cahier de texte en faisant un peu d'apnée au passage. Puis je me sauve de mon bureau.

         L'élève commence à se retourner et à discuter avec son voisin de derrière, l'excuse est trop belle pour ne pas la saisir. Je lui demande de ne pas bavarder, et de changer de place pour se retrouver 2 rangs plus loin. Tant qu'à faire, je le mets à côté d'un élève pénible histoire de me venger et d'utiliser l'odeur répugnante de ces chaussures. Ma vengeance fût terrible ! Qui a dit que la vengeance était un plat qui se mange froid ?

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (21)   
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Mercredi 4 juillet 2007

         Me voilà en vacances pour quelque temps, ne vous inquiétez pas, les articles vont continuer à paraître sur le blog. Ces histoires se sont bien évidemment passées avant les vacances, entre le mois de Mai et Juin.

         Je viendrai régulièrement sur le blog durant ces vacances, et j'aurai peut-être de nouvelles choses à raconter, dès la rentrée prochaine.
         Malgré tout, je répondrai peut-être moins régulièrement aux commentaires, mais je ferai le maximum.
         Le prof est en vacances mais pas le blogueur qui est en moi.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (13)   
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Dimanche 1 juillet 2007
         A longueur d'année vous répétez à vos élèves, qu'ils ne doivent pas rentrer en cours avec leurs écouteurs aux oreilles, pas de baladeurs qui pendouillent autour du cou et retirer leurs casquettes, capuches ou bonnets (suivant la saison) dès leurs entrées dans le bâtiment. Vous répétez ceci comme un perroquet pour que la règle soit appliquée. Enfin appliquée, c'est un grand mot, qu'il y est un semblant de règle serait plus juste. Vous essayez donc de faire respecter ce code de bonne conduite comme vous pouvez.
         Et là, le surveillant qui vient chercher le billet d'appel (IV.La complexité des appels.) durant votre cours, arrive avec un écouteur dans une de ses oreilles et la casquette sur la tête à la manière wouech wouech. Je ne lui ai rien dit, et je le regrette sincèrement. Pour le moment il n'est venu qu'une seule fois ainsi, mais si il revient comme ça dans ma classe je lui ferais une remarque, et pourquoi ne pas lui confisquer sa casquette et son baladeur...

         Car ce surveillant vient détruire en quelques secondes ce que vous essayez de faire appliquer depuis le début de l'année à vos élèves. C'est le monde à l'envers.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (23)   
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