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La recherche google du moment : anti iufm

Mercredi 26 mars 2008

         Aujourd'hui cours avec les SEGPA, c'est synonyme d'une activité intense de ma part et une attention particulière durant l'intégralité du cours. Bref c'est épuisant, en 55 minutes, vous êtes vidé voire même anéanti.

 
         Le cours n'a même pas pu débuté, car les élèves étaient beaucoup trop agités, je n'ai pas eu le temps de faire l'appel. Tout a commencé avec une élève insolente avec moi, du genre à dire "Oh c'est bon." lorsque vous demandez de sortir leurs cahiers, normal quoi.
         Et celle-ci a refusé de jeter son chewing-gum, j'ai dû l'amener par le bras devant la poubelle pour qu'elle jette ce foutu chewing-gum. Elle a continué à être insolente, résultat, mot dans le carnet et 1h de retenue. Après j'ai eu le droit au fameux "Mais mon daron y va m'frapper." (daron signifie père). N'y croyez rien c'est juste histoire de vous influencer et tenter ainsi la suppression de l'heure de colle.
         Je lève la tête et j'aperçois un élève avec son téléphone à la main. Je vais vers lui et réussis à lui confisquer, ouf ! Ma température corporelle commence à monter sérieusement, une goutte de sueur apparaît même sur mon front.
 
         Puis quelques minutes plus tard, un élève refusait toujours de mettre son carnet sur la table (c'est une obligation dans l'établissement, tous les élèves doivent mettre leurs carnets sur la table). Après maintes demandes de ma part il réussit à le sortir, résultat, je le prends d'office, et le met sur mon bureau, là je vois l'élève se lever pour tenter la récupération.
         Je lui dis "Non, ne prend pas le carnet, il est sur mon bureau tu n'as pas à venir le reprendre.". Rien ni fait, il prend malgré tout son carnet, je le fâche. Celui-ci dit "Il est fou le prof, il prend mon carnet.". Ni une ni deux, je lui précise que je ferais un rapport et il continue "Mettez le votre rapport de merde.". Donc en plus du rapport je l'ai exclu. Rédaction de la fiche d'exclusion, ça y est j'entend déjà des "M'sieurs, m'sieurs j'peux l'accompagner.", "Non, non moi s'il vous plaît." Puis choix de l'élève pour l'accompagner voir le CPE, je choisis celui que je n'ai pas entendu demander ! Ces 2 élèves sortent donc de la salle. Mon rapport ne lui fera perdre que 2 points au plus !
 
         Durant ces événements, ne croyez pas que les autres élèves attendent patiemment. Je vois un élève debout qui est entrain d'engueuler l'un de ses camarades. En fait l'élève qui se fait engueuler par l'élève debout, lui a mis un stylo dans les fesses (non ne rigolez pas SVP, je vous promets que ce n'est vraiment pas drôle). Ça y est, il pleure, j'imagine qu'il n'a pas dû y aller doucement avec le stylo, l'autre élève un peu fou.
 
         Je me lève et commence à respirer profondément pour me calmer, je suis à bout, je me retiens de ne pas dire des grossièretés et de ne pas avoir de geste malencontreux. J'entends un élève "Respirez m'sieurs, … respirez !".
         Après ce long moment de pause d'environ 20 secondes, je repars batailler.
 
         L'élève exclue et l'élève accompagnateur ouvre la porte de la salle. Il précise que le CPE n'est pas dans son bureau. Forcément étant très très énervé, je dis sèchement "Tu vas voir en permanence, sinon c'est le principal ou le principal adjoint, je ne veux plus le revoir.".
         Au passage, un élève se moque de moi, "Et si il y'a personne m'sieur ?". N'ayant pas de temps à perdre avec ces broutilles, je reviens à ma préoccupation principale, c'est-à-dire, l'élève en pleur.
 
         Je suis donc contraint de lui parler pour savoir ce qui c'est réellement passé, car il est déjà dehors dans le couloir voulant partir du cours. Je cours donc pour le rattraper juste dans le couloir à côté de la porte. Après avoir parlementé, il retourne à sa place, je pense que c'est fini, mais c'est sans compter sur l'élève fou. Voici qu'un 2nd élève se met à pleurer également. Celle-ci c'est prise un stylo juste sous l'œil, envoyé bien évidemment par le même élève.
         J'arrive devant cet élève et je lui crie dessus, voire même hurler, … que fait-il, … il me rigole au nez !!! Retiens toi, ne le gifle pas, tu sais où ceci va te mener … oui des fois, ça m'arrive de me parler tout seul.
         Et là je crie "DEHORS".
 
         Le cours a finalement pu reprendre un peu près normalement quelques 30 minutes après la sonnerie de début de cours. Le cours a donc duré réellement 25 minutes.
         Durant le reste de la période, il y a eu plein d'autres choses qui se sont déroulées, mais je n'ai pas tout retenu, car j'étais très occupé, mais vous l'aurez compris. Un cours est composé d'une multitude d'événements, le tout compilé les uns sur les autres ça donne un mélange détonnant.
         En plus j'avais 2 élèves collés, ils ont dû ce dire qu'ils étaient extrêmement calmes contrairement aux élèves de cette classe.
 
         Maintenant que vous comprenez un peu mieux une heure de cours, tentez d'imaginer une journée complète … plus les inter cours …

         Ça peut bien se passer, comme ça peut être horrible !



Photo : Les bords de Seine, Paris.

par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (28)   
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Jeudi 20 mars 2008

         L'actualité de ces derniers temps nous montre les limites de notre enseignement. Chaque chose doit être réfléchie et pensée, car le poids de nos propos ou de nos actes peuvent gravement nous nuire.

         Malheureusement il arrive que nous agissons de manière naturelle et ceci nous fait tort. J'ai d'ailleurs vécu plusieurs moment sur le fil du rasoir. Je pense à certaines répliques de ma part.
         Comme par exemple le fait de dire lors d'un contrôle "arrêtes de loucher", ceci était adressé à un élève qui copiait sur la feuille de son voisin. C'était sans compter que cette classe avait un élève qui louchait. Résultat il s'est senti visé, et les autres élèves ont fait un "OLALA", histoire de mettre la pression à l'élève insulté, comme ils savent si bien le faire.
         J'ai donc dû me justifier auprès de toute la classe …
 
         Deuxième exemple, une élève mâchait un chewing-gum très énergiquement devant moi, alors que j'expliquais le cours. Je la fixe, et elle continue à mâcher en toute impunité. Je lui dis naturellement "Arrêtes de ruminer comme une vache.", et ce fût la catastrophe. Car pour les élèves, je venais d'insulter l'une de leurs camarades de vache. Lorsque j'ai réalisé, il était trop tard, le mal était fait. Mais qui n'a jamais dit ce genre d'expression ? Bien évidemment, il n'y avait absolument pas d'arrière pensée dans mes propos. Il a fallut que je me justifie et que je m'excuse sur les mots employés.
 
         Un dernier échantillon de ce genre d'affaire, dire à un élève qu'il est mal élevé, est très risqué, car il s'agit d'un jugement aux yeux des parents, alors que pour ma part, je dirais simplement qu'il s'agit d'un constat …
 
         Tout ce style de vocabulaire est à bannir de notre langage, pour avoir des propos plus lisses, plus épurés. Car le risque pour tout enseignant est d'obtenir une jolie plainte de la part des parents, pour insulte (comme l'histoire du chewing-gum) ou autre.
         De plus, si l'un de ces faits revient aux oreilles du principal par un coup de téléphone d'un parent, vous êtes convoqué dans son bureau pour vous justifier, et mieux vaut faire attention à ne pas renouveler l'expérience trop souvent.
 
         Par contre, les élèves eux peuvent insulter ou menacer sans risque. Car entendre "Ah le bâtard" à chaque fois qu'il y a un contrôle surprise est systématique, cela fait parti du langage courant, plus toutes les autres insultes naturellement.
         Et je ne parle pas des menaces, du simple "Tu vas voir." Que nous entendons plusieurs fois dans la semaine au "Je vais t'enculer." voire plus …
         Que récolte l'élève ? Pour le "Sale bâtard", rien, car il y aurait trop de cas à traiter.
         Pour les autres cas supérieurs, du genre "Je vais t'enculer." ou "Suce ma bite.", l'élève perdra quelques points sur son permis à point, du genre 2 points et 1 ou 2 jours d'exclusion, tout ceci à condition qu'il n'y est pas eu des faits plus graves sur son compte durant la semaine, sinon votre insulte tombe à l'eau …
 
         Et puis, il y a également les moments où nous dérapons, je pense notamment au fait de mettre une tape à l'élève (sur son épaule ou son dos par exemple) pour le faire réagir et sortir ces affaires qu'il refuse d'extraire de son sac. Mais il y a aussitôt un autre élève qui vous rétorquera un "Vous avez pas le droit de frapper". Il y a également l'état d'énervement, lorsque nous sommes à bout, et que nous ne savons plus quoi faire pour stopper l'élève impoli, insolent, insultant, menaçant et violent bref la totale. Et là mieux vaut se retenir … mais jusqu'au jour où …
 

         Résultat lorsque je suis en cours, je suis sous la peur constante de faire une erreur ne serait ce que dans mon langage. Je fais donc excessivement attention à mes propos et à mes gestes, car chaque chose peut être interprétée de la mauvaise manière.

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Photo : Notre Dame de Paris, Paris.

par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (29)   
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Samedi 15 mars 2008

         Dans mon établissement, les agents sont extraordinairement réactifs, et ce n'est pas ironique de ma part.

         Car chez nous, les actes de détérioration sont nombreux.
         Je pense notamment aux différents tags que nous pouvons trouver au détour d'un couloir ou dans une cage d'escalier.
         Dernièrement, je sors de ma salle de cours et je constate qu'un tag est apparu depuis peu, environ une ou deux heures maximum. Je cherche un agent pour supprimer celui-ci du mur. Et tombe sur lui par hasard, je lui en fais part, justement, il avait déjà une bombe de peinture à la main, pour pouvoir éradiquer celui-ci.
         Dans ces cas là, mieux vaut être réactif, si nous voulons tenter d'anéantir ce phénomène, ou tout simplement garder un établissement intact des assauts des élèves …
        
         La dernière nouveauté en date, ce sont les stickers. Les stickers sont de petits autocollants en forme de dessin, un peu comme ceux que nous trouvons dans les malabars, à la différence près que ceux-là s'accroche très très bien au mur. Et il est difficile de les enlever complètement de leurs supports (mur, chaise, table, porte, …).
 
         De plus, à chaque fois qu'un élève appuie sur un bouton de l'alarme incendie (plusieurs fois par jour), les portes coupe-feu se referment même si l'alarme ne retentit pas (XXV. Alarme incendie.). Résultat, les élèves s'amusent avec les battants des portes, en les poussant violemment en les faisant cogner sur les murs. C'est encore mieux si une personne se trouve juste derrière la porte … histoire de lui faire mal. Enfin comme vous le savez, la violence est présente au quotidien ici.
         Le fait de pousser sauvagement les portes incendies, à pour effet de détériorer puis de casser les battants des portes.
         Pour palier à ce problème, la seule solution trouvée, est de passer systématiquement dans TOUT l'établissement après CHAQUE déclenchement de l'alarme pour réarmer les portes coupe-feu. C'est sympa pour les employés … qui font ceci plusieurs fois par jour.
 
         Les agents sont également sollicités régulièrement pour déboucher les serrures, de papier mâché, chewing-gum, allumettes, … et autres objets en tous genres.
         En plus chez nous, les élèves font ça de manière industrielle, car lorsqu'ils bouchent une serrure, ils font généralement toutes les portes de l'étage en question. Comme ceci, il nous est impossible de passer par la porte de la salle voisine pour accéder à notre salle.
         Vous trouvez peut être ceci rigolo en lisant ces quelques lignes, mais je peux vous dire que lorsque ça arrive deux fois dans la même semaine, vous en avez plus que marre !!!
 
         Nos agents sont un peu les supermen de notre établissement. Car ils font office de service anti-tag, réarmement des portes coupe-feu, et débouchage de serrure.

         Je ne parle même pas dans cet article du nettoyage ou du décrassage qui sont effectués chaque jour, …

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Photo : La Seine, Paris.

par Proald publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (17)   
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Mardi 11 mars 2008
         Lors d'une explication de mon cours, les élèves m'écoutent attentivement sauf une élève qui trifouille dans son sac. Je ne sais pas exactement ce qu'elle fait (même si je m'en doute fortement), mais elle est beaucoup plus intéressée par ce qui se trouve dans son sac (à main, n'imaginez pas qu'elle est un sac de cours, il ne faudrait pas rêver). Je stoppe donc net mon explication et la fixe du regard, n'entendant plus le son de ma voie, elle s'arrête et jette un coup d'œil. Constatant que toute la classe l'attend elle regarde sa feuille de cours et attend à son tour.
         Je lui dis quelques mots :
-         Le prof : "Au lieu de regarder l'heure sur ton portable, tu ferais mieux d'écouter mes explications."
-         L'élève : "Mais monsieur, je n'ai pas de portable." Style, une élève sans portable ça existe …
 
         Sur cet entre fait, je reprend le déroulement de mon explication.
 
undefined         Quelques instants plus tard, la revoilà, la tête plongée dans son sac à main au lieu d'effectuer l'exercice comme je l'avais demandé. Je me déplace dans la salle discrètement pour arriver juste derrière elle. Et je constate qu'elle ne regarde pas l'heure sur son portable (qu'elle ne possède pas), mais qu'elle envoie un SMS ! Toute la classe m'observe en se demandant que vais-je faire ?
         S'étonnant du silence absolu qui se tient dans la salle, l'élève arrive malgré tout à relever la tête de son portable, elle me cherche du regard dans la salle, … elle ne me trouve pas … puis elle s'aperçoit que je suis juste derrière elle. Elle range bien évidemment son téléphone au fond de son sac.
         Je lui demande d'éteindre son téléphone et de me le remettre. Chose qu'elle effectue à ma grande surprise. Normalement l'élève refuse toujours de donner son téléphone au prof, car généralement il ne le revoit pas avant plusieurs jours.
         Au passage je lui remonte les brettelles, quoi de plus normal.
 
         Une fois le téléphone sur mon bureau, je m'interroge sur la suite que je dois donner à cette péripétie. La 1ère solution est de remettre ce téléphone au CPE avec un rapport. L'élève n'aura même pas de point en moins sur son permis, car elle n'a pas fait preuve d'insolence (ne croyais pas que je sois déçu), elle m'a remis son téléphone à ma demande. Je n'ai pas eu de problème particulier avec elle pendant le cours. Donc elle obtiendrait certainement un grand RIEN.
        
         Pourquoi m'embêter à faire un rapport ? Décrire les faits par écrit, sans faire de fautes, puis faire les deux photocopies (une pour le CPE, une pour le prof principal et une pour moi) avec une photocopieuse capricieuse qui n'a probablement plus de feuille vierge dans son bac, puis remettre en main propre le rapport avec le portable et expliquer les faits à l'oral. Et surtout, ne pas abîmer ni perdre le téléphone !
 

         C'est pour ça que je suis arrivé à la 2nde solution, lui remettre le portable à la fin de l'heure en lui faisant une nouvelle fois la morale.

Photo : Eglise St Nicolas des champs, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (13)   
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Vendredi 7 mars 2008

         La question du sondage était la suivante : Est-ce que le fait de lire des articles datant de quelques semaines vous dérange ?

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         Tout d’abord, pourquoi y a-t-il du retard dans les articles que je publie ? Tout simplement parce que je n’écris pas tous les soirs. Lorsque j’ai une idée où qu’il y a eu un événement à relater, je jette juste quelques mots sur une feuille au brouillon. Et lorsque j’ai le temps et l’envie (surtout l’envie, car le temps nous pouvons toujours le trouver si l’envie est là), et bien je reprends ce brouillon pour en sortir un ou plusieurs articles à la fois.
Il faut préciser une chose importante également, j’ai toujours plein d’histoires à raconter certes, mais en une seule et unique journée, il y a tellement d’activités dans l’établissement, que je fais 3 ou 4 articles. C’est vous dire !
Sans compter que je l’ai fait lire en exclusivité à une personne qui corrige également quelques une de mes nombreuses fautes de français. Oui, ça veut donc dire que je fais encore plus de fautes avant votre lecture.
 
         Tout ceci engendre donc inévitablement un décalage entre les faits et le moment où vous lisez mes articles. Mais vous ne le savez pas. Sauf lorsque je publie un article concernant un cours au beau milieu des vacances scolaires, forcément.
 
         Revenons à nos moutons, pour y répondre vous aviez 3 possibilités : oui, non, je n’ai rien remarqué.
        
         Même si les personnes ayant répondu "je n’ai rien remarqué" 11,6% peuvent être regroupées avec ceux du "non" 54,3%, (cela ne doit pas vraiment les déranger de lire des articles en retard … puisqu’ils ne remarquent rien). Vous avez été tout de même 34,1% à répondre "oui".
 
         Et maintenant la question existentielle du jour est : Comment faire ?
         Soit je deviens très assidu (car je le suis déjà beaucoup) en écrivant systématiquement en temps réel, mais dans ce cas, il y aura probablement plus de fautes dans chacun de mes articles. Etes-vous près à subir une telle chose ? Pas sûr …
 
         Autre solution, compresser le temps entre les deux.
 
         Troisième solution, s’arranger à mettre des articles sur la problématique de fond, comme je le fais de temps en temps (permis à points, PPRE, …) durant les vacances scolaires pour combler les "trous". Car si il n’y a pas d’articles sur le blog durant 2 semaines (et même 2 mois l’été), il y aura moins de suivi de votre part. Quoique ? Vous êtes assidus ? Je l’espère en tout cas.
 
         Bref, je vais essayer d’améliorer ce système, je ne sais pas encore vraiment comment, mais bon …
 
         Sinon, je remercie grandement les 173 votants (c’est la saison, n’oubliez pas d’aller voter d’ailleurs et de panacher si vous en avez l’occasion !).
 
         @tte.
Proald.
 

P.S. : n’oubliez pas de voter sur le nouveau sondage. ;-)

par Proald publié dans : prof-a-la-derive recommander commentaires (5)   
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Lundi 3 mars 2008

         Et voici le summum de la hiérarchisation des "incivilités" dans l'établissement, le permis à point. Tout d'abord pourquoi a-t-il été mis en place ? Tout simplement parce que l'établissement croule sous le nombre de rapport disciplinaire, et il y a un souci d'uniformisation de la sanction pour que celle-ci soit équitable d'un élève à un autre ou d'un prof à un autre. Tout le monde loge à la même enseigne comme ceci, pour un même incident, une même sanction s'impose.

         Mais comment fonctionne ce système ? Il prend image sur le permis de conduire, car chaque élève de l'établissement possède son propre permis, avec un capital de 12 points. A chaque infraction il peut perdre plus ou moins de points selon la gravité de l'incident constaté. L'élève peut même perdre la totalité des points en une seule fois (mais pour arriver à ceci, il faut frapper un adulte de l'établissement et à plusieurs reprises de préférence).
 
         Bien évidemment, vue la charge de travail supplémentaire que cela occasionne, il a fallu mettre en place une commission du permis à point. Cette commission est composée de divers adultes de l'établissement comme les CPE, des agents et des enseignants.
 
         Durant cette commission qui fait plutôt figure de réunion hebdomadaire, ses membres traitent les rapports accumulés sur la semaine, et identifient chaque fait : injures, menaces, insolence, crachats, vols, bagarre, détérioration du matériel, jets d'objet sur un prof (un envoi d'objet dans la classe ne correspond pas à un fait suffisamment grave pour faire un rapport) … Et en fonction de ces différentes infractions, on attribue une perte de points correspondant selon un barème mit en place, ainsi qu'un nombre de jours d'exclusions si nécessaire et un blâme éventuel.
 
         Ceci me rappelle un sketch d'un humoriste connu, où il expliquait : "Si tu fais une conneries, tu peux te retrouver avec un avertissement. Et ça ne rigole pas, après 5 avertissements, tu obtiens un blâme. Si tu arrives à 5 Blâmes, tu peux avoir des problèmes par la suite …". Grosso modo, ceux sont les dires de l'humoriste.
         C'est un peu l'image que j'ai de ce fameux permis à point, en uniformisant les sanctions, nous les banalisons, et nous diminuons leurs poids et même leurs conséquences.
 
         Il faut savoir qu'en moyenne, c'est entre 10 et 20 élèves exclus de l'établissement par semaine pour un ou plusieurs jours. Et généralement ces élèves sont exclus, non pas pour un fait effectué avec un adulte (la majorité du temps ce sont les enseignants qui effectuent les rapports), mais pour plusieurs faits avec plusieurs adultes.
         Je donne un exemple, si un élève est insolent avec trois enseignants la même semaine, il perdra autant de points que si il avait été insolent une seule fois. Sinon, certains élèves tomberaient à zéro en une semaine. Tout est fait pour retarder au maximum le zéro du permis à point.
 
         Pour que l'élève récupère des points, il lui suffit de rester calme (pas de rapport et pas d'exclusion) une semaine pour regagner un point. Généralement pendant une semaine comme celle-ci, l'élève fait de gros efforts, mais le prof aussi !
 
         Le souci c'est qu'en classifiant ainsi chaque incident, la sanction est connue des élèves, et ils savent ce qu'ils sont "autorisés" à faire avant d'arriver au ZERO de conduite.
 
         Lorsque l'élève frôle le minimum de point (inférieur à 5 environ), une commission éducative se met en place avec les parents ou l'éducateur, pour essayer de redresser la barre. Généralement après cette fameuse commission éducative, l'élève se tient correctement 2 ou 3 jours pas plus. Si rien ne change dans la durée, l'élève perd tous ces points, et dans ce cas, un conseil de discipline est organisé (si le quota n'est pas atteint car oui il existe bien des quotas officieux bien entendus).
 
         Le conseil de discipline peut, soit exclure définitivement l'élève ou donner une Nème chance à l'élève qui récupère par la même occasion un permis à 12 points tout neuf.

         Et l'histoire se répète de nouveau, "l'avenir est un long passé" …

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Photo : Hôtel de ville, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (18)   
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Dimanche 2 mars 2008

         Dernièrement, j'ai eu un petit problème, enfin rien de grave (je ne vais pas développer ce point personnel, déjà que je vous livre une bonne partie de ma vie professionnelle), mais ceci m'a valu deux jours d'arrêt. Deux jours sans aller au travail. Bien évidemment j'ai prévenu le collège le matin même de mon absence, pour palier à ce manque auprès des élèves. Car je me doute qu'il n'est pas simple à gérer pour l'administration et la vie scolaire l'absence de professeur le matin au pied levé. Car il faut garder les élèves au collège, et par conséquent ouvrir la permanence avec un surveillant occupé. Ce qui fera donc un surveillant de moins pour gérer les autres préoccupations de la vie scolaire, et comme nous sommes un peu en manque de surveillants … 

undefined         Elément important pour la suite de mon explication, l'administration ne communique jamais les arrêts aux collègues, simple courtoisie et discrétion avec la personne en arrêt.
 
         Lorsque je suis revenu dans mon établissement, quelques collègues ont remarqué ma courte absence. A mon retour, j'ai salué chacun d'entre eux comme à l'habitude, ils m'ont pour certains répondu un bref mais intense : "ça va ?". Non pas comme une simple formule de politesse comme nous l'entendons le plus souvent, mais comme une vraie question qui attendait une réponse franche de ma part. J'ai perçu cette question comme un soutien potentiel de mes collègues. Je pense que vous avez tous compris à quoi mes collègues faisaient allusion en posant cette question avec ces deux mots.
 
         Pour mes collègues ces deux jours étaient un arrêt maladie qui cachaient une dépression due au travail. J'ai donc dû me "justifier" auprès d'eux et leurs dévoiler en quelque sorte ce qui m’a valu ces deux jours d'absences. 

         Car ici dans mon collège lorsqu'un enseignant est absent, la 1ère chose qui nous vient à l'esprit, c'est qu'il a "craqué". Craquer est rentré dans le langage commun pour nous et signifie tout simplement être tombé en dépression. Tout n'est pas rose dans mon établissement, il est parfois difficile de tenir bon. Une minorité d'enseignants est régulièrement absente à plusieurs reprises durant l'année scolaire, ne croyez pas qu'il s'agit de fainéantise de la part de ces quelques collègues, car il s'agit d'une vraie dépression. Il suffit de peu de choses pour tomber dans cette galère. Des élèves "durs" et donc des problèmes de discipline avec quelques classes (comme nous avons tous), un manque de soutien de la hiérarchie, d'un ou plusieurs collègues, et pour couronner le tout quelques problèmes personnels qui viennent se rajouter, dans ce cas, vous cumulez les handicaps et risquez de tomber du mauvais côté de la pente …

Photo : Eglise de St Germain des Près, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (13)   
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Samedi 1 mars 2008

         Si il pleut, il faut redoubler de vigilance, lorsque vous allez chercher les élèves dans la cour. Pourquoi plus que d'habitude me direz-vous ? Il est vrai que dès l'instant où vous osez vous aventurez sur leur territoire (la cour), mieux vaut être paré. Mais la pluie engendre un risque supplémentaire. 

         Car ils adorent s'envoyer des gerbes d'eau avec leurs pieds.
         Je vais parler un peu technique sur ce sujet. Pour ceci, il suffit d'avoir le bout de sa chaussure mouillée, en la mettant dans une flaque d'eau par exemple. Plus il y a d'eau sous votre chaussure et mieux ça fonctionnera.
         D'un geste ample, faire un mouvement rapide avec son pied, comme si vous tapiez dans un ballon, puis stopper net ce mouvement. Ainsi l'eau que vous aviez sous votre chaussure continue son avancée en se "détachant" de la chaussure et forme une très jolie gerbe d'eau.
         Bien sûr, pour améliorer le côté jouissif de la chose, il est impératif de viser un camarade et de face c'est encore mieux, histoire de lui envoyer l'eau (pas vraiment propre) en plein visage. La règle du jeu permet bien évidemment de viser le prof, mais de dos (car il ne faudrait pas avoir d'ennuis tout de même).
         C'est pourquoi, je me retourne toutes les 5 secondes grand maximum (tel un agent secret qui a peur d'être suivi ou éliminé).
 
         Il m'arrive régulièrement (par temps de pluie) de déjouer une attaque !
 
         Par exemple, lorsque je tourne rapidement la tête, je m'aperçois qu'un élève est prêt à "balancer" son pied sur moi … et lorsqu'il constate que je l'observe il stoppe net son mouvement. Il me regarde avec un sourire révélateur, car il comprend qu'il c'est fait prendre la main dans le sac ou plutôt le pied dans le sac, d'ailleurs.
 
         Si vous voyez des élèves pas très sérieux en temps normal, qui vous suivent pour aller travailler alors que normalement ils restent dans la cour pour continuer leur récréation, méfiez-vous ! C'est mauvais signe …
 
         A quand la combinaison anti-attaque ! 

         En écrivant ces quelques lignes, j'ai le sourire aux lèvres en me rappelant ces quelques moments fort marrants avec un peu de recul. J'espère que vous aussi vous en rigolez actuellement en lisant ce passage …
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Photo : Georges Pompidou, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (4)   
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