La reconnaissance du métier d'enseignant, oui mais laquelle ?
Lorsqu'une personne me demande ma profession, j'ai presque
honte, comme si mon métier était inavouable. Pourtant, je fais un métier connu, mais pas de manière positive, car je suis prof. Un métier connu et méconnu, envié et dédaigné,
aimé et jalousé, une chose est sûre, il suscite la controverse.
Pourquoi, lorsqu'on me demande ma profession, je suis inquiet et sur la
défensive. J'ai peur de recevoir de multiples critiques, et de devoir me justifier en public sur les avantages de ma profession. Une image négative colle à la peau des
fonctionnaires.
Oui, il est vrai que les enseignants ont 16 semaines de vacances annuelles,
ainsi que 18 heures de cours par semaine, ce qui ne veut pas dire 18h de travail hebdomadaire, il faut ajouter la préparation des cours (documentation, prise de connaissance du programme, travail
sur informatique, photocopies,…) (VI.La chasse aux cours.), les
corrections des contrôles, les réunions en tous genres (pédagogique, parents professeurs, conseil d'administration, projet d'établissement, conseils de classe, pré-conseil, DHG…). Cela reste
un avantage, car les enseignants peuvent planifier au mieux le travail à faire chez eux.
Voilà, vous venez de le voir, les enseignants jouissent de 2
avantages certes importants, mais uniques.
Pour niveler le tout, il y a de nombreux inconvénients que les gens ne
connaissent pas, contrairement aux avantages.
Et les inconvénients du métier sont multiples : élèves difficiles, élèves
soutenus par les parents, mutation en région parisienne durant un temps illimité, remplaçant durant plusieurs années (ce qui implique entre autre de ne pas connaître son lieu de travail pour
l'année suivante), peu ou pas de moyen (2 ordinateurs pour les professeurs d'un établissement entier avec une imprimante qui n'a pas d'encre, la photocopieuse
qui tombe régulièrement en panne, les rétroprojecteurs avec la lampe grillée…), salaires, frais de transport pour les formations à la charge de l'enseignant, éventuellement faire cours
dans une autre matière que la sienne…
En plus, ayant travaillé quelques temps dans le privé, je sais que plusieurs
entreprises ont des avantages parfois colossaux.
Je parle en connaissance de cause, mon salaire (sans prendre en compte les
primes) a subi une division par 2 en entrant dans l'éducation nationale, pourtant je ne travaille pas 2 fois moins et c'est loin d'être 2 fois plus simple.
Même chose pour les vacances, dans le privé il y a 5 semaines de congés payés,
mais il ne faut pas oublier les RTT et les récupérations des heures supplémentaires à gogo. A l'époque j'arrivais à 12 semaines de vacances annuelles.
Et les primes, les fameuses primes, les employés attendaient toute l'année
pour connaître le montant de celles-ci, comme la parole divine. Il faut dire qu'elles étaient monstrueuses, elles atteignaient des sommets. Pour un employé "standard", c'était du
7000 ou 8000 €. Alors imaginez les primes que peuvent avoir les cadres. Ça n'arrondit pas la fin du mois, mais plutôt l'année…
Je ne pense pas avoir été un cas rarissime, surtout lorsque j'entends parler
certaines de mes connaissances.
Seulement les gens ne font pas l'effort de calculer, combien ont-ils eu de
vacances cette année ou combien ont-ils touché en plus de leurs salaires…
J'ai fait ce choix pour diverses raisons (non pas uniquement par rapport aux
vacances comme le prétende les mauvaises langues), il m'est personnel et propre.
Je demande seulement aux personnes extérieures à l'éducation nationale
d'analyser la situation. Les enseignants n'ont pas de comité d'entreprise, pas de 13ème mois, pas de primes, pas de surprimes, pas d'actions en bourse bradées…
Il est vrai que ces avantages ne concernent pas toutes les entreprises, je
pense notamment aux petites entreprises, dont certaines "exploitent" leurs employés, avec les 5 semaines de vacances (pas toujours complètes), sans prime, sans 13ème mois, et le tout
payé au SMIC, au centime près bien sûr, sans oublier les heures supplémentaires non payées.
Ça fait partie également de la réalité.
Pour toutes les personnes qui continuent sans cesse de critiquer les
enseignants, je leurs dirai simplement que le métier d'enseignant est ouvert à tous, il suffit de passer le concours. Et ce concours ne s'obtient pas par relation ou par coup de piston,
contrairement à certains postes…
En écrivant ceci, je ne me plains pas, je tente simplement d'éclaircir la
vision des personnes étrangères au métier en écrivant ce constat. Tout travail a des avantages et des inconvénients, ce qui contribue à la spécificité du métier. Pour critiquer les avantages d'un
métier, il est utile de connaître les inconvénients…
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