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La recherche google du moment : anti iufm

Samedi 31 mars 2007
         J'écris ce texte juste après avoir eu un cours en salle informatique avec une classe de 3ème, les élèves sont relativement nombreux, ils sont 28, et je n'ai pu dénombré aucun absent, malheureusement !
 
         Dans cette salle les élèves se croient chez eux. Lors de leurs venues en classe, ils s'installent comme ils le souhaitent, je suis obligé de répéter, qu'ils doivent se mettre comme en salle de cours classique. Heureusement dans la salle normale, je les classe par ordre alphabétique, donc pour les remettre en ordre, je prends simplement la liste des élèves. Je ne peux les laisser s'installer à leurs convenances, sinon c'est la débandade, euh pardon c'est déjà le cas !
         L'hiver, il faut leur demander à de multiples reprises de retirer leurs blousons. Une fois que tout ceci est terminé, je peux débuter l'appel, soit environ 10 minutes après le début du cours.
         Les instructions sont données, et les élèves se mettent peu à peu au travail. C'est à ce moment précis que j'ai quelques précieuses minutes (j'ai mis un S à minutes, mais je ne sais pas si ça atteint les 2 minutes !) de répits, avant la tempête.
         Entre l'élève qui attend comme une loque que le cours se termine (ce spécimen ne me gêne absolument pas), celui qui se lève (sans autorisation bien sûre) pour aller voir un camarade ou en frapper un autre (histoire d'animer le cours), celui qui va sur internet (toujours sans autorisation), celui qui supprime les travaux sauvegardés de ces voisins par l'intermèdiaire du réseau et ces 2 élèves qui posent 30 000 questions à l'heure, vous devenez très vite débordé.
 
         Vous avez beau gérer les priorités, lorsque vous intervenez auprès d'un élève qui se trouvait sur le net, le temps de cette intervention vous en trouverez sans aucun doute un 2nd un peu plus loin en train de récidiver et peut être un 3ème. Ces dans ces moments, que vous comprenez le métier difficile du flicage. Car oui, les cours en salle informatique se réduisent en interventions, mots dans le carnet, exclusions et rapports disciplinaires.
         Mais là encore, vous êtes submergé par les mots, les exclusions, car n'oubliez pas, il faut remplir la paperasse pour toutes ces choses.
 
         Suite à ce genre de cours, j'ai compris pourquoi il y avait des grilles de sécurité aux fenêtres du 2ème étage, ce n'est pas pour les voleurs, mais pour éviter qu'un élève passe par la fenêtre, ou un prof, tout est une question de point de vue…
         Cette grille est votre bonne étoile.
 
         Ce style de cours se répète régulièrement avec quelques nuances, mais dans l'esprit le cours reste sensiblement le même.
par Le prof publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (4)   
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Mardi 27 mars 2007
         Lors de mon arrivée au collège, j'ai constaté qu'il y avait des ordinateurs qui étaient neufs, leurs arrivées datées de fin Juin. Je me suis bien évidemment réjouit de disposer de matériel informatique, et en plus récent. Mais cette satisfaction ne fût que de courte durée. C'était un leurre.
         Pour commencer, il fallait un mot de passe pour se connecter au compte professeur, mot de passe que je ne connaissais pas, évidemment. J'ai donc fait le tour des personnes susceptibles d'avoir ce fameux mot de passe (principal, principal adjoint, intendant), mais rien. Il fallut attendre que la personne s'occupant du réseau informatique déléguée par le conseil général, veuille bien nous le remettre.
 
         Cette personne vient une matinée tous les 15 jours, pour régler les différents problèmes informatiques.
         Une fois le mot de passe en ma possession, j'ai regardé de plus près à ces fameux ordinateurs, et là j'ai très vite constaté qu'ils n'étaient pas reliés au réseau. Ceci veut donc dire pas d'imprimante, pas d'internet et pas de logiciel.
         Car je rappelle que dans l'éducation nationale nous utilisons pour une très grande majorité des logiciels gratuits, comme "open office". Faute de moyens, nous n'avons pas les logiciels traditionnels, comme word, excel, power point…
         Donc, j'avais des ordinateurs neufs, que je ne pouvais utiliser, car ils étaient vides, pas pratiques à utiliser avec les élèves, pas de connexion interne.
         Il fallait attendre patiemment le bon vouloir du responsable réseau qui vient rarement. Les ordinateurs de l'établissement ont été opérationnels mi Décembre soit plus de 5 mois après leurs installations.
par Le prof publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (1)   
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Mardi 27 mars 2007
         Vous savez que c'est une véritable poésie, d'ailleurs je prends des cours (oui, j'écoute depuis avec attention les paroles de nombreux rappeurs, ceci me sert par la suite).
         J'ai commencé mes premiers cours en entendant des "éh cousin", j'ai rapidement compris que ce "cousin" m'était adressé personnellement ! Si, si je vous promets. J'ai donc du préciser que mon nom n'était pas cousin. Et que je ne voulais plus entendre ce genre de chose, même si celles-ci n'étaient pas péjoratives.
 
         Sinon, je regrette de ne pas avoir appris la 2nde langue "verlan" ou "banlieusard" lorsque je me trouvais en 4ème, je pense que celle-ci me serait plus utile que les maigres connaissances que je possède en Espagnol.
         Entre les "com as, c ouf, téma, la demér, ziva (celui-là est de moins en moins utilisé, probablement trop ancien), keuf, keum, meuf, chelou, chna, daron, chér…
         Le pire dans tout ça, c'est que je ne reprends même plus l'élève si son mot ne manque pas de respect.
         Il faut voir le point positif, je suis devenu bilingue, non pas grâce aux études, mais avec l'aide des élèves.
 
        Une traduction serait probablement utile pour de nombreuse personnes (les provinciaux, les plus de 25 ans voir 20 dans certains cas, les bourgeois, les québécois,…), donc la voici : Pour commencer en douceur, il faut bien comprendre que le "verlan" provient du mot à "l'envers", il suffit d'inverser les syllabes pour remettre le mot dans le sens initial. Pour le "banlieusard", c'est un peu plus complexe...il n'y a pas de règle lexicale.
         "Com as", comprenez, comme ça, comme ceci ; "c ouf", c'est fou ; "téma", mate, c'est-à-dire tu as vu ce qui c'est passé ; "la demèr", la merde, comprenez, j'ai un souci important ; "ziva", vas-y ; "keuf", flic, policier ; "keum", mec, homme ; "meuf", femme ; "chelou", louche ; "chna", pas cap, tu n'es pas capable de le faire ou menteur ; "daron", le papa, un homme d'un certain âge, le féminin de "daron" donne "daronne" ; "chér", bien fait.
         Vous venez d'avoir votre 1ère formation pour devenir prof en banlieue parisienne, ou simplement visiter les banlieues parisiennes, elle peut être utile…
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Mardi 20 mars 2007
1) Les carnets de correspondance.
 
        Lorsqu'un élève perturbe le cours, vous lui demandez de se tenir tranquille, ceci n'a qu'un effet limité dans le temps, si toute fois, il y a un effet ! Donc, vous lui demander rapidement son carnet, et là commence le troc. L'élève généralement vous dit qu'il veut bien vous le donner uniquement si vous ne mettez pas de mot dans le carnet.
         Vous acceptez, pour 2 raisons, la 1ère, c'est que si vous ne prévenez pas avant de mettre un mot, vous ne pourrez pas tenir le rythme durant le cours d'écrire autant de mots dans les carnets, la 2nde c'est que si vous n'acceptez pas, vous n'avez pas le carnet !
         L'élève recommence à faire le bazard, pour ne pas dire le bor… . Je précise qu'il y a rarement un seul élément perturbateur, ils sont plusieurs. Certains stoppent dès que le carnet est en votre possession.
         Résultat des courses, durant le cours vous avez une pile d'au moins 5 ou 6 carnets, il faut en remplir quelques uns, et ne pas oublier de les rendre, car le professeur suivant en a cruellement besoin pour son cours.
 
         L'indicateur de tranquillité du cours peut être fixé sur le nombre de carnets que compte votre bureau.
         Au fil du temps, vous demandez systématiquement à vos élèves au début du cours, de poser le carnet sur leurs tables. Comme ceci vous n'avez plus besoin de parlementer avec l'élève pour obtenir le fameux carnet.
         Ce carnet est votre seul allié lors du cours. Le seul problème est que bon nombre d'élèves l'oublie, le perde ou … le brûle peut être. Bien entendu ces élèves sont les mêmes que ceux qui foutent le bor…, désolé je sens mon langage qui baisse de niveau au fur et à mesure que je m'emporte.
         Dans ce cas, ils sont supposés avoir un billet rouge, qui est souvent perdu…
 
         Dans tous les cas, il est important de rester humble. Car lorsque vous demandez le carnet à l'élève et qu'il vous répond avec un sourire jusqu'aux oreilles qu'il l'a perdu et qu'il n'a pas de billet rouge (il sait que vous n'avez plus de pouvoir, car vous ne disposez plus d'outil pédagogique : le carnet). Et votre ultime recours est l'exclusion…
 
 
2) L'exclusion.
 
         Tout d'abord, il faut savoir que des établissements interdissent les exclusions, dans ce cas les enseignants sont contraints de garder les élèves durant le cours, même si ces élèves perturbent de manière importante celui-ci. Ce n'est pas le cas dans mon établissement, ouf !
 
         L'exclusion est comme un aboutissement pour l'élève, il est enfin arrivé au niveau suprême. Je précise que l'élève qui ne travaille pas et qui ne prend pas son cours…n'est pas exclus s'il reste tranquille, car il y a d'autres cas (élèves) à traiter.
         Bref, un élève déroute la classe, vous l'excluez de cours, mais ça ne fait que commencer.
         Tout d'abord vous sortez la fiche d'exclusion (encore de la paperasse), il faut inscrire, le nom, le prénom de l'élève, la classe, la date, l'heure, votre nom, le motif de l'exclusion, le travail donné à l'élève durant l'exclusion (inutile car l'élève ne le fera pas) et le nom de l'élève accompagnateur, sans oublier de signer. Vous comprendrez qu'il faut un certain temps.
         Généralement, lorsque les élèves vous voient sortir cette fiche (c'est un rituel), ils se proposent généreusement pour accompagner l'élève exclu, ils sont même déjà debouts près de la porte pour partir.
 
         Vous pensez que le supplice est enfin terminé, non, le meilleur reste pour la fin.
 
         Lorsque vous avez 2 heures de cours avec la classe, et que vous avez exclu un élève la 1ère heure, alors la vie scolaire (nom du service qui gère ce genre de chose), vous le renvoie. Ne croyez pas qu'il rentre dans la salle de cours en baissant la tête, l'air dépité, bien au contraire. Lorsque l'élève revient en cours, il rentre en vainqueur, en triomphant auprès de ses camarades, et qui a-t-il vaincu, et bien vous, le professeur.
         Donc pour les jeunes enseignants, sans trop d'expériences sur le sujet, il faut absolument éviter d'exclure un élève la 1ère heure de cours, lorsque vous avez 2 heures à tenir.
 
 
3) Le rapport disciplinaire.
 
         Si après avoir fait tout ça, l'élève persiste à "couler" vos cours, ou que l'élève a fait une grosse bêtise (pourquoi grosse, elles sont toutes grosses, disons plutôt une bêtise inhabituelle), alors il ne vous reste plus qu'à faire un rapport. Sur cette nouvelle fiche (toujours et encore de la paperasse), il vous est demandé de détailler les faits, et de proposer une sanction. C'est-à-dire un nombre de jours d'exclusion de l'élève.
         Vous devez remettre un exemplaire au CPE, un au professeur principal de la classe, et mieux vaut en garder un pour vous.
         Le souci, c'est que l'établissement est submergé par la gestion de ces jours d'exclusion, chaque semaine, c'est entre 10 et 20 élèves exclus.
         Résultat, lorsque vous remettez votre rapport à la CPE, elle vous dit "ha et bien de toute façon cet élève est déjà exclu la semaine prochaine, il a eu 2 autres rapports récemment". Vous ne comprenez donc pas l'utilité de votre rapport, car l'élève était déjà exclu avant même que votre rapport arrive. Le point positif, vous n'êtes donc pas le seul à avoir des difficultés en cours…
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Mardi 13 mars 2007
         Après les vacances d'Octobre, j'ai marqué un élève absent systématiquement, cet élève ne venait plus au collège. Impossible de contacter sa famille, il a probablement déménagé. Le plus étonnant, c'est que pour scolariser un élève dans un nouvel établissement, il faut obtenir une fiche de scolarité auprès de son précédent établissement. Le collège n'a reçu aucune demande à ce sujet.
         Où sont passés l'élève et sa famille ? Mystère.
         Le collège a donc été contraint de faire une signalisation d'absence à la police.
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Mardi 6 mars 2007
         Récemment je me suis trouvé par hasard à la cantine dans la discussion entre le principal du collège et un inspecteur. L'inspecteur a demandé, "Combien avez-vous d'élèves dans cet établissement ?", la réponse, "entre 500 et 515 élèves.", J'ai trouvé curieux que le principal ne connaisse pas le nombre exacte d'élèves. Car l'année précédente mon ancien principal connaissait le nombre précis d'élèves qui fréquentait l'établissement.
 
         En fait, c'est très simple, étant donné, le nombre d'élèves exclu définitivement de l'établissement, et ceux qui arrivent dans le sens inverse, nous n'avons qu'un chiffre approximatif en tête, car ce chiffre change très régulièrement.
         Pour vous dire, en 4 mois, j'ai des classes qui ont connu 2 départs et 3 arrivées. Je vous laisse imaginer, ces changements non pas au niveau d'une classe mais au niveau d'un établissement !
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Samedi 3 mars 2007

          Au début de l'année, vous faites comme tous les profs, vous demandez aux élèves une liste de matériel qu'ils doivent posséder pour travailler dans de bonnes conditions toute l'année scolaire (cahier ou classeur, intercalaires, feuilles, pochettes plastique,… et bien évidemment une trousse rempli de stylo, effaceur, crayon à papier, gomme, règle…).

         Vous pensez que dans les 15 jours qui suivront les élèves auront en grande partie le matériel souhaité.
         Détrompez-vous, dans mon collège moins de la moitié des élèves ont une trousse avec eux. Comment écrivent-ils ? Et bien ils ont un seul et unique stylo. Oui mais attention, lorsque l'enseignant le fait remarquer aux élèves, ils lui répondent : "Mais c'est un stylo 4 couleurs". Oui, le prof est chanceux d'avoir ces élèves, car ils auraient pu prendre un simple stylo avec 1 seule couleur. J'ai une pensé pour l'inventeur du stylo 4 couleurs ! Merci.
         Résultat, les élèves qui ont leur matériel sont taxés, pour un crayon à papier, une gomme, une règle, des feuilles… C'est du racket amical, je les surnomme les élèves "Carrefour", ou "Auchan" si vous préférez…
par Le prof publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (3)   
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Jeudi 1 mars 2007
         Vous savez que c'est une véritable poésie, d'ailleurs je prends des cours (oui, j'écoute depuis avec attention les paroles de nombreux rappeurs, ceci me sert par la suite).
         J'ai commencé mes premiers cours en entendant des "éh cousin", j'ai rapidement compris que ce "cousin" m'était adressé personnellement ! Si, si je vous promets. J'ai donc du préciser que mon nom n'était pas cousin. Et que je ne voulais plus entendre ce genre de chose, même si celles-ci n'étaient pas péjoratives.
 
         Sinon, je regrette de ne pas avoir appris la 2nde langue "verlan" ou "banlieusard" lorsque je me trouvais en 4ème, je pense que celle-ci me serait plus utile que les maigres connaissances que je possède en Espagnol.
         Entre les "com as, c ouf, téma, la demér, ziva (celui-là est de moins en moins utilisé, probablement trop ancien), keuf, keum, meuf, chelou, chna, daron, chér…
         Le pire dans tout ça, c'est que je ne reprends même plus l'élève si son mot ne manque pas de respect.
         Il faut voir le point positif, je suis devenu bilingue, non pas grâce aux études, mais avec l'aide des élèves.
par Le prof publié dans : Chapitre 2 : Néotitulaire (2006-2007). recommander commentaires (1)   
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